‹ La Hollande catholiqueChapitre 25 sur 35 · PRÉLIMIN, DU JANSÉNISME HOUÀI^AIS. S · texte numérisé non relu

PRÉLIMIN, DU JANSÉNISME HOUÀI^AIS. S

pour exécuteur de toutes ses ceuvres , Raveoius t alors prévôt d'Oldeozaal. G*est k ce perBoonage que je crois devoir attribuer» mou très révéreod Père» la responsabilité des malheurs qui out si durement affligé la mission de Hollande. Je tiens ù vous donner quelques détails qui confirment cctt^ opinion,

Sasbold le trouva à Cologne où il présii/dait ua collège fondé pour créer le clergé national hoUan* dais. Il était déjà étroitement lié avec le trop cé« lèbre Jansenius. Il figure en tête des docteurs qui ont approuvé VAvgustinus. Du moment qu'il entrc dans la confiance de Sasbold et devient son vicaire général , un système de persécution ouverte contre les réguliers se développe, invariablement jusqu'à sa mort

Par SCS conseils et d*après un plan d'administration que Sasbold avait élaboré dans les loisirs de son exil , tous les usages de la mission était rema« niés ; des règlements nouveaux tombaient de Wm au milieu des embarras et des cûrconstauces les

nius; mais comme on s*en plaignait à Rome, son sgent expliqua cette formule par une subtiHié qui oaractérise UQ parti destiné à devenir bientôt secte. U (aVa.it.nieltre deux points entre PhilippeuM et UlIroiecUniU et

lire archiepiscopus Philippensis : et ullrajecteniU ncç non cl HoUandiœ et Zelandiœ vlearUtê afOitoUcut^

rtS BIBLIOTHÈQUE NOUVELLE.

pins inopportones. Quelques prêtres séculiers qui géraient les biens de Tancien chapitre de Harlem svbissaient une guerre aussi lioiente que les réguliers. Ceux-ci n'avaient plus rien à voir avec leurs légitimes supérieurs; le vicaire aposioliquc les approuvait, les refusait» les confirmait ou les repoussait de son plein chef; là où ils demandaient à bâtir une église, on s'y opposait ; là où déjà établis il leur fallait de nouveaux collègues pour suffire au nombre croissant des fidèles , on diminuait au contraire leur personnel; d'interminables querelles d'empiétements étaient entretenues et comme provoquées ; les menaces et les censures grondaient sans cesse sur leur tête; il leur fallut, en 1610, lire dans toutes les Églises un monitoire qui les menaçait d'un interdit général, lequel fut regardé comme fulminé par les fidèles. Tous ces détails se rencontrent dans les pièces officielles du temps , et sont confirmées par une lettre où l'archevêque de Ma- Unes, Hovios, ami de SalsboM, très peu favorable aux réguliers , adresse à celui-ci de graves représentations.

On dit que Sasbold, pieux d'ailleurs et d'un zèle ardent , reconnut ses torts au lit de la mort et les déplora amèrement. En prenant son poste, Rovenius fut loin de tenir compte de ce tardif repentir. Son administration dans la Hollande, ses démarches

à Rome» sa correspondance, son fameux collège de ficaires révèlent nettement son bot et son plan d'exécation. Son but, deux lignes de lui le trahissent : à propos d*un démêlé avec des Frères précbeilrs, il écrivait le 20 novembre 1621 : « 11 faudrait prendre le fouet de l'Évangile pour chasser ces gens-là(l). o Voici comment il allait à ce but, à l'expulsion des trois quarts des missionnaires.

Je laisse un amas de procès particuliers qui se succèdent chaque année et encombrent les archivesd'Utrecht. Avant tout il importait de se ménager un appui à Rome et de grandir sa position par un titre d'archevêque du titre d'Utrecht Rovenius fit un voyage en 1623. La sagesse du Saint-Siège fut admirable dans sa persistance à maintenir invariablement deux points essentiels qui se lient : exclure tout ce qui ressentait une église nationale, et maintenir les réguliers sous rautorité immédiate de leurs supérieurs : Rovenius se heurta vainement contre ces deux bornes immuables (2).

