III. Produits perfectionnés
1" Produits alimentaires:
A) Agriculture
B) Industrie
2° Produits d'industrie textile
A) Coton
B) Laine
C) Autres matières 3" Confection
4" Produits de fer
5° Machines, appareils
6" Autres.
I Importation ■■i^ Exportation
Commerce extérieur de la Hongrie (moyenne des années 1911 à 1913) i valeur exportée et importée en "lo.
territoire central exportait 132.000 têtes mais la quantité exportée par les régions occupées à présent par les Tchèques et les Roumains était assez grande aussi. De chacun de ces territoires les envois étaient dirigés sur la partie de l'ancienne Autriche située le plus près du lieu d'expédition. Quant à l'importation des bovidés, elle était très faible: 11.400 têtes; outre l'Autriche, le pays exporteur était la Bosnie, mais la Suisse et la Hollande envoyaient aussi des animaux destinés à la reproduction.
L'exportation des porcs était de 893.192 têtes, achetées presque exclusivement par l'Autriche, surtout l'Autriche actuelle, dans une plus laible mesure les parties tombées sous la domination tchèque. Près de la moitié de la quantité exportée partait bien de la Hongrie mutilée, où l'engraissage des porcs était une industrie, mais les animaux et le mais même provenaient du territoire occupé par les Yougoslaves ; quant à l'autre moitié, la Croatie et les régions occupées par les Roumains en fournissaient la plus forte partie.
L'exportation des chevaux était de 46.567 têtes, dont l'Autriche actuelle achetait plus de la moitié, mais plusieurs milliers étaient destinés aussi aux régions tchèque et polonaise et de plus à la Roumanie, l'Aile* magne et l'Italie. Le territoire central exportait environ 27.000 chevaux, les régions d'élevage tombées sous l'occupation étrangère en exportaient directement 4 — 5000 chacune.
Sur les produits de l'élevage de la volaille, 6,300.000 animaux vivants venaient sur le marché étranger, les deux tiers en Autriche (pour l'Autriche actuelle et la partie tchèque), un tiers en Allemagne ; la Suisse et l'Italie en achetaient également, mais en faible quantité. Près de 4 millions de volailles étaient expédiées par la région centrale, mais il faut remarquer qu'elle jouait le
^ NtW YORK. N. Y,
rôle non seulement de producteur mais aussi de lieu de rassemblement.
La Hongrie exportait près de 140.000 q de volailles sai? gnées, en premier lieu à l'usage de l'Autriche actuelle, puis de l'Allemagne et de l'Angleterre et des provinces autrichiennes tombées sous la domination tchèque ou roumaine. Les deux tiers partaient du territoire central ; l'exportation directe des régions occupées par les Yougo# slaves mérite également d'être mentionnée.
L'exportation des œufs était d'environ 354.000 quin* taux, dont 30"/ o étaient fournis par le territoire central, puis venaient surtout les régions occupées par les Yougo* slaves et par les Roumains. La moitié de l'exportation se dirigeait vers l'Autriche, surtout l'Autriche actuelle, un tiers vers l'Allemagne ; des quantités plus faibles étaient destinées à la Suisse et à Ja Grande:;Bretagne.
L'exportation du saindoux et du lard était de 225.000 q, la plus grande partie était dirigée vers les régions aile;; mande et tchèque de l'Autriche. L'exportation partait principalement des régions centrales, mais surtout des territoires tombés récemment sous la domination yougo* slave.
La Hongrie exportait aussi 134.000 q de viande fraiche, pour la plupart en Autriche ; la moitié provenait de la région centrale mais les pays détachés prenaient à l'ex? portation une part considérable.
Le bilan de l'élevage m.ontre donc que dans le ras# semblement des bestiaux la Hongrie centrale tenait le principal rôle. La Vienne d'hier était notre plus grande consommatrice, mais l'Autriche actuelle et même l'Etat tchèque ont besoin d'une importation considérable.
