‹ La Hollande catholiqueChapitre 6 sur 35 · LÉGENDES DE LA GÙELDRE, ETC · texte numérisé non relu

LÉGENDES DE LA GÙELDRE, ETC

Mais le repos de TOccident les perdit. L'Orient en eût fait des martyrs et des héros ; la Tie de caserne en fit des apostats. Nulle part ils n'ont pu trouver grâce dans les souvenirs du peuple, qui a bien droit d'être entendu dans ce procès.Yoici l'un de ces témoignages populaires. ADtmarsum, il advintqu'une fois, selon la coutume, le commandeur et ses frères menaient une joyeuse nuit. Des cavaliers soudain frappent aux portes, enveloppent la commanderie, pénètrent partout : le lendemain tout était massacré. Selon d'autres, le feu du ciel était tombé là. Les deux versions concordent

J'omets beaucoup d'autres récits qui nie fu^ rent contés à travers champs , et qui , je l'avoue , m'ont laissé moins d'impression que le splendide aspect du pays ; encore m'a-t-on dit qu'il avait beaucoup perdu, depuis la ruine de la noblesse cathotholique, de sa beauté, de sa culture, de ses futaies héréditaires, de ce pompeux décor que les grandes existences, et surtout la noblesse fidèle semblent projeter autour d'elles, comme une ombre de fête et de joie.

Ce pays frappe plutôt par sa face agreste et les larges aspérités de son sol, qui semblent empreintes sur le front rugueux des pâtres que nous rencontrions. Je retrouvais là le singulier phénomène que présentent les phases de la physionomie dans

la Hollande. J'étais aux confins de la Frise et de rOwer-Yssel, et nulle part peut-être la transition des nuances n'est plus tranchée : le Frison protestant vous rencontre sans détourner la tête ; s'il vous rçgarde , c'est eu travers , torvo oculo ; s'il vous rend votre salut, c'est en deux seuls mots : tag^ herrJ ou plus brusquemcSil encore : tag! Si vous lui demandez le chemin, il n'a jamais (ju'uq geste et qu'un mot : tout droit ! reci huit!

Arrivé dansl'Ower-Yssel, les figures s'épanouissent, les têtes se découvrent, les saluts affectueux vous préviennent ; le parler hollandais reprend son abondance, ses formules ondulcuses, et même une sorte d'euphémisme de bon cœur qui triomphe sur les lèvres des plus dures syllabes.

La nature elle-même a sa part de fête et comme une parure endimanchée sous cet hoiizon plus pieux. C'est l'inverse de ce que vous avez pu remarquer en Suisse. Là, Dieu semble avoir abandonné à l'hérésie la graisse de la terre : une sorte de fascination païenne, de mirage sensuel plane sur les belles vallées protestantes, sur ces magnifiques lacs de Genève, sur ce riche bassin de Zurich. Ici, le monotone aspect de la Frise attriste comme les parois nues d'un prêche calviniste ; tandis que le pieux Owcr-Yssel eat émaiilé de verdure, de fleurs, do iinppcs d'eaux limpides, Zwolle surtout

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