‹ La HollandeChapitre 4 sur 14 · REVUE NATIONALE · texte numérisé non relu

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joug du Christ; mais le vainqueur des Sarrasins enlre en armes dans la Frise. Il saccage les temples, brise les idoles, abat les bois sacrés, tue le roi; il soumet tout le pays, du moins en apparence, au christianisme des Francs et à la royavité carlovingienne.

Cette conversion des Frisons par le fer et la flamme ne paraissant ni très-véritable ni très-solide, un nouvel apôtre se présente : c'est Winfried ou Boniface, le pasteur dç la Germanie. Ce grand homme, qui avait sacré Pépin le Bref, fondé à jMayencc la métropole du christianisme allemand, à Cologne une seconde Rome, à Fulde une école fameuse , parvenu à un âge avancé à travers des périls et des fatigues sans nombre, ne pouvait cependant goûter aucun repos qu'il n'eût visité encore cette Frise endurcie, où déjà une première fois quarante ans auparavant, son zèle et son génie avaient rencontré une résistance invincible. Après avoir résigné l'archevêché de Mayence à l'un de ses disciples , il part en simple missionnaire pour les bois et les marais de la Frise païenne. Le martyre l'y attendait. Sourd à cette éloquence merveilleuse qui avait converti le5-multitudes et porté la lumière de l'Évangile aux plus épaisses ténèbres de la Germanie, révolté à la pensée qu'il voulait les soumettre à l'Église de Rome, le peuple des campagnes de Frise poursuit Boniface et le met à mort près de Dokkum , en 7oo, avec cinquante-trois prêtres qui avaient voulu le suivre^.

Il était réservé à Charlemagne d'imposer les croyances latines aux peuples germaniques. Vers la fin du huitième siècle, le massacre des Saxons avec qui les Frisons s'étaient alliés contre lui, en reculant les limites de l'empire jusqu'aux bords de l'Elbe, entrauie dans le courant de la civilisation chrétienne la Frise obstinée. Le dernier roi des Frisons, Gundebold, petit-fils de Radbod , périt dans l'expédition de Charlemagne contre les Sarrasins. Depuis ce temps (78o) on voit les Frisons, qui prennent indiiïéremment le nom de Francs, •domptés plutôt que convertis, gouvernés, selon leurs lois nationales et leurs anciennes coutumes, par des comtes, des marquis, des ducs, que nomme l'empereur, par des évoques très-peu soumis à Rome, jusqu'au moment où les plus puissants d'entre ces chefs, s'attribuant l'hérédité des charges et des domaines qu'ils tenaient à vie, se rendent indépendants, de fonctionnaires deviennent souverains, et commencent, aux neuvième et dixième siècles, la longue période hislo-

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