ÉPHÉMÉRIDES PROTESTANTES
cards de religion. Les Hautes-Puissances et les États provinciauii: ont épuisé les plus ingénieuses combinaisons. Je vous en rendrai juge en vous énumérant froidement, un à un, ceux de ces pla~ cards qui me sont tombés sous la main, ce ne sont pas les plus acerbes. La collection en est aussi eu* rieuse que rare: elle est incomplète, et n*embrasse qu'un siècle de persécution. Dans cet intervalle, j'élague les causes personnelles, telles que les arrêts de proscription lancés, en 1602, contre Sasbold, le premier vicaire apostolique ; eu 1639 et en 16^0, contre Roveuius, le second. Je ne puis même entrer dans le détail des arrêts particuliers spécialement dirigés contre les réguliers ; les Jésuites, pour leur seule part, et déjà ce nom désignait tous les bons catholiques , ont eu l'honneur d'être af&chés plus de soixante fois depuis 1570 jusqu'en 16/i8, à la paix de Munster. C'est presque un placard par année ; chacun d'eux est l'ampliation revue et augmentée des précédents. Les États de Hollande y jouent presque le rôlepuéril et ridicule dese battre contre des fantômes; il suffit que des femmes , la nuit , frappent à une porte ; que la nouvelle vienne qu'un collège a été fondé à Louvain , à Douay, à Dole, pour qu'aussitôt le palais du Dam s'agite sur ses pilotis , et qu'une grave assemblée des Hautes^^uissancesdécrète un nouveau placard.
Enfin, pour donner la série de ces pièces, il faudrait feuilleter les volumineux in-folios du P/acaet Boek néerlandais et les Charter Boek des diverses provinces. Vous aurez une idée suffisante de ce formulaire de l'inquisition hollandaise, par les notes suivantes, prises sans choix, sur une vingtaine de ces placards dont j*ai les originaux sons les yeux ; plusieurs portent encore la signature des magistrats et les traces de leur exposition publique. Je suis Tordre chronologique, et nombre à la manière hollandaise, par lettres grecques.
a' Il avril 1596.
Nul ne peut aller au pays occupé par l'ennemi ou en venir, sans un passeport ou un sauf-conduit. — En même temps que les Jésuites et leurs séminaires, sont interdites les universités sises sous la tyrannique domination des Espagnols ; quiconque y recevra le baccalauréat ou le doctorat , demeure expulsé du pays.
e' 27 mars 1612.
1» Règlement de police pour arrêter tout Jésuite , moine ou prêtre de la religion papistiquc entrant au pays. 2'' Défense aux habitants de se lier par serment ou toute autre promesse, à maintenir le pouvoir du pape de Rome.—- Les convenii-