Débouté de sa prétention au titre d'archevêque d'Utrecht, il en poussa plus opiniâtrement sa pointe

(i) Opus estel flagello de funiculis ad taies ejiden'' dos y Epist. Nomio in arcbiv. Harleluensium.

(2) Voir les curieuses lettres surprises à Bruxelles dans les papiers de Quesnel et publiées dans le Cauv quesneUiana.

toule sa vie, s*affubla même du titre, sans le dissimuler toujours par les deux poiuts d*intorpoactioii si singulièrement imaginés. Ei 1636, dix ans après son voyage de Rome, son ami Janscnius négociait activement à Madrid. En 1639, le clergé d*Utrecht et de Harlem signait dans ce même but une requête au roi d*£spagne, qui vint à la connaissance des États, et attira sur Rovenius un placard de bannis-, sèment. Ces circonstances sont importautes, etconfondent les prétentions qui voudront plus tard que la juridiction des anciens archevêques n'ait pas été interrompue.

Rovenius ne fut pas plus heureux à Rome sur la question des réguliers ; il y eut un concordat qui lui parut si onéreux qu'étant encore à Rome il apostilla en marges de remarques très peu respectueuses le bref qui le conûrmait y et osa l'adresser, sous cette forme étrange, à la régente Isabelle, pour qu'elle en obtint la révocation. Ce bref et ces apostilles passèrent aux mains du nonce de Bruxelles, et revinrent à la congrégation des évêqucs et réguliers. Rovenius dut quitter Rome, et imagina une cabale de Jésuites pour colorer sa déconvenue.

De retour , il reprit la guerre et publia son manifestG dans un opuscule sur le régime des miuions. Saint-Cyran et ses amis raccueiUirent

avec éclat (1). Il fatigua de ses doléances et de ses obsessions les nonces, les évoques voisins, les supérieurs réguliers , jusqu'à ses amis. L'un d'eux , rarchevéquedeMalincs, s'en plaint amèrement. Un autre, évêquc de Bois-le-Duc, déclara par une ordonnance nuis pour son diocèse , en partie enclavé dans la Hollande, tous les règlements du vicaire apostolique contre les missionnaires réguliers.

Le vénérable père Florentin de Montmorency, provincial des Jésuites, excédé de ces scandales croissants, accepta un concordat nouveau, sous la double réserve que son général approuverait et que les autres supérieurs réguliers y accéderaient. Tous protestèrent; mais Rovenius, passant outre, déclara le concordat conforme aux vœux de tous, et obtint un bref de confirmation très suspect d'être subreptlce. Toutefois la paix ne fut point encore conclue (1626).

Rien n'est pénible comme de remuer sa volumineuse correspondance, où toutes les pages sont em-

(1) L*impression fui confiée à Saint-Cyran qui, avec son audace connue, dédia ce livre au clergé de France, puis en fit une traduction et la mit encore sous le patronnge vénérable de Sponde , évoque de Pamieri.

preintcs d*ane amertume passionnée (1) contre les prêtres les plus zélés de la mission. Il ne Toyait en eux que des étrangers rapaces et ambitieux; il attaqua jusqu'aux missionnaires qui s*en allaient , de guère lasse, mourir en Chine et au Japon ; il voit une mystérieuse cabale dans les choses les plus innocentes; il ne fait grâce à aucune occasion pour divulguer ce qui peut humilier ses prétendus adversaires ; il est en permanence Taccusateur public de ses prô* très ; il remplit Rome de ses libelles,et obsède la Propagande de ses plaintes. Il semble toujours mécontent que le Saint-Siège ne déploie pas toute sa puis, sance pour foudroyer ceux qui lui déplaisent ; dans cette même lettre où il dit qu'il faudrait les chasser à coups de fouets, il ajoute, comme ayant poussé •I bout la mansuétude et la patience : « C'est assez » longtemps dissimuler ; je crains d'être contraint » de leur interdire partout la prédication et l'ad- » miuistration pastorale (2). »

