‹ La Hollande à vol d'oiseauChapitre 11 sur 72 · III · texte numérisé non relu

III

UTRECHT, ZlilST

On quitte toujours Arnhem à regret. Cette ville si charmante, si coquette, éternellement souriante, retient le visiteur et lui laisse, lorsqu'il s'éloigne, une sorte de chagrin de son départ. Pour peu que le soleil la réchauffe de ses rayons dorés, il semble qu'elle soit un de ces asiles bénis, où le bonheur habite à demeure fixe. Dès lors, pourquoi s'en aller chercher au loin ce qu'on trou\e là si bien à sa portée?

Du reste, à peine a-t-on fait quelques kilomètres que la nature, comme si elle voulait bien faire sentir la prodigalité de ses dons, change brusquement d'aspect. Aux épais bosquets, aux allées majestueuses de grands arbres, aux prairies vertes et touffues succèdent tout à coup des landes interminables, sombres, tristes, désolées, où la bruyère s'étend à perte de vue, à peine coupée, de loin en loin, par une haie de chênes rabougris, ou par quelques rangées de bouleaux chétifs.

Un kilomètre encore, et ces derniers vestiges d'une végétation épuisée, sans force, mourant d'inanition, disparaissent à leur tour.

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