‹ La Hollande catholiqueChapitre 16 sur 35 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

Nous fermons à cette page les annales de la Hollande sainte et mettons fin à ce ressouvenir des âges de foi ; ce dernier épisode peut résumer mille ans de l'antique église d'Utrecht , que nous sommes tentés de comparer, en nous séparant d'elle, à la bienheureuse Lidwina. La Hollande chrétienne semble n'avoir eu pour récompense de sa foi que des stygmates et les douleurs d'un long crucifiement. Aux prises avec un élément terrible qui dévore ses enfants par cent mille, couchée sur un sol fangeux que tous les fléaux ravagent, épuisée par des guerres intestines où pasteui^s et fidèles périssent, broyés sous les pieds d'une noblesse indomptée, sous le flot des invasions étrangères; plus aflligée encore par l'ascendant tyrannique des empereurs qui mettent sa foi en péril et s'efforcent de lui arracher son unique consolation, l'union avec l'Églisc-raère, elle subit toiis los gci)-

LA fi. LIDWINA 139

res d'épreuves. Et pourtant c'est une portion privilégiée de la chrétienté : le parfum de ses vertus s'exhale au loin : l'occident par ses apôtres, l'orient par ses croisés, en sont réjouis. Les anges l'ont visitée; Dieu lui est apparu, et l'a couronnée de l'auréole des saints. Sur son lit fangeux où elle semble toujours agonisante, elle trouve un trône, où ses pontifes menèrent longtemps le règne le plus patriarcbal. Sous leur houlette paternelle , la mer recule , les fleuves sont captifs , le sol affermi se couvre de cités et de monuments, l'industrie prospère, la population surabondante se répand au loin sur les mers, l'instruction fleurit, les écoles abondent, les collégiales , les monastères , les églises , tous les ordres religieux rivalisent de zèle.

De grands évêques la soutiennent contre tous les assauts et font tête à la fois à la guerre et à l'Océan, aux comtes, aux empereurs, aux éléments ; Godefroi de René bâtit quatre châteaux ou villes de guerre : Adelbode, Frédéric de Syrck et Henri de Viane élèvent le magnifique Dom Kerk , l'une des merveilles du Nord ; le vénérable Frédéric de Blankenheim, Je Salomon des Bataves, donne à ses villes des lois , des franchises, des communes; David de Boui^ogne ramène unmomentla paix desjours les plus prospères. J)'a«iires relèvent Içs villes, rétablissent les tours et

i40 BIBLIOTHÈQUE NOUVELLE.

les remparts» dessinent les polders, créent ce prodigieux réseau de canaux et de digues qui font de la Hollande un jardin suspendu sous les eaux. Malgré toutes les guerres, ce pays fournit sou contingent à dix-huit croisades. La science et la sainteté, longtemps unies sur cette terre, donnent encore dans les plus mauvais jours , un précepteur aux empereurs, un docteur puissant dans les universités , un pape enfin , Adrien VI , appelé d'acclamation à s'asseoir à côté de LéonX. L'Église d'Utrecht resta jusqu'au bout digne de ses premiers fondateurs, digne de saint Willibrord, et nous pouvons près de sa tombe redire ces paroles que Raban Maur lui adressait dans son berceau.

O paLria I o populus ! tanto ditata patrono Per quem vita venit I o patria I o populus I Gioria digna Deo, talem qui illum dédit esse, Quique dédit nobis, gioria digna Deo I Gloria magna Deo semper per sxculacuncta, Dicamus omnes : gioria magna Deo (1).

(1) Raban Maur. apud Bolland. Y Jun, p* 491.

Page 1