(1) Van Heussen , en son Batavia iacra, deuxième partie, p. 83, dit de ces lettres, avec une sorte de candeur : « Taeeo multipliées anlistitisRoveniiepistolas eœlettit tapientiœ medulla referlat. *

(2) Saiii diu dUtimulatim fuit : tandem vereor constringendos ut pMico tdicl'i eis pradicalionem et pat" toraliatn administratiorwm uHque inierdicamuê.

L'attrait des pièces nouvelles est loin , mon très révérend Père , de compenser la pénible impression que laissent des traits de ce genre. Je dois pourtant ajouter quelque chose de plus odieux et de plus humiliant. Quand Rovenius fut frappé d'un arrêt de bannissement , il y eut un procès criminel dont j'ai retrouvé en partie le dossier. L'un des nges, s'adressant au secrétaire de Rovenius, ar-* rêté et cité, dit ces paroles significatives : « Votre révérendissime s'est montré adversaire implacable des Jésuites, nous lesavons; il est même leur ennemi autant que nous le sommes, et il a travaillé de tôu* tes ses forces à les expulser de ces provinces. » Le secrétaire ne sut que répondre , et se tut.

Mais la plus grave accusation qui , à mon avis , pèse sur la mémoire de Rovenius , est d'avoir le premier créé, sous le nom Aevieariaius^ une cor* poratîon bureaucrati((ue , qui imbue de son esprit, le propagea et en développa toutes les conséquences , qui s'empara de l'administration spirituelle de toute la Hollande et finit par dominer les vicaires apostoliques eux-mêmes et les entralnef avec toute la mission aux dernières extrémités.

Ce point a été, mon très révérend Père, l'objet de ma plus sérieuse attention. Il existe dans les archives d'Utrecht une liasse de pièces soigneusement classées et conservées sur cette unique affaire.

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J*ai passé de longues be«re$ à déchiffrer et à dépouiller toutes ces pièces. Je dois vous faire part du résultat de cet examen et me permets de join* dre mes notes à cette lettre.

Il me reste à vous donner sur Rovenius un dernier renseignement qui montre clairement sous quelle impulsion il agissait, et en quelle sphère allaient ses pensées. Sur un exemplaire du testament de Jansenius, que j'ai coHationnc atec Tim* primé, on lit cette note que je crois inédite :

. L*an de N. S. 1688, le 23 juillet, il a été résolu, par révérends docteurs Fromond, Calenus et Laroaye, au sujet de l'édition des écrits du révérendissime susdit, qu'avant tout il fallait en traiter avec le très révérend archevêque de Phi> lippes et le R. D. Gatz, doyen de Harlem, pour s*assurer si on pouvait sûrement imprimer dans la Hollande.

» Selon l'intention de l'auteur, l'ouTrage devra être dédié au souverain Pontife, ce qui pourra être fait par le révérendissime archevêque de Pbillppes, s'il l'agrée, et, à son défaut, par le O'Acquoy, neveu du T. IL défunt

« Le nombre des exemplaires à tirer sera bissé à la décision du révérendissime Rovenius et du D' Catz 9

Je a*ai rien trqqvé qui w» donne TaisiiraBce

LE VICARIAT D'DTRECHT. 535

que RoTenius fût défiDitivement i*auteor de la célèbre àéàicdice àeVAugusthivs^ qui fut supprimée par les éditeurs et que le prince de Gondé découvrit si merveilleusement cl la prise d*unc ville flamande. Mais il me semble incontestai)le que Rovenius fut Tun des confidents les plus attitrés de Jansenius. La déférence de ses légataires universels pour ce personnage ne s'explique que par des relations antérieures très suivies et des recommandations spéciales du défunt.

Agréez^ mon très révérend Père, etc.

