‹ La Haute SavoieChapitre 93 sur 150 · L ABBAYE DE SIXT · texte numérisé non relu

L ABBAYE DE SIXT

peints de l'abbé, du duc de Savoie et de la maison de Sales, les moines ont, dans les intervalles, tracé, en capitales romaines, une inscription qui fournit la date et résume rhistorit[ue de la dernière reconstruction du couvent :

« ms MARIA — 3ÎP0 MATRE — DIVO QUE AVGVSTINO — ras REGNANTE C.E.D. SABAVDLffi, ET FRÂN DE SALES EPO GEB. — HOC OPUS FECIT PIERI i^TBl' DE MOUXI ABBAS DE SIX. — AÏÏO DNI MDCXXII — DEUS CONSERVET ! »

Comme j'achevais de la copier, notre hôte entra dans la salle à manger, et désignant sur le mur, entre deux croisées, le monogramme xpo, il certifia que tous les savants avaient échoué à l'interpréter et qu'il ignorerait le sens de ces trois lettres, sans un instituteur des plus instruits qui lui avait appris que c'était un signe jnaçonnique. Et voilà les vénérables augustins réguliers de l'abbaye de Sixt convaincus d'avoir été francs-maçons, pour avoir écrit en abrégé le substantif christo !

Les annales de cette abbaye donnent l'histoire de la vallée de Sixt, qui, jusqu'au dou:8îème siècle, est demeurée inculte, couverte de forêts et probablement déserte; car on n'y rencontre, dans les lieux -dits ni désignations celtiques déterminantes, ni expressions d'origine romaine. C'est en 1144, que, de l'aveu de son frère Ardutius, le bienheureux Ponce de Faucigny, chanoine régulier de l'abbaye d'Abondance, obtint de leur aîné, Aymon I", seigneur de Faucigny, la cession de la vallée de Siz qui, défrichée et mise en culture par

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les religieux réfugiés avec le vénérable Ponce dans cette solitude, devînt le siège d'un nouveau couvent, dont il fut le i<remier abbé. Il fit venir, des régions de i*Est, pour l'aider à coloniser, des gens qualifiés Alamanni dans les vieilles chartes ; primitive population tudesque dont les traces se retrouvent encore dans le lanfçage, dans la prononciation, dans les moeurs, et qui, groupée autour de la maison, a formé les villages du Croz, de Passier et de Sixt. Le monastère ayant été adopté par une bulle d'Adrien IV en 1155, Tévêque Ardutius le dota, eil 1167, deségtlses de Samoéns et du Mont- Saxonex.

Lors de la fondation de l'abbaye de Sixt, il avait été réglé que si l'abbé d'Abondance venait à décéder , celui de Sixt régirait par intérim la maison mère, en attendant qu'on eût pourvu à un nouveau choix. C'est ce qui eut lieu à la mort de Burdiard de Genève. Le bienheureux Ponce dut alors retourner à Abondance, où les frères l'élurent pour abbé. Mais en 1 175, il permuta avec son successeur à Sixt et revint y mourir en 1178. Ces moines furent les bienfaiteurs de la contrée, et c'est avec raistmi que l'abbé Grobel leur décerne l'honneur d'avoir donné une Vallée de plus aux habitants de la Savoie. Du reste, péû d'établissements ont pltis fidèlement observé leuris statuts : les commendes n'y firent tolérées que tardivement ; la réformatîon, sollicitée par deux religieux, Frahçois Biord et Nicolas des Fayets, y fut apportée eii 1618, par saint François

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