‹ La Henriade, poemeChapitre 8 sur 19 · FIN DU CHANT PREMIER · texte numérisé non relu

FIN DU CHANT PREMIER

ARGUMENT

Henri li grand raconte a la reine Elisabeth 1'histoire dcs malheurs de la France: il remonte a leur origine, et entre dans le detail des massacres de la Saint-Barthelemi.

JLVEINE, 1'exces des maux ou la France est livree

Est d'autant plus afFreux, que leur source est sacrce :

C'est la religion dont le zcle inhumain

Met a tous les Fran^ais les armes a la main.

Je ne decide point entre Geneve et Rome.

De quelque nom divin que leur parti les nomme,

J'ai vu des deux cotes la fourbe et la fureur ;

Et si la perfidie est fille de 1'erreur,

Si, dans les differents ou 1'Europe se plonge,

La trahison, le meurtre est le sceau du mensonge,

L'un et 1'autre parti, cruel egalement,

Ainsi que dans le crime est dans 1'aveuglement.

Pour moi qui, de 1'etat embrassant la defense,

Laissai toujours aux cieux le soin de leur vengeance,

On ne m'a jamais vu, surpassant mon pouvoir,

D'une indiscrete main profaner 1'encensoir :

Et perisse a jamais 1'afFreuse politique

Qui pretend sur les cosurs un pouvoir despotique,

CHANT II. yj

Qui veut, le fer en main, convertir les mortels, Qui du sang heretique arrose les autels, Et, suivant un faux zele, ou 1'interet, pour guides, Ne sert un Dieu de paix que par des homicides ! Plat a ce Dieu puissant, dont je cherche la loi, Que la cour des Valois eut pense comme moi ! Mais 1'un et 1'autre Guise ont eu moins de scrupule. Ces chefs ambitieux d'un peuple trop credule, Couvrant leurs interots de 1'interet des cieux, Ont conduit dans le piege un peuple furieux, v Ont arme centre rnoi sa piete cruelle.

J'ai vu nos citoyens s'egorger avec zele, Et, la flamme a la main, courir dans les combats, Pour de vains arguments qu'ils ne comprenaient pas. Vous connaissez le peuple, et savez ce qu'il ose, Quand, du ciel outrage pensant venger la cause, Les jeux ceints du bandeau de la religion, II a rompu le frein de la soumission.

Vous le savez, madame ; et votre prevoyance Etouffa des long-temps ce mal en sa naissance. L'orage en vos etats k peine etait forme ; Vos soins 1'avaient prevu, vos vertus 1'ont calme : Vous regnez ; Londre est libre, et vos lois Sorissantes. Medicis a suivi des routes differentes.

Peut-ctre que, sensible a ces tristes recits, Vous me demanderez quelle etait Medicis. Vous 1'apprendrez du moins d'une bouche ingtnue. Beaucoup en ont parl>; ; niais peu 1'ont bien connue ; Peu de son coeur profond ont sonde les replis. Pour moi, nourri vingt ans a la cour de ses fils, Qui vingt ans sous ses pas vis les orages naitre, J'ai trop, a mes p6rils, appris a la connaitre.

Son epoux, expirant dans la fleur de ses jours, A son ambition laissait un libre cours. Chacun de ses enfants, nourri sous sa tutelle, Devint son ennemi, des qu'il rogna sans elle. Ses mains autour du trone, avec confusion, Semaient la jalousie et la division :

Opposant sans rel.iche, avec trop de prudence, Les Guises aux Condes, et la France a la France, Toujours prete a s'unir avec ses ennemis, Et changeant d'interet, de rivaux, et d'amis; Esclave des plaisirs, mais moins qu'ambitieuse ; Infidele a sa secte, et superstitieuse ; Possedant en un mot, pour n'en pas dire plus, Les defauts de son sexe, et peu de ses vertus. Ce mot m'est echappc ; pardonnez rna franchise : Dans ce sexe, apres tout, vous n'utes point comprise ; L'auguste Elisabeth n'en a que les appas : Le ciel, qui vous forma pour regir des etats, Vous fait servir d'exemple a tous tant que nous

sommes ;

Et 1'Europe vous compte au rang des plus grandj hommes.

