‹ La Henriade, le poëme de Fontenoy; avec les divers morceaux composésChapitre 54 sur 113 · IMITATIONS · texte numérisé non relu

IMITATIONS

Vers i. La première édition, donnée in-S", en 1723, cco» mecçait ainsi :

Je chante les combats et ce roi généreux, Qui força les Français à devenir heureux, Qui dissipa la Ligue et fit trembler l'Ibère, Qui fut de ses sujets le vainqueur et le père, Dans Pans subjugué fit adorer ses lois. Et tul l'amour du monde et l'exemple des roi»

Muse, raconte-moi quelle haine obstinée

Anna contre Henri la France mutinée,

El comment nus aïeux, à leur perte courants,

Au plus juste des rois préféraient des tyrans. (1741.)

Nous rapporterons, au sujet de cette variante, une anecdote singulière.

M. de Voltaire fesait imprimer à Londres, en 1726, une édition de la henriade. Il y avait alors à Londres un Grec natif de Smyrne, nommé Dadiky, interprète du roi d'Angleterre; il vit par Hasard la première feuille du poëme où était ce vers :

Qui força les Fransais à âevenir heureux.

Il alla trouver l'auteur, et lui dit : « Monsieur, je suis du pays d'Homère; il ne commençait point ses poëmes par un trait d esprit, par une énigme. » L'auteur le crut, et corrigea ce commencement de la manière qu'on voit aujourd'hui.

Au reste réditictv de 1723 fut faite, par l'abbé Desfontaines, «ur un manuscrit informe dont il s'était emparé, et le môme Desfontaines en fit une autre à Évreui, qui est extrêmement rare, et dans laquelle il inséra des vers de sa façon. (1756.)

Vers 2. On a remarqué déjà que ce vers se trouve dans un poëme de l'abbé Cassagnes, qui fait ainsi parler Henri IV :

Lorsqu'après cent combats je possédai la France Et par droit de conquête et par droit de naissance. Henry-le-Grand au Hoy, poème. Paris, 1661, in-folio, vers 5 et 6.

Qui par de longs travaux apprit à gouverner, Qui, formidable et doux, sut vaincre et pardonner.

Edition de 1730 :

Qui par le malheur même apprit à gouverner, Persécuté longtemps, sut vaincre et pardonner.

La version actuelle est dans l'édition de Dresde, 1752.

Vers 20. Le roi de Prusse voulant faire faire à Londres une édition de la Ilenriade. Voltaire lui adressa, le 15 avril 1739, les vers suivants, pour être placés immédiatement après l'invocation à la Vérité :

Et toi, jeune héros, toujours conduit par elle.

Disciple de Trajan, rival de Marc-Aurèle,

Citoyen sur le trône, et l'exemple du Nord,

Sois mon plus cher appui, sois mon plus grand support :

Laisse les autres rois, ces faux dieux de la terre,

Porter de toutes parts ou la fraude ou la guerre :

De leurs fausses vertus laisse-les s'honorer;

Ils désolent le monde, et tu dois l'éclairer.

Vers 22. Racine a dit dans Phèdre, acte V, scène vi : Sa main sur ses chevaux laissait flotter les rênes.

Vers 24.

Ou, pour mieux en parler, Valois ne régnait plus. (1123.)

Tyrans voluptueux. (1723.)

Vers 42.

De son faible pouvoir insolente rivale : Cent partis opposés, du même orgueil épris, De son trône à ses yeux disputaient les débris.

* Ses amis corrompus, etc. (n-23.)

Vers 43.

Les peuples aveuglés. (1752.)

Vers 50.

vint montrer la lumière.

Il lui rendit sa force. (1723.)

Vers 54.

Au bruit de leurs exploits cent peuples s'alarmèrent. (1723.) Vers 59. Édition de 1723 :

Troublant tout dans Paris, et du haut de ses tours,

De Rome et de l'Espagne appelant les secours; De l'autre paraissaient les soutiens de la France,

* Divisés par leur secte, unis par la vengeance : Henri de leurs desseins était l'âme et l'appui ; Leurs cœurs impatients volaient tous après lui.

* On eût dit que l'armée, à son pouvoir soumise,

* Ne connaissait qu'un chef et n'avait qu'une Église.

Vous le vouliez ainsi, grand Dieu, dont les desseins, Par de secrets ressorts inconnus aux humains, Confondant des ligués la superbe espérance, Destinaient aux Bourbons l'empire de la France :

* Déjà les deux partis, etc.

Ce vers,

De Rome et de l'Espagne appelant les secouri, a été d'abord remplacé par celui-ci :

De la superbe Espagne appelant les «ecours.

