Le Maros jusqu'à Makô --. -
En outre, le Danube et la Drave figurent comme cours d'eau frontières navigables : le Danube (rive droite) a partir du point le plus oriental de la frontière tchéco?
Le Danube La Tisza La Drave La Save ■ Le Kôrôs
Invesiition de l'État Hongrois pour la régularisation des rivièrcs imporc tantes dans les années 1871 — 1915 en millions de Couronnes.
slovaque jusqu' à l'Ipoly, sur une longueur de 159 km; la Drave (rive gauche) de Podgajci à Barcs, sur une longueur de 78 km.
Peut-être convient^il de rappeler aussi qu'outre la canalisation du Danube et d'autres rivières qui arrosent des territoires tombés sous une domination étrangère (Save, Kulpa etc) la Hongrie a réglé le cours du Danube inférieur et percé le canal des Portes de Fer, ce qui coûta 45 millions de couronnes à l'État Hongrois.
Le canal François, bâti à grands frais et joignant le Danube à la Tisza, est maintenant soustrait complètement au pouvoir de la Hongrie.
Depuis quelques dizaines d'années un nouveau canal était projeté entre le Danube et le Tisza : commençant aux environs de Budapest, il mènerait plus facilement vers l'ouest les produits de la vallée de la Tisza ; non seulement le trafic serait ainsi mieux réglé mais la voie ferrée bénéficierait d'un allégement notable et même, en s'ajoutant au système d'irrigation de la Bas£e*Hongrie, un tel canal accroîtrait dans une proportion extraordinaire le rendement de la production agricole.
La construction de ce canal est maintenant un problème encore plus vital pour la vie économique de la Hongrie et si cette oeuvre importante tarde à être exécutée, c'est principalement faute de capitaux.
D'ailleurs il existe d'autres moyens de perfectionner la jonction entre les chemins de fer et les voies fluviales : poser des rails conduisant aux stations des bateaux, construire des docks communs et même activer le trafic sur les voies non navigables à la vapeur, grâce à une certaine méthode dans le transport et à une jonction directe avec les chemins de fer.
La statistique qui va suivre montre l'étendue du réseau ferré et des voies artificielles entièrement bâties.
On y voit que la longueur du réseau ferré hongrois était un peu inférieure à 20.000 km et le tronçon qui reste à la Hongrie dépasse à peine 8000 km, proportion un peu supérieure à celle de la population. A cause de la con:= figuration du terrain les régions occupées par les Tchèques et par les Roumains sont moins bien pourvues de voies ferrées, par rapport à leur population ; mais celle qui à passé sous la domination yougoslave et la bande de terre formée par la Hongrie occidentale sont à cet égard beaucoup plus favorisées que la Hongrie mutilée, dont le réseau de chemin de fer est trop faible par rapport à la densité de la population et surtout à l'importance des villes.
Territoire
Occupation tchèque —
en "/o
Occupation roumaine —
en "/'o — .. .-- — — Occupation yougoslave
en "/o --- — --- -- --
Occupation autrichienne
en ^'o --- --- — -- ---
en % -:
Occupations totales — -.
en "/o — — -. -- -- La Hongrie mutilée -.
en "/o ..- — — — — La Hongrie intégrale ..
chemins
de l'État
vicinaux
de l'État et vicinaux
Longueur en km
Il est difficile de trouver une formule comparative qui puisse montrer la situation, au point de vue des chemins de fer, dans la région centrale, relativement plus peuplée que les territoires détachés et où le trafic est plus grand. La longueur du réseau ne constitue pas un critérium suffisant ; les données statistiques sur le trafic ne peuvent en général être assez précises pour permettre de constater quelle part revient à la Hongrie mutilée et quelle part aux territoires perdus. Les rapports écono= miques étaient si étroits que le centre et la périphérie, s'entr'aidant mutuellement, se nourrissaient eux:^mêmes et que les longues files de trains rentrant à Budapest servaient à la fois les intérêts des deux parties.
