‹ La Hollande catholiqueChapitre 4 sur 35 · ORIGINES ET TRADITIONS · texte numérisé non relu

ORIGINES ET TRADITIONS

indéfinissable partage la Hollande en quatre zones distinctes : de Bréda à Bûis-le-Duc, du Brabant à Utrecht, d'Arnheim à Zwolle, et de là au fond de là Frise. C'est qu*en effet le catholique est chez lui dans le Brabant, et comme étranger au cœur de la Hollande; il rentre en ses foyers au delà d*Utrecht, prédomine dans la Gueldre, et disparaît presque entièrement dans la Frise.

Mais pour le touriste ordinaire , la Hollande commence à Rotterdam et finitàTAmstel. Le plus àvekitOk eux pousse à la pointé du Hclder : il a vu la iner du Nord et la mer du Sud à la fois, le Zuiderzéc. Quant aux trois provinces catholiques, le Brabaiit , la Gteldre, rOwer-Yssel, elles^ont k-ayécs de sa carte.

avions pu vénérer lesreliqnes de saint BoniPàee, sur lé théâtre de !son martyr. Embarqué sur an trtk^vfi ^ et presque seul avec le batelier, nous nous décidâmes^ sur sa physionomie catholique, à lui adresser quel* ques mots en sa langue. 11 nous répondit brusquement en nous serrant la main, et en assez bon français : < Je suis Français, moi, vieux soldat de Tempereur, et Catholique du Pape. » Il me combla de bontés et me raconta des choses cnrieuses du roi Louis , dont on rid tiritpàsdftns la Hollande.

Lettre au même sur les lége^ies de la Gueldie et de TOwer-Yssel

Lutte , près Oldenzaal , 5 septembre 1847« MON CHER ÂMI,

Inconnu et inattendu, j'atTivais à minuit aux frontières de la Prusse et du Hanovre, à Oldenzaal. Il me fallut, le lendemain, épuiser mon latin pour faire comprendre mon origine, ma race, mon espèce au pasteur du lieu. Pourtant j'étais au berceau des Francs-Saliens, mes vieux pères; Olden- Zaal leur doit son nom ; Otmarus, un de leurs rois anté-mérovingiens, n*a-t-ii pas nommé , près de là, Otmarsum^témoiïi^ m'a-t-on dit, Trithème enson Hirsauge? Et je vous le demande, ne pouyaîs-jepas meréclamer, à tiirede famille , du patron bénédictin du lieu, saint Pléchelme, et, à titre de compatriote» du premier apôtre desTubantes, saint Gombert de Reims , sorti de l'Aquitaine , et venu par votre Champagne jusqu*ici, pour convertir les ancêtres de Clovis, pendant que son frère, saint JNivard, achevait d*en baptiser les neveux?

Idille autres désappointements m'assaillirent en cette balte lointaine ; mais j*ai trouvé toujours, à

Ll^.GENDES DR LA GUELDRE, ETC. 21

chaque contrelemps, une consolation. C'en fut une ?éritable que d'être admis, après beaucoup d'instance, à vénérer le chef de saint Pléchelme. Ce trésor est gardé arec une si avare et si légitime sollicitude qu'il apparaît au grand jour seulement une fois l'an, ei rentre ensuite dans l'obscurité d'une cachette dont le pasteur garde le secret. J'ai pu voir et baiser ce chef patriarchal, parfaitement conservé; je regrettai de ne pouvoir faire remonter jusqu'à saint Baldéric, à qui on Fattribue, la châs^ qui me parut du xi\* siècle. J'admirais de belles chaînes d'or et d'argent, quelques médaillons byzantins, une croix dont j'aimais l'antique inscription: Deus meus semper in vita; la statuette suspendue à cette croix, d'un donataire chanoine de céans, avec lequel nous dîmes tous ce qui était écrit : Sancte Pléchelme^ orate pro nobis.

Avant de quitter ce mystérieux réduit, par Fodeur alléché, je déterrais trois paniers de parchemins et de vieux livres, la plupart incunables. Ce fut le trop court régal de quelques moments hâtifs, et le commencement de mon enquête sur les archives d'Oldenzaal.

J'appris bientôt que la majeure partie était à la campagne, au presbytèrede Liitte. Conservez ce nom avec respect, et si vous rencontrez jamais le pasteur, archiviste, veuillez vous découvrir. Je l'ai trouvé

poursuivant opiniâtrement un long travail d'inveflr tair£ et de dépouillement historique sur les dernières archives du célèbre chapitre de saint Pléçhelme« En 954 , le pieux et belliqueuse Baldéric » duc de Cloves, évêque d'Utrechi, père et défenseur de la patrie, le fonda au plus fort du flux et reflux des Normands. Oldenzaal fut sa citadelle avancéet et pour rempart il lui donna un chœur de moines ou de clercs, psalmodiant devant le chef de Tapôtre du pays. Ce chef fut par lui déposé dans un reliquaire, semblable apparemment à celui qui subsiste encore, en forme de casque guerrier; et peut-être étaitce la coiffure de guerre que Baldéric portait en pourchassant les Normands.

Je laisse à de plus habiles à en décider, et en atr tendant que je vous fasse part de ma récolte diplomatique, je passe à la poésie de mes cours, à ces légendes locales que vous m'avez instamment recommandé de recueillir sur place. Le bon pasteur de Liitte m*a ouvert la voie, dans de longues causeries latines. Yorperdu ]Vlonl-Thai)or, lePlutarque de la Frise, qui m'accompagne toujours, reprend aux heures perdues ces récits légendaires. C'est justice que de mentionner encore deux guides qui m'ont amené ici, et renseigné le long du chemin, le chapelain de la collégiale et un très bonôCtc desCcndiiiU des Briiukhorst^ TuUC des

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