Enfin, dans l'édition de 1775, M. de Voltaire a mis : Des soldats de l'Espagoe appelant les secours.

Vers 70. J.-B. Rousseau, dans son Palémon et Daphné, a dit (vers'20):

Ces fertiles coteaux où se plaît la nature. Vers 71. Palissot a mis :

Théâtre alors sanglant des plus cruels combats. Vers 73.

Là sont mille héros. (1753.)

Vers 86.

Par des chemins cachés. (17524 Vers 103. On lit, en 1723 :

Ils savent que les lois, les nœuds sacrés du sang, La vertu, tout enfin vous appelle à mon rang.

Dans l'édition de 1728 et autres, il y a :

Ils savent que les lois, les droits sacrés du sang, Que surtout la vertu vous appelle à mon rang.

Palissot a mis :

Ils savent que les lois, le mérite, le sang, etc.

Vers 114. Racine a dit [Milhridate, acte III, scène i) r

Il voit plus que jamais ses campagnes couvertes De Romains que la guerre enrichit de nos pertes.

.... Soigneui de m'outrager. (1723.)

Vers 117.

.... Allez fléchir la reine. (1723.)

Vers 124.

Et qui peut me venger est Français à mes yeux. (1723.)

Ver&129. Édition de 1723 :

L'Angleterre vous aime, et votre renommée Sur vos pas en ces heux conduira son armée.

VARIANTES ET IMllATIONS. 241

Les moments nous sont chers, et le vent nous seconde ; Allez, qu'à mes desseins votre zèle réponde; Partez, je vous attends pour signaler mes coups : Qui veut vaincre et régner ne combat point sans vous.

* 11 dit; et le héros, etc.

Vers 136. Dans Bajazet (acte I, scène i), Racine a dit :

Ils regrettent le temps à leur grand cœur si doux...

Vers 149. Édition de 1723 :

* Déjà des Neustriens il franchit la campagne ; De tous ses favoris Sulli seul l'accompagne ; SuUi qui, dans la guerre et dans la paix fameux, Intrépide soldat, courtisan vertueux,

Dans les plus grands emplois signalant sa prudence, Servit également et son maître et la France : Heureux, si, mieux instruit de la divine loi, H eût fait pour son Dieu ce qu'il fit pour son roi I

* A travers deux rochers^ etc.

L'amitié de M. de Voltaire pour M. le duc de Sulli l'avait engagé à donner Sulli pour confident à Henri IV dans son poëme. Cependant le rôle que Sulli pouvait jouer dans la Henriade, qui se termine à la reddition de Paris, était trop inférieur à celui qu'il a joué depuis dans l'histoire. M. de Voltaire, ayant eu des raisons très-justes et très-graves de se plaindre de M. le duc de Sulli, a corrigé ce défaut, et substitué le sage Mornay à Sulli; et, ne pouvant le rendre intéressant en le faisant agir, il lui a donné ce caractère original et sublime qu'il n'eût pu supposer à Sulli, ou à quelque autre ami de Henri IV, sans trop s'écarter de l'histoire. — K.

Voltaire, outragé de la manière la plus infâme par le lâche ihevalier de Rohan, se crut en devoir d'exiger de l'amitié que .ui avait jusqu'alors témoignée le duc de Sulli, qu'il montrât quelque ressentiment d'une injure reçue à sa porte et presque dans son hôtel. Il n'en fut rien. C'est à cet événement que les éditeurs de Kehl font allusion.

En 1723, il y avait une longue note qui commençait ainsi : « On a choisi le duc de Sulli parce qu'il était de la religion prétendue réformée, qu'il fut toujours inséparablement attaché à sa religion et à son maître, et que depuis même il alla ambassadeur en Angleterre. Il naquit, etc. »

Les éditeurs de Kehl ont transposé le surplus de la note h la suite de celle sur le vers 97 du chant VIU. Voyez p. 190.

Vers 159.

Offre un tranquille port. (1723.)

Vers 165.

* On lève l'ancre, on part, on fuit loin de la terre; On aborde bientôt les champs de l'Angleterre : Henri court au rivage, et d'un œil curieux Contemple ces climats, alors ;iimés des cieux. Sous de rustiques toits, les»l;iboureurs tranquilles Amassent les trésors des campagnes fertiles.

Sans craindre qu'à leurs yeux des soldats inhumains

Ravagent ces beaux champs cultivés par leurs mains.

La paix au milieu d'eux, comblant leur espérance,

Amène les plaisirs, enfants de l'abondance.

« Peuple heureux, dit Bourbon, quand pourront les Françoii

Voir d'un règne aussi doux fleurir les justes lois ?

* Quel exemple pour vous, monarques de la terre !

