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Château de,Vajda:Hunyad (Occupation roumaine),
de Magyars, les proportions extrêmes s'atténuent quelque peu dans les régions occupées.
En dépit de toutes les pertes de terrain, le rôle de la race magyare est si important dans la classe des propriétaires fonciers qu'il peut prouver une fois de plus l'injustice du démembrement.
Sur le territoire occupé par les Tchèques la population slovaque n'est en majorité absolue que grâce aux propris
étés de 10 — 50 arpents, mais sa proportion maxima n'est que de 54,4*^ o, pour les propriétés de 5 — 10 arpents.
Dans les régions occupées par les Roumains la prépon* dérance de leur race commence aussi chez les propri* étaires de 10—50 arpents ; ils arrivent à la majorité et atteignent le maximum pour celles de moins de 5 arpents.
Les Yougoslaves n'arrivent guère qu'à une majorité relative et la proportion maxima pour laquelle ils figurent est de 34,2^0, parmi les propriétaires de 5—10 arpents.
Dans la Hongrie Occidentale les Allemands ne sont en majorité que dans la propriété moyenne et la catégorie de 50 — 100 arpents, au dessous de celle?ci ils perdent même la majorité relative.
Sur le territoire que le traité de paix laisse à la Hongrie la proportion des Magyars est au moins de 76,4*^/0 ; si l'on considère l'ensemble du pays ils représentent dans les catégories supérieures de propriétés une forte majorité absolue et dans les catégories inférieures une majorité relative très considérable.
Au cours des considérations suivantes nous négligeons purement et simplement le facteur en apparence le plus important par le nombre, dans la population agricole, en dehors des propriétaires, nous voulons dire les membres de la famille participant au travail ; à peu d'exceptions près, c'est dans les exploitations de 10 — 100 arpents que l'on trouve cette armée de travailleurs. Femme, fils, fille ou gendre, ce ne sont pas là seulement des gens qui trouvent du travail sur la terre qu'ils aident à cultiver : la plupart du temps ils ont quelque prétention sur la propriété.
Deux groupes importants de la population agricole sont les domestiques et les ouvriers. Il est indubitable que ce sont eux qui dans les grandes exploitations pren? nent au travail la part la plus efficace sans qu'ils aient une terre à eux, du moins pour la plupart.
Cependant ils ne sont pas complètement exclus de la participation aux bénéfices ; chacun sait que dans la plupart des contrats de service une convention leur réserve un morceau de terre et que généralement les journaliers cultivent une partie des produits, le maïs par exemple, pour toucher leur part en nature.
Le nombre des économes et employés d'économat était d'un peu moins de 10.000, dont 51,7Vo sur le territoire qui nous reste, preuve évidente que dans cette région les propriétaires recherchent plus qu'ailleurs le savoir théorique et pratique dans la conduite de leurs exploitations. Sur les territoires détachés on trouve le plus d'économes dans les régions magyares, où la science est plus appréciée, ou encore — et cela est vrai surtout pour la HautesHongrie septentrionale — là où les grandes forêts appartenant à l'Etat ont nécessité l'emploi d'un grand nombre de forestiers.
Le nombre des domestiques dépassait un demi?million, dont 47,7Vo sur le territoire qui nous reste, celui des ouvriers agricoles atteignait presque un million deux cent cinquante mille, dont 41,8'Vo sur ce territoire.
Parmi la population productive adonnée à l'agriculture les domestiques figurent en général pour 11 et les ouvriers pour 26,6'Vo. Cet équilibre est rompu dans la Hongrie mutilée où la proportion est de 14,7"/o pour les domestiques et de 3P/o pour les ouvriers, car au centre du pays la classe des propriétaires est moins nombreuse et la dépendance économique plus générale.
Sur le territoire occupé par les Tchèques la proportion plus favorable des propriétaires abaisse dans une certaine mesure celle des deux classes dépendantes, mais un cer* tain équilibre apparaît encore entre ces dernières, car là aussi le nombre des ouvriers agricoles est un peu plus du double de celui des domestiques.
Dans les régions occupées par les Roumains la pro;: portion est déjà visiblement plus défavorable ; en effet le nombre des ouvriers ruraux est plus du triple de celui des domestiques (24,5 contre 8,0'Vo).
Sur les territoires occupés par les Yougoslaves la disproportion entre ces deux catégories de salariés est également extrême : 9,2'Vo de domestiques en face de 29% d'ouvriers.
Dans la tranche occidentale de pays adjugée à l'Au;: triche, les chiffres sont déjà plus rassurants. Sur ce terri? toire, en effet, la proportion des domestiques est de 9,8, celle des ouvriers de 16,2'^/o.
Dans ces comparaisons entre les différentes parties de la Hongrie le rôle plus ou moins grand des propriétaires fait osciller les moyennes. Nous aurons une image plus claire de la situation de la classe agricole non propriétaire si nous comparons entre eux le nombre des dômes? tiques et celui des ouvriers. Pour cent domestiques il y avait sur
le territoire occupé par les Tchèques .„ 210,2 le territoire occupé par les Roumains .- 305,0 le territoire occupé par les Yougoslaves 315,6 le territoire réclamé par l'Autriche .-- --- 167,0 le territoire de la Hongrie mutilée .. 210,8
ouvriers.
La situation sociale plus favorable de l'Ouest et du Nord et les écarts extrêmes de l'Est et du Midi apparais? sent clairement dans cette statistique.
D'autre part il faut noter encore une circonstance défavorable : dans la population agricole du pays entier, abstraction faite des nouvelles frontières, c'est parmi les Hongrois que l'élément dépourvu de terres est le plus nombreux: 48,4'Vo des cultivateurs, tandis que chez les
102 PROPRIÉTÉ FONCIÈRE, RÉKORAIE AGRAIRi;
Slovaques il n'est que de 33,6 et chez les Roumains de 31,5%.
Depuis longtemps cependant, et sans considérer la nationalité, on songeait en Hongrie à répartir les terres d'une manière plus rationnelle et l'on se proposait de multiplier les petites propriétés en arrondissant les exploit tations déjà existantes mais de trop faible étendue et en facilitant aux salariés agricoles l'accès de la propriété foncière.
Vers le milieu de la guerre le projet de loi était déjà prêt et l'on attendait seulement des temps plus tran:; quilles pour en assurer sans encombre la bonne exécu== tion. L'issue désastreuse de la guerre pour la Hongrie et les exagérations des mouvements révolutionnaires qui la suivirent empêchèrent l'application de la réforme agraire, l'air étant plein de projets outranciers qui bous leversaient complètement la propriété privée et la saine économie.
La classe agricole a donné la preuve de son ferme bon sens en ne se laissant pas égarer par les vaines promesses qu'on faisait miroiter à ses yeux et en atten* dant tranquillement le retour de l'ordre qui ne tarda pas à amener aussi la réalisation de la réforme agraire. Malheureusement cette dernière ne peut déjà plus se rapporter qu'à la Hongrie mutilée, au lieu que dans les territoires perdus chaque cultivateur, quelque langue qu'il parle, ne pourrait que profiter du nouvel ordre de choses, soit qu'il veuille se constituer une propriété, soit qu'il en vende une.
Dans la loi sur la propriété foncière on a tiré parti des enseignements que pouvaient fournir les efforts de la politique agraire dans le monde civiHsé jusqu'à nos jours, aussi ne faut^il pas s'attendre à y trouver bien du nouveau. Pourtant elle vaut la peine qu'on la fasse connaître, non seulement parce qu'elle constitue un
ensemble complet, où tout est pesé, où dans la limite du possible il est tenu compte des aspirations justifiées tout en ménageant les droits acquis, mais encore parce qu'à l'avenir le système de la propriété foncière en Hongrie reposera sur cette base et que la capacité de rendement de notre agriculture dépend du succès de cette réforme.
La nouvelle loi déclare d'intérêt public l'accession à la propriété foncière des ouvriers agricoles, domestiques, employés d'économat, l'agrandissement des propriétés naines et des petites propriétés, la création d'établisse? ments d'enseignement public et de pâturages communs. Parmi les cultivateurs la priorité est accordée aux invalis: des, veuves et orphelins de guerre ainsi qu'aux hommes qui se sont distingués par leur courage sur le front. D'ail? leurs une condition essentielle est toujours que le pos:: tulant soit agriculteur de métier. L'étendue maxima des petites propriétés à constituer est de 10 arpents (5,85 hec# tares) ; les fonctionnaires publics peuvent obtenir au plus un arpent, pour une maison avec jardin.
Les terrains nécessaires peuvent être achetés par l'Etat soit de la main à la main soit par licitation, mais il peut aussi se les procurer par voie de préemption et aussi de rachat.
L'Etat peut exercer son droit de préemption sur tous les immeubles mis en vente, à l'exception des petites propriétés. Il est probable que les immeubles accjuis de la main à la main ou en vertu du droit de préemption suffiront pendant longtemps à satisfaire aux besoins suscités par l'application de la réforme agraire, car les propriétaires, sachant que des conditions plus dures pourraient au besoin leur être imposées, s'efforceront de mettre à la disposition de l'Etat une partie de leurs biens, de la manière prévue.
Si les modes d'achat indiqués ci^dessus ne procurent
pas à l'État des terres en quantité suffisante, son droit de rachat entre en vigueur et peut être exercé sur les propriétés acquises au cours de la guerre, sauf par des invalides, et, s'il s'agit de grandes propriétés, dans une mesure telle que la partie laissée au propriétaire puisse être exploitée directement par ce dernier. Peuvent être rachetées également certaines espèces de biens inaliéj: nables ainsi que ceux qui ont changé de maître, autre? ment qu'entre parents, au cours des 50 dernières années, au besoin même dans leur totalité. Sont exceptées du droit de rachat les exploitations organisées pour la culture intensive et à grands trais, tels que jardins maraîchers, ou fruitiers houblonnières, vignes, pépinières, viviers etc. Parmi les genres d'immeubles énumérés plus haut peuvent être rachetés en premier lieu ceux dont le propriétaire réside à l'étranger, qu'il n'exploite pas lui* même etc.
