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féminin) varient, en cfl'et, suivant les âges, et à la distribution des nombreuses pièces qui le composent, on peut rcconnaîti'e l'état de la personne qui le porte. On sait de suite si elle est fille, femme ou veuve.
jj^ La IIolla):dc à vul d'oiseau.
Dès le berceau, l'enfant est mis, ou, pour parler plus exactement, était mis en possession du costume national. Sa tête était coilîéc du bonnet et son corps habillé de la camisole traditionnelle, que ses pieds étaient encore emprisonnés dans les langes du maillot. De un an à six ans, nouveau costume, de six à quatorze, encore une tranformation. Au delà de quatorze on endossait l'habit des filles, qui subissait encore quelques modifications de détail, à partir du jour où l'on était fiancée. Ensuite venait le costume de l'épouse, et enfin, l'occasion aidant, celui de la veuve, dont le deuil se portait en bleu. On voit qu'il y en avait pour tous les âges et pour tous les états.
Et n'allez pas croire au moins qu'il s'agissait d'un costume aussi peu compliqué que celui qu'on porte de nos jours. L'habillement de la fille à marier se composait d'une jaquette en cotonnade rayée, dont les manches en damas bleu étaient garnies de velours au poignet. Par-dessus cette jaquette, la poitrine était couverte d'un fichu de couleur éclatante, et la taille serrée dans un corset de velours noir. Ajoutez une jupe de drap cramoisi à rebord de velours, et en partie recouverte par un tablier à grands carreaux, des bas de filoselle rouge, des pantoufles de velours noir, et un pardessus à grands ramages. Tel était le costume de la jeune fille. Ab iino... disce otnnes.
On peut aller d'Hindeloopen à Stavoren à pied, en longeant la digue, c'est-à-dire en suivant la côte. A mi-chemin se trouve Molkwerum, cette colonie singulière dont nous parlions tout à l'heure, et qu'on appelle dans le pays le labyrinthe de la Frise.
C'est un petit village de trois cents âmes, qui serait pareil à tous les villages du monde sans l'architecture singulière de ses vieilles maisons, qui rappellent celles d'Hindeloopen; et sans la disposition unique de sa voirie qui lui a valu son nom de labyrinthe. Il n'a point de rues, en effet, mais seulement des sentiers qui relient les maisons, affectent des courbes très incommodes, et s'enchevêtrent les uns dans les autres, avec l'intention manifeste de créer une confusion qui n'est nullement dangereuse.
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Je me souviens d'avoir lu dans un vieux livre que, l'orsqu'un étranger a pénétré dans l'écheveau de ces sentiers, « il faut qu'il se serve d'un guide pour sortir de ce lahyrintlie ». Réputation usurpée, un enfant de dix ans apprendrait en quinze minutes à se tirer d'alfaire.
Si Molkwerum, avec ses prétentions, provoque un sourire chez les voyageurs qui le visitent, Stavorcn, avec son unique rue désolée, avec ses chaumières en ruine, est bien faite pour émouvoir l'archéologue et pour attrister le touriste. Ce village, que dis-je, ce hameau, est, en elVet, tout ce qui reste de la plus ancienne et de la plus riche \ iUe de la Frise.
Non seulement Stavorcn fut la capitale de tout le pays, non seulement elle fut une cité royale, mais encore, en son beau temps elle fut une des villes les plus industrieuses et les plus commerçantes de l'Europe septentrionale. Des traités d'alliance et de commerce l'unissaient aux Romains, aux Bataves, aux Danois, aux Germains et aux Francs, et c'est sur son marché que les peuples du Nord et du Midi venaient consommer leurs échanges, enrichissant la ville par leurs transactions.
En ce temps, où le Zuiderzée n'existait pas encore, le Flci'um, facilement navigable, lui permettait de communiquer avec la mer du Nord. Elle avait un port commode, une flottille nombreuse, et ses marins, qui passaient pour intrépides, remontaient dans la Baltique jusqu'à des hauteurs où les autres navigateurs n'osaient pas s'aventurer.
Blacu, qui nous décrit ses magnificences, nous raconte qu'elle avait
emprunté aux Romains leurs théâtres et leurs cirques. 11 ajoute que sa population rallblait des combats de gladiateurs; ceci se passait au IV" et au v" siècle, mais au xrrr Stavoren n'avait encore rien perdu de sa splendeur. La ville, dit le vénérable Cornélius Kempius, « renfermait quantité d'églises et de monastères, magnifiquement décorés, dont aujourd'hui encore 'c'est-à-dire au xvi' siècle\ on aperçoit, au milieu des ruines, les vestiges désolés ». Si l'on en croit les chroniques
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du vieux temps, les vestibules des maisons étaient dorés et les colonnes des palais étaient en or massif. Il faut naturellement faire, dans ces narrations trop brillantes, une large part à l'exagération; mais on doit reconnaître que le nom de Stavoren était alors célèbre dans toute l'Europe du Nord, et que son commerce égalait celui des villes les plus florissantes.
Aujourd'hui, de tout cela il ne reste plus rien, pas même des ruines. Autant les villes ont de mal à grandir, autant elles vont vite quand elles se mettent à décroître. A partir du w siècle Stavoren, qui jusque-là avait tenu son rang, tomba en pleine décadence. Au xvi° siècle la pauvre ville n'était plus que l'ombre d'elle-même. Son port s'était ensablé, le commerce l'avait déserté, et la cité ne comptait déjà plus qu'une cinquantaine de maisons dont beaucoup étaient en mauvais état.
Depuis lors, son aspect n'a pas changé. La désolation est restée la même, peut-être plus navrante encore. On chercherait vainement, en effet, quelque chose qui rappelle la splendeur passée. Ce n'est point un village, ce n'est même pas un hameau; c'est un vrai cimetière, et les trois cents habitants qui lui sont demeurés fidèles ont l'air d'àmes en peine, revenues en ce monde pour pleurer la grandeur de leur ville déchue et la gloire oubliée des vieux rois de la Frise.
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