Deja Francois second, par un sort imprevu, Avait rejoint son pore au tombeau descendu ; Faible enfant, qui de Guise adorait les caprices, Et dont on ignorait les vertus et les vices. Charles, plus jeune encore, avait le nom de roi : Modicis rcgnait seule ; on tremblait sous sa loi. D'abord sa politique, assurant sa puissance, Semblait d'un fils docile eterniser 1'enfance ; Sa main, de la discorde allumant le flambeau, Signala par le sang son empire nouveau ;

Elle arma le courroux de deux sectes rivales. Dreux, qui vit deployer leurs enseignes fafales, Fut le thiatre affreux de leurs premiers exploits. Le vieux Montmorenoi, pres du tombcau des rois D'un plomb mortel atteintpar une main guerriere, De cent ans de travaux termina la carriere. Guise, aupres d'Orleans, mourut assassine. Mon p>re malheureux, a la cour enchaine, Trop faible, et malgre lui servant toujours la reine, Traina dans les affronts sa fortune incertaine , Et, toujours de sa main preparant ses malheurs Combattit et mourut pour ses persecuteurs. Conde, qui vit en moi le seul fils de son frere, M'adopta, me servit et de maitre et de pere ; Son camp fut mon berceau ; la, parmi les guerriers, Nourri dans la fatigue a 1'ombre des lauriers, De la cour avec lui dedaignant 1'indolence, Ses combats ont ete les jeux de mon enfance.

O plaines de Jarnac ! 6 coup trop inhumain ! Barbare Montesquieu, moins guerrier qu'assassin, Cond6, deja mourant, tomba sous ta furie. J'ai vu porter le coup ; j'ai vu trancher sa vie : Helas ! trop jeune encor, mon bras, mon faible bras Ne put ni prcvenir ni venger son trepas.

Le ciel, qui de mes ans protegeait la faiblesse, Toujours a des hcros confia ma jeunesse. Coligny, de Conde le digne successeur, De moi, de mon parti, devint le di'jfenseur. Je lui dois tout, madame, il faut que je 1'avoue ; Et d'un peu de vertu si 1'Europe me louc, Si Rome a souvent meme cstimc mes exploits, C'est & vous, ombre illustre, a vous que je le doiB.

34 LA HENRIAOK.

Je croissais sous ses yeux ; et mon jeune courage Fit long-temps de la guerre un dur apprentissage. II m'instruisait d'exemple au grand art desheros: Je voyais ce guerrier, blanchi dans les travaux, Soutenant tout le poids de la cause commune Et contre Medicis et contre la fortune ; Ch(>ri dans son parti, dans 1'autre respectc, Malheureux quelquefois, mais toujours redoute ; Savant dans les combats, savant dans les retraites ; Plus grand, plus glorieux. plus craint dans ses defaites, Que Dunois ni Gaston ne 1'ont jamais etc Dans le cours triomphant de leur prosperite.

Apres dix ans entiers de succes et de pertes, Medicis, qui voyait nos campagnes couvertes D'un parti renaissant qu'elle avait cru detruit, Lasse enfin de combattre et de vaincre sans fruit, Voulut, sans plus tenter des efforts inutiles, Terminer d'un seul coup les discordes civiles. La cour de ses faveurs nous offrit les attraits; Et, n'ayant pu nous vaincre, on nous donna la paix. Quelle paix, juste Dieu, Dieu vengeur que j'atteste ! Que de sang arrosa son olive funeste ! Ciel ! faut-il voir ainsi les maitres des humains Du crime a leurs sujets aplanir les chemins !