Le vicariat d'Utrecht.

Koles recueillies dans les archives conservées en l'église de Sainta-

Gerirude d'Uirecht.

C'est à tort qu'on a nié l'existence d'un acte par lequel Rovenius aurait institué une sorte de grand conseil pour la mission de Hollande, et qu'on a accusé de falsification les actes par lesquels ses soGCQSseurs ont confirmé cette institution. La pre* mière de ces pièces n'a jamais été publiée que je sache, et les autres n'cmt été données que par extraits qui permettaient des doutes sérieux sur la

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teneur et Tauthenticité de ces pièces. Je les ai vues et n'ai rien épargné pour y trouver des traces de faux que laisse souvent l'habileté la plus consommée. L'identité des écritures est incontestable : Tencre, le papier, les marques de fabrique, les sceaux encore subsistants ne m*ont pas laissé de doute sur Tauthenticité de ces pièces. Les passages publiés, très habilement découpés, sont textuels. Mais le sens que leur a attribué le parti , devenu secte,est une supercherie non moins incontestable.

Cette fraude commence au titre que portent toutes les pièces dans les archives d*Utrecht; selon cette étiquette, elles concernent le vicariat, ou le chapitre d*Utrechtf sa conservation au moment de sa dernière ruine, parRovenius, sa confirmation par les évêqucs subséquents, ses privilèges^ ses droits, h série ininterrompue des chanoines (1). II n*y a pas un mot de cette étiquette que ne renverse la seule lecture des pièces.

Je commence par celle de Rovenius» elle est sans date (2) et sans signature ; elle a pour titre : Ercc^

li)Côneemenila vicariatus uu capituH uUraJeetensiê ab imminente interitu per Rovenium comervatUmem, per subséquentes tpUcopos confirmationem , privilégia ^fura minime interrupiam eanonieorum seriem,

(i) £q marge, une main plus récente a mis U data de 1633.

LE YICAWAT D'UÎRECHT 337

iion du vicariat (1); expression fort juste : ce n'est pas la conservation d'une institution antérieure, mais une création nouvelle; et il n*est pas question d'un chapitre ni d'une collégiale, mais d'un vicariat, entendu comme il suit :

Six prêtres sont nommés pour former un conseil qui aide le vicaire apostolique dans l'exercice de ses fonctions. Chaque année ils devront se réunir au moins deux fois pour conférer avec lui sur les affaires de la mission. Jl est enjoint, au nom de l'obéissance, à tous les prêtres missionnaires d'avoir recours à ce conseil, et de suivre toutes les décisions conformes au règlement approuvé par le vicaire apostolique. Puis se trouve intercalée cette clause, que l'on s'est bien gardée de publier ( bien qu'en apparence accessoire, elle mérite la plusserieuse attention , ce sera le pivot de l'œuvre tout entière) : « Pour {5lus de stabilité et de durée dans ledit vicariat , il est établi un fonds commun destiné à subvenir aux dépenses de bien public et aux charges occurrcntes, et dont la gérance demeure réservée exclusivement au vicaire apostolique ou à son vicaire général (2). >

(i) L'étroîl e&pacc de cet écrit nous oblige de snpprimer le développement de celte enquête et de nous réduire àTexposé des points snillants.

(3) Pro fMjoti nuttm UabUlmenlo et contlnuntionit

Ce plan de banque, ce caclict de Mammon, demeura comine uu vice originel à cette institutioD, qni, à son tour, entacha le schisme d'Utrecht, et