Parmi les produits de l'agriculture il faut mentionner d'abord les diverses espèces de blé, dont la Hongrie exportait 13,500.000 q à l'étranger. L'Allemagne, la Bosnie, la Grande-Bretagne et plusieurs autres États
européens figuraient parmi les clients, mais 12,400.000 q étaient dirigés uniquement vers l'Autriche, en premier lieu dans le territoire actuel de l'Autriche et ensuite en quantités variables dans les pays de l'Autriche occupés à présent par les États tchèque, polonais et yougoslave. La catégorie la plus importante en valeur et en quantité dans l'exportation du blé était le froment, avec 5,000.000 q, ensuite l'orge avec 2,800.000 q, le seigle avec 2,600.000 q, le mais avec 1,800.000 q et l'avoine avec 1,300.000 q. L'exportation de la farine dépassait 8,000.000 q et figurait avec des quantités plus ou moins faibles sur tous les marchés du monde, mais 7,200.000 q étaient fournis à l'Autriche, surtout à l'Autriche actuelle (2,600.000 q), ensuite aux régions adjugées aux États tchèque et polonais (2,200.000, resp. 1,400.000 q); une grande partie de l'exportation (5,100.000 q) partait de la région centrale ; la quantité exportée des territoires occupés actuellement par les Tchèques, les Roumains et les Yougoslaves (500.000 q chacun) était distribuée entre les régions tchèque, polonaise et allemande de l'Autriche.
L'exportation de 522.000 q de légumineuses se répar:= tissait entre beaucoup de pays: 153.000 q allaient en Autriche, principalement dans les provinces italiennes et allemandes, 106.000 q en Allemagne. Le commerce de la région centrale figure dans cette exportation pour 162.000 q, la participation des régions occupées par les Tchèques et les Yougoslaves est moindre ; le midi fournissait surtout aux pays italiens de l'Autriche. L'expor* tation des fruits frais, dont la quantité est toujours variable, s'élevait en 1913 à 376.000 q, les deux tiers allaient en Autriche, un tiers en Allemagne.
L'exportation en légumes frais et plantes potagères était de près de 800.000 q, dont les oignons représen== talent la moitié. Parmi les États qui se fournissaient en
Hongrie la première place revient à l'Autriche avec 547.000 q et à l'Allemagne avec 136.000 q. L'impor* tation de 152.000 q provenait de l'Autriche, surtout des provinces du sud, de lltalie, des Pays#Bas et de l'Egypte.
L'article d'exportation le plus important de l'industrie agricole hongroise est le sucre. La Hongrie exportait 2,400.000 q de sucre propre à la consommation et 1,700.000 q de sucre brut dans les pays les plus divers, surtout dans llnde, le Levant, l'Angleterre, mais presque rien en Autriche. L'importation (278.000 q) venait de l'Autriche, principalement de la Bohême.
Des produits de la brasserie 85.000 q étaient destinés à l'exportation ; en dehors de la région centrale c'est surtout la Croatie^Slavonie qui fournissait à l'étranger. La moitié était dirigée sur l'Autriche, les produits de la Croatie étaient placés principalement en Bosnie. Les 575.000 q importés venaient principalement de l'Autriche d'aujourd'hui et pour un cinquième de la Bohême.
L'exportation en spiritueux était de 155.000 q, dont une faible partie était dirigée vers la Serbie, le reste vers l'Autriche, principalement vers les provinces allemandes, en petite partie vers la Bohême et la Galicie. Plus de la moitié de cette exportation provenait de la région centrale, qui fournissait pour la plus grande partie aux besoins des Serbes et des Allemands d'Au+riche.
L'exportation du vin, dépassant un million de quintaux trouvait son débouché presque exclusivement en Autriche, principalement dans l'Autriche d'aujourd'hui et en moindre proportion dans les régions tchèques. Plus de la moitié de l'exportation provenait de la région centrale, ensuite il faut mentionner la participation des territoires occupés par les Yougoslaves et par les Roumains.
L'exportation des graines oléagineuses était assez im* portante : 120.000 q, provenant principalement de la région centrale, étaient placés en Autriche, surtout dans
les provinces allemandes, yougoslaves et tchèques. L'im? portation, (360.000 q), venait plus pour la grande part d'outre#mer; parmi les États de l'Europe, seules la Rou= manie, la Russie et la Bulgarie figurent dans cette im:= portation, d'ailleurs pour de faibles quantités.
La Hongrie fournissait à l'étranger 56.000 q de graines de trèfle, achetées par l'Allemagne et principalement par les régions tchèques, polonaises et allemandes de l'Autriche. La moitié de l'exportation provenait du territoire central, les 29.000 q de l'importation provenaient d'Italie, d'Au;: triche et de France.