* Une femme a fermé les portes de la guerre ;

* Et, renyoyant chez vous la discorde et l'horreur,

* D'un peuple qui l'adore elle fait le bonheur. » En achevant ces mots, il découvre un bocage Dont un léger zéphyr agitait le feuillage : Flore étalait au loin ses plus vives couleurs; Une onde transparente y fuit entre les fleurs ;

* Une grotte est auprès, etc.

Vers 172. Traduction de ce vers de Virgile {Mneid., 1,95) ~

Praesentemque viris intentant omnia mortem.

Vers 201. On lit dans Boileau {Épître VI, vers 153-154.) t

Nous irons, libres d'inquiétude,

Discourir des vertus dont tu fais ton étude.

Vers 204.

Perdus dans les plaisirs, plongés dans les amours. (1723.^

Vers 217. Racine a dit {Esther, acte I, scène i) :

Et c'est là que, fuyant l'orgueil du diadème,

Lasse des vains honneurs, et me cherchant moi-môma...

Vers 218.

Il avait abaissé. (1733.)

Vers 243.

.... Console mes -deux jours. (I'723~n52.)

Vers 248. H y avait dans les éditions qui ont précédé celle de 1768 : '

Leurs desseins orgueilleux.

Lui seul est toujours stable : en vain notre capric* De sa sainte cité veut saper l'édifice ; Lui-même en affermit les sacrés fondements. Ces fondements vainqueurs de l'enfer et du temps. C'est à vous, grand Bourbon, qu'il se fera coimaître.

* Vous serei éclairé, etc.

Dans l'édition in-4° de 1768, où se trouve pour la première fois le texte actuel, on lit cette note sur l'ancienne version : « Cette tirade parut à l'auteur plus faite pour la chaire que pour la poésie, et peu digne de cette philosophie tolérante qu'il a toujours annoncée. Il faut d'ailleurs remarquer qu'étant né catholique, il s'est toujours exprimé en catholique. »

Vers 262. Voltaire a dit depuis dans Brutus (acte I, scène u) ;

Ah ! quand il serait vrai que l'absolu pouvoir Eût entraîné Tarquin par delà son devoir. Qu'il en eût trop suivi L'amorce enchantertise^*

Vers 272.

Et que qui lui ressemble... (1723.)

Il embrasse en pleuiant ce veillard vertueux; n s'éloigne à regret de ces paisibles lieux : Il avance, il arrive à la cité fameuse Qu'arrose de ses eaux la Tamise orgueilleuse.

Là, des rois d'Albion est l'antique séjour;

Elisabeth alors y rassemblait sa cour.

L'univers la respecte, et le ciel l'a formée

Pour rendre un calme heureux à cette île alarmée.

Pour faire aimer son joug à ce peuple indompté,

* Qui ne peut ni servir ni vivre en liberté.

Le héros en secret est conduit chez la reine; Il la voit, il lui dit le sujet qui l'amène;

* Et, jusqu'à la prière, etc.

Le beau tableau de l'Angleterre a été ajouté dans les éditions suivantes, d'après ce que M. de Voltaire avait vu luimême dans cette île; et ce tableau ressemble plus à l'Angleterre sous George P' qu'à l'Angleterre sous Elisabeth.

Dans un poëme, on n'est obligé de se conformer rigoureusement à la vérité historique, ni pour l'ordre et les détails des faits, ni même pour le caractère des personnages. Il suffit de ne point s'écarter de l'histoire dans les grands événements, et de ne pas choquer l'opinion publique sur les caractères principaux. M. de Voltaire a donc pu, sans se contredire, ne donner ici que des louanges à Elisabeth, et rendre justice dans son histoire à la perfidie, à la cruauté, à l'hypocrisie de cette princesse. — K.

Vers 304. Imitation de Tacite {Hist., lib. I):

• Qui nec totam servitutem nec totam libertatem pati possunt. »

Les malheurs, reprit-il. (1723.)

Vers 353. Édition de 1723 :

Mais, n'employant jamais que la ruse et la feinte^

* Il fut mon ennemi par faiblesse et par crainte : Je l'ai vaincu, madame, ei je vais le venger; Le bras qui l'a puni saura le protéger.

Dans d'autres éditions il y avait :

Reine, je parle ici sans détour et sans feinte : Vous m'avez commandé de bannir la contrainte ; Et mon cœur, qui jamais n'a su se déguiser, Prêt à servir Valois, ne saurait l'excuser.

Vers 360. Édition de 1723 :

La querelle des rois.

La reine accorda tout à sa noble prière ; De Mars à ses sujets elle ouvrit la barrière. Mille jeunes héros vont bientôt sous ses pas Fendre le sein des mers et chercher les combats. " Essex est à leur tète, Essex dont la vaillance Vingt fois de l'Espagnol confondit la prudence,

* Et qui ne croyait pas qu'un indigne destin

* Dût flétrir les lauriers qu'avait cueillis sa maia.