Pour faciliter aux humbles l'accession à la propriété, l'État peut dans certains cas prendre sur son compte les baux à ferme et même, s'il s'agit de biens inaliénables, prendre à louage autant de terres que la loi lui per:î mettrait d'en racheter, même si effectivement elles étaient exploitées en main propre.
Dans toutes ces procédures un rôle est laissé aux autorités communales, aux autorités locales et aux orga* nés compétents de l'État, mais la décision appartient à une cour indépendante, spécialement constituée : la Cour Foncière Nationale, dont le président, le vice#président et les conseillers^présidents sont nommés par le chef de l'État, dont les membres sont en grande partie choisis parmi les membres de la Curie (la plus haute cour de justice) et des tribunaux administratifs et où les groupements agricoles les plus importants, les insti* tuts financiers à but philanthropique intéressés dans la réforme agraire ainsi que quelques ministères spéciaux
envoient des délégués. Cette Cour Foncière Nationale est déjà entrée en fonctions et ainsi la mise en exécution de la loi a déjà commencé effectivement.
Il nous faut encore mentionner que les organes choisis par l'État pour financer la réforme agraire et la mettre en pratique sont l'Union Nationale des Instituts de Crédit Foncier, la Société Centrale de Crédit Mutuel et la Centrale des Instituts Financiers. Un rôle impor? tant leur est confié, outre les opérations de rachat et de préemption, comme intermédiaires dans les petits affermages et dans la création de propriétés à usufruit, aux termes de la nouvelle loi. En effet ces institutions philanthropiques rachètent elles-mêmes les propriétés de ce genre, de telle sorte que le nouvel usufruitier a des obligations de paiement envers l'État ou envers ces institutions elles*mêmes et non plus envers des parti? culiers.
Une nouveauté dans le droit foncier hongrois est le bien de famille dont la loi laisse l'établissement facultatif et dont la création introduit dans ce pays les systèmes du home*stead et de la succession par souche, qui ont fait leurs preuves ailleurs.
La nouvelle loi n'exclut pas le morcellement par les particuhers mais le soumet au contrôle de l'État et contient des mesures pour la défense de l'acheteur de bonne foi.
Une autre loi datant environ de la même époque que la nouvelle loi agraire, mais qui a pu être mise plus vite en exécution, est la loi sur la construction des habitations, laquelle assure de petites parcelles de terrain aux ouvriers agricoles, domestiques, invalides de guerre etc qui n'ont pas une maison à eux.
Comme le montre cette courte esquisse, la réforme agraire hongroise est propre à multiplier dans une grande mesure le nombre des petits propriétaires fonciers. Des
précautions ont été prises pour que la transformation n'eût pas lieu trop précipitamment, ce dont la production souffrirait, mais aussi pour qu'elle ne traînât pas en lon^; gueur, ce qui compromettrait non seulement des intérêts sociaux mais encore la production elle:=même.
D'autre part il est indubitable que la mise en ceuvre de cette réforme exige non seulement de grandes sacri:; fices de l'État mais encore de grands efforts de la part des particuliers et que les années prochaines verront surgir des frais d'investition considérables, pour les con# structions, l'achat des outils, des machines et du bétail. Ces investitions provoqueront nécessairement une grande activité dans quelques branches d'industrie (bâtiment, machines) et favoriseront le commerce des machines ; les diverses formes de l'activité économique étant liées les unes aux autres, on peut s'attendre à un essor qui n'aura rien d'artificiel et qui promettra des bénéfices peut-être lents à venir mais cependant certains. Il est inquiétant de penser que le cours de la couronne hongroise, aujourd'hui bas et changeant, pourrait accroître énormément les dépenses d'investition indispensables ; cependant, à défaut d'autres, les milieux étrangers intéressés à l'industrie agricole reconnaîtront probablement quels beaux bénéfices ils peuvent réaliser par de telles investitions.
Parmi les problèmes en connexion avec la réforme agraire compte encore l'agrandissement du tjrritoire cul= tivable ; il s'agirait en particulier de rendre propre à une culture plus productive le sol marécageux, sodique de la Basse==Hongrie. Les travaux préliminaires sont déjà en cours. Il est évident que la tâche n'est pas facile, mais elle n'est pas non plus ingrate ; le sol hongrois est à tel point créé pour l'agriculture que la conquête du moindre morceau de terre signifie un gain; il s agit d'ailleurs ici de rendre propre à une culture plus inten* sive un territoire couvrant plusieurs centaines de milliers
d'hectares. Le mouvement coopératif, qui jusqu'ici était déjà soutenu par l'Etat mais progressait surtout grâce aux efforts de sociétés, trouve maintenant un appui considérable dans le programme économique de l'Etat. C'est pourquoi, dans la mise en oeuvre de la réforme agraire, les intérêts des petits producteurs pourront être secondés et leurs produits mis en valeur dans des con:= ditions beaucoup plus favorables.
En général et quelque sombre tableau que nous ayons dû tracer de la crise actuelle de l'agriculture hongroise par rapport à l'heureuse situation où le pays se trouvait auparavant, il faut remarquer ceci : l'Etat hongrois ne perd pas des yeux cette vérité que de l'agriculture seule le pays peut attendre sa prospérité, car là du moins les conditions essentielles d'un développement existent déjà et par suite de la situation géographique ce sont les produits agricoles qui trouvent le placement le plus sûr.
Il faut naturellement que l'Etat fasse des efforts gigans tesques pour que, dans la situation créée par le démem* brement et malgré les pertes territoriales, l'agriculture puisse trouver une force nouvelle. C'est ce qu'on obtien* dra par la réforme agraire ainsi que par des mesures d'une grande portée, favorisant la culture intensive. La situation est aggravée par le fait que dans ces années de transformation, alors qu'ont surgi les énormes dépenses d'investition, l'exportation des produits agricoles, naguère considérable, ne peut plus venir financièrement en aide au pays. Mais comme il faut commencer la construction par en dessous et comme le résultat final est clair, l'Europe ayant besoin de l'agriculture hongroise, notre pays doit choisir sa route : au lieu de forcer l'exportation tout en négligeant d'aménager de nouvelles exploitations agricoles, il peut multiplier graduellement ses forces. Si dans ce travail il rencontre une aide étrangère, celle^^ci peut s'assurer des bénéfices considérables.
L'AGRICULTURE
La Hongrie n'a jamais produit autant que l'auraient permis la qualité excellente de son sol et ses énergies inexploitées. Sans parler des anomalies climatériques et de la répartition défavorable des condensations atmoss phériques, bien des raisons politiques et historiques ont empêché le développement de la culture intensive.
D'abord, jamais on ne devrait oublier les quatre siècles de lutte contre les Turcs et contre la dynastie, luttes qui absorbaient toutes les forces nationales. Si quelques grands esprits pouvaient suivre les progrès de l'Occident, sous le rapport de la prospérité matérielle le pays restait en arrière. Les heureux Etats de l'Ouest employèrent ces quatre siècles à l'amélioration de leurs terres, au développement de leurs villes et à l'organisation de leur industrie et de leur vie économique, alors que les énergies de la Hongrie s'épuisaient en des luttes difficiles et dans le repos léthargique qui suit les grands efforts.
Une masse puissante de capitaux productifs ^'accumulait à l'Occident, tandis que pour son existence la Hongrie dépensait son seul capital, son sang vermeil. Dépouillée de ressources, elle demeura pendant des siècles une sorte de colonie, sans organisation, sans outillage, s'essoufflant dans une lutte inégale à soutenir la concurs rence économique des autres peuples, particulièrement acharnée dans les cinquante dernières années.
Le tableau suivant montre la superficie moyenne du territoire moissonné dans les années 1911 — 15, pour les
l' AGRICULTURE
principaux produits. C'est seulement du territoire mois* sonné qu'il s'agit, déduction faite par conséquent des territoires ravagés par quelque élément. Annuellement 1— 20/n du territoire ensemencé deviennent ainsi complète* ment stériles et d'ailleurs les caprices d'un climat plutôt continental abaissent beaucoup la moyenne des récoltes.
Territoire
Occupation tchèque
en '^'o ... — — — Occupation roumaine
en *Vo . ... ... ...
Occup. yougoslave...
en ^/o ... ... ... ...
Occup. autrichienne
en ^\'o ... ... .- ...
Fiume .— ... -. — Occupation totale ...
en ^/o — ... — ...
La Hongrie mutilée
en o/o ... ... .. ...
La Hongrie intégrale
terres récoltées, par milliers d'hectares
Dans cette statistique la Hongrie ne figure jamais que pour la partie située en deçà du Drava, c'est*à*dire sans la Croatie?Slavonie.
Le territoire ensemencé de froment, qui représente en Hongrie 267o des terres de labour, atteint presque 3,5 millions d'hectares ; mais il nous en resterait moins de la moitié, car nous perdons 1,800.000 hectares. La région de Jâsz*Kun serait désormais en Hongrie le terri* toire je plus important pour la récolte du froment. Malheureusement la plus grande partie des territoires
110 L AGRICULTURE
propres à cette culture se trouvent sur le cours de la Tisza, où le climat est le plus capricieux et la récolte le plus variable.
L'occupation roumaine nous arrache plus de 900.000 hectares produisant du froment, surtout dans les régions habitées par les Magyars, où les Roumains qui forment ici une minorité, sont des colons assez récemment établis. Les Yougoslaves ont mis la main sur plus de 527.000 hectares de terre produisant du froment, ici la perte de la Bâcska et celle du Torontâl sont les plus considé* râbles pour la Hongrie.
L'occupation tchèque s'étend sur 319.000 hectares pro* duisant du froment, dont 60,8"/o cultivés par l'élément magyar ; dans le territoire réclamé par l'Autriche le fro= ment se récolte sur 47.000 hectares dont la moitié sont cultivés par les Allemands du comitat de Vas. Des 1,082.000 hectares qui produisaient le seigle dans l'ancienne Hon= grie il nous est resté une quantité beaucoup plus con? sidérable : 62,9'Vo. Le peuple magyar manquera moins de pain noir que de pain blanc.
