MAI
14 arbres portaient chacun
1 nid
habité
Total de ces nids. . . .
Lors
de ma première
visite, en 1864, l’arbre
plus chargé portait 8 nids, dans lesquels il y avait : 1®‘ nid 3 petits
7 — 5 œufs
Dans 6 nids 20 petits.
Dans 2 nids 8 œufs.
Total. . . 28 petits et œufs.
LA HÉRONNIÈRE d’ÉGURY-LE- CxRANT*
En 1865, j’ai trouvé au sud-est de la héronnière, sur le même arbre : 12 nids contenant 12 œufs et 28 petits, total 40. Si l’on y ajoute les pères et mères de ces 12 nids, on a, pour cet arbre, 64 individus.
Comme on le voit, les hérons aiment à vivre en société et non isolément, comme la plupart des autres oiseaux.
Ils sont souvent si rapprochés que d’un seul point j’en ai touché quatre et vu les œufs et les petits de liuit autres.
Ces nids sont établis dans les crochets que forment les branches à leur naissance, et composés de baguettes de bois mort, solidement enchevêtrées les unes dans les autres ; celles qui servent de base à l’édifice ont environ 2 centimètres de diamètre ; elles sont recouvertes de brindilles sur lesquelles on trouve quelquefois de petits joncs et des végétaux herbacés.
Je n’ai vu ni les feuilles sèches, ni les plumes, ni la mousse mentionnées par quelques auteurs comme faisant partie de l’ameublement que le héron prépare pour ses petits.
11 est à remarquer que ces nids, au lieu d’être appuyés contre le tronc d’un arbre ou contre quelques grosses branches comme ceux de buse, de bondrée ou de milan, sont le plus souvent perchés sur les extrémités des cimes. Cet emplacement le plus rappi oché de l’espace libre, permet à l’oiseau de prendre son vol, quoiqu’il ait de taille 1 mètre 215 millimètres, et d’envergure 1 mètre 76 centimètres, sans compter qu’il lui offre de sérieuses garanties contre les dénicheurs de toute espèce.
ET LE HÉRON (iRfS.
SI
Il lui faut d’autant mieux calculer la force de résistance qu’il trouvera dans les matériaux qu’il emploie et dans les branches qui doivent les porter et les contenir.
Toutes ces constructions sont en forme de coupe, c’est-à-dire plus ou moins demi-sphériques et creuses. A l’époque de mes visites, beaucoup étaient aplaties, parce que les jeunes et les pères et mères s’étaient maintes fois posés sur les bords. Pour se renseigner sur les proportions de ces nids, il faut mesurer ceux qui contiennent des œufs.
Ils ont en général en hauteur de C'SSO à 1 m.
en largeur de 0,50 à 1 m.
Et pour la cuvette en profondeur de 0,05 à 0,22 c.
en largeur de 0,30 à 0,40 c.
En moyenne, l’épaisseur des parois est de 0 mètre 10 centimètres, et celle du fond, 0 mètre 25 centimètres.
Le plus souvent, la hauteur de 0 mètre 60 centimètres n’est atteinte que par la superposition de deux ou trois nids.
L’un d’eux nouvellement fabriqué avec beaucoup de baguettes vertes, pesait 9 kilogrammes 500 grammes.
Pour que l’on se fasse une idée exacte de ces nids, j’en ai décomposé un; cette analyse a donné lieu aux observations et aux chiffres qui suivent.
Il était sur un frêne à 18 mètres de hauteur ; au moyen de cordeaux il a été descendu avec la branche qui le soutenait, sans qu’il en soit résulte la moindre détérioration.
LA HÉRONNIÈRE Ti’ÉCURY- LE-GRAND
Il avait en hauteur. 0“,65 en largeur. 0“,65
La profondeur de la cuvette était de. 0,12 et sa largeur de. 0,30
En réalité, ce massif de baguettes se composait de deux nids, mais dans le pourtour surtout elles étaient tellement enchevêtrées les unes dans les autres, qu’on ne pouvait s’en faire une idée qu’en les désagrégeant.
En 1875, deux hérons avaient trouvé qu’un vieux nid composé de branches d’aune à demi pourries ne serait pas de force à supporter leurs petits, et l’avaient pris pour fondation d’un nouveau.
L’édifice qui, en était résulté était tellement tassé dans l’enfourchement de cinq branches, qu’il était à l’épreuve des plus violents coups de vents.
Les plus gros brins ayant pour diamètre 0 mètre 01 centimètre à 0 mètre 02 centimètres et en longueur de 0 mètre 25 centimètres à 0 mètre 60 centimètres, avaient été employés aux fondations et aux accotements ; quelques-uns étaient dirigés de Lexlérieur au centre, comme les rayons d’une circonférence. Au fur et à mesure de leur pose, des brindilles de bois et quelques roseaux avaient été disposés de manière à rendre les couches très-compactes. Les baguettes étaient reliées les unes aux autres par leurs crochets, quelques racines, des grappes, des graines d’aune, des attaches en crayon et en terre de marais composée de feuilles et d’herbes. 11 en résultait un massif impénétrable. Au fond de la cuvette étaient de petites brindilles qui donnaient de la douceur et de l’élasticité.