‹ La Hollande catholiqueChapitre 7 sur 35 · LÉGENDES I)E LA GUELDRE, ETC. J · texte numérisé non relu

LÉGENDES I)E LA GUELDRE, ETC. J

m'a ravi : j*y arrivais , après une nuit fatigante , par l'une de vos plus fraîches matinées de la Côted^Or, à travers des jardins, des villas, des cours d*^eaux semés de fleurs. C'est du milieu d'une corbeille touffue de feuillages et de fruits que la petite ville, encore toute gothique, élève avec coquetterie la herse et les tourelles de ses portes, le beffroi de son stadhuis, la campanillc de Saint-Michel, Tarchange-patron , qui doit aimer a déployer ses ailes sur sa cité toujours amée et féale (1).

Je vais décidément tomber dans la sotte philosophie des climats et dans le fétichismiè ridicule de la géographie, si j'en vieris à vous dire que ce poétique aspect des lieux se reflète dans les plus vieillés légendes de TOwer-Yssel. Cependant Worper ne m'a raconté qu'une seule traditions sur les origines irans-isalaiies : je vous laisse deviner ce récit, plus gracieux et aussi mystérieux que le sphinx féminin de thôbcs. Je crois seulement qu'il faut en chercher le mol ailleurs que dans les fables grecques ou Scandinaves. Veuillez interroger plutôt

(1) On a loujoûris conservé dans Tèglise Sainl-Micliel, même lorsqu'elle appartint aux protestants, une horloge où à chaque heure une statuette de Tarchangé levait le bras et transperçait de sa hnce l'hérésie; éci-asé'e sons ses pieds sous forme de serpent.

la grande féerie du christianisme, et songez au plus beau des enfants des hommes, amené sur notre rive des profondeurs d*un éternel océan, par une vierge plus blanche que les cygnes de la Norwège, voya* geur égaré de sa route et captif, venu pour réparer une race épuisée et maudite, sans qu'il soit permis de savoir ni de chercher témérairement ce qu'il est, d*où il vient. Je trahis mon secret peut-être, yous en jugerez.

La mort avait ravagé le^noble castel de Hussen, Il ne restait qu'une jeune orpheline , frêle et dernier rejeton des comtes de Glèves. Gomme elle se promenait (fans son deuil, avec ses filles et ses pa* ges, le long des berges du Rhin , un blanc cygne apparut sur Feau, battant des ailes et tirant une chaîne d'ai^ent; il amène à la rive un bel adolescent, qui demande Thospitalité. Reçu au château, honnêtement hébergé, on le prit pour un fils de roi, et une illustre alliance lui fut offerte ; il accepta, à condition que la fiancée ne demanderait jamais à son époux inconnu d'où il venait, ni ce qu'il était. De longs et joyeux jours se passent, et pour abréger les incidents, un moment vint où la dame, enhardie et ne pouvant plus retenir sa curiosité, demande à l'inconnu qui il est. Pour toute réponse, le nouvel Orphée s'en retourne au rivage , y trouve la barque, le cygne, la chaîne d'argent, et disparaît.

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