La majeure partie du territoire produisant du seigle détaché de la Hongrie se trouve sous la domination tchèque: 217.000 hectares, dont la moitié sont cultivés par des Magyars. En outre on trouve du seigle dans les vallées de la Nyitra, du Vâg et de la Morava. Dans les territories de l'occupation roumaine le seigle joue un rôle moins important, il dépasse à peine 120.000 hectares dont la plus grande partie est cultivée par les Magyars. L'occupation yougoslave a trouvé une notable quantité de seigle dans les régions wendes et dans le Mura* kôz. Plus vaste est la terre ensemencée de seigle dans la Hongrie occidentale, surtout chez les Allemands du comitat de Vas.
Dans l'ancienne Hongrie la production de l'orge dé= passe à peine celle du seigle et cette céréale n'est cuU
l'agriculture 111
tivée que sur 1,110.000 hectares, mais la perte est d'autant plus sensible : 47,3'7o seulement de ces terres restent sous la domination magyare, un bon tiers étant occupé par les Tchèques; ici encore c'est la région ma^ gyare qui produit la célèbre orge à bière. Dans l'occu* pation roumaine qui comprend ll,4^/o de la production de cette céréale, les régions magyares du sud et les Székely produisent le maximum. Les Yougoslaves ont gagné dans la Bâcska et dans le Torontâl des terres étendues produisant de l'orge.
La production de l'avoine est un peu inférieure à celle de l'orge et du seigle et comme cette plante croît surtout sous des climats plus rudes c'est que la perte est la plus sensible en comparaison des autres céréales : 67, 8^/0. La majeure partie de ce territoire se trouve dans les États tchèque et roumain, le premier occupant 255.000 et le second 318.000 hectares.
Le mais était cultivé dans la Hongrie sur 2 millions et demi d'hectares dont elle n'a gardé que 35" u. L'occu* pation roumaine à elle seule en enlève une proportion plus considérable : 37,8", 0, sous la domination yougos slave tombent 21,4"/0, tandis que les occupations tchèque et autrichienne sont insignifiantes à cet égard. La Hongrie mutilée ne peut compter désormais que sur 860.000 hectares de maïs.
Le territoire produisant la pomme de terre dépassait quelque peu 620.000 hectares, dont 39,1"/ 0 restent à l'intérieur des nouvelles frontières. L'occupation tchèque enlève la plus grande partie, 42,7"/o, les Roumains gagnent 11,6"; 0, les Yougoslaves et les Autrichiens occupent les uns et les autres 3,3"/o.
Il est curieux d'examiner la part occupée par chacune de ces céréales dans les labours. Le tableau suivant en donne la statistique :
l'agriculture
Territoire
"ôi
tm
tu
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/o des labours en 1918
Occupation tchèque.- -.
Occupation yougoslave
Occupation autrichienne
Occupation totale -
La Hongrie mutilée
La Hongrie intégrale ..
Dans l'ancienne Hongrie les céréales occupaient en moyenne 72^ o des labours; cette proportion augmente dans deux cas du fait de l'occupation : chez les Yougo? slaves les céréales occupent 85,8'Vo des labours et dans la Hongrie mutilée ce chiffre s'est élevé à 72,9Vo. Dans la Haute^Hongrie on trouve une proportion moindre : 65,9°/o, ainsi qu'en Roumanie: 68,4^0 et dans la Hongrie occidentale : 69'-Vo.
La domination du froment et du maïs est très marquée dans le Midi et ensuite à l'Est. Dans la région intérieure le rôle du maïs est de beaucoup plus faible.
Dans chaque partie du pays le froment 'ient la pre* mière place. Dans la Hongrie occidentale la production du seigle et dans le Nord celle de l'orge n'en sont pas éloignées. La production des principales céréales est le mieux équilibrée dans la Hongrie occidentale, puis dans le centre du pays, où elle n'accuse de différences que dans le cas de deux produits : la production du seigle étant un peu plus forte et celle du maïs plus faible.
Le reste des labours est occupé par les plantes indus* trielles et fourragères et par les légumes. Parmi ces nombreu* ses espèces, dont la culture varie assez irrégulièrement, nous
L AGRICULTURE
ne nous occuperons ici que de quelques produits impôts tants. Mentionnons d'abord comme important article d'exportation de l'ancienne Hongrie la betterave. Cette culture occupait 115.000 hectares dont la Hongrie nou# velle ne conserve que 58,1%. Les Tchèques ont occupé
Musée de l'agricuSiure à Budapest.
35,2";o, les Yougoslaves 11,9'Vo, les Roumains 7,5'Vo et la Hongrie occidentale 3,7'^/o.
Dans la région centrale les ^, lo de cette culture se faisaient dans les grandes et moyennes propriétés. Sur les périphéries cependant la proportion est plus favo# rable à la petite propriété, magyare pour la plupart ;
f^ NEW YORK. N. Y,
114 l'agriculture
82,7"/o des 28.000 hectares de tabac sont restés à la Hongrie, les Roumains occupent 9,7^o, les Tchèques 4,5^Vo et les Yougoslaves 3,1^' o.
La culture du chanvre est pour la plus grande part restée en dehors des nouvelles frontières. Du territoire planté de chanvre, d'ailleurs peu étendu — un peu plus de 40.000 hectares — 23Vo sont restés à la Hongrie ; l'occupation yougoslave enlève 34,4" o de ce territoire, l'occupation roumaine 26,6, l'occupation tchèque 15,4", o. Dans les régions arrachées à la Hongrie le chanvre est plutôt la plante de la petite propriété, mais dans l'intérieur du pays c'est dans les grandes propriétés qu'il se cultive surtout.
Parmi les plantes fourragères la betterave fourragère tient la première place avec 170.000 hectares dont deux tiers dans la région centrale. Les Tchèques détiennent 18,l"/o, les Roumains 10,5"/o des champs de betterave. Peu de terres relativement, sont consacrées aux betteraves dans le Midi: 2,8Vo, la Hongrie occidentale en produit 6"/o.
Le maïs fourrager reste dans une plus grande propor^^ tion à l'intérieur du pays, dans l'occupation tchèque se trouvent 12,8" o de cette culture, l'Est et le Midi n'en produisent pas non plus beaucoup.
La vesce était produite dans l'ancienne Hongrie sur 331.000 hectares, dont il reste au pays réduit 58,8"/o. Parmi les territoires occupés c'est la Haute^Hongrie qui donne la plus grande quantité de vesce: 18,8" o, l'Est en produit 15,6"/o.
La production en trèfle a dépassé 370.000 hectares mais la perte est ici plus sensible encore: 37,2"/o restent à l'intérieur du pays, les Tchèques détiennent 28,8"/o, les Roumains 25"/o. Les champs de trèfle de la Yougoslavie et de la Hongrie occidentale sont moins importants.
Sur 213.000 hectares de luzerne, la participation de la région centrale est de 56,5", o ; les Roumains possèdent
L*AGRlCULTUrNË
18'^/o, les Tchèques 17,4° o, les Yougoslaves 5,9°/o et la Hongrie occidentale 2,2° o.
La culture du panic a lieu sur plus de 57.000 hectares, mais le démembrement du pays ne nous en a laissé que 46,3%. L'élevage des chevaux florissant dans les terri* toires occupés par les Yougoslaves, ils comptent pour 23,4'Vo dans cette cuhure, le Nord pour 14,6° o et l'Est pour 13°/o.
Les récoltes des dernières années montrent que la région supérieure est plus productive que la périphérie.
Dans les années 1911—15 la moyenne de la récolte était la suivante:
Territoire
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récolte en milliers de quintaux |
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La Hongrie intégrale
Des 41,000.000 quintaux de froment, près de 20,000.000 ont été produits par le centre, plus que ne permettrait de supposer l'étendue des territoires ensemencés. La zone féconde du Midi, avec sa production de 7 millions, ainsi
l'agriculture
que les 600.000 quintaux de la Hongrie occidentale sont également un résultat favorable par rapport à l'étendue du pays. Par contre les terres de froment passées sous la domination des Tchèques et des Roumains ont donné des rendements moins satisfaisants.
La production des pommes de terre et de l'orge du territoire central était un peu plus faible qu'on n'aurait attendu selon la statistique des terres ensemencées ; le mais, le seigle et l'avoine ont donné des moyennes plus con* sidérables.
Voici d'ailleurs le tableau de la production de ces cinq années :
Territoire
Production moyenne par hectare en quintaux
froment
Occupation tchèque — Occupation roumaine — Occupation yougoslave Occupation autrichienne Fiume— — — — — —
Occupation totale — — La Hongrie mutilée— ..
La Hongrie intégrale —
Les moyennes que nous venons de citer montrent que la production était extensive et de beaucoup inférieure à celle des pays occidentaux, travaillant un sol moins riche mais avec des méthodes plus avancées.
Bien que pour le moment la Hongrie soit hors d'état de se livrer à la culture intensive et d'élever ses ren# déments en accroissant l'énergie productrice du sol, la surproduction n'est qu'une question de temps et de capitaux. La puissance économique du pays, d'ailleurs peu considérable, étant engagée ailleurs, les tentatives
l'agriculture 117
d'un capital étranger seraient fort encourageantes et fort efficaces, car la qualité du sol est excellente et il n'y a guère que les capitaux d'investition et d'amélioration qui soient insuffisants. D'autre part les facilités de corn* munication assureront toujours une place importante aux produits agricoles hongrois sur les marchés de l'Europe Centrale.