Coligny, dans son coeur a son prince fidele, Aimait toujours la France en combattant contre elle • II chirit, il prcvint 1'heureuse occasion Qui semblait de 1'etat assurer 1'union.

Rarement un heros connait la defiance : Parmi ses ennemis il vint plein d'assurance : Jusqu'au milieu du louvre il conduisit mes pas. Medicis, en pleurant, me reijut dans ses bras,

Me prodigua long-temps des tendresses de mere, Assura Coligny d'une amitie sincere, Voulait par ses avis se regler desormais, L'ornait de dignites, le comblait de bienfaits, Montrait a tous les miens, scduits par 1'esperance, Des faveurs de son fils la flatteuse apparence. Helas ! nous esperions en jouir plus long-temps !

Quelques uns soup9onnaient ces perfides presents : Les dons d'un ennemi leur semblaient trop a craindre. Plus ils se defiaienl, plus le roi savait feindre. Dans 1'ombre du secret, depuis peu Medicis A la fourbe, au parjure, avail forme son fils, Fa^onnait aux forfaits ce coeur jeune et facile ; Et le malheureux prince, a. ses lemons docile, Par son penchant feroce a les suivre excite, Dans sa coupable 6cole avail trop profile.

Enfin, pour mieux cacher eel horrible mystere, 11 me donna sa seeur, il m'appela son frere. O nom qui m'as trompi ! vains serments ! noeud fatal ! Hymen, qui de nos maux fus le premier signal ! Tes flambeaux, que du ciel alluma la colere, Eclairaient a mes yeux le trcpas de ma mere, Je ne suis poinl injusle, el je ne pretends pas A Medicis encore imputer son Irepas :

J'c-carte des soup<,-ons peut-6tre Icgitimes, Et je n'ai pas besoin de lui chercher des crimes, Ma mere enfin mourut. Pardonnez a des pleura Qu'un souvenir si lendre arrache a mes douleurs. Cependant tout s'appn'te, et 1'heure esl arrivee Qu'au fatal denouemcnl la reine a rcservoe.

Le signal est donnc sans tumulte et sans bruit: C'etait a la faveur des ombres de la nuit.

De ce mois malheureux 1'inegale couriere Semblait cacher d'efFroi sa tremblante lumiere. Coligny languissait dans les bras du repos, Et le sommeil trompeur lui versait ses pavota. Soudain de mille cris le bruit epouvantable Vient arracher ses sens a ce calme agreable • II se leve, il regarde, il voit de tous cotes Courir des assassins a pas precipites :

II voit briller par-tout les flambeaux et les armes, Son palais embrasc, tout un peuple en alarmes, Ses serviteurs sanglants dans la flamme etouffes, Les meurtriers en foule au carnage echauffes, Criant a haute voix : " Qu'on n'6pargne personne ; " C'est Dieu, c'est Medicis, c'est le joi qui 1'ordonne ! II entend retentir le nom de Coligny.

II apercjoit de loin le jeune Teligny, Tcligny, dont 1'amour a merite sa fille, L'espoir de son parti, 1'honneur de sa famille, Qui, sanglant, dechire, traine par des soldats, Lui demandait vengeance, et lui tendait les bras.

Le hcros malheureux, sans armes, sans defense, Voyant qu'il faut pcrir, et pcrir sans vengeance, Voulut mourir du moins, comme il avait vecu, Avec toute sa gloire et toute sa vertu. Deja des assassins la nombreuse cohorte Du salon qui 1'enferme allait briser la porte ; II leur ouvre lui-meme, et se montre a leurs yeux Avec cet ceil serein, ce front majestueux, Tel que, dans les combats, maitre de son courage, Tranquille, il arrctait ou pressait le carnage.

