‹ La Henriade, le poëme de Fontenoy; avec les divers morceaux composésChapitre 53 sur 113 · FIN DE LA HENRIADE · texte numérisé non relu

FIN DE LA HENRIADE

i. Le chevalier d'Aumale fut tué dans ce temps-là à Saint- Denis, et sa mort affaiblit beaucoup le parti de la Ligue. Son duel avec le vicomte de Turenne n'est qu'une fiction ; mais ces combats singuliers étaient encore à la mode. Il s'en fit un célèbre derrière les Chartreux, entre le sieur de Marivaux, qui tenait pour les royalistes, et le sieur Claude de Marolles, qui tenait pour les ligueurs. Ils se battirent en présence du peuple et de l'armée, le jour même de l'assassinat de Henri III; mai» ce fut de Marolles qui fut vainqueur. (1730.)

2. Henri IV bloqua Paris en 1590 avec moins de vingt mille hommes. (1730.)

3. Ce fut l'ambassadeur d'Espagne auprès de la Ligue qui donna le conseil de faire du pain avec des os de morts; conseil qui fut exécuté, et qui ne servit qu'à avancer les jours de plusieurs milliers d'hommes. Sur quoi on remarque l'étrange faiblesse de l'imagination humaine. Ces assiégés n'auraient pas osé manger la chair de leurs compatriotes qui venaient d'être tués, mais ils mangeaient volontiers les os. (1730.)

4. On fit la visite, dit Mézerai *, dans les logis des ecclésias- 1. Histoire de France; Paris, 1Ô4G, in-folio, t III, p. 818. — B.

tiques et dans les couvents, qui se trouvèrent tous pourvus, même celui des capucins, pour plus d'un an. (1730.)

5. Les Suisses qui étaient dans Paris à la solde du duc de Mayenne y commirent des excès affreux, au rapport de tous l'es historiens du temps ; c'est sur eux seuls que tombe ce mot de barbares, et non sur leur nation, pleine de bon sens et de droiture, et l'une des plus respectables nations du monde, puisqu'elle ne songe qu'à conserver sa liberté et jamais à opprimer celle des autres. (1730.)

6. Cette histoire est rapportée dans tous les mémoires du temps. De pareilles horreurs arrivèrent aussi au siège de la Tille de Sancerre. (1730.)

7. Henri IV fut si bon qu'il permettait à ses officiers d'enloyer (comme le dit Mézerai *) des rafraîchissements à leurs Anciens amis et aux dames. Les soldats en faisaient autant, à l'exemple des officiers. Le roi avait de plus la générosité de laisser sortir de Paris presque tous ceux qui se présentaient. Par là il arriva effectivement que les assiégeants nourrirent les assiégés. (1730.)

8. Ce blocus et cette famine de Paris ont pour époque l'année 1590, et Henri IV n'entra dans Paris qu'au mois de mars 1594. Il s'était fait catholique en 1593; mais il a fallu rapprocher ces trois grands événements, parce qu'on écrivait un poëme et non une histoire. (1730.)

l. Histoire de France, p. 821. — a.

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