Nous venons de voir la répartition des rendements agricoles ; nous avons encore à dresser le dernier bilan de la production hongroise et de la consommation par rapport à la situation actuelle et non pas aux possi:; bilités futures. La population que le traité de paix a laissée à la Hongrie, dans son ensemble, consomme princi* paiement du froment et du seigle. Voilà donc les seules espèces de blé qui entrent ici en ligne de compte. En déduisant un quintal par arpent pour les semailles et en comptant 182,3 kg. par tête pour la consommation, d'après la statistique des années 1909 — 14 (35,7 millions de quintaux de froment et de seigle) et en ajoutant 20Vo de pain en plus pour la classe agricole, laquelle con* somme plus de pain et moins de légumes que le reste de la population, nous obtenons le bilan suivant :
1° semailles . 3,809.000 quintaux
2° consommation humaine — . 16,371.000 »
3° besoins totaux 20,180.000 »
4° récolte de froment et de seigle 27,975.000 »
5° excédent 7,795.000 »
Cet excédent ressort des moissons de 1911 — 15; par contre si nous calculons d'après la mauvaise récolte de l'année 1918, notre bilan présentera, malgré la faible quantité exigée par les semailles, un déficit de 3,618.000 quintaux.
Dès lors tant que la production ne sera pas consolidée et qu'au moins une faible partie des anciens grands
118 l'agriculture
stocks de la Hongrie ne s'amasseront pas dans les granges, l'approvisionnement en pain de la population de la Hongrie mutilée dépendra des hasards de l'année agri* cole et les espoirs attachés à l'exportation sont bien incertains.
Le bilan est encore plus défavorable dans les produits fourragers. En comptant par arpent 90 kilogrammes pour l'orge, 80 pour l'avoine et 15 pour le mais et en prenant pour base de calcul (d'après la consommation dans les années 1909 — 14) 66,900.000 quintaux pour l'élevage du bétail et pour les premières nécessités de l'industrie, les postes principaux du bilan se présenteront comme suit :
1^ semailles 1,523.000 quintaux
2*^' élevage du bétail et industrie 28,336.000 »
3^ besoins totaux 29,859.000 »
4*^ production — — 26,580.000 »
50 déficit 3,279.000 »
Dès lors une partie de l'excédent en blé doit être con* vertie en fourrages ou bien on serait obligé de réduire la production industrielle. Si par contre nous faisons entrer en ligne de compte une récolte défavorable qui, étant donnée la crise actuelle de l'outillage, n'est pas du tout invraisemblable et si nous prenons comme base de calcul les chiffres de l'année 1918, le déficit mon erait à une somme tellement considérable (14,820.000 quintaux) que l'on ne serait pas à même d'y remédier par la limitation des besoins ou par compensation.
C'est en vain par conséquent que la région centrale a une agriculture supérieure aux autres territoires et un sol excellent : par suite de la consommation insouciante des dernières années et de la cuhure défectueuse, pour quelques années encore le déficit sera menaçant et une ou deux années maigres suffiront à dévorer l'excédent
L AGRICULTURE
de sept années grasses. L'étendue du terrain ensemencé et cultivé, même en 1920/21, n'a pas augmenté par rapport aux années critiques précédentes, quoique la production soit en voie de consolidation.
Si dans la Hongrie agricole il faut parler de déficit
Froment
Seio-le
Orge
Avoine
Maïs
Récolte des régions magyares
'/// 1 / /l /\ Récolte des régions '/// ////A non-magyares
Récolte en céréales des territoires détachés en millions de quintaux avec l'indication de la récolte des régions magyares dans ces territoires,
120 L AGRICULTUr<E
possible, même en l'absence de crises de production, c'est que le pays mutilé doit nourrir une population trop dense.
Si cependant nous rattachons à la Hongrie par la pensée les territoires habités par les Magyars, qui d'après le principe des nationalités n'auraient pu être détachés et qui malgré leur population plus rare s'étendent sur un sol riche, le tableau devient moins sombre : en se basant sur la mauvaise récolte de l'année 1918, le bilan du pain et du fourrage présenterait encore un déficit, mais dans des circonstances plus normales (selon la production des années 1911 — 15), -le superflu en blé atteindrait 10,580.000 quintaux et à la place du déficit en fourrages on aurait un excédent de 5,126.000 quintaux. Cet état de choses rétablirait les possibilités de l'expor* tation qui existaient avant la guerre mondiale.
Les régions magyares détachées de la Hongrie repré* sentent 29Vo du territoire total mais elles participaient à la production avec 33,7*^^ de froment, 16,9^0 de seigle, 27,4-0 d'orge, 32,9"/o d'avoine, 36.6", o de mais et l'on comprend dès lors que leur force d';;ttraction l'ait emporté sur les principes wilsoniens concernant la libre disposition des peuples.
Rappelons encore une branche exportante de la pro? duction agricole, la viticulture, qui elle ausii subit de grosses pertes du fait du démembrement mais qui reste encore capable d'exportation.
Le tableau suivant montre la répartition des vigno* blés selon les nouvelles frontières. On peut voir que la Hongrie perd près de la moitié de ses vignes de montagnes, mais 89,8'Vo des vignes de plaines restent au pays mutilé et ce n'est que dans les territoires occupés par les Yougoslaves qu'il s'en rencontre une assez grande étendue.
L AGRICULTURE
Territoire
De
nt
Territoire
total en
hectares
sol immunisé
immunisé
Occupation tchèque ... -. —
Occupation yougoslave — ..
Occupation autrichienne
Fiume ... ... . .^ — ...
Occupation totale ... -— ...
La Hongrie mutilée ... ... —
La Hongrie intégrale — ...
Dans les vignobles de Hongrie, selon la moyenne des rendements des années 1911 — 15, la quantité et la valeur du moût sont indiquées dans le tableau suivant :
Territoire
Récolte du moût
quantité en hectolitres
valeur enîcouronnes
Occupation tchèque ... -.
en 0/0
Occupation roumaine .. —
en o/o
Occupation yougoslave
en 0/0 ... ... --- ... ... ...
Occupation autrichienne __.
en "/o
Fiume... ... ... ... ...
en o/o . ...
Occupation totale ... — —
en o/o
La Hongrie mutilée — ...
en o/o ... ... ...
La Hongrie intégrale —
Dès lors près de 2 millions de la production totale étaient récoltés dans la région centrale, 600.000 hectolitres proviens nent de pays occupés par les Roumains, moins de 400.000 de l'occupation yougoslave, la production de l'occupation tchèque et de la Hongrie occidentale est moins importante.
L AGRICULTURE
Le rapport entre la quantité et la valeur du moût démontre que c'est le territoire yougoslave qui produit la qualité la plus faible, l'occupation roumaine produit aussi, outre des vins de premier ordre, quantité de moiîts à bon marché.
Nous ne devons pas croire que la production du moût dans son ensemble représente un grand profit dans la vie économique de la nation, car le traitement in# souciant et la consommation superflue, surtout chez les petits propriétaires, font perdre beaucoup de valeur; néanmoins la production du vin et la distillation offrent d'importantes possibihtés d'exportation à la Hongrie, même réduite à son territoire actuel, surtout si un capital suffisant vient en aide à la production.
La perte en forêts est par contre très sensible. Le tableau suivant nous montre le répartition des diverses essences dans les forêts de Hongrie après le démembre^: ment de pays
Territoire
Territoire boisé, selon les diverses essences
«tî'S
en mille
hectares I
en o/o
Occupation tclièque __.
en "/o .
Occupation roumaine.-
en "/o —
Occupation yougoslave
en o/o ... ... — . — . —
Occupation autrichienne
en ^0 . ...
La Hongrie mutilée ...
en o/o ...
La Hongrie intégrale ...
L AGRICULTURE
La plus grande perte est celle en conifères, dont la Hongrie ne garde que 2,6%. L'occupation tchèque et roumaine détache 93", o des forêts de sapins ; le chiffre des forêts de chênes est encore le plus favorable mais ici encore nous gardons à peine un tiers des anciennes forêts. En fait de hêtres et d'autres espèces le pays
ehène iiélrc et antres eoailères
Répartition des forêts.
est resté plus pauvre, surtout du fait de l'occupation roumaine et tchèque.
Les nouvelles frontières diminuent extraordinairement le cheptel de la Hongrie. La perte est d'autant plus sensible que dans les dernières années de la paix les exportations de bétail et de produits animaux ont déjà atteint une valeur égale à celle de la production végé:= taie. Voilà pourquoi une quantité assez considérable de la consommation étrangère était couverte par les produits
L AGRICULTURE
de l'élevage hongrois. La perte prend des proportions catastrophales si l'on considère que pendant la guerre et les temps difficiles qui l'ont suivie le cheptel se détériorait et qu'après les réquisitions roumaines l'abondance a fait place à un déficit de proportion critique. Les données statis? tiques les plus récentes sur le cheptel montrent les variations des dernières années, à partir du printemps 1911 jusqu'au printemps 1920. Cependant, en 1920, la conscription du bétail ne put avoir lieu sur tout le territoire que le traité de paix nous a assuré mais seule= ment sur le territoire resté effectivement sous la domi# nation hongroise ; dès lors quelquefois nous devons avoir recours aux données de la conscription de 1918 qui se rapporte encore à la Hongrie intégrale.
Le tableau suivant présente la répartition de l'espèce bovine en 1911 selon les nouvelles frontières.
Territoire
Espèce bovine, en 1000
au dessous de 2 ans
au dessous de 2 ans
Total
Occupation tchèque — -
en *^/o__. — — — — - Occupation roumaine .
en "/o-. —
Occupation yougoslave .
en o/o. ___ __- — -- .
Occupation autrichienne.
en "/o... — .
Occupation totale -. .
en "/u... „ --. -- — - La Hongrie mutilée - .
en 0, o___ — .. . — La Hongrie intégrale... .
l'agriculture
Par rapport aux pertes territoriales la proportion du cheptel bovin reste donc légèrement supérieure à celle de l'ancienne Hongrie mais elle est intérieure à celle qu'exigerait la densité de la population. Le tableau suivant, où nous la comparons au territoire et à la popu;: lation, fera ressortir clairement l'étendue des pertes :
Territoire
Cheptel en 1911
par km-
espèces
par 100 habitants espèces
Occupation tchèque — ..
en ^jO... __. — -- — ..
Occupation roumaine.-- ..
en ^h--
Occupation yougoslave ..
en ^Vo— — --
en "/o .