Notons encore le commerce des peaux, avec une ex:= portation de 145.000 q et une importation de 155.000 q. L'exportation se dirigeait surtout vers l'Allemagne et vers lAutriche, plutôt vers les régions allemandes que vers les provinces tchèques de celle-ci. Après la région centrale, qui tient la première place dans cette expor* tation, il faut nommer d'abord le territoire occupé par les Tchèques, qui fournissait aux marchés voisins des régions tchèques et allemandes de l'Autriche ; l'impor?: tation venait de toute part mais pour plus de la moitié des provinces polonaises, italiennes et allemandes de l'Autriche.
Sans entrer dans d'autres détails sur la circulation des produits agricoles, mentionnons encore quelques faits dignes de remarque. La paix de Trianon a destiné à l'Autriche une partie de la Hongrie occidentale pour atténuer la crise alimentaire ; or les données statistiques sur le commerce extérieur témoignent précisément que les articles les plus importants pour l'alimentation ne passaient de Hongrie occidentale en Autriche qu'en quantité insignifiante, à la seule exception du lait, qui ne peut être expédié à de grandes distances et dont près de 12"/o de l'importation autrichienne provenaient des comitats de Sopron, de Moson et de Vas,
Parmi les autres produits agricoles dirigés sur l'Autriche, 1,8" 0 de l'avoine exportée, 3,6" o du froment, 2,6"/() de l'orge, 7,8", 0 du seigle, 0,2" o de la farine, 6,1" o de la race bovine, 1,0% des porcs, l,2"/o des pommes de terre seulement provenaient des territoires en question et pour une partie de ces marchandises, en particulier le bétail, Sopron jouait surtout le rôle d'intermédiaire ; quant à l'exportation du lard et du saindoux, ces territoires n'y
Lait
viande fraiche
haricots, petits
pois, lentilles
bêtes â corne
oeufs
beurre
volaille
porcs
froment
orge
légitmes frais
pommes de terre
1 1" iiii II 1 ri
■TTTTtTT
'îïï
m Mi 1 II
Ml
tt irt
T"'"t î ïï"
Ttt i 1
Il ! ' i ;, ' i 1 II
iliiMI;!
:î::::::::::::::::::t:::::: :i::i:5iiit
Ijil
lllil'. i.mmI
Exportation des plus importants articles alimentaires, dirigée de la Ho-grie
Occidentale vers l'Autriche comparée à celle des mêmes articles dirigée
de la Hongrie intégrale vers l'Autriche.
prenaient aucune part, ce n'étaient donc pas eux qui assuraient l'alimentation de l'Autriche, mais le commerce des régions centrales, lequel recueillait sur les territoires du sud, riches en denrées alimentaires, l'excédent de leur production.
Nous arrivons à la longue série des articles que la Hongrie était toujours réduite à importer ou dans les? quels elle avait auparavant une exportation que le dé? membrement du pays a fait cesser.
Au nombre de ces derniers appartient le bois. La Hongrie exportait 2,900.000 q de bois de charpente et de bois d' euvre bruts non seulement dans presque tous les États de l'Europe mais encore dans les pays d'outre^; mer. La meilleure cliente était l'Autriche, surtout la région tchèque, puis venait l'Allemagne. Plus de la moitié de l'exportation était expédiée du territoire occupé à présent par les Tchèques aux provinces tchèques de l'Autriche ; le bois de Slavonie était acheté plutôt par l'Allemagne et celui des forêts orientales était dirigé en Roumanie. L'importation était de 2,400.000 q. C'est aussi la Rou= manie qui en fournissait près de la moitié, le bois des forêts roumaines situées le long de la frontière était en? voyé dans les scieries hongroises, la plupart du temps au moyen d'un chemin de fer à toue métallique.
En bois charpenté l'exportation était de 1,000.000 q, l'importation de 870.000. Le bois exporté était recherché dans toutes les parties du monde, mais c'est surtout en France, en Italie et en Autriche sur les marchés tchèque et allemand qu'il trouvait des acheteurs. L'importation provenait presque exclusivement de l'Autriche, en premier lieu des régions allemandes, puis des régions yougoslaves ou galiciennes, elle était destinée pour la plus grande part au territoire central.
