‹ La Haute SavoieChapitre 59 sur 150 · SAINT ^GERVAIS ET SES BAINS · texte numérisé non relu

SAINT ^GERVAIS ET SES BAINS

une exactitude concise, par M. Joanne^ dans son Itinéraire de la Savoie^ ouvrage consciencieux.

« .... Ils occupent le fond d'une sorte d'impasse, encaissée et barrée par de hautes parois revêtues de sapins et de hêtres.... L'établissement thermal remplit toute la largeur du vallon. Il est précédé d'une vaste cour à trois corps de logis. Le bâtiment^du milieu, surmonté d'un clocher, se termine à chaque extrémité par deux tours servant de jonction aux ailes latérales. Il constitue une véritable maison de santé, isolée de toute habitation et renferme plus de cent chambres; des salles de réunion, de bal, de concert, une bibliothèque de plus de trois mille volumes, un médaillier de quinze cents pièces anciennes et modernés, un cabinet de physique, un laboratoire de chimie, un cabinet d'histoire naturelle, etc.... »

Cette thébaïde, enveloppée de la fraîcheur des bois qui tamisent des cascades, est le rez-de-chaussée un peu terne d'un coteau très-gai, couvert de pâturages, de bosquets riants et d'habitations agréables. La maison des bains est d'un aspect un peu monastique ; on y vit, dit-on, sous un régime régulier, plus utile à la santé que favorable]à la dissipation : retraite pleine de sécurité pour les familles et pour les gens qui aiment à s'occuper pour se distraire. Les gens de plaisir se plaignent à cet égard du propriétaire, j'allais dire du supérieur, de ce bel établissement appelé, si je ne me trompe, à un succès croissant. En effet, les quatre sources, tant froides

que chaudes, sulfatées, chloro-sodiques, ou ferrugineuses, exploitées là, et combinées d'une série de sels médicaux, iodures, bromures, alumine, silice, magnésie, carbonates de soude et de potasse, etc.... ont donné d'heureux résultats, en faveur des malades qui les ont expérimentées, en douches, en immersions, ou qui ont bu à ces sources vivifiantes. Si l'on parvenait à ajouter aux avantages du traitement, Tinhalation de l'air plus généreux et moins humide des plateaux supérieurs, le séjour à Saint* Gervais serait à la fois plus bienfaisant et d'un charme sans égal. La situation du village, qui do-* mine de haut la gorge au fond de laquelle l'établissement est caché, son exposition, les points de vue merveilleux accumulés sur les versants qui l'environnent, tout contribue à donner à ce pays l'aspect d'un eldorado au cœur des Alpes. Mais le gouvernement seul, pourrait, en acquérant cet établissement, résoudre uii problème, qui consisterait à tracer sur le flanc de la montagne une nouvelle route à pente plus adoucie, desservie dé Saint-Gervais aux baijQS, par un service d'omnibus, fréquent et rapide. On pourrait alors, sans fatigue, descendre du village aux sources et mettre les eaux à profit, en se logeant à Saint-Gervais qui est déjà le séjour champêtre privilégié des habitants de la Savoie et même des familles anglaises.

Nous y montâmes, à l'ombre des bois, par un sentier en échelle qui doit paraître long à des santés délicates ; mais le plateau où nous débouchâmes à

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