L'étendue des pertes subies par la Hongrie ressort plutôt du fait suivant : les régions centrales, plus riches,
ont, de leurs propres capitaux, souvent au prix de très lourds sacrifices et dans des années où l'État hongrois avait à lutter contre de graves difficultés financières, construit les chemins de fer de montagne extrêmement dispendieux, au profit de régions à faible trafic, afin de les faire participer plus vivement à la vie éconos
Longueur dos voies
Locomolives
Waggons de voyageurs
Fourgons à bagage
Waggons de marchandises
Matériel
I I resté m perdu
Perte de la Hongrie en voies ferrées et en matérial roulant par suite du traité de Trianon (en "/o par rapport à l'ancien état de chose.)
mique nationale. Dans les plaines qui forment maintes^ nant la Hongrie mutilée la construction des lignes était moins coûteuse et le trafic plus considérable, mais leurs revenus étaient encore inférieurs aux sommes dépensées par l'État pour l'établissement de voies ferrées d'un moindre rapport et d'une construction très difficile et dont des États étrangers tirent maintement tout le profit, comme ils profitent aussi d'un outillage hongrois relatif; vement beaucoup plus nécessaire pour assurer la circu*
lation dans le territoire central que dans les parties détachées.
En novembre 1913 le parc des chemins de fer hons grois se composait de 4949 locomotives, 8718 wagons de voyageurs, 3537 wagons à bagages, 105.837 wagons de marchandises, tandis qu'en 1920 ils ne disposaient que de 1549 locomotives, 2284 wagons de voyageurs, 749 wagons à bagages et 18.010 wagons de marchans: dises, quantités de beaucoup insuffisantes pour assurer le trafic et même insignifiantes par rapport à la longueur du réseau.
Tandis que le pays a perdu 57,8-Vo de ses voies fer:: rées, on lui a enlevé 68,7'^/o de ses locomotives, 73,8% de ses wagons de voyageurs, 78,8% de ses wagons à bagages et 83"/o de ses wagons de marchandises, alors que par rapport à l'accroissement dans la densité de la population et dans l'intensité du trafic il eût fallu lui laisser une plus grande proportion de véhicules.
L'occupation roumaine, qui dura d'août 1919 à avril 1920, a été particulièrement funeste au parc des chemins de fer hongrois, en enlevant du pays la plus grande partie des véhicules utilisables. L'estimation des dommages ainsi causés — au mépris du traité de paix — a lieu à présent, avec le concours des commissions des Puis* sances de l'Entente ; mais les dommages apportés au trafic par cette paralysie partielle des chemins de fer sont incalculables.
En outre, le traité de Trianon a porté le coup le plus fatal à ce système de communication en adjugeant aux nouveaux Etats, par la façon dont il a fixé les frontières, les points de jonction importants pour le trafic, de telle sorte que des régions qui se complètent économiquement ne peuvent entrer en contact les unes avec les autres et que des moignons de voies ferrées restent ainsi, inachevés, du côté de ces frontières artificielles.
A moins que de très grandes facilités ne soient apport tées au passage des frontières, la Hongrie se verrait obligée de construire un chemin de fer de ceinture autour de son nouveau territoire, pour raccorder ces moignons de lignes et ligaturer en quelque sorte ses membres saignants.
Il est certain que de toute façon les points de jonction laissés à l'intérieur des frontières perdront beaucoup de leur importance, il est certain aussi que par la saignée faite par le traité de paix la vie économique souffre considérablement, celle de la Hongrie mutilée comme celle des Etats voisins, surtout dans les régions exclusivement magyares, les plus directement intéressées, mais c'est la chronique des temps à venir qui pourra tirer la leçon.
Le tableau suivant montre la proportion du réseau des chemins de fer et des routes par rapport au terri* toire et à la population :
Territoire
Longueur des vcies ferrées
Longueur
des routes
pour
pour
pour
pour
100 km
100 km
carrés
habitants
carrés
habitants
Occupation tchèque .
Occupation roumaine .
Occupation yougoslave
Fiume --^ --. — — --^
Occupation totale ^. ...
La Hongrie mutilée -
La Hongrie intégrale --
Dans les régions de plaines, propres à l'établissement des voies, le réseau des chemins de fer est à peu près également serré, aussi bien dans le territoire central que dans les parties tombées sous la domination yougoslave
et que dans la Hongrie occidentale ; il est plus rare dans les régions moins habitées et accessibles seulement par les vallées des rivières, par conséquent dans les territoires occupés par les Tchèques et par les Roumains.
La mutilation de ce réseau et la perte de nombreux points de jonction avec les voies navigables sont d'autant plus graves que — sans parler du manque de charbon, qui constitue maintenant un autre empêchement — étant clonnée la manière dont la vie économique est organisée en Hongrie, certains mois de l'année placent les services de locomotion devant une tâche très ardue et alors le moindre encombrement peut causer de graves dommages matériels : pendant lé reste de l'année, au contraire, les voies de communication ne sont pas complètement utilisées.