C'est en bois scié que l'excédent de l'exportation sur l'importation était le plus g'-and : 5,200.000 contre un peu moins de 2,000.000 q. A cette exportation les régions orientales prenaient déjà une part prépondérante ; elle était destinée aux pays les plus divers, mais l'Italie et l'Autriche, surtout l'Autriche allemande, étaient les plus grands acheteurs.
Dans l'importation considérable des matières et articles textiles, le facteur le plus intéressant est peut-être l'impor* tance, comme intermédiaire commercial, du territoire conservé par la Hongrie.
LH COMMF.RCE
Sur les 98.000 q de coton filé que nous importions et qui venaient presque exclusivement de l'Autriche, des régions allemandes pour les deux tiers et des régions tchèques pour l'autre, la plus grande partie était achetée par le territoire central, puis venaient les parties orien-
La jetée Adamich à Fiume, objet de litige entre la Yougoslavie et l'Italie.
taies du pays et enfin la Croatie et les régions tombées sousyla domination tchèque.
L'importation des cotonnades était de 460.000 q — en valeur un des postes les plus forts dans le bilan du commerce hongrois — elle arrivait presque exclusivement de l'Autriche, de la partie allemande pour les trois quarts et de la Bohême pour le reste. Le rôle d'intermédiaire que Vienne jouait dans ce commerce était très
marqué. Les régions centrales de la Hongrie achetaient plus de 300.000 q, les régions détachées une moindre quantité. L'exportation s'élevait à 56.000 q ; à part les achats plus ou moins faibles des Balkans, du Levant et de quelques État européens, elle était dirigée principalement en Autriche, surtout dans les territoires allemands. Les cotonnades tricotées et mi*tricotées (importation 52.000 q, exportation 7000 q) provenaient presque exclusivement de l'Autriche, principalement de la partie allemande ; outre les grands achats du territoire central il n'y a guère à mentionner que la part de la Haute- Hongrie qui entretenait aussi des relations commerciales avec le pays tchèque.
En ce qui concerne le lin, les échanges étaient assez insignifiants, cependant la Hongrie importait environ 30.000 q de fd de lin, surtout des provinces autrichi:^ ennes passées sous la domination de l'État tchèque et principalement pour le compte des régions occupées maintenant par cet État. Le territoire central ne venait qu'en second lieu.
L'exportation du chanvre s'élevait à 137.000 q dont l'Allemagne achetait près de la moitié — plutôt dans les régions occupées par les Yougoslaves — et l'Autriche un tiers. Cependant l'exportation du territoire central était aussi fort considérable et arrivait sur divers mars chés, outre ceux que nous venons de citer. Les 39.000 q importés provenaient surtout d'Itahe et de Russie. Le fil de chanvre Figurait surtout dans l'importation, mais là aussi en assez faible quantité. Plus important était le rôle des tissus de lin et de chanvre, dont 30.000 q arrivaient des régions allemandes et tchèques de l'Autriche. Une petite partie de ces dernières marchandises était dirigée sur la Haute:=Hongrie, mais la plus grande partie de l'importation était recherchée par le territoire central.
Le jute était importé exclusivement d'outre=mer et
travaillé dans les fabriques de la Hongrie occidentale. L'importation des tissus et des sacs de jute s'élevait à 134.000 q, un dixième venait d'Angleterre et le reste d'Australie.
L'exportation de la laine et des déchets de laine s'élevait à 65.000 q, environ le double de l'importation. Elle allait plutôt dans les parties tchèques de l'Autriche et partait surtout du centre du pays, autrement la Haute* Hongrie jouait seule un rôle assez fort. En fU de laine, l'importation — supérieure à l'exportation — atteignait près de 20.000 q, dont la moitié provenaient du terri* toire tchèque ; elle était destinée en premier lieu au pays mutilé et seulement en plus faible mesure à la Haute* Hongrie.
L'importation des tissus de laine dépassait 130.000 q; à part les faibles envois de l'Allemagne et de l'Angle* terre, elle venait de l'Autriche, moitié des territoires aile* mands, moitié des territoires tchèques. Le commerce central en absorbait la plus grande quantité; parmi les régions détachées, la Haute=Hongrie seule avait une importation notable.
L'exportation de la soie et du fîl de soie était faible, l'importation de la soie et de la demi^soie s'élevait à près de 9000 q, provenant presque exclusivement de l'Autriche.