Quelques-uns de ces vers ont été transposés dans le trol- •ième chant. Ils sont ici précédés d'un astérisque.

Vers 361. Dans quelques éditions :

La reine cependant...

Vers 363. Imitation de Racine {Esther, acte I, scène i)

Par quels secrets ressorts, par quel enchaînement Le ciel a-t-il conduit ce grand événement ?

Vers 375.

Et je crois mériter que sans déguisements

Vous m'instruisiez ici de vos vrais sentiments. (172^)

Vers 377. Imitation de Virgile {/Eneid., II, 3, 10, 13) :

Infandum, regina, jubés renovare dolorem.

Sed si tantus amor casus cognoscere nostros,

Incipiam.

Vers 383. Imitation de Virgile {Mneid., II, 12) :

Animus meminisse horret.

Vers 385. Au lieu de ce vers et des trois suivants, on lisait dans les éditions de 1723 à 1737 :

Surtout en écoutant ces tristes aventures, Pardonnez, grande reine, à des vérités dures Qu'un autre aurait pu taire ou saurait mieux voiler, Mais que jamais Bourbon n'a pu dissimuler.

Dans sa lettre à Frédéric, du 15 avril 1759, Voltaire explique ainsi la cause de la suppression de ces quatre vers : « Comme ces vérités dures, dont parle Henri IV, ne regardent point la reine Elisabeth, mais des rois qu'Elisabeth n'aimait point, il est clair qu'il n'en doit point d'excuses à cette reine; et c'est une faute que j'ai laissée subbister trop longtemps. »

d4S LA HEISRIADB.

Vers 14. Molière a dit dans le Tartuffe, acte IV, scène i ;

Des int rets du ciel pourquoi vous chargez-vous'

Laissez-lui, laissez-lui le soin de sa vengeance.

Vers 27. Autre réminiscence d\ Tartuffe (acte I, scène Tl) :

Et pour perdre quelqu'un, couvrent insoleninwnt De l'intérêt du ciel leur fier ressentiment

Vers 48. On lit dans quelques éditions :

A la cour de son fils»

Vers 64.

Tous les défauts du sexe avec peu de vertus.

Ce mot m'est échappé; je parle avec franchise. (1723.)

Vers 78. Édition de 1723:

Préparait i son fils une éternelle enfance. Racine avait dit dans Bajazet, acte I, scène i :

Traîne, exempt de péril, une éternelle enfance, La version actuelle déguise mieux l'emprunt. Vers 80. Éditions de 1723 à 1764 :

Marqua par cent combats son empire nouveau. Vers 85. Boileau {Épitre IV, vers 123) a dit :

Déjà du plomb mortel plus d'un brave est atteint. Vers 87. Éditions de 1723 à 1730 :

Se vit assassiné.

Vers 03.

Mais lui, voyant en moi la fille de son frère. Me tint lieu, chère Élise, et de père et de mère. Racink, Eslher, acte I, scène l.

Vers 99. Ce vers et les cinq suivants ne sont point dans lea éditions de 1723 et 1728, où on lit à leur place :

Hélas ! je pleure encore et pleurerai toujours L'indigne assassinat qui termina ses jours.

Vers 109. Boileau a dit {Épitre VII, vers 59) :

Je dois plus à leur haine, il faut que je l'avoue.

Vers 115. Expression empruntée à Corneille qui a dit [Le Cid, acte I, scène vu) :

Instruisez-le d'exemple.

C'est au reste Voltaire lui-même qui signale cet emprunt dans ses Commentaires sur Corneille.

Vers 136. Autre emprunt fait à Racine {Phèdre^ acte IV, scène vi) :

Et leur osent du crime aplanir le chemin.

Vers 139. On lit dans Iphigénie, acte III, scène m :

Puis-je ne point chérir l'heureuse occasion D'aller du sang troyen sceller notre union?

Vers 153.

Aut uUa putatis

Dona carere dolis Danaum?...

Quidquid id est, timeo Danaos et dona ferentes. ViEGlLB, /Eneid., II, 43-49.

Vers 155. Le premier hémistiche se trouve dans Mithridate, acte IV, scène iv.

Vers 170. Voltaire a placé ce vers dans Artémire^ acte I, scène i.

Vers 173. Racine a dit {Bajazet, acte II, scène i) :

Prince, l'heure fatale est enfin arrivée Qu'à votre liberté le ciel a réservée.

Vers 177. Malherbe, dans son Ode à la Reine sur sa bienvenue •n France, a dit :

Dm mois l'inégale courhère.

