‹ La Haute SavoieChapitre 53 sur 150 · LETTRE INEDITE DE SAINT FRANÇOIS · texte numérisé non relu

LETTRE INEDITE DE SAINT FRANÇOIS

nellement. L'épitre est scellée d'un très-petit cachet, aux armes du prélat.

« Monsieur mon frère, il me tarde extrêmement de vous revoir avec madame notre présidente, ma seur. Mais la variété des affaires que M. de Lux a treuvés icy, et les résistances des ministres nous ont porté sans rien faire jusques à ce jourd'hui de saint Mathieu que j'ay dit la première messe à Fessi despuis 73 ans. Demain, nous passerons outre à faire le mesme es autres deux parroisses, et passé demain, serai à Sessel, et le iour suivant ieme rendray entre vos bras. Dieu aydant. Vous aures sceu comme ie traversay Genève, sous la conduite de mon bon ange, et cela seulement per non parer poU trône, et pour vérifier que qui ambulat simpliciter ambulatconfidenter, et avec la profession de ma qualité. Je ne m'en vante pas, non; car il y eut peu de prudence en cette résolution-là, mais comme vous sçavés, ce n'est pas ma vertu que celle-là. Bonsoir monsieur mon' très-cher frère, ie suis

t Monsieur « Votre humble frère et serviteur, et de madame ma chère seur.

« Franc.... e de Genève.

< 21 sept 1609. >»

Le retour fut rapide et offrit un nouveau genre d'intérêt. Le soleil avait tourné; il projetait les

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ombres bleues du soir sur les points éclairés le mfttiiiy et dessinait de ses rayons tout ce que, durant la matinée, il avait laissé dans la brume. Ce déplacem«at avait si totalement modifié cette succession de paysages inclinés, que nous ne reconnaissions plus les vallons ni les montagnes. Quand nous d!Uues dépassé Thônes^ les bastions crénelés, les tours, les remparts naturel» du Parmelan, enduits de vermillon par les reflet» du crépuscule, illuminaient tout un côté du ciel, tandis que, le matin, ils s*ejQEsiçaient barbouillé» dans Fazur.

Maître Dornheim, à qui Fencens des prairies tenait lieu d'absinthe, décrivait des ragoûts avec sensualité ; il prétendit grimper sur toutes les cimes et pourchasser, àtraversles nues, des chamois.... rôtis. Cependant, mo5 l'avocat Replat, à force de gaieté tranquille, nous faisait oublier les heures et,^n arrivant, nul ne songeait à se séparer, ce qui nous divisa en trois partis. Nous désirions que Ton vtnt souper de compagnie à l'hôtel de Genève, la meil-

leure table d'hôtellerie que je pense avoir trouvée en Savoie; M. Dunand insistait avec une douceur engageante, en faveur de sa maison, où depuis deux générations, les arts ont un foyer gracieux; M. Replat l'emporta par un argument sans réplique : son fils avait tué des cailles à notre intention ; il fallait les manger.

£t c'est ainsi que nous passâmes dans son ménage, aux Barattes, notre dernière soirée dans l'arrondissement d'Annecy, sur lequel j'ai dû> d'au-

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