Fiume ... .— — . — .-- ..
Occupation totale... — .
La Hongrie mutilée -. .
La Hongrie intégrale
D'après les données de l'année 1918 il nous resterait à peu près 2 millions de bovidés, dont cependant près d'un million sont des animaux âgés de moins de 2 ans. Par rapport à la conscription de 1911 la diminution était déjà sensible en 1918, les jeunes animaux étant représentés par un quotient plus grand, 28,6^'o en 1911 et 44,8'Vo en 1918.
Grâce à l'élevage rationnel et florissant sur la rive droite du Danube, la Hongrie mutilée est mieux pourvue
l'agriCui.turê
en bovidés que n'importe quelle région détachée excepté la région voisine de la Hongrie occidentale, où l'élevage est le plus perfectionné. Cette zone présente les propor* tions les plus favorables, 33,2 têtes de bétail par km'^,
Occ. Occ. Occ. Occ. La Hongrie
tchèque roumaine yougoslave autrichienne mutilée
bêtes à corne
porcs
chevaux
moutons.
Cheptel par cent habitants.
ce qui dépasse de loin la moyenne (23,6) de la petite Hongrie.
Par rapport à la densité de la population la situation est moins favorable : 28,7 têtes de bovidés par 100 habi;:
L AGRICULTURE
tants, chiffre inférieur à celui de toutes les régions détachées. Sur le territoire où la conscription des ani:= maux a pu s'effectuer en 1920, le cheptel bovin présentait une diminution de 67.000 têtes par rapport aux don:= de l'année 1918. Il était à peine supérieur, de
nées
13.000 têtes seulement, à celui de l'année 1911. Cette diminution est sans aucun doute en rapport avec les occupations provisoires. Ce cheptel a diminué à l'ouest, dans les comitats de Baranya et de Somogy (occupation serbe), et à l'est dans tous les comitats situés sur la Tisza, à l'exception de celui de Szatmâr (occupation roumaine). Le tableau suivant montre la répartition de l'espèce porcine :
Territoire
Kspèce porcine, en lOOC
En
total
En iyi8
au dessous
au dessus
total
de 6 mois
de 6 mois
en "/o
Occupation roumaine —
en ^Vo --- — -- —
Occupation yougoslave
en ^'/o
Occupation autrichienne
en "/o —
Fiume — — -
Occupation totale .. —
en "/o .. ...
La Hongrie mutilée —
en «/o -
La Hongrie intégrale -.
Le territoire restant est relativement mieux pourvu en porcs. Le faible accroissement numérique entre les années 1911 et 1918 est bien un signe de décadence, car le nombre des animaux de moins de 6 mois a augmenté
L AGRICULTURE
et celui des animaux âgés a diminué ; néanmoins, étant donnés la fécondité, la multiplication rapide et le prompt développement de l'espèce porcine, cette perte serait facile à réparer si la pénurie de fourrages, dont nous avons parlé plus haut, n'était pas menaçante. Parmi les régions détachées, le territoire yougoslave présente une situation plus favorable par rapport au nombre d'habitants. Sur le territoire effectivement administré par la Hongrie, le recensement a donné 3,314.894 en 1920. Ce chiffre prouve un certain enrichissement par rapport au contingent de 1911, mais dans plusieurs régions on constate une di:: minution et cela de nouveau sur la Tisza.
Le tableau suivant montre la répartition des chevaux et des moutons :
Territoire
Chevaux et moutons, en 1000
Chevaux
Occupation tchèque —
en ^)'o ... ... __ ...
Occupation roumaine...
en o/o ... .__ ... __.
Occupation yougoslave
en ^fo ... ,. . . .. ...
Occupation autrichienne
en "/o ... .— -. ... ...
Fiume ... ... . ...
Occupation totale — ...
en "/o ... ... ...
La Hongrie mutilée ...
en "/o ... ... ... .-^ ...
La Hongrie intégrale ...
La guerre a exercé une influence néfaste sur le cheptel chevalin. La diminution se fait sentir déjà dans le recen?
l'agriculture 129
sèment de 1918, lequel constate un décroissement de 400.000 têtes.
Au printemps 1920, les dévastations de la guerre ayant pris fin, on a compté sur le territoire effectivement soumis à l'administration hongroise 717.700 chevaux, soit 125.000 de moins qu'en 1911. A peine si un ou deux comitats accusent quelque accroissement, dans les autres on constate partout une diminution, quelquefois jusqu'à concurrence du tiers du cheptel.
La diminution du cheptel ovin date de plus loin, mais elle n'a fait que s'accentuer pendant la guerre. Ainsi le contingent ovin du pays a diminué de 1,100.000 entre 1911 et 1918. Le cheptel a décru sensiblement surtout dans la région intérieure, laquelle était déjà moins bien pourvue à cet égard. Sur le territoire de l'occupation roumaine le cheptel ovin représente plus du double de celui de la Hongrie mutilée. Entre 1911 et 1920, sur le territoire actuel, le nombre des moutons a baissé de 2,293.000 à 1,476.000.
Rappelons enfin deux branches secondaires de l'éco* nomie rurale qui jusqu'à présent étaient en état de stagnas tion ou de lent développement mais qui dans la situation nouvelle de la Hongrie peuvent gagner en importance malgré les pertes subies, nous voulons parler de l'api* culture et de la sériciculture.
L'apiculture a atteint un plus grand développement sur la rive droite du Danube, sur la Tisza ainsi que dans le Midi. Le pays produisait annuellement 30.000 quintaux de miel et 1500 à 2500 quintaux de cire. Par suite du démembrement à peine 32'^/o de la production de miel resteraient à la Hongrie mais comme pendant la guerre l'apiculture a pris des proportions considérables par suite des conditions plus favorables à l'exploitation, la production de la Hongrie mutilée est sans doute encore
130 l'agriculture
susceptible de développement, malgré la diminution des territoires aptes à cette culture.
Les frais d'outillage sont à présent trop élevés mais pendant longtemps encore les conditions avantageuses de vente feront fructifier cette industrie.
Les communes produisant de la soie se trouvaient dans la partie méridionale du pays et ainsi une grande partie de la production est perdue pour la Hongrie nouvelle, de sorte qu'à peine 22 à 24'^'/ o resteraient à cette dernière. Mais comme bien des comitats de la Hongrie actuelle sont propres à la sériciculture, surtout ceux qui sont situés sur la rive droite du Danube, l'éle* vage des vers à soie peut prendre un essor rapide grâce à une organisation rationnelle.
Toutes ces statistiques montrent que la Hongrie a subi des pertes extraordinaires dans la production agricole et que par contre, obligée qu'elle est de nourrir une population plus dense, sa production suffit incompara? blement moins qu'auparavant à l'exportation.
L'agriculture hongroise est susceptible de développes ment et surtout la moyenne des récoltes pourrait être élevée, par une culture intensive.
L'intensification de la production dépend en premier lieu du capital qui fait défaut à cet Etat si cruellement éprouvé.
Plusieurs questions concernant l'agriculture sont traitées dans d'autres chapitres de cet ouvrage. La conclusion de tous ces derniers aboutit à la constatation que la Hongrie, appuyée par un capital suffisant, pourrait chercher le salut surtout dans la production agricole, mais cette perspective elle-même se présente sous des couleurs moins favorables si l'on considère que les énergies nationales sont considérablement diminuées par le détachement injuste des régions magyares voisines.
Le travail dans les mines occupait une faible propor!= tion de la population hongroise mais, comme on va le voir, depuis le démembrement du pays une grande partie des mineurs restent en dehors des nouvelles frontières.
Territoire
Nombre des travail»
leurs employés dans les mines
Par rapport à la
population totale
en ''lo
Occupation tchèque ... ... ...
en u/o
en '^' 0 ... ... ... ... .-. __. ...
Occupation yougoslave .- —
en ^','0 -- ... -- ... ... — . .--
Occupation autrichienne ... —
en 0/0 ... ... ... ...
Fiume .- ... ... ... -. — —
Occupation totale .— ... ..- ...
en "0 ... ... ... ... ... — ...
La Hongrie mutilée — ... ...
en ù/o
La Hongrie intégrale ... . ...
Les mineurs qui restent dans l'ancienne patrie présent tent une proportion inférieure à celle des régions tom* bées sous les dominations roumaine et tchèque, mais supérieure à celle des régions autrichienne et yougoslave.
Dans la Hongrie nouvelle la population minière se groupe autour de quatre centres : les charbonnages de Tata et d'Esztergom assurent leur gagne^pain à 25.036
personnes. Les houillères des régions de Pécs (comitats de Baranya et de Tolna) entretiennent 13.405 mineurs. Le bassin houiller de Nograd a réuni à Salgôtarjân et aux environs 18.177 travailleurs, enfin les mines de fer et de charbon de Borsod font vivre 16.195 ouvriers.
En 1910 le nombre des exploitations minières qui occupaient plus de 100 ouvriers était de 133, dont il ne reste que 41 dans la Hongrie mutilée.
La valeur de la production minière hongroise en 1915 était de 203,000.000 couronnes, dont 41,rVo restent en posssesion de l'Etat hongrois, avec une valeur d'en* viron 83,5 millions de couronnes. La production des régions occupées par les Roumains est légèrement supé:: rieure à celle de la Petite Hongrie, elle représente une valeur de 84,25 millions de couronnes. L'occupation tchèque a enlevé à la Hongrie une valeur de 34,27 millions en produits miniers, l'occupation yougoslave représente une valeur de 1,2 million.
Nous n'avons pas compris dans cette évaluation la perte des eaux minérales et des sources thermales ainsi que le gaz sous^terrain de Transylvanie, dont le rapport aurait dû pourtant rembourser les frais du forage et qui aurait été d'un grand secours dans le travail régéné* rateur de l'avenir.