Vers 180.

Et toujours le sommeil lui verse des pavots.

BoiLBAU, le Lutrin, chant II, vers 104.

Vers 181. Ce vers et les suivants sont encore imités de Boileau :

Lorsqu'un cri, tout à coup suivi de mille cris, etc. Épitre IV, vers 43 et suiv.

Vers 221. Édition de 1723 :

• Besme, qui dans la cour attendait sa victime, Monte tout indigné qu'on diffère son crime.

Palissota remplacé ces deux vers par ceux-ci, qu'il dit tenir de Voltaire, mais qui n'étaient dans aucune édition :

Mais, des fureurs de Guise instrument mercenaire, Besme veut par le crime acheter son salaire; Des assassins trop lents il vient hâter les coups.

Vers 238. Voltaire avait dit dans OEdipe, acte I, scène ni :

Et que son corps sanglant, privé de sépulture, Des vautours dévorants devienne la pâture.

Vers 255. Imitation de Racine {Athalie, acte I, scène ii) •

Un poignard à la main, l'implacable Athalie Au carnage animait ses barbares soldats.

Vers 276. Dans une épUre au duc de Bouillon, Chaulieu a dit:

Dignes de plus de vie et de plus de fortune.

Vers 315. Racine a dit dans Esther, acte I, scène i :

Dieu tient le cœur des rois entre ses mains puissantes : Il fait que tout prospère aux âmes innocentes, Tandis qu'en ses projets l'orgueilleux est trompé.

Vers 319. Toutes les éditions données du vivant de l'auteuf offrent le texte que nous avons adopté ; les éditions modernes portent :

Son père à ses côtés.

Vers 328.

Parut à mon réveil. (1723.)

Vers 331. Ce vers et le suivant semblent une réminiscence de ceux-ci qu'on lit dans VAmasis de Lagrange-Ghancelf acte I, scène i :

Ne recouvra ses sens que pour envisager

Cinq fiis que sur ce marbre on venait d'égorger.

Vers 24. Édition de 1723 :

A mes sens étonnés sera toujours présente. Vers 31. Promettait, dans les éditions de 172>^, 1732 et 1751.

Sur son trône étranger placer l'heureux Valois.

Vers 43. Au lieu de ce vers et des trois suivants on lit, dans les éditions de 1723 à 1742 :

Reine, je parle ici sans détour et sans feinte; "Vous m'avez commandé de bannir la contrainte; Et mon cœur, qui jamais n'a su se déguiser, Prêt à servir Valois, ne saurait l'excuser.

Vers 49. Édition de 1723 :

Par un honteux retour.

• Vers 75. Ibidem :

Mais simple et populaire.

Vers 78. Imité de Boileau qui a dit {Épitre 1, vers llï;'. Qu'on n'alla jamais voir sans revenir heureux.

2Sft LA HENRIADE.

Vers 79. Édition de 1723 :

Souvent il prévenait.., Vers 81. Ibidem :

Il savait captiver les grands.

Vers 83. Ibidem :

...... Souple en ses artifices.

Vers 96. Dans l'Orphelin de la Chine, acte II, scène m, Voltaire a dit :

Distingués un moment par de frivoles marquée.

Vers 97. Éditions de 1723 à 1764 »

L'autre portant partout...

Volait à sa défense.

Vers 1 1 4. Palissot, qui a souvent outre-passé les droits d'un éditeur, pour éviter la répétition du mot sauver, qu'on retrouve quatre vers plus bas, a mis ici :

Je courais le venger...

L'édition de 1723 porte :

Je voulais le sauver.

Vers 145. Édition de 1723:

Joyeuse et Matignon, prêts à se signaler, Se disputaient tous deux l'honneur de m'accablet. " Guise, dont la prudence égalait le courage, A tous mes allies disputait le passage.

* D'armes et d'ennemis pressé de toutes parts,

* Je les défiai tous et tentai les hasards. L'arbitre des combats, à mes armes propice. De ma cause en ce jour protégea la justice: Je combattis Joyeuse; il fut vaincu; mon bras Lui fit mordre la poudre aux plaines de Coutraj ; Et ma brave noblesse, à vaincre accoutumée, Dissipa devant moi cette innombrable armée.

* De tous les favoris, etc.

VARIANTES ET IMITATIONS. toi

Vers 171.

Peut-être aux grands exploits... (1723.) Vers 175. Édition de 1723 :

Il n'eut à m'opposer qu'un aveugle courage, Dans un chef orgueilleux dangereux avantage. Mille jeunes guerriers attachés à son sort * Du sein des voluptés s'avançaient à la aort. Cent chiffres amoureux...