A cet air venerable, a cet auguste aspect, Les meurtriers surpris sont saisis de respect ;

Une force inconnue a suspendu leur rage. Compagnons, leur dit-il, achevez votre ouvrage, El'de mon sang glace souillez ces cheveux blancs Que le sort des combats respecta quarante ans ; Frappez, ne craignez rien : Coligny vous pardonne j Ma vie est peu de chose, et je vous 1'abandonne... J'eusse aime mieux la perdre en combattant pour vous... Ces tigres, a ces mots, tombent a ses genoux : L'un, saisi d'epouvante, abandonne ses armes ; JL'autre embrasse ses pieds, qu'il trempe de ses larmes ; Et de ses assassins ce grand homme entoure Semblait un roi puissant par son peuple adore.

Besme, qui dans la cour attendait sa victitne, Monte, accourt, indignu qu'on differe son crime, Des assassins trop lents il veut hater les coups; Aux pieds de ce heros il les voit trembler tous. A cet objet touchant lui seul est inflexible ; Lui seul, k la pitic toujours inaccessible, Aurait cru faire un crime et trahir Modicis, Si du moindre remords il se sentait surpris : A travers les soldats il court d'un pas rapide : Coligny 1'attendait d'un visage intrepide : Et bientot dans le flanc ce monstre furieux Lui plonge son epie, en detournant les yeux, De peur que d'un coup-d'oeil cet auguste visage Ne fit trembler son bras, et gla^ut son courage.

Du plus grand des Fran^ais tel fut le triste sort On 1'insulte, on 1'outrage encore apres sa mort. Son corps, perc6 de coups, privc de sepulture, Des oiseaux djvorants fut 1'indigne pfiture ; Et Ton porta sa ti'te aux pieds dc Modicis, Conquete digne d'elle, et digne de son fils.

M6dicis la re^ut avec indifference, Sans paraitre jouir du fruit de sa vengeance, Sans remords, sans plaisir, maitresse de ses sens, Et comme accoutumee A de pareils presents.

Qui pourrait ccpendant exprimer les ravages Dont cdte nuit cruelle etala les images ? La niort de Coligny, premices des liorreurs, N'etait qu'un faible essai de toutes leurs fureurs. D'un peuple d'assassins les troupes effrenees, Par devoir et par zele au carnage acharnees, Marchaient, le fer en main, les yeux etincelants, Sur les corps etendus de nos frcres sanglants. Guise ctait a leur tote, et, bouillant de colere, Vengeait sur tous les miens les manes de son pere : Nevers, Gondi, Tavanne, un poignard a la main, Echauffaient les transports de leur zele inhumain ; Et, portant devant eux la liste de leurs crimes, Les conduisaip"t au meurtre, et marquaient les vic-

times.

Je ne vous peindrai point le tumulte et les cris, Le sang de tous cotes ruisselant dans Paris, Le fils assassine sur le corps de son pere, Le frere avec la sceur, la fille avec la mere, Les epoux expirant sous leurs toits embrascs, Les enfants au berceau sur la pierre ecrases : Des fureurs des humains c'est ce qu'on doit attendre. Mais ce que 1'avenir aura peine u comprendre, Ce que vous-meme encore a peine vous croirez, Ces monstres furieux de carnage altcres, Excites par la voix des pretres sanguinaires, Invoquaient le Seigneur en egorgeant leurs freres, Et, le bras tout souillc du sang des innocents, Osaient offrir a Dieu cet execrable encens

CHANT ii. ay

O combien de heros indignement perirent ! Renel et Pardaillan chez les morts descendirent ; Et vous, brave Guerchy ; vous, sage Lavardin, Digne de plus de vie et d'un autre destin. Parmi les malheureux que cette nuit cruelle Plongea dans les horreurs d'une nuit eternelle, Marsillac et Soubise, au trepas condamnes, Defendent quelque temps leurs jours infortunes. Sanglants, perces de coups, et respirant a peine. Jusqu'aux portes du louvre on les pousse, on les traine ; Us teignent de leur sang ce palais odieux, En implorant leur roi, qui les trahit tous deux.