Nous n'avons pas compris non plus k production des carrières que la Hongrie vient de perdre, sur laquelle nous avons pourtant quelques chiffres approxi:: matifs. Avant la guerre, en Hongrie, les grandes carrières privées produisaient 2,500.000, celles de l'État 287.500 mètres cubes. Dans la Hongrie mutilée les mines de l'Etat peuvent fournir une production de 71.000 m^, celles des particuliers une production de 1,500.000 m^. En 1920 la production n'a pourtant dépassé qu'à peine 210.000 m^, à cause des troubles dans la vie écono;* mique et dans les communications.
Parmi les produits miniers perdus par la Hongrie ceux4à sont à mentionner tout d'abord qui restent en dehors des frontières nouvelles.
La Hongrie a perdu toute sa production de sel (2,500.000 quintaux). L'État tchèque est représenté dans ce chiffre par 620.000 et la Roumanie par 1,900.000 q. Le sali= nage de Sâros et les petites salines de Transylvanie sont relativement peu importants en comparaison des salines grandes et soigneusement exploitées de Mâra# maros ; 90^ o de la valeur de la production et 87"/o de la quantité provenaient des mines de Mâramaros.
Le tableau suivant montre les moyennes de la produc? tion et du commerce salinier dans les années 1911 — 15:
Moyenne des années 1911 — 15 en quintaux
Production 2,534.234
Importation .- -.. ... .. ... 98.173
Exportation ... .. ... ... ... 174.864
Excédent d'exportation .. ... 76.691
Pour des raisons économiques, les populations des régions côtières préféraient au sel gemme le sel marin provenant des ports de l'Afrique du nord et en petite partie de l'Italie. L'importation du sel gemme était insi* gnifiante, par contre, dans les années de paix, il restait un excédent de 250.000 q qui pouvait être placé dans les Balkans et même pour une faible part en Russie.
Dans les années 1911 — 15, la consommation du sel en Hongrie était de 13,3 kg. par tête et par an. En mul# tipliant par ce chiffre la population de la région centrale il faut s'attendre à une consommation totale de 997.000 q; ajoutons que le calcul par des moyennes néglige bien des détails importants. Il faudra faire entrer en ligne de compte le fait que la population sera plus dense que ne l'indique la moyenne de 1910 et que les besoins de
NtW YORK, N. Y
l'industrie sont relativement grands dans les régions centrales. Si l'on considère entin que le développement de l'élevage du bétail devra être le facteur principal de la prospérité du pays, le chiffre de la consommation
^^^ll
^H-iHHt-
Tflifeo-Sloiaquie Ronmaaie ïonjoshivic Aulrifhe La Hongrie muliléo
Production de sel des nouveaux États du Danube par tête et en kg.
monte nécessairement et ainsi on arrive à un total supé# rieur à 1,000.000 q, que la Hongrie démembrée devra se procurer.
L'excédent de la production de sel de la Roumanie se dirige sans doute vers les Balkans, l'importation devra
donc venir du Nord et de l'Ouest, ce qui sera proba# blement plus profitable, car nous espérons placer nos produits d'exportation sur les marchés du Nord et de l'Ouest. La consommation de l'année 1920 était assurée par l'Allemagne pour la plus grande partie.
Cependant le sel ne fait qu'ouvrir la longue série des produits miniers dont le pays se trouve dépourvu par suite du démembrement.
La production du pétrole était minime mais en voie de développement. Les 65.000 q restent en dehors du territoire du pays. La statistique suivante montre le com? merce et le raffinage du pétrole dans l'année précédant la guerre :
Commerce du pétrole
Importation
Exportation
Excédent
d'import. ou
d'export.
en 1000 q
Pétrole brut ... — .__ ...
Pétrole léger, raffiné ou mi=
raffiné, densité au dessous
de 0,770 ..
Pétrole léger, raffiné ou mu
raffiné, densité de 0,770—880.
huile d'éclairage .— ... ..
Huile lourde, densité au dessous
de 0,880 ...
Huile de graissage... ... ... ...
Résidus — ... ... ... ... ... ...
11 raffineries de pétrole sont restées dans le pays, qui en temps de paix occupaient 860 ouvriers. Les régions occupées comptent 17 usines avec près de 1500 travail* leurs. Celles-ci travaillaient 1,600.000, celles4à 1,500.000 q d'huile brute.
Dans la production minière la bauxite est un minerai récemment connu, d'où l'on extrait l'aluminium, ce métal qui gagne de jour en jour en importance. La produc;;
tion de la Hongrie en bauxite montait déjà en 1915 à 590.670 q et se développait de plus en plus; en 1916 et en 1917 on exportait déjà 1,500.000 q; par la perte de la région orientale du comitat de Bihar la Hongrie a été privée de ces précieuses exploitations.
Elle a perdu aussi l'or que charriaient ses rivières et les filons d'or et d'argent qui traversaient ses montagnes. La production en minerais d'or et d'argent et en minerais de cuivre et de plomb aurifères et argentifères atteignait 3,000.000 q par an, dont 2,520.000 appartiennent désor* mais aux Roumains et 500.000, produits par les antiques mines du Nord, reviennent aux Tchèques. La produc* tion d'or fin de la Hongrie était en moyenne et par an de 3500 kg et celle de l'argent était de 12.000 kg.
La production totale du cuivre : 105,000 q est égale* ment perdue ; ■^/lo de cette quantité est produit sur le territoire occupé par les Roumains, le reste revient aux Tchèques.
1330 q de minerais de zinc, production totale de la Hongrie, sont perdus par suite de l'occupation roumaine.
Les mines d'antimoine, qui produisaient 114,000 q, ont été attribuées aux Tchèques, à part une petite ex# ploitation adjugée à l'Autriche et d'autres peu impor* tantes données aux Roumains. Notre plus grande mine d'antimoine, qui fournissait 55Vo de la production, est sous la domination tchèque, mais dans une région ma== gyare, à Csucsom (comitat de Gômor).
La production de la pyrite dépassait un million de quintaux, où les régions occupées par les Tchèques sont représentées encore par 55'^/o ; les Roumains occupent les autres mines, telles que celle de la région de Zalatna, la plus importante, et celles du nord^est, dont le rendement autrefois, assez faible, s'était accru pendant la guerre.
Rien n'est resté de la production de manganèse à l'intérieur des frontières nouvelles ; près de 55^'/o de la
production de 117,000 q proviennent du territoire occupé par les Tchèques, le reste se trouve dans la nouvelle Roumanie.
Le passif de la Hongrie est le plus désastreux dans
Tchéco-SIovaquie Roumanie Yougoslavie Autriche La Hongrie mutilée
minerais de fer
fer brut.
Production de fer des nouveaux États du Danube en millions de quintaux.
la production du fer, le métal le plus important pour l'industrie.
A l'intérieur des nouvelles frontières la production des minerais de fer atteint 2,000.000 q par les mines de Borsod, mais le rendement de celles=ci est faible et l'on peut s'attendre à leur épuisement rapide. Près de
10,000.000 q de l'ancienne production ont été perdus, les Tchèques ont reçu 7,250.000 q, dont 2,340.000 en régions magyares ; dans le territoire adjugé aux Roumains la production dépasse 3 millions, et cela presque exclu? sivement dans les comitats de Hunyad et de Krassô? Szôrény.
1,200.000 q de la production totale de 3,900.000 q provenaient des mines qui demeurent en Hongrie, lereste a été attribué aux Etats voisins. Cependant les métallurgies de la région centrale se procuraient le minerai la plupart du temps dans les régions adjugées aux Tchèques.
Les chiffres indiquant la production du fer et des différents minerais de fer ne nous renseignent pas suffi* samment sur les proportions de la crise provoquée par la perte de nos mines. Il nous faut remarquer que dans la dernière année de la paix l'importation de ce métal était de 950.000 et l'exportation de 5.760,000, ^4 de l'importation arrivait dans les régions centrales, mais par contre ^5 de l'exportation partaient de là également. L'importation se faisait surtout de la Bosnie et l'expor* tation se dirigeait principalement vers les régions autri? chiennes rattachées depuis à l'État tchèque.
L'importation en fer brut était de 1,580.000 q, l'expor== tation de 150.000 q ; la région centrale consommait 1,200.000 q de fer brut.
La Hongrie fournissait donc ses minerais de fer à l'étranger et couvrait ses besoins en marchandises impor? tées, ce qui s'explique par les relations économiques intimes qui existaient entre les usines tchèques et hon= groises.
La situation va encore empirer à l'avenir, car il y aura un manque sensible dans le coke et le charbon néces? saires à la production du fer.
D'autre part, l'unité économique étant détruite, le pays est resté consommateur de fer, mais ses mines ont été rattachées à d'autres centres de consommation.
Nous montrerons plus loin quelle industrie florissante a été ruinée par ce manque de fer et quelles masses ouvrières ont été privées de leur pain. Ici nous nous bornons à remarquer que les mines de fer se trouvant en régions magyares ont été attribuées précisément à l'Etat tchèque qui a d'ailleurs une importante production de fer. La violation du principe des nationalités va de pair avec cette grave injustice économique qu'on a enlevé le fer à la Hongrie pour enrichir un État déjà suffisam* ment pourvu.
L'approvisionnement en charbon constitue aussi un problème difficile. Sur sa production de houille, qui selon les données de l'année 1915 s'élevait à 10,970.000 q, la Hongrie garde 8,000.000, soit 72,8^/0 de la produc* tion totale. Cependant cette production est limitée aux régions charbonnières de Pécs. Pécs et les arrondisse* ments voisins du comitat de Baranya fournissent la majeure partie du charbon, mais même dans l'arrondisse* ment de Vôlgység (comitat de Tolna) on tirait près de 500.000 q par an. L'occupation roumaine enlève 3,000.000 q à la production.
La production du lignite dans tout le pays atteignait 79,7 millions, dont il reste à la petite Hongrie 70,4'Vo : 56 millions de quintaux environ ; un bon quart des mines de lignite tombent sous la domination roumaine. Parmi les régions charbonnières perdues la plus impor* tante est sans nul doute celle de Petrozsény, avec une production de 19,000.000 q ; on trouve encore des ex* ploitations moins importantes dans le comitat de Bihar, dans le pays Székely et dans la région du Maros. L'occu* pation tchèque nous a privés de 2,390.000 q de lignite, dont la majeure partie est tirée des gisements de Nyitra*
bânya; plus de 600.000 q proviennent des mines de Sopron.