Vers 200. Imité d'Horace qui a dit (lib. I, od. ii, v. 21-22)

Audiet cives acuisse ferrum,

Quo graves Persae melms périrent.

'Corneille {le Cid^ acte III, scène vi) avait déjà emprunté et ainsi rendu cette pensée :

Leurs vaillantes mains Se tremperont bien mieux au sang des Africains.

Vers 207. On lit dans Zaïre, acte II, scène m t Des chevaliers français tel est le caractère.

Vers 216. Dans son poëme d'Adonis (vers 531-32) La Fon- Uine a dit t

Les fleurs, présent de Flore, Filles du blond Sommeil et des pleurs de l'Aurore.

Vers 218. Cette compraison est imitée de Virgile {^neid. IX, 435-37) :

Purpureus veluti cum flos, succisus aratro, Languescit moriens ; lassove papavera collo Demisere caput, pluvia cum forte gravantur.

Vers 221. Édition de 1723 et suivantes f

Des succès trop heureux déplorés tant de foi».

La leçon actudle est de 1737.

Vers 229.

Il eut môme à souffrir, pour comble de douleur, Et la gloire de Guise et soo propre malheur. (1723.)

Vers 263. Quinault {Thésée, acte II, scène viii) avait dit :

Quand on a fait trembler un roi, Apprenez qu'on en doit tout craindre.

Vers 295. Cette expression appartient à Racine. On lit dan» Mithridate, acte II, scène m :

Un rival dès longtemps soigneux de lui déplaire.

Vers 320. Après ce vers, on lisait, dans l'édition de 1723, les quatre suivants, «que l'auteur a retranchés, disent les éditeurs de Kehl, parce qu'ils rendaient le duc de Mayenne trop petit» :

Mais Paris, occupé d'un nom si glorieux, Sur un chef moins connu n'arrêtait point ses yeux : Et ce guerrier si craint, que tout un peuple adore, Si Guise était vivant, ne serait rien encore.

• Il succède...

Vers 331. Édition de 1723 :

Mais souvent il se trompe, à foKe de prudence; Il est irrésolu par trop de prévoyance, Moins agissant qu'habile ; et souvent sa lenteur Dérobe à son parti les fruits de sa valeur.

* Voilà quel est Mayenne, et quelle est sa puissance. Cependant l'ennemi du pouvoir de la France, L'ennemi de l'Europe, et le vôtre, et le mien,

* Ce roi dont l'artifice est le plus grand soutien, Philippe, avec ardeur embrassant sa querelle, Soutient des révoltés la cause criminelle;

• Et Rome, qui devait...

Vers 377. Ce vers et les cinq suivants étaient primitivement dans le chant I.

Vers 385. Édition de 1723 :

Partez, lui dit la reine, allez, jeune héro» :

Ce n'est point votre roi...

Vers 420. Les éditions de 1723 à 1764 portent : Si Mayenne est vaincu...

Le mot vaincus se retrouve deux vers plus bas. La correction est dans l'édition de 1768, in-4°. On voit que jusque dans la vieillesse Voltaire s'occupait à perfectiouner son poëma que, dans un Impromptu à M. Thieriot, il nomme son plus cher enfant.

Vers 18. Après ce vers, il y avait dans les premières éditions :

Soudain, pareil aux feux dont l'éclat fend la nue,

Henri vole à Paris d'une course imprévue ;

La fureur dans les yeux et la mort dans les mains,

Il arrive, il combat, il change les destins;

n met Aumale en fuite, il fait tomber Saveuse :

Vers son indigne cloître on voit s'enfuir Joyeuse.

Boufflers, où courez-vous, trop jeune audacieux ? Ne cherchez point la mort qui s'avance à vos yeur; Respectez de Henn la valeur invincible.

Mais il tombe déjà sous cette main terrible ; Ses beaux yeux sont noyés dans l'ombre du trépa», Et son sang qui le couvre efface ses appas : Telle une tendre fleur qu'un matin voit éclore

* Des baisers du Zéphire et des pleurs de l'Aurore, Tombe aux premiers efforts de l'orage et des vents, Dont le souffle ennemi vient ravager nos champs.

Cest en vain que Mayenne arrête sur ses rives De ses soldats tremblants les troupes fugitives ; C'est en vain que sa voix les rappelle aux combat* :

* La voix du grand Henri précipite leurs pas;

* De son front menaçant la terreur les renverse. La fureur les a joints, la crainte les disperse; Et Mayenne, avec eux dans leur fuite emporté. Suit bientôt dans Paris le peuple épouvanté. Henri sait profiter de ce grand avantage.