L'importation des vêtements pour hommes était de 27.000 q, venant surtout de l'Autriche actuelle et des provinces tchèques et dirigée plutôt vers le centre du pays, d'où partait également une faible exportation ; il en était de même pour les vêtements de femmes, bien que là l'importation des vêtements confectionnés fût naturellement beaucoup plus faible.
Parmi les articles de confection il convient de men* tionner les chapeaux, dont l'importation et l'exportation intéressent plusieurs pays mais dont l'importation, en
fort excédent, venait principalement d'Autriche, puis la lingerie, de même provenance et qui, comme les cha# peaux, allait surtout accroître le commerce du territoire central.
Une place importante dans le commerce extérieur était tenue par le papier, avec une importation dépas^; sant 630.000 q, venant presque exclusivement de l'Autriche actuelle et destinés pour la plus grande part au territoire central; d'autre part les 168.000 q exportés sortaient principalement des fabriques tombées sous la domina? tion tchèque.
L'importation du cuir s'élevait à 132.000 q, l'expor* tation à 57,000 q. L'importation était dirigée surtout de l'Autriche allemande à la Hongrie mutilée ; à l'expor? tation participaient, outre le territoire central, la Haute? Hongrie septentrionale et la Croatie?Slavonie ; bien qu'il fût possible de placer dans beaucoup d'États européens quelques faibles quantités, le gros de l'exportation se dirigeait vers l'Autriche allemande. En articles de cuir l'importation était de 58,000 q pour une exportation de 12,000; dans l'une comme dans l'autre le centre du pays jouait le rôle principal, mais tandis que l'impor? tation venait surtout d'Autriche, l'exportation pouvait placer ses marchandises en Allemagne et dans les États balkaniques.
Dans l'importation de la verrerie l'Autriche jouait pres= que exclusivement un rôle ; le verre soulïlé était importé principalement des régions tchèques, le verre à vitres des mêmes lieux et aussi de l'Autriche allemande ; la distri? bution avait lieu surtout par l'intermédiaire du territoire central.
Parmi les articles de quincaillerie nous mentionnerons les vases en fer^blanc, dont l'importation provenait des parties allemandes et tchèques de l'Autriche et se dirigeait surtout vers le centre du pays ; l'exportation était aussi
grande (54.000 q), elle provenait des fabriques tombées sous la domination tchèque et se rcpartissait très inéga# lement selon les pays acheteurs. Des outils, des vis, des clous (ceux-ci en très grande quantité) étaient importés surtout de l'Autriche allemande et plutôt par les régions centrales ; mais dans l'exportation des outils les territoires occupés par les Tchèques et par les Roumains avaient une assez grande part ; l'exportation des clous et des vis venait presque exclusivement de la région centrale, ipour se diriger vers l'Autriche et les pays des Balkans.
Parmi les produits de l'industrie des machines, l'impor:: tation des machines à vapeur stables offre le plus d'intérêt; elle s'élevait à 28.100 q, provenait surtout des régions tchèques et était destinée surtout au commerce du terri* toire central. Dans l'importation des autres machines à vapeur (54.000 q), outre les produits allemands et américains, figurent principalement les marchandises autrichiennes mais plutôt celles de l'Autriche allemande et c'est de nouveau vers le centre du pays que gravite l'importation.
Sur la grande quantité des machines aratoires (236.000 q), outre le territoire central, les régions occupées par les Tchèques achetaient la plus grande partie; dans l'impor:: tation l'Allemagne et l'Angleterre jouaient un rôle assez faible, l'Amérique un rôle plus important, mais les régions allemandes et tchèques de l'Autriche la distançaient encore de beaucoup. L'exportation se dirigeait surtout vers la Roumanie et la Russie, outre l'Autriche, et partait principalement du centre du pays.
L'Autriche, l'Allemagne et l'Angleterre livraient les machines à l'industrie textile. Les machines à coudre (39.000 q) étaient importées d'Autriche en premier lieu, puis venaient l'Allemagne et l'Angleterre ; elles étaient destinées surtout au commerce de la région centrale, d'où partait aussi l'exportation pour l'Autriche et la Bosnie.