Ces détails ne montrent pas la richesse des mines que nous avons nommées. A cet égard le pays est resté pro? bablement plus pauvre que les régions détachées, les bassins de Petrozsény et de Nyitrabânya offrant plus de chances au développement de l'exploitation que les mines du territoire central.
La statistique du commerce du charbon, avant la guerre, se constituait de la manière suivante :
Commerce du charbon
Importation
Exportation
Excédent d'import.
en 1000 q
Lignite — — — — Houille
Coke — '— — -- Briquette — — — Total ... —
Le lignite importé venait surtout de l'Autriche, des mines tombées maintenant sous la domination yougoslave, ainsi que de la Bosnie et de la Serbie. Dans l'impor;: tation de la houille l'Allemagne jouait le plus grand rôle, avec une quantité de 25,000.000 q, puis venaient les mines de la Silésie autrichienne et même, pour une faible part, celles de l'Angleterre. L'exportation se dirigeait surtout vers la navigation du Bas^Danube.
On voit que la Hongrie avait besoin d'une importation déjà en temps de paix ; il est difficile d'établir le déficit des régions centrales car, précisément à cause de la disette en charbon, les forces économiques du pays ne fonction:^ nent pas normalement et dès lors il est impossible d'évaluer les besoins normaux. La circulation des che#
mins de fer est réduite à une faible part de l'ancienne circulation, par suite du manque de combustible ; le travail dans les usines a extrêmement diminué, en partie pour la même raison et en partie par suite du manque de matières premières. Non seulement les ménages mais encore les établissements publics : écoles, bureaux ont, même dans l'hiver assez doux de 1920 — 21, connu la crise du chauffage.
Dès lors l'état actuel de l'importation ne saurait donner la mesure normale des besoins de la Hongrie ; le seul fait que l'industrie manufacturière est concentrée à Buda? pest et aux environs, loin des régions carbonifères, et que les lignes de chemin de fer restées à la Hongrie, à cause de leur position centrale comportent une circulation plus intense et une consommation de charbon plus con# sidérable que les lignes perdues, montre que la région du centre a de plus grands besoins de charbon.
Il ne faut pas oublier non plus que la Hongrie a perdu surtout ses régions riches en forêts et où non seulement les ménages mais encore les établissements industriels, surtout les scieries, employaient le bois comme combus* tible. En, outre rappelons que la Hongrie a perdu la majeure partie de sa houille blanche.
Au moyen d'un calcul approximatif on peut estimer à 70—80 millions de quintaux le charbon que la Hongrie doit importer. Cette quantité pourrait être diminuée quelque peu par de nouvelles exploitations qui cependant, faute du capital nécessaire, rencontrent toutes sortes de difficultés et ne deviennent que lentement des facteurs notables de la production. Malheureusement il faut en dire autant de l'exploitation de la houille blanche, qui demanderait une commandite puissante et la concentration des énergies dont les résultats, d'ail? leurs infaillibles, ne se montreraient qu'après de lourds sacrifices d'argent.
Comme seule la nécessité la plus dure peut commander une parcimonie excessive dans la consommation du char* bon, c'est à dire de l'énergie productrice, et que le développement économique ne peut tendre qu'à utiliser le plus possible de matière productrice d'énergie, pour atteindre le plus de travail possible, il faut, par suite de l'insuffisance des bassins houillers, se résigner à se procurer, même au prix des plus grands sacrifices, le charbon ou les énergies nécessaires à la vie économique.
Le plus grand obstacle à la réalisation de ce programme est sans nul doute la perte des forces hydrauliques. D'une part celles qui sont supérieures à 500 kw et dont l'exploitation était en cours ou en préparation et qui sont restées à l'intérieur des frontières ne peuvent être estimées qu'à 130,000.000 kilowatheures, d'autre part les forces moins importantes et dont l'exploitation n'était pas encore prévue peuvent être évaluées à 150,000.000 kilowatheures. Par contre, dans les régions détachées, la somme des énergies hydrauliques de premier ordre peut être estimée à 5370 millions, celles de second ordre à 7350 millions, au total à 12.720 millions de kilowatheures. En effet les cours d'eâu du pays intérieur ont si peu de pente et de débit qu'on ne pourrait songer à une grande production d'énergie.
A l'aide d'investitions considérables il s.;rait possible, il est vrai, de créer de grandes ressources d'énergie sur le Danube et sur le Balaton au moyen de turbines, ainsi que sur le canal projeté du Siô au moyen d'une chute artificielle.
Une meilleure exploitation des énergies de second ordre pourrait aussi amoindrir un peu la disette de charbon si nous pensons au développement d'industries d'organisation simple, de matières facilement accessibles et peu exigeantes au point de vue des énergies.
Le tableau suivant, basé sur une statistique de 1906,
montre la grandeur de la perte de la Hongrie démembrée au point de vue des énergies de second ordre :
Territoire
force totale en HP
Occupation tchèque -
en ^h — — — --
Occupation roumaine. .
en ^/o .. ..,
Occupation yougoslave
en '^/o -- .. - ... --.
Occupation autrichienne
en ^/o -- ^-. — - — -- Fiume — -. — .. — Occupation totale .-. __.
en 'Vo — -- — --- — La Hongrie mutilée -.
en '^/o „ ... ... ... ...
La Hongrie intégrale --
La disette de charbon a ramené l'attention sur les gisements de tourbe dont l'exploitation pourrait satis? faire plus ou moins aux besoins du chauffage et assurer l'énergie nécessaire aux moulins et aux travaux agricoles dans les environs immédiats. Les tourbières de l'an^ cienne Hongrie occupaient 966 km-, avec un volume estimé à 1235 millions de m^ ; les tourbes les plus précieuses au point de vue calorique sont celles du Hansâg, de Nagyberek et celles des comitats de Zala et de Somogy. Parmi les tourbières la Hongrie perd celles d'Ecsed, du Hansâg, elle perd également le marais de Szernye et les petites tourbières de la Transylvanie et de la Haute^Hongrie.
Il est probable que le sol hongrois renferme encore beaucoup de trésors naturels et l'on peut mettre son espoir non seulement dans le développement des régions car:: bonitères mais encore dans la découverte de gaz sou# terrains et de sources de pétrole. Cependant, dans sa situation actuelle, le pays appauvri peut à peine couvrir les besoins momentanés et dès lors il lui est impossible de songer à atteindre par ses propres moyens les fruits d'un avenir meilleur.
L'INDUSTRIE
Dans ces dernières années la classe industrielle de la Hongrie, d'abord peu nombreuse, allait en croissant. La proportion des industriels dans les 30 dernières années montrait les progrès suivants: en 1890 : 12,3'^/o, en 1900: 13,8'^^/o, en 1910: 17,4%. Cette industrialisation du pays avait lieu dans toutes les régions mais dans une mesure différente. Les régions centrales, avec Buda:= pest en tête, tiennent la première place dans le dévelop* pement de l'industrie; la population industrielle du pays entre le Danube et la Tisza est montée entre 1890 et 1910 de 18,2"Vo à 26,9Vo ; dans la région nord:=ouest, sur la rive gauche du Danube, en 1890, 13,1% des habitants gagnaient leur pain dans l'industrie; en 1910 ce chiffre monte à 18,2%. Au nord^^est, sur la rive droite de la Tisza, la proportion des industriels est montée de 11,9 à 16,2% au cours de ces 20 dernières années ; en Transylvanie, pendant la même période, on constate un accroissement de 8,2 à ll,8^/o.
En général l'année 1910 trouva la Hongrie dans d'heureuses conjonctures industrielles et les deux années suivantes continuaient à accuser un progrès sensible. Seulement la fin de l'année 1912, lorsque la guerre balkanique éclata, vit s'arrêter et reculer cette tendance croissante. Ainsi la statistique de 1910 peut être consi# dérée comme applicable à la Hongrie d'avant^guerre. Selon les données de cette statistique la population
L INDUSTRIE
industrielle de la Hongrie se répartit dans les différenîi tes régions de la manière suivante :
Population gagnant sa vie dans l'industrie.
ouvris :s dans irises lus de iers
Territoire
Occupation tchèque
en '^ 0 ... ... ...
Occ. roumaine —
en iJ/o
Occ. yougoslave ...
en > ...
Occ. autrichienne
en '^/o ... ... ...
Fiume .- ... ... ...
en Vo
Occupation totale. .-
en u/o
La Hongrie mutilée
La Hongrie intégrale
Les régions centrales présentent donc le tableau d'une industrialisation et d'une concentration plus grandes. La proportion de la population industrielle dans la Hongrie mutilée est beaucoup plus élevée que celle de la population totale comparée à l'ancienne population.
Par contre le nombre relatif des artisans ne dépasse pas la proportion entraînée par la diminution du terri* toire, ce qui prouve manifestement que les petites exis# tences sont moins bien représentées dans la Hongrie nouvelle. Le personnel subalterne, mais surtout les ouvriers employés dans des fabriques, c'est#à*dire des ateliers
1,'lNDUSTRlE
occupant plus de 20 ouvriers, sont en nombre plus considérable. Le chiffre de ceux-ci, enfin celui des employés, montrent jusqu'à l'évidence la concentration intense de l'industrie hongroise.
