‹ La Hongrie après le traité de TrianonChapitre 3 sur 11 · DT · texte numérisé non relu

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Kolozsvâr, ancien siège des princes de Transylvanie (Occupation roumaine).

génération productrice actuelle. En effet une grande partie du peuple apte à porter les armes a péri, une autre partie est invalide on devenue impropre au travail. Dans un pays comme la Hongrie, dépourvu de capi* taux, la force humaine est le principal moyen de pro* duction. Dans 10 ans cette source sera tarie pour 5 années au moins.

Et voilà les deux extrêmes : aujourd'hui, par suite de la crise économique, on compte par 100.000 les chômeurs et dans 10 ou 15 ans nous ressentirons l'absence d'un million de travailleurs. Non seulement cette pénurie de la main d'ceuvre se fera sentir dans la Hongrie, quelles que soient ses frontières politiques à cette époque, mais elle ébranlera presque tous les pays d'Europe qui ont pris part à la guerre.

Espérons que l'état actuel n'est qu'un état transitoire, pourvu qu'une nouvelle catastrophe continentale ne s'abatte pas sur nous. Aussi bien en Hongrie que dans l'Europe en général, où tant de valeurs propres à la production ont péri et où il faut renouveler les stocks nécessaires à l'existence, le manque de main d'ceuvre peut être le résultat d'un engourdissement passager, le travail producteur recommencera tôt ou tard, en dépit de tous les obstacles momentanés. Néanmoins le manque de ces millions de travailleurs en Hongrie et de tant d'autres millions dans les autres Etats sera une perte effective dans la production d'une gêné? ration et un déficit très sensible des forces de pro* duction.

Chaque année doit apporter ses recrues au travail physique et intellectuel. Pendant cinq années entières ces recrues feront défaut dans la population de chaque Etat belligérant. Si avant la guerre, dans des conditions hygiéniques primitives, une grande épidémie décimait les enfants nés en telle ou telle année, cette perte se faisait à peine sentir dans la grande armée du travail national, car l'année précédente ou suivante pouvait combler les vides; mais il est impossible d'employer des enfants de 10 ans au lieu de jeunes gens de 15 ans et des travailleurs de 15 ans au lieu de travailleurs de 20 ans. Il n'y a en effet qu'une solution, c'est de chercher dans le superflu des années de 1905 à 1914 de quoi combler

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