ÉTYMOLOGIE DE SON NOM
Si nous examinons l’extérieur du héron, nous verrons qu’il n’est pas moins digne d’attention que son organisme.
Il n’est personne qui ne connaisse ces vers de La Fontaine :
Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où,
Le héron, au long bec, emmanché d’un long cou.
La fable (3) qui commence par ces vers, est un petit chef-d’œuvre , parfaitement composé pour faire ressortir la morale de la fin; mais avec des récits de ce genre on se ferait une idée bien peu juste de l’oiseau que nous étudions.
Que le héron ait été créé avec de longs pieds, un long cou et un long bec, nous avons vu que cela était nécessaire et que ces parties de son organisme sont admirablement en rapport avec le genre d’élimination pratique.
(1) Le prince Ch. Bonaparte reconnaît 8,300 espèces. D’après M. Verreaux, naturaliste au Muséum de Paris, le nombre en serait plus considérable.
2) Vicomte de Dax, ibid. p. 59. — Aristote dit le héron actif et subtil à se procurer sa nourriture. Sagax et cœnegerula et operosa.
(3) Fable 4, livre vn.
ET LE HÉRON GRIS. r
il)
Or, si l’homme avait été cliarge de donner a celte machine la beauté qu’elle pouvait comporter, il nous aurait sans doute laissé beaucoup à désirer. On peut en juger par l’outillage qui figure dans les expositions agricoles, par de nombreuses machines genre squelette, par la monotonie des lignes et des couleurs.
L’homme lui-même, dans quelques circonstances de sa vie, qui ne sont pas sans analogie avec celle du héron, n’est un modèle ni de beauté, ni de grâce. Voyez le pâtre des Landes monté sur ses échasses, le jardinier s’efforçant d’alteindre un nid de chenille avec sa perche et son crochet, le pêcheur au bout de sa ligne.
Sous le rapport de la tarlle, le héron est le roi des oiseaux sédentaires de notre pays; il forme avec le roitelet les deux extrêmes de notre échelle ornithologique.
Du reste, le héron n’est dépourvu ni d’une certaine majesté, ni de beauté, ni de grâce.
Quand, à l’approche de l’homme ou à un signal d’alerte, il se dresse sur son nid et se met en observation, il prend des attitudes graves et qui, en raison de ses proportions dignes des premiers âges de la création, ont quelque chose d’imposant.
Pendant mes visites à la héronnière d’Ecury, combien je me suis plu à contem[)ler ces oiseaux.
Quand, effrayés, ils s’élèvent dans les airs, on leur voit décrire à toutes les hauteurs les évolutions les plus étonnantes, imprimer à leur cou les ondulations les plus originales et apparaître éclatants de lumière quand le soleil vient frapper le blanc de la poitrine.
5ü LA HÉRONNIÈRE r’ÉRI R r LR-GRAND
Un jour que j’arrivais au sommet d’un arbre, un liéron qui planait dans les nuages comme un milan, la mère sans doute des petits que j’allais étudier, se mit à fondre dans ma direction. Dans les Alpes, je l’aurais pris pour un aigle. Jamais il ne m’a été donné d’admirer un vol plus majestueux.
Pour juger du plumage, inspirons-nous encore de ce qui se passe parmi les hommes. On ne voit pas la toilette du gandin aux pâtres des Landes, au pionnier d’étang et de marais, au pêcheur à la ligne. Il était aussi naturel que le héron ne fût pas habillé comme les brillants oiseaux de l’équateur.
Les hérons communs sont d’une teinte générale cendré-bleuâtre, lustrée, rehaussée sur le devant de blanc et de noir; après l’âge de trois ans, ils entrent en livrée parfaite et ont alors le dessous du * corps d’un blanc pur flanqué dûm noir-bleu, sur le devant du cou des taches oblongues d’un noirbleu sur fond blanc de neige.
Ils portent aussi à la naissance du cou et en guise de bouclier une touffe de plumes, les unes longues, effilées, soyeuses, cendré-blanchâtres ; les autres plus longues, tubulées et d’un blanc lustré, et sur la tête une aigrette composée de plumes étagées dont quelques-unes plus longues, très-effilées, d’un noir-bleu : elles ont été recherchées par les dames comme garniture de chapeau, et comme aigrette dans certaines milices fl).
(1) Description donnée par M. Degland , dans son ouvrage de V Ornithologie Européen?ie.
Mâle et femelle : partie antérieure du vertex couverte de plumes longues, étagées d’un blanc pur ou lavé de gris bleuâtre; le reste du vertex jusqu’aux yeux et l’occiput couverts aussi de plumes étagées et
KT LE HÉRON (iRTS.
Ol
iXon-seiilemciit donc le héron est bien vêtu, mais encore il est paré, et même dans cette parure il y a certains emblèmes de la vigilance et de la force, qui sont bien, en rapport avec l’armure dont il dispose.
Le nom de héron, donné à cet oiseau superhe, justifie nos appréciations.
Le héron a toujours attiré l’attention de l’homme par ses grandes proportions. Aussi les étymologies
parmi elles de deux à cinq plus longues, très-effilées, d’un noir bleu, formant une aigrette ou huppe pendante sur le cou ; nuque blanche, lavée de cendré ; dessus du corps d’un cendré bleuâtre, avec de longues plumes d’un cendré métallique plus clair sur les scapulaires, gorge, milieu de la poitrine et du ventre, sous-codales, partie interne des cuisses et des jambes d’un blanc pur ; côté du cou d’un blanc cendré comme la nuque ; devant du cou marqué, sur la ligne médiane, de taches oblongues d’un noir bleu, sur fond blanc de neige ; plumes du bas du cou, en partie longues, effilées, cendré blanchâtre, et en partie plus longues, subulées et d’un blanc lustré ; côtés de la poitrine et flancs d’un noir bleu profond ; joues blanches; ailes d’un cendré bleuâtre, avec le bord blanc et les remiges noires ; queue d’un cendré foncé bleuâtre en dessus, d’une teinte plus claire en dessous ; bec dhm jaune livide, nuancé de brunâtre en dessus, à la pointe et sur les cotés ; partie nue des lorums de la même couleur et d’un bleu de plomb au-dessus des commissures du bec et aux paupières ; partie nue des jambes, rouge en été et jaune livide en hiver ; pieds brunâtres, lavés de jaunâtre en dedans des tarses et au-dessous des doigts ; iris jaunes.
Jeunes avant la première mue, et avant l’âge de trois ans : Ils n’ont pas d’aigrette à la tête, ni de plumes effilées aux scapulaires, et de plumes subulées au bas du cou ; vertex entièrement noir ; cou cendré ; dessus du corps cendré foncé ; dessous blanc terne et moins étendu; bec brun supérieurement, jaune inférieurement; iris jaune; laurum et paupières jaune verdâtre ; pieds noirâtres, avec le bas des jambes et le dessous des doigts jaunâtres.
Après la première mue : les teintes s’éclaircissent un peu ; des plumes blanches poussent au vertex et les plumes de cette partie s’allongent ; des plumes effilées commencent à paraître aux scapulaires et au bas du cou.
A l’âge de trois ans: ils ont les plumes longues et subulées de la nuque et sont en livrée parfaite.