Chaudières
Appareils de chauffe
Pompes
Grues et transbordeurs
*) Machines pour
la minoterie
Machines pour
l'industrie de la
pierre et de
l'argile
Machines pour
l'industrie textile
Distillateurs,
réfrigérateurs et
cuves
Machines à coudre
Outillage métallurgique
Moteurs électriques
Autres moteurs
Machines à vapeur
Articles d'industrie électrotechnique
Machines aratoires
Autres
*) NB. En 1909 le chiffre de l'exportation des machines pont la minoterie dépassait celui de l'importation (1,700.000 C contre 1,600.600 C.)
Exportation
Excédent d'importation
Importation
Importation et exportation de machines dans les années 1909 — 1913 en millions de couronnes.
Parmi les produits de l'industrie chimique il faut citer quelques-uns, comme l'amidon : l'importation en était insignifiante, l'exportation dépassait 200.000 q.
En revanche, pour les produits tinctoriaux, l'exportation était faible et l'importation assez forte : 28.000 q, prove# nant en petite partie de l'Allemagne mais pour la plupart de l'Autriche, principalement des provinces allemandes, et destinés surtout au territoire central.
L'exportation du savon était faible et partait du centre du pays ainsi que de la Hongrie occidentale pour se diriger vers l'Autriche et la Bosnie ; l'importation était d'ailleurs dix fois plus considérable et dépassait 150.000 q, l'Autriche allemande y avait une part prépondérante.
L'importation des allumettes (19.000 q) était dirigée surtout des parties allemandes de l'Autriche vers le centre de la Hongrie, l'exportation (35.000 q) partait princi^: paiement de la Haute#Hongrie et se dirigeait vers les provinces galiciennes, tchèques et allemandes de l'Autriche.
Nous avons déjà fait connaître la statistique du com# merce de la houille et du pétrole ; un assez grand rôle dans l'importation revenait au riz décortiqué, au caté, au tabac, aux phosphates et dans notre exportation à plusieurs produits agricoles.
En dehors de la production allemande, anglaise, améri* caine, italienne et française et des marchés balkaniques et orientaux, l'Autriche figurait presque partout dans cette courte nomenclature comme la source principale de l'importation et le débouché de l'exportation. Cette circonstance est la conséquence naturelle de l'union douanière qui rattachait la Hongrie à l'Autriche, elle peut s'expliquer aussi par le voisinage immédiat de ce pays. Cependant l'Autriche jouait plutôt le rôle d'inter? médiaire commercial, surtout pour une bonne part des articles importés. L'union économique ayant cessé, ce
rôle a perdu sa raison d'être, le commerce hoiigrois pourra acheter directement les produits de l'industrie occidentale, dès que les difïérences valutaires se seront atténuées. Les produits de l'agriculture hongroise dis? ponibles à l'exportation pourront trouver un débouché non seulement en Autriche mais encore sur les marchés occidentaux plus éloignés; quant aux produits de l'in^ dustrie hongroise, à peu d'exceptions près, ils prendront naturellement le chemin de l'Orient, comme par le passé.
Pendant longtemps les rapports commerciaux entre les territoires détachés et la Hongrie mutilée étaient suprimés pour des raisons politiques et au grand dommage de l'une et de l'autre partie ; depuis peu seulement la circulation commence à reprendre quelque vivacité, ce qui prouve que les peuples ont fini par reconnaître que la rupture violente des relations économiques n'est pas non plus une bonne arme en politique.
Sur le commerce extérieur de la Hongrie depuis le démembrement nous pouvons citer les données statis? tiques de l'année 1920, bien qu'après les orages de l'année 1919 le commerce extérieur de la Hongrie, pris au sens économique, pendnt la première moitié de cette année::là, revêtît des formes encore bien primitives, ce qui naturellement se fait sentir dans le rendement de l'année toute entière.
Dans l'importation des denrées coloniales, des épices, des fruits du Midi, l'Italie a pris la place de l'Autriche. Au lieu d'avoir comme autrefois une grande exportation de sucre, la Hongrie est réduite à en importer, mais les régions hongroises actuellement occupées par les Tchèques ont couvert en partie ses besoins. La circulation du blé et de la farine, auparavant si puissante, s'est extraordi:* nairement réduite : tant l'importation que l'exportation, la première dépassant quelque peu la seconde, sont in* férieures à 200.000 q ; l'Autriche a acheté la plus grande
partie, mais les territoires détachés de la Hongrie, ainsi que la Suisse et l'Allemagne en ont reçu aussi une cer? taine quantité ; l'importation venait principalement des deux Amériques.
