POUR SERVIR DE PRÉFACE A LA TROISIÈME ÉDITIOIV
Messieurs,
L'empressement avec lequel le public accueille depuis quelques années les livres instructifs, et particulièrement les récits de voyage, constitue pour ceux qui les lui offrent l'obligation d'apporter dans leurs travaux tout le soin et toute l'exactitude dont ils sont capables.
Dès leur apparition, les Frontières menacées répondaient bien certainement à ces légitimes exigences. Les deux premières éditions épuisées en moins de six mois, les éloges accordés par la presse française et étrangère à notre œuvre commune, sont là pour attester que nos efforts ont été couronnés de succès.
xiv LETTRE AUX ÉDITEURS.
Mais quel que soit le soin qui préside à la confection d'un pareil ouvrage, il y demeure toujours quelques fautes légères qu'il importe de corriger ou de signaler afin de rendre l'œuvre tout à fait digne du public auquel elle s'adresse.
Ces fautes sont, dans le cas présent, de peu d'importance. Néanmoins, je tiens, afvanttout, à remercier les amis qui les ont signalées à mon attention , et aussi la presse hollandaise , dont les comptes rendus si détaillés ^ m'ont fait connaître les erreurs qui m'étaient échappées.
Celles-ci sont de deux sortes. Les unes consistent en simples manquements typographiques, chiffres ou lettres changés, d'où résultaient des mots mal orthographiés et des dates irrégulières. Ces fautes-là , il nous a été facile de les corriger immédiatement, et j'espère que la présente édition en sera tout à fait exempte.
Les autres entraînaient des remaniements; elles eussent retardé par conséquent ce nouveau tirage, et comme elles n'apportaient aucune altération au sens général de l'ouvrage, j'ai pensé qu'on pouvait les laisser, à la condition d'avertir les lecteurs.
Ces fautes sont au nombre de trois.
La première est relative à l'étymologie de
^ Plusieurs journaux provinciaux ont publié jusqu'à vingt articles chacun sur l'édition française des Frontières menacées^
LETTRE AUX ÉDITEURS. xv
Schiermonnikoog. Celle que j'ai donnée (voir p. 83) et qui était admise par lès vieux auteurs est, parait-il, trop ancienne. La science étymologique, qui dans ces derniers temps a fait des progrès considérables, traduit maintenant oog par a île » , schier par a gris » , et monnik par a moine ». En sorte que de nos jours Schiermonnikoog veut dire : if^ île du moine gris ».
La seconde s'applique à l'étymologie de Deventer. A propos du nom de cette ville, j'ai donné les deux versions (voir p. 223) qui avaient été admises par les historiens et les géographes des siècles précédents. Mais* tout récemment on a découvert que Deventer pourrait bien dériver de deux vieux mots hollandais, si vieux qu'ils ne se trouvent même plus dans les dictionnaires, deven, qui veut dire « mort » , et tere, qui signifie tt arbre p. En sorte que d'après, ses nouveaux étymologistes, Deventer devrait son nom à un arbre mort.
Enfin quand le lecteur arrivera à Zutphen, il rencontrera un hôtel qui porte le nom de Hol^ landsche Tuin (voir p. 257), nom que j'ai traduit par tt Jardin hollandais ». Or, bien que le mot tuin ait, dans le langage usuel, la signification de tt jardin » et qu'il entre comme tel dans la composition d'une cinquantaine de mots tels que : tuiniev