L'édition de 1 728 offre une version un peu différente ùt ce passage qui fut supprimé en 1730. Dans son Idée de la Ben-

riade, Voltaire a exposé les motifs qui l'ont porté à faire cette suppression. La comparaison Telle une tendre fleur, etc., a été conservée et employée dans le chant 111, vers 215 et suivants.

Vers 27. Les éditions de Kehl et la plupart des réimpreseions faites depuis portent :

Et plongea dans le sein de la France éplorée.

Vers 43. On lit dans La Fontaine, livre IX, fable 2:

, . . . Quand des. nues

Fond à son tour un aigle aux ailes étendues.

Vers 49. Il y avait dans les éditions de 1728 à 1764 t 2)nns un de ces combats, de sa gloire enivré.

La version actuelle est de 17G8.

Vers 121. Avant 1728 ce vers se lisait ainsi :

Du moment qu'on diffère il connaît tout le prix,

ce qui semblait être une réminiscence de celui-ci de Racine :

El d'un instant pefdu connaissait tout le prix.

Athalie, acte III, scèno Ul.

Vers 138. Imité de Boileau :

Là, le fils orphelin lui redemande un père; Ici, le frère pleure un frère empoisonné.

Art poétique, chant IV, vers 4-5.

Vers 140. Après ce vers, l'édition de 1723 met les quatre suivants :

Où sont ces grands guerriers, ces fiers soutiens des lois, Ces ligueurs redoutés qui font trembler les rois? Paris n'a dans son sein que de Lâches complices, Qu'a déjà fait pâlir la crainte des supplices : * Tant le faible vulgaire, etc.

Vers 146. On lit dans le Lutrin, chant I, vers 42:

Fait sifQer ses serpents^ l'excite à la vengeance.

Vers 168. Édition de 172J :

Qjae le Tibre enrichit du tribut de ses ondea.

Vers 172. Godeau, évêque de Vence, a dit dans son Épîtr à sa bibliothèque :

Rome, dont ie destin, soit en paix, soi; en guerre. Est de se voir toujours la reine de la terre.

Vers 177. Les premières éditions, jusqu'en 1764, portent t

Elle a su sous son joug.

Vers 181. Boileau a dit, satire X, vers 481 j

Sur le pompeux débris des lances espagnoles.

Vers 487. Il y avait dans l'édition de 17?3:

C'est de là que le Dieu qui pour nous voulut naître,. S'explique aux nations par la voix du grand-prêtré : Là son premier disciple, avec la Vérité, Conduisit la Candeur et la Simplicité; Mais Rome avait perdu sa trace apostoiiqu». Alors au Vatican régnait la Politique, etc.

Et en note on lisait :

« On a mis exprès ce mot alors^ afin de fermer la bouche aux malintentionnés, qui pourraient dire qu'on a manqué de respect à la cour de Rome.

« Cette fiction de la Politique qui se joint à la Discorde et qui emprunte les habits de la Religion ne signifie autre chose que les intrigues des Espagnols et des ligueurs auprès du pape ; il n'y a presque personne en Europe qui ne sache que leurs artifices engagèrent la cour de Rome à se déclarer contre la France. Le pape peut être considéré comme le chef de l'Église ; alors on ne peut avoir qu'un respect sans bornes pour la sainteté de son caractère, et une soumission profonde pour ses décisions ; mais comme prince temporel, il a des intérêts temporels à ménager ; c'est un prince qui a besoin de politique pour faire la guerre et la paix. Ainsi Sixte-Quint donna de l'argent à la Ligue, et Grégoire XIV lui donna aussi de l'argent et des troupes. »

Vers 208. Il y avait dans les éditions de Londres t

Sous des dehors plus doux la cour cacha ses crimes; La décence y régna, le conclave eut ses lois; La vertu la plus pure y régna quelquefois ; Des Ursins d,aQs nos jours a mérité des temples; Mais d'un tel souverain la terre a peu d'exemples, Et l'Église a compté, depuis plus de mille ans, Peu de pasteurs sans tache, et beaucoup de tyrans. • Sixte alors était roi, etc.

Ces vers furent supprimés en 1730. Les éditions de 1733 et 1734 portent en note :

« Les amis de l'auteur savent qu'il retrancha ces vers parce que la suite de la vie de ce des Ursins, pape sous le nom de Benoît XIII, fit voir que c'était moins un saint qu'un homme faible, incapable du pontificat et du trône, et gouverné par des ministres qui out été l'objet de la haine des Romains, »

Vers 233. Dans l'édition de 1748 et dans les précédentes, on lisait :

Toujours l'autorité lui prête un prompt secours. Le mensonge subtil règne en tous ses discours; Et, pour mieux déguiser son artifice extrême. Elle emprunte la voix de la vérité même.