L'exportation des fruits et autres denrées alimentaires, des graines et des fourrages s'élevait à près de 900,000 q dont 85*^/ 0 sont allés en Autriche, le reste en Allemagne,
Port d'hivernage du Danube à Budapest.
en Italie, en Suisse et dans les territoires détachés de la Hongrie, surtout les régions occupées par les Tchèques. En bétail d'abattoir et de labour et en volailles il n'y a eu qu'une faible exportation, exclusivement en Autriche, et à peine une importation. La circulation des autres produits animaux, auparavant considérable, a été également minime ; les peaux brutes ont formé les trois quarts de l'exportation qui s'élevait à 75,000 q, on n'a pas exporté d'ceufs. L'exportation s'est dirigée surtout vers l'Autriche, l'Allemagne et les régions hongroises occupées par les Tchèques; l'importation a été insignifiante.
Le pays avait besoin d'une grande quantité de graisses, plus de 100,000 q, dont plus de la moitié provenait d'Amérique, il fut réduit aussi, particulièrement pendant les six premiers mois de l'année, à importer une quan* tité notable d'autres vivres, des conserves par exemple.
Cette importation insolite de produits alimentaires, qu'expliquent les révolutions des années précédentes, la Hongrie l'a payée surtout avec ses vins, dont elle a exporté près d'un million de quintaux ; l'exportation totale des boissons dépassait- ce chiffre et pour la plus grande partie le commerce autrichien servit d'inter? médiaire.
La circulation des bois a été considérable, bien que l'importation fût loin de couvrir les besoins; elle partait principalement des territoires tombés sous la domina;: tion tchèque ; le pétrole était importé surtout de Rou# manie et de Pologne.
Les produits de l'industrie textile étaient autrefois en Hongrie le principal article d'importation ; en 1920 ils n'arrivèrent qu'en faibles quantités. A côté des envois autrichiens et tchèques il faut signaler ceux du com? merce italien, surtout les cotonnades.
L'importation du papier et en général de la papeterie a dépassé 300,000 q, dont les deux tiers venaient d'Autriche mais une assez grande quantité du pays tchèque, des territoires hongrois occupés par les Tchèques, d'Allemagne et même de Suède. Dans l'importation des cuirs, environ 36.000 q, le commerce autrichien figurait pour la plus grande part, mais il tant mentionner aussi les envois de l'Italie. Dans la verrerie (131.000 q) les produits tchèques, provenant partiellement des territoires hongrois, étaient en majorité, l'Autriche venait ensuite, avec une quantité presque égale ; dans la poterie (95.000 q) les rôles sont renversés et l'importation autrichienne passe avant l'importation tchèque. Tant pour la verrerie
que pour la poterie les envois allemands font aussi un chirtre notable.
En fer et articles de fer la circulation extérieure était plus vive ; l'importation était de 420.000 q où l'Autriche figurait pour plus de la moitié, un cinquième revenait à l'Allemagne et autant à l'État tchèque, mais plutôt aux territoires détachés de la Hongrie. L'exportation était de 110.000 q, dont la moitié concernait l'Italie, tandis que l'Autriche, l'État tchèque et d'autres É'cats se partagaient le reste.
L'importation des machines s'élevait à 180.000 q, représentée surtout par des locomotives et tenders ainsi que par des machines aratoires ; la plus grande partie venait d'Allemagne, la participation de l'Autriche était deux fois moindre; l'exportation se dirigeait principalement vers les territoires hongrois tombés sous la domination étrangère.
Le commerce extérieur de la Hongrie dépouillée et mutilée accuse donc après la guerre un besoin d'impor* tation même dans les matchandises dont auparavant elle fournissait elle=même d'autres pays, ainsi qu'une expor* tation commençante, mais jusqu'ici à peine notable, dans les articles dont naguère encore l'abondance débordait hors de ses frontières.
Pourtant on a plaisir à constater que les relations commerciales reprennent avec des États dont pendant longtemps la Hongrie a été coupée et avec lesquels autre^^ fois elle communiquait tout au moins par des inter* médiaires.