Aux transports de blé et de farine succèdent si rapi# dément ceux de maïs, de betterave sucrière, de pommes de terre, pendant ce temps survient si impérieusement la distribution du bois de chauffage et d'autre part le transport des matériaux nécessaires à l'empierrement des routes est tellement lié à certaines époques de l'année que même avec l'ancienne capacité de rendement des chemins de fer il survenait souvent des retards dans la circulation.
Les branches les plus ramifiées du réseau des voies de communication, les routes, sont perdues pour la Hongrie en plus grande proportion encore. Les chemins nationaux ou vicinaux entièrement bâtis représentaient une longueur de 43.629 km, dont 39,7^0 seulement restent sur le territoire de la Hongrie mutilée : 28,7"/o des routes nationales et 43,3Vo des chemins vicinaux.
Ce qui explique cette grande disproportion entre les deux types, c'est que l'Etat s'est chargé lui#même des routes les plus importantes et de la construction la plus difficile — on pourrait presque dire des routes les plus
LËs'fvOIES DE COMMUNICATION
coûteuses — en laissant aux autorités locales celle des plus faciles à bâtir et des moins importantes. D'ailleurs on classait aussi parmi les routes nationales celles pour l'en:! tretien desquelles les administrations locales ne disposaient pas de moyens matériels suflfisants. C'est ainsi qu'on peut expliquer ce fait que dans les périphéries le réseau routier est constitué pour la plus grande part, et toujours grâce aux sacrifices importants qu'ont faits les régions centrales,
Plaque commémorative du comte Szécfaenyi dans la gorge Kazan.
par des routes nationales très bien construites et qu'un soin tout particulier a été apporté aux sections de che;= mins permettant le passage dans les Etats voisins par des cols ou des défilés. Les régions centrales au contraire ont dû se contenter d'un réseau moins serré et constitué plutôt par des chemins vicinaux.
C'est là encore un exemple du soin apporté par l'Etat hongrois à favoriser les régions à population non magyare, au risque de négliger l'intérêt immédiat des régions magyares, mais pour sauvegarder des intérêts qu'il estimait nationaux.
2lÔ Les voies de communication!
Ayant perdu la plus grande partie de la pierre néces# saire à la construction des routes, il est impossible de songer pour le moment à remettre en bon état les autres embranchements du réseau routier dont nous n'avons pas même donné de statistique, les chemins communaux et ruraux. Or c'est par là que les produits de la plaine arrivent aux grandes lignes du trafic et les bêtes de trait, dont non seulement le nombre mais encore la force de travail a diminué, ont à lutter maintenant contre de plus grandes difficultés qu'auparavant pour le transport des denrées, bien que les besoins de la consommation soient plus urgents.
En organisant plus ou moins systématiquement le voiturage, en combinant les forces, peut?être en employant l'automobile, on pourra plus tard remédier aux maux causés au trafic par la mutilation du pays. C'est ainsi que dans quelques Etats étrangers il arrive que le trans? port par des charrettes, au moyen de bêtes de trait, peut se faire d'autant plus promptement et facilement sur certaines routes que par suite du caractère indirect des transports et de l'état primitif des chemins, d'autres véhicules ne peuvent pas y pénétrer. Dans certains Etats étrangers les voituriers font pour ainsi dire concurrence aux chemins de fer grâce à leurs camions automobiles. En Hongrie ce n'est pas à une telle concurrence qu'il faut songer mais à un concours harmonieux des divers modes de transport par une aide réciproque. Si l'on pouvait orga# niser méthodiquement le voiturage en y introduisant un certain horaire de manière à le rendre propre à relier entre elles différentes stations de voies ferrées parallèles ou à joindre les points éloignés des lignes rayonnant autour d'un même centre, les transports par chemin de fer en profiteraient aussi, car les marchandises leur arriveraient plus régulièrement et plus vite, les voitures seraient utilisées d'une façon plus lucrative et enfin les bêtes de
trait, déjà peu nombreuses et employées à beaucoup de besognes, pourraient être rendues à leur véritable desti;: nation : au transport sur les chemins de moindre impor* tance et aux travaux agricoles.
D'une manière générale, à partir de l'invasion dévas* tatrice des Roumains, qui représente à cet égard le point le plus bas, la circulation s'est relevée graduellement en Hongrie malgré les immenses obstacles que constituent le manque de charbon et le manque de fer. Au début, la distribution égale et prompