‹ La Henriade, le poëme de Fontenoy; avec les divers morceaux composésChapitre 17 sur 113 · J.-B. Rousseau, le Flatteur, acte I, scène iv · texte numérisé non relu

J.-B. Rousseau, le Flatteur, acte I, scène iv

PAR M. DE MARMONTEL. xxr

toiXj qu'on a cru cependant pouvoir rimer avec savois. Dans ces deux vers de Boileau,

La discorde en ces lieux menace de s'accroître' Demain avec l'aurore un lutrin va paraître ^j

on prononce S'oxcraitre pour la rime; et cela est assez usité. Madame Deshoulières dit :

Puisse durer, puisse croître L'ardeur de mon jeune amant, Gomme feront sur ce hëlre Les marques de mon tourment».

Mais ce qui paraît singulier, c'est que paraître, en faveur de qui on prononce s'accraîlre, change lui-même sa prononciation en faveur de cloître.

L'honneur et la vertu n'osèrent plus paraître, La piété chercha les déserts et le cloître^.

U»e bizarrerie si marquée vient de ce qu'on a changé Tancienne prononciation, sans chnnger l'orthographe qui la représente. La réformation générale d'un tel abus eût été une affaire d'éclat. M. de Voltaire n'a porté que les premiers coups; il a cru judicieusement qu'on devait rimer pour l'oreille, et non pour les yeux : en conséquence il a fait rimer François avec succès ^^ etc. Et, pour satisfaire en même temps les oreilles et les yeux, il a écrit Français, substituant à la diphthongue oi la dipbthongue ai, qui, accompagnée d'un s^ exprime à k fin des mots le son de Vè^ comme dans bienfaits, sou-

Page 1