‹ La Haute SavoieChapitre 30 sur 150 · VISITE AU MUSÉUM · texte numérisé non relu

VISITE AU MUSÉUM

francisé de Tindustrie alsacienne. Ce dernier est nKHns simple , il donne davantage à l'effet, aux combinaisons de la couleur ; l'autre affecte des dis^ positions plus petites ; mais nettement arrêtées : la recherche instinctive du dessin, un peu sèche et timide, annonce déjà l'Italie^

Cet examen resta, pour moi surtout, fort superficiel. Bientôt nous fûmes attirés par des objets d'un intérêt plus vif, que ne pouvaient manquer d'accroître les explications du docte conservateur de ces richesses, qu'il a réunies et classées avec méthode. Elles ont même donné lieu, sous sa plume, à des travaux remarqués par le Comité des travaux historiques de Paris, et avant mon premier voyage à Annecy, le nom de M* Revon m'était parfaitement connu.

Les résultats exposés dans quelque vitrines, de diverses fouilles récentes, prouvent que le pied de ces contre*forts alpestres a été colonisé de bonne heure* C'est depuis peu que l'on s'est avisé d'explorer certains monceaux de vase, mis à jour en été par l'abaissement des eaux du lac, et que, sur plusieurs points, à deux ou trois cents mètres du rivage, on a extrait des pilotis, des débris de huttes, en un mot les signes irrécusables d'anciennes ha* bitations, jetées au milieu de l'onde par des peuplades lacustres. Ces premiers habitants du pays gttaient, pareils à des alcyons, dans des nids de roseçmx, séparés de la terre ferme. Yivant de pèche et de vénerie, ils se mettaient de la sorte à l'abri

des loups , des ours et autres animaux sauvages , peut-être même des pirateries de certaines tribus hostiles, par là réduites à ne pouvoir les dépouiller sans construire des canots. L'âge de ces migrations, dont on retrouve aussi les traces dans le Léman et dans le lac du Bourget, est vaguement indiqué par des outils en silex; réputés peut-être à tort pour être le partage exclusif des époques primitives de rhumanité ; par de grandes poteries en terre brune, à la forme un peu étrusque, mais grossières, dépourvues de peintures et réduites à l'ornementation rudiment^ire d'une série de chevrons ou de cordelières, assez vigoureusement pétris dans la glaise. Nous vîmes aussi des couteaux de bronze, d'une forme élégamment balancée et dont la lame est striée de filets, tracés par une série de menus points. Depuis quelque temps, oh est conduit par Faspect des gisements analogues, à s'élancer d'un vol moins hardi dans le champ aventureux des conjectures.

L'île de Torcello, dans les lagunes de l'Adriatique, les bas-fonds qui portent aujourd'hui Venise^ ont été habités par des tribus lacustres, du cinquième au septième siècle de notre ère, et l'on sait par là qu'à la fin de l'Empire, des peuplades pourchassées du sol par la cavalerie barbare, cherchaient un abri sur les eaux. On risquerait de se méprendre aussi en attribuant, d'une manière trop absolue, sous le nom d'dge de bronze^ à une période antérieure à l'usage du fer, les instruments de cuivre que Ton rencontre seuls dans nombre de fouilles.

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