Du haut de ce palais excitant la tempete, Medicis a loisir contemplait cette fete : Ses cruels favoris, d'un regard curieux, Voyaient les riots de sang regorger sous leurs yeux ; Et de Paris en feu les ruines fatales Etaient de ces heros les pompes triomphales.

Que dis-je ! 6 crime ! 6 honte ! 6 comble de nos maux Le roi, le roi lui-meme, au milieu des bourreaux, Poursuivant des proscrits les troupes egarees, Du sang de ses sujets souillait ses mains sacrees : Et ce meme Valois que je sers aujourd'hui, Ce roi qui par ma bouche implore votre appui, Partageant les forfaits de son barbare frere, A ce honteux carnage excitait sa colere. Non qu'apres tout Valois ait un cocur inhumain ; Rarement dans le sang il a trempe sa main : Mais 1'exernple du crime assiogcait sa jeunesse ; Et sa cruaute meme etait une faibiesse.

Quelques uns, il est vrai, dans la foule des morts, Du fer des assassins tromperent les efforts.

De Caumont, jeune enfant, 1'etonnante aventure

Ira de bouche en bouche u la race future.

Son vieux pere, accable sous le fardeau des ans,

Se livrait au sommeil entre ses deux enfants ;

Un lit seul enfennait et les fils et le pere.

Les ineurtriers ardents, qu'aveuglait la colcre,

Sur eux a coups presses enfoncent le poignard •

Sur ce lit malheureux la mort vole au hasard.

L'Eternel dans ses mains tient seul nos destinces •

II sait, quand il lui plait, veiller sur nos annees,

Tandis qu'en ses fureurs 1 'homicide est tromp6.

D'aucun coup, d'aucun trait, Caumont ne fut frappe ;

Un invisible bras, arme pour sa defense,

Aux mains des ineurtriers derobait son enfance ;

Son pere, a ses cotes, sous mille coups mourant,

Le couvrait tout entier de son corps expirant;

Et, da peuple et du roi trompant la barbaric,

Une seconde fois il lui donna la vie.

Cependant, que faisais-je en ces affreux moments ? Helas ! trop assur.i sur la foi des serments, Tranquille au fond du louvre, et loin du bruit des arines, Mes sens d'un doux repos goutaient encor les charmes. O nuit ! nuit effroyable ! 6 funeste sommeil ! L'appareil de la mort eclaira mon roveil. On avail massacre mes plus chers domestiques ; Le sang de tous cotes inondait mes portiques ; Et je n'ouvris les yeux que pour-envisager Les miens que sur le marbre on venait d'egorger. Les assassins sanglants vers mon lit s'avanccrent, Leurs parricides mains devant moi se leverent j Je touchais au moment qui terminait mon sortj Je presentai ma tete, et j'attendis la mort.

Mais, soil qu'un vieux respect pour le sang de leura

maitres

Parlat encor pour moi dans le coeur de ces traitres ; Soit que de Medicis 1'ingenieux courroux Trouvat pour moi la mort un supplice trop doux; Soit qu'enfin, s'assurant d'un port durant 1'orage, Sa prudente furcur me gardAt pour otage ; On rcserva ma vie a de nouveaux revers ; Et bientot de sa part on m'apporta des fers.

Coligny, plus heureux et plus digne d'envie, Dumoins, en succombant, ne perdit que la vie,

Sa liberte, sa gloire au tombeau le suivlt

Vous fr6missez, madame, a cet affreux rccit: Tant d'horreur vous surprend ; mais de leur barbarie Je ne vous ai conte que la moindre partie. On eat dit que, du haul de son louvre fatal, Medicis ii la France eiit donne le signal. r

Tout imita Paris ; la mort sans resistance Couvrit en un moment la face de la France. Quand un roi veut le crime, il est trop obei ! Par cent mille assassins son courroux fut servi ; Et des fleuves fran<;ais les eaux ensanglantees Ne portaient que des morts aux mers epouvantcea.

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