Vers 259. Édition de 1723 :

Allons, qu'à tes flambeaux je rallume ma foudre; Que le trône français tombe réduit en poudre, Que nos poisons unis infectent l'univers.

Vers 263. Dans les premières éditions, on lisait :

Ces monstres à l'instant pénètrent un asile Où la Religion solitaire, tranquille.

Sans pompe, sans éclat, belle de sa beauté, Passait, dans la prière et dans l'humilité. Des jours qu'elle dérobe à la foule importuna Qui court à ses autels encenser la Fortune. • Son âme pour Henri, etc.

Vers 284. Les premières éditions portent :

" Surprennent en secret leur auguste ennemie; Sur son modeste front, sur ses charmes divin», Ils portent sans frémir leurs sacrilèges main;

VARIANTES ET IMITATIONS. 25i

Prennent ses vêtements, et, fiers de cette injure, De ses voiles sacrés ornent leur tête impure : C'en est fait, et déjà leurs m^.gnes fureurs Dans Paris éperdu vont changer tous les cœur».

* D'un air insinuant l'adroite Politique Pénètre au vaste sein de la Sorbonne antique : Elle y voit à grands flots accourir ces docteurs^ De la vérité sainte éclairés défenseurs,

* Qui, des peuples chrétiens, etc.

Et dans une édition de Londres, au lieu de l'avant-dernier ▼ers, on lit :

De leurs faux arguments obstinés défenseurs.

Sur le vers :

Pénètre au vaste sem de la Sorbonne antique,

l'édition de 1723 contient cette note, supprimée en 1730 et remplacée par celle qu'on lit à la page 97, sous le n°6:

« On sait que soixante-douze docteurs de la Faculté de théologie de Paris donnèrent un décret par lequel les sujets étaient relevés du serment de fidélité envers le roi. »

Vers 311. Il y avait dans les premières éditions :

On brise les liens de cette obéissance Qu'aux enfants des Capets avait juré la Franc». La Discorde aussitôt, de sa cruelle main, Trace en lettres de sang ce décret inhumain.

* Soudain elle s'envole, etc.

Vers 335. Ces vers sont une imitation de ceux à'Athalie, acte IV, scène m :

Ne descendez-vous pas de ces fameux lévites Qui, lorsqu'au dieu du Nil le volage Israël Rendit dans le désert un culte criminel, De leurs plus chers parents saintement homicides. Consacrèrent leurs mains dans le sang des perfides^ Et par ce noble exploit vous acquirent l'honneur D'être seuls employés aux autels du Seigneur ?

Mais dans Athalie c'est un prophète inspiré de Dieu qui parle, et ici c'est le déoion de la Discorde. Platon, qui voulait chasser tous les poètes de sa république.

258 LA HENRIADB.

eût fait peut-être une exception en faveur de l'auteur de la

^enriade; mais celui d'Athalie n'eût pas été conservé. — K.

Vers 336. Racine a dit dans Athalie, acte IV, scène ii :

Entrez, généreux chefs des familles sacrées, Du ministère saint tour à tour honorées.

Vers 411. Les éditions antérieures à 1730 portent:

De ces seize tyrans l'insolente cohorte

* Du Temple de Thémis environne la porte. On voyait à leur tête un vil gladiateur', 'Monté par &oa audajce à oe coupa.bie honneur; Il s'avance au milieu de l'auguste assemblée,

* Par qui des citoyens la fortune est réglée : « Magistrats, leur dit-il, qui tenez au sénat,

* Non la place du roi, mais celle de l'État,

Le peuple, assez longtemps opprimé par vous-môme»,

Vous instruit par ma voix de ses ordres suprêmes.

Las du joug des Capets qui l'ont tyrannisé,

ill leur ûte un pouvoir dont ils ont abusé :

Je vous détends ici d'ospr l^s reconnaître ;

Songez que désormais le peuple est votre maîtrd :

Obéissez.... » Ces mots, prononcés fièrement,

Portent dans les esprits un juste étonnemeut. .

Le sénat, indigné d'une telle insolence.

Ne pouvant la punir, garde un noble silence.

La Ligue audacieuse en frémit de ful-eur;

Elle avait tout séduit, hors ce sénat vengeur ;

Cette fermeté rare est pour elle un outrage :

Le grand Harlay surtout est l'objet de sa rage :

Cet organe des lois, si terrible aux pervers.

Par ceux qu'il doit punir se voit chargé de fer.

*Vh. voit auprès de lui, etc.

Vers 442. Imité de Corneille :

Et s'avance au trépas

Avec le même front qu'il donnait les Etats.

Pompée, acte II, scène II,

Vers 450. L'édition de 1723 porte :

Amelot, Blancménil, et vous, jeune Longueil;

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