N'oublions pas que 1920 était la première année où la Hongrie a pu se remettre à travailler en paix. Par suite du démembrement elle ne peut, il est vrai, atteindre dans son commerce extérieur à l'activité d'autrefois, mais d'année en année s'accroîtra l'excédent de ses produits, au moyen duquel elle pourra aussi
acheter de plus en plus. L'Italie, l'Allemagne prennent déjà une part plus vive au mouvement commercial de la Hongrie ; d'autres États suivront leur exemple et, comme nous l'avons vu jusqu'ici pour les territoires tchèques surtout, le commerce des régions détachées de la Hongrie va se rattacher aussi au pays auquel il appartient par la force des facteurs géographiques et économiques.
Parmi les facteurs économiques de la Hongrie ce sont les moyens de communication qui se sont développés le plus rapidement dans les cinquante dernières années. Il s'est toujours trouvé une main prompte et hardie pour introduire au plus vite les nouveautés, plus vite et plus énergiquement que dans les autres branches de la vie économique. Non seulement la situation géographique favorable du pays, mais encore l'abondance de la produc* tion et l'esprit d'entreprise toujours croissant du peuple contribuaient à fortifier ces institutions.
En 1910 l'industrie des transports faisait déjà vivre plus d'un demi=:million d'hommes (586.227), dont 51,8"/o sur le territoire central, où se rejoignaient les principales voies de communication ; 20,4'Vo sont tombés sous la domination roumaine et 18,7"/o vivaient sur le territoire occupé par les Tchèques. Pour l'ensemble du pays la moyenne de la population vivant de cette industrie était de 3,2Vo; la proportion monte à 4,1" u dans la fiongrie mutilée mais n'atteint que 2,6'Vo dans les parties arrachées par le traité de paix.
De son réseau de communication la guerre a fait perdre à la Hongrie l'élément le plus considérable, le plus indépendant, le plus libre : la mer. Pour ne pas mentionner des lieux moins importants du littoral hongro? croate, les Hongrois ont à déplorer la perte d'un grand port de mer, de Fiume. Sans parler des autres sacri?
fices faits par l'État pour le développement de cette ville, contentonsmous de rappeler que depuis 1871 les dépenses de l'État pour le développement du port lui-même ont atteint la somme de 53,000.000 c. Depuis que la
1871- 1876- 1881- 1886- 1891- 1896- 1901- 1906- 1911- MojeDDc 1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1915
Pendant cet intervalle:
Jlojeiine
A) la population s'est élevée de 17.884 à 49.805 habitants.
B) le commerce du port s'est élevée de 1,7 millions de q à 15,1 millions de q.
Investition de l'État Hongrois pour la construction du port de Fiume
depuis 1871 jusqu' à 1915 en millions de Couronnes par moyennes
quinquennales.
Hongrie a perdu Fiume les Puissances disputent encore sur le sort de cette ville. Sous quelque domination qu'elle passe, elle perdra la source la plus substantielle de son trafic, qu'elle puisait jusqu'ici dans la produc== tion agricole et industrielle de la Hongrie; en effet
chacun des autres territoires productifs voisins a déjà sa route accoutumée vers la mer, dans une autre direction.
11 est encore trop tôt pour se demander où renaîtra la marine marchande hongroise en cas de raffermissement économique. Chaque pays cherche sa route vers la liberté du trafic, vers la mer et tôt ou tard la Hongrie mutilée trouvera aussi la sienne. Autant le territoire économique hongrois a intérêt à arriver à la mer par la voie la moins coûteuse, la plus courte et la plus amicale, autant les ports de mer, et non pas seulement celui4à, auront intérêt à s'assurer un territoire productif correspondant qui ali:= mente leur trafic.
Pour conclure ce thème, notons encore les quelques données statistiques suivantes: en 1914, c'est à dire l'année où éclata la guerre mondiale, la marine marchande hongroise disposait d'un parc de 549 vaisseaux, dont 412 voihers avec 1837 tonnes et 137 vapeurs avec 147.906 tonnes.
Les possibilités de la navigation intérieure se sont également réduites à un degré insignifiant. La Hongrie comptait auparavant 6011 km de voies navigables, dont 2521 km pouvaient être parcourus par des vapeurs. Maintenant que le Danube devient déjà un fleuve fron* tière à 70 km de Budapest, la longueur des voies navi* gables est réduite à 2128 km, dont les vapeurs peuvent parcourir 1063 km au plus.
De ses voies fluviales il n'est resté à la Hongrie que les tronçons suivants :
a) Voies navigables à la vapeur, librement, pendant la plus grande partie de l'année :