‹ La Haute SavoieChapitre 54 sur 150 · CHANT DU DÉPART · texte numérisé non relu

CHANT DU DÉPART

tant, plus insister, qu'il offre encore aux touristes bien des voyages de découvertes. C'est une des portions les moins fréquentées de la Savoie, et la plus riche en souvenirs. On la parcourt avec un charme croissant, et si Ton a pris le temps de s'y oublier, on ne la quitte guère sans espoir de retour.

Le château de Faucîgny, ses barons et les dauphins de France. — Appréciations contradictoires de la vallée de TArve. — La Roche et la côte d'Yot. — Contamine et la bénédiction des tèches. — Soirée d'orage. —

— Bonneville. — Cluses et son bénitier. — De Magland à la Balme. — Effet de la cascade d'Arpennaz. — Esquisse du vieux Sallanches .' aspect de la ville actuelle. — Questions d'avenir. — Tableau de la vallée à la chute du jour. — Saint-Gervais, ses bains, son village et ses points de vue. — Le pont du Diable et le saut du Crépin. — Sismondy et la légende de Notre-Dame de la Gorge. — Monologues de table d'hôte.

— Centrons et Allobroges. — Opinion des dames de la Savoie sur la France, et comment leurs maris sont devenus processifs. -~ Premiers fruits de l'annexion, etc.

Lorsqu'on entre dans une très-grande ville, on traverse d*abord des faubourgs où les maisons sont basses et disséminées. Puis, les abords de la route se meublent, les édifices s'élèvent, des monuments les dominent; on débouche enfin dans quelquelarge rue animée, où convergent les voies transversales et d'où l'on commence à se rendre compte de la physionomie de la cité. Tel est à peu près l'aspect de la haute Savoie, où la nature a bâti une ville de montagnes, divisées en trois grands quartiers : le

Ghablais au nord, le Genevois au sud et, entre les deux, de Touest à Test, ou du lac de Genève au Mont-Blanc, le Faucigny, quartier central, desservi dans toute sa longueur par un large boulevard qui est la vallëe de FArve.

Une fois franchis les coteaux inférieurs qui, de Genève à Contamine, forment les premiers plans de cette banlieue, vous pénétrez dans la portion régulière de la cité. Le premier édifice que vous remarquez à votre gauche, en remontant cette voie sinueuse qui doit aboutir au Mont-Blanc, comme à une métropole, c'est la montagne verte et conique du Môle. Elle a pour pendant, sur l'autre côté de cette rue de deux à trois lieues, dont l'Arve est le ruisseau, la belle architecture fleurie du Mont-Brizon, couronné en guise de tours et de campaniles, par les roches d'Andey. Cette section du Môle, qui limite la route impériale, est groupée par collines, disposées comme autant de balcons où Ton est commodément placé pour'voir au loin. Le mieux situé de tous est aux limites de Tarrondissement, et assez haut perché. Il a pour ornement les ruines du château de Faucigny, sentinelle avancée Se la province à laquelle il a légué son nom, au temps où les États n'étant que des propriétés héréditaires, un donjon isolé sur une montagne pouvait être le chef-lieu d'une principauté. Celle dont nous parlons n'avait, comme le berceau des Montmorency, qu'un titre de baronhie ; mais, aux jours triomphants de l'ère féodale, sa suzeraineté s'étendait de F ribourg en Suisse

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