Les grands établissements qui emploient plus de 100
Nombre des ouvriers dans les entreprises travaillant :
sans ouvrier
, plus de 100 ouvriers
Employés dans les entreprises industrielles :
— ^— ^-^^-^^^^— ^^— La Hongrie mutilée 66, 20/0
Occ. tchèque 13,2»/o
■ ■ Occ. roumaine IS^/o — Occ. yougoslave 2,y"/o
- Occ. autrichienne l,l"/o
- hiume 1,30/0
Nombre des ouvriers dans les entreprises industrielles.
ouvriers représentent en premier lieu cette industrie. Leur proportion, comparée au chiffre total, est de 54,3"/o, celle des ouvriers employés dans les grands établissements atteint 56,1'Vo. Ces données sont d'autant plus remar* quables que bien des grandes fabriques se trouvent dis:= persées aux périphéries, autour des centres producteurs
14S . l'industrie
de matières premières ou favorables à la communication. D'autre part il est à remarquer que les comitats pauvres en industrie et ayant un caractère nettement agricole sont situés presque exclusivement dans la région centrale,
La plus grande concentration industrielle se montre naturellement à Budapest où les professionnels de l'in* dustrie constituaient 44,1", o de la population tandis que le personnel subalterne constituait 77,1"/ o du nombre des industriels ; 76,4'Vo du chiffre total du personnel subalterne travaillaient ici dans les usines, dont 51,3" o dans les ateliers employant plus de 100 ouvriers. Même les petits ateliers ne manquent pas dans la capitale : 51,l"/o des entreprises industrielles de Budapest travaillaient sans salariés et 36,2" o employaient 5 ouvriers au maxi* mum ; la proportion de 3,5" o seulement est atteinte par les grands établissements employant plus de 20 personnes. Après Budapest vient le comitat de Pest avec les grandes colonies industrielles de la banlieue de Budapest, puis les villes, où la concentration de la production induss: trielle s'observe habituellement.
En dehors de la région centrale les plus précieuses des régions industrielles sont celles tombées sous la domination tchèque; 17,7°/o de la population industrielle, 18,2^0 des ouvriers et 20,4'Vo des employés de l'ancienne Hongrie sont attachés aux établissements perdus. Même dans ce territoire la proportion du personnel subalterne est supérieure à la moyenne générale et les usines ems ployant plus de 100 ouvriers sont les plus nombreuses et les plus grandes après celles de la Hongrie centrale.
Il est à signaler pourtant que c'est encore la région habitée par les Magyars qui se distingue ici par son caractère industriel. Les Magyars de l'Ouest présentent une population industrielle développée et également répartie, tant dans les petites que dans les moyennes et les grandes entreprises ; ceux de l'Est tiennent la deuxième
l'industrie 149
place et ont su créer une industrie florissante dans les entreprises moyennes ; dans la vallée du Garam les grands établissements ont un rôle prépondérant ; la vallée du Vag et le Zips ont aussi une population industrielle importante.
Une grande proportion de populations industrielles tombe sous la domination roumaine : 20,6°/o mais ce chiffre n'est pas en proportion avec l'étendue des terri:^ toires et de plus c'est ici que la proportion des indus* triels est la plus faible : 12,7'^/o. Cette industrie elle-même a une tendance à se répartir dans les petits ateliers ; 24"/o des artisans vivent dans ces régions, 19,2°/o des ouvriers et 17,3^,0 des ouvriers employés dans des ateliers qui occupent plus de 20 ouvriers se trouvent pour ces terri* toires. On compte 173 ouvriers pour 100 artisans indé* pendants ; près des deux tiers des établissements travail* lent sans salariés et près des 2 5 avec un ouvrier seu* lement. Il va sans dire que les grands établissements ne manquent pas non plus dans ces régions mais le nombre moyen des ouvriers dans ces entreprises est moins considérable.
Dans ces régions occupées par les Roumains, le pays saxon est le plus industrialisé, immédiatement après viennent les régions magyares ; même dans le pays székely le nombre des industriels est plus grand que dans les territoires roumains ou à population mélangée.
Proportionnellement à sa population la Hongrie occiden* taie prend une grande part dans la production indus* trielle. Ce pays ressemble à la région centrale en ce que les petits établissements travaillant sans ouvriers n'y jouent qu'un rôle insignifiant (296 ouvriers contre 100 artisans indépendants) et que les catégories développées de la petite industrie y sont bien représentées ; néanmoins ces entreprises n'atteignent pas au même degré de concen* tration que dans la région centrale.
150 l'industrie
Le pays détaché par les Yougoslaves est le moins industriel de tous. La part de population qui exerce une profession industrielle y est de 14,7^'; o. 7vo de la popula:^ tion industrielle de la Hongrie, lO.l'Vo des artisans, 5,8^0 du personnel subalterne et seulement 2,2"/o des ouvriers de fabriques vivent sur ce territoire. En efïet le chiffre du personnel subalterne est ici le moins élevé et d'autre part on compte 124 ouvriers contre 100 artisans.
En examinant l'avenir de l'industrie nous n'avons pas à nous préoccuper du sort de la petite industrie ; si la circulation commerciale est entravée, le commerce local rencontre moins d'obstacles ; l'investition, la question des matières premières et la situation du marché jouent un rôle secondaire dans la vie du petit industriel ; son travail physique et sa clientèle habituelle, qui ne sont pas influencés par les lignes de démarcation, assurent la prospérité de son industrie.
La crise de la grande industrie, provoquée par le manque de matières premières et par le démembrement du pays, mérite avant tout notre attention.
Dans le tableau que nous donnons ci^dessous de l'induss! trie manufacturière en Hongrie, nous avons réuni d'une part les entreprises qui se distinguent par le nombre de leurs ouvriers ou par la force motrice utilisée, d'autre part celles qui par la production d'articles fabriqués en masse et conservés en stocks s'élèvent au dessus de la petite industrie.
Sur les 4241 fabriques 2029, soit 47,8"/o, resteraient à l'intérieur des frontières. Les 5958 moteurs employés ici, avec une force totale de 399.000 HP, l'armée de 220.000 ouvriers avec plus de 53 millions de journées de travail et un salaire de 211 millions de couronnes, enfin la production d'une valeur, à la vente, de 1888 millions, tout cela montre bien que les fabriques restées à la Hongrie étaient les plus productives et les plus
LINDUSTRIE
précieuses. Les régions centrales n'avaient que 47,8Vo des fabriques, mais 50% du nombre de HP, 49, 30/0 des ouvriers, 51,8'Vo des journées de travail, avec 55,6*^/0 de la valeur des produits et 57,5'^'/o des salaires. Relativement à leur nombre ces fabriques étaient donc capables de déployer de grandes forces et leurs ouvriers étaient occupés d'une façon systématique.
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La Hongrie intégrale
Hâtons*nous de faire remarquer, — nous y reviendrons incidemment, — que l'industrie manufacturière restée en dedans des frontières nouvelles était basée sur cette
(1) La valeur des produits n'est mentionnée avec précision que dans les statistiques respectives de chaque branche d'industrie, car dans la production totale il y a beaucoup d'articles soumis à une deuxième préparation et dès lors leur valeur est indiquée à deux reprises : à la première et à la seconde manipulation.
152 l'industrie
unité économique qui joignait le centre aux territoires détachés depuis. Par conséquent les chiffres que nous venons de citer représentent la production de nos fabri:: ques avant la guerre et ne signifient pas qu'aujourd'hui encore elles seraient capables de produire autant. Ajou# tons que l'occupation roumaine de 1919 — 20 a non seulement dépouillé les fabriques de leurs matières premier res et de leurs stocks, mais enlevé encore une très grande partie — et très précieuse — de la machinerie.
L'industrie manufacturière de Budapest avait une pro;: duction dont la valeur atteignait presque un milliard (987,000.000 couronnes).
Après la région centrale c'est encore le territoire occupé actuellement par les Tchèques qui suit immé* diatement, sinon quant au nombre des fabriques et à l'étendue de la production, du moins quant à la force motrice, au nombre des ouvriers et à la somme totale des salaires : plus de 98,000 ouvriers travaillent dans ces fabriques dont la production atteint une valeur de 619 millions. Sur le territoire occupé par les Tchèques c'est aussi dans la région habitée par les Magyars que la valeur de la production industrielle est la plus con# sidérable : elle représentait bien un quart de milliard, avec plus de 36.000 ouvriers, principalement dans la partie occidentale de cette région.
Sur le territoire occupé par les Roumains les fabriques sont plus nombreuses mais la force motrice joue un moindre rôle, il y a moins d'ouvriers, ils sont moins occupés et gagnent relativement moins : aussi la valeur de la production est^^elle quelque peu inférieure. Sur les 615 millions de couronnes, les régions habitées par les Magyars sont représentées par 316 millions.
Sur les territoires conquis par les Yougoslaves les fabriques emploient en moyenne moins d'énergie, leur production est plus faible, l'effectif des ouvriers est
l'industrie 155
occupé moins systématiquement, mais les salaires sont moindres aussi.
La perte de Fiume se fait déjà douloureusement sentir au point de vue industriel ; dans ce port de mer hon* grois les fabriques occupaient 8500 ouvriers et la valeur des produits manufacturés dépassait 74 millions. Quant à la Hongrie occidentale, avec 11,300 ouvriers de fabri# ques la production industrielle n'y représente qu'une valeur de 52 millions.
On reconnaîtra mieux la situation industrielle de notre pays si nous détaillons les données générales précédentes et si nous passons en revue les pertes de notre industrie d'après les catégories principales. Le tableau que nous donnons ci==dessous, i(p. 154.) et qui est basé sur les statistiques de l'année 1913, orientera le lecteur.
Selon cette statistique près de la moitié, 1650 millions de couronnes, de la production de notre grande industrie était fournie par la fabrication des articles d'alimentation et de luxe. Par suite du démembrement le pays a perdu 42'7Vo de la production de cette branche industrielle.
La valeur des produits fabriqués dans les régions occupées par les Roumains atteignait 283,800.000 c, dont la plus grande partie, 151,200.000, provenait delà moitié sud et près de 50,000.000 de la partie septens: trionale du territoire de langue magyare. Si nous comp* tons encore les 18,700.000 c revenant à la production du pays székely et les 28,000.000 c revenant au Mezôség et à la région du Szamos, on voit combien, dans cette branche industrielle, la production des régions purement magyares était prépondérante et combien insignifiante celle des périphéries.
Les territoires tombés sous l'occupation roumaine ne présentent que pour trois branches industrielles un nombre d'ouvriers supérieur à mille : la manufacture du tabac (3644), introduite artificiellement dans ces régions pour
L INDUSTRIE
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