lui imprima jusqu'à la fin les stygmates d'un mercantilisme que favorisait le génie hollandais et que la pudeur de Port-Royal fut loin de répudier. De chapitre et de chanoine, il n'en est pas question ; et comme il n*e\iste aucun acte sous Rovenins qni prouve que ce conseil ait fonctionné , ni aucune trace du règlement qui devait présider à ses opérations, il y a lied de penser que ce ne fut qu'un projet. Il entrait assez peu dans les vues de Rovenius, dominateur ombrageux, de se substituer, même après son expuluon de la Hollande, un conseil ainsi constitué. La Providence permit d'ailleurs qu'un avertissement sévère arrêtât celte œuvre à son début. L*jdée en transpira dans le public, des papiers tombèrent aux mains des magistrats. On y vit une conspiration avec des fonds secrets. Le secrétan*ede Rovenius fut arrêté, et mis dans le plus cruel embarras pour s'expliquer sur Yœrarium, Rovenius s'enfuit, et fut alors attehit de

dkll vicarîaius commune arariumt ad incumbenlet iumplu* pro bono publico faciendot et oecurrenlia onerê êublevanda erigetur cujui admlniiiratio peneê arch'e^ piicopum vel eju$ vicarinm generalem triU

XB VICARIAT D'UTRECHT. 2J9

J'arrêt de bannissement dont nous avons parlé. Wacbtelaer on Tigilius, son vicaire général, le premier inscrit sur la liste des conseillers, le seul admis à partager la gérance de la caisse, eut ses biens confisqués, et paitagea Texil de Rovenîus.

Soiis Jacques de la Torre, son successeur, qui parut aimer les Jésuites et laissa respirer les réguliers, le vicariat fut longtemps oublié. Sur la fin de sa vie, ce prélat tomba dans des absences mentales qui obligèrent la Propagande d'annuler tous les actes de ses cinq dernières années.

En la troisième année avant sa mort, eut Heu l'acte fondamental qui a constitué le vicariat et qui a été le plus souvent invoqué par les partis depuis la séparation. Radicalenient vicié par sa date, il n'a pas même ce que k parti n'a cessé de prétendre, une mention nette d'un ancien chapitre régulièrement institué. Il y est dit seulement que le conseil du vicariat est érigé en sénat perpétuel de l'église d'Ulrecht» lequel sera à l'instar des chanoines gradués d*u»e cathédrale (!).

Q«e valent ces termes vagues pris h la rigueur,

{\) Erlgimui in perpêtuum seratum EccîeskB ttltrO' fttientiSf contiliiu» vicartatu» nostri fjnsdetnqitê Béefe<i«« et ad inUar canonieorum pradiaiorum In ecefe* êiU caihedr0li habtre volumùê.

et comment en faire sortir un chapitre canoniqnement constitaé, et pouvant, sede vacante^ goavemer Téglise d'Utrecht ? Voici d'ailleurs d'autres clauses qui soulevaient contre cet acte étrange les plus graves objections : ou de la Torre n*a eu aucune conscience de ce qu'on lui faisait signer, ou il a dépassé tous ses pouvoirs et prévariqué.

Il s'engage, pour lui el ses successeurs, in per^ petuum: 1* à ne concéder aucune paroisse àunrégulier, quel qu'il soit, dans toute la mission ; 2* à prendre exclusivement dans ce conseil la majorité des archidiacres ; 3«> à constituer une caisse sur un capital de 20,000 florins, avec promesse pour tous les membres de l'augmenter, par eux et les leurs, jusqu'à concurrence de 150,000 florins ; 4* à ré< server exclusivement au conseil l'administration de cette caisse.

Par deux clauses secrètes , et j'ai la preuve que la première a été exécutée : l** nul n'était admis au conseil sans consigner dans la caisse , à son entrée , 1,000 florins ; 2* le vicaire apostolique pré* levail sur cette caisse une modeste somme de 800 florins pour son strict entretien.

Par un appendice au contrat principal , de la Torre, cédant à des sollicitations pressantes, re*connaît que le vicaire apostolique ne sera le président de ce conseil qu'à condition d'approuver et

LE VIC\niAT D'UTRECIIT, 241

de coufirnicr res conventions : la condition non remplie , le conseil subsiste sous le vice-président ou le doyen d'âge. Aussitôt qu'une atteinte serait faite au vicariat, à ses droits, à ses privilèges, la caisse est immédiatement dissoute et partagée.

Par une série de pièces réglementaires de diverses époques , tout le mécanisme et l'esprit du vicariat se révèlent au grand jour. Une instruction aux amplissimes seigneurs du vicariat porte , entre autres, ce qui suit : les membres devront être de science suffisante et de la plus saine doctaine {sanioris doclrinœ)^ de famille honnête, sans parents endettés ou pauvres. Ils ne seront que huit, avec le vicaire apostolique pour neuvième et pour chef, si toutefois «7 n'est pas régulier. Aussitôt le vicaire défunt , le conseil nommera trois candidats à proposer au Saint-Siège ; et on n'épargnera rien ( vetabunt ] pour empêcher la nomination d'tm régulier ou d'une personne étrangère au conseil. On exigera que le vicaire apostolique ne se choisisse pas sans l'avis du conseil un c^djuteur. Que s'il contrevient à cette instruction, il sera prive ipso facto des émoluments ordinaires , et on lui retirera la collation des stations qui appartiennent au clergé. A ces huit assesseurs appartiendront la visite et la surveillance de toute la mission. Tous les missionnaires devront donner

su BIBLIOTIEËQUE NOUVELLE.

SOUS la foi du sermcui, riiivcniairc de coque possède chaque staiioD , fallût-il le garder sous le secret et le recevoir dcïive ïoii. On avait obtenu de la Propagnndc un décret qui interdisait aux misEÎoaiiaires de rcccToir aucun legs ni offrande au deb du strict nécessaire, et ordonnait de réserver le surplus pour les œuvres pics de la mission. Le décret est déclare excellent contre les réguliers, impraticable et non avenu pour le reste dn clergé. Toutefois, tous les miss ion flaires sont déclarés assujettis S des actes de surveillance et de désappropriation qu'une ri>glc monastique peut seule imposer. Le vicaire apostolique est lui mSme soumis ï une sorte de police secrète. S'il est en visite, nn membre du conseil devra l'accompagner avec une grande vigilance (non per Iransennam, sed secundum formam insinvatam),... (1).

Il Dons répugne d'aller plus loin daas le déponil- Icmcnt de ces pièces. Ce qu'il importait ponr nous de voir, et nous l'avons vu , sans pouvoir nous méprendre , c'est que ce vicariat n'eut rien d'analogue à un chapitre de cathédrale régulièrement tes d'érection de Roventusctdc inGrmations de Necrcassel, son

ce temps de l'acte sîgué par de la fiivtle la ertinte d'aac publicilA

LE VICARIAT D'UTREÇIIT. 243

principal auteur, n*ont rien qui appuient cette prétention. Le vicariat n'est ni un chapitre, ni une collégiale , ni une association religieuse , c'est une sorte de société en commandite pour exploiter la mission de Hollande, dont le jansénisme doit assumer le bénéfice et la honte. Il eût été curieux de suivre celte entreprise jusqu'à nos jours. Mais ce livre est avant tout consacré aux catholiques néerlandais et à l'édification de leurs frères.

Il nous suffira de tracer nettement, toujours d'après les documents officiels, le caractère du jansénisme hollandais, l'une des plus tristes phases de ja persécutiou de l'Église dans les Pays-Bas.

humiliante. Tous les noms d'hommes et de lieux en sont défigurés d*une façon burlesque ; on y lit : Caviriatuê pour vicarialug , meUana pour uUrajeclum, exsedis pour eccïesia, superpelltciani pour canonici^ caviator pour vicartus apostolicus, ErghiUexeîus pour ArchîpresbyleSt Erghicconidus pour archidiaconm , clerdug pour c/«rus , cappadox pour regularis , domus Adriani pour œrarium , poma aurea matura pour 20,000 florins, etc.

m BIBUOTHÈQDE NOUVELLE.

Caraot-lres du j inBénismc Hollandais.

teitre au R, P. dom Guéranger, Abbé de Solesmes.

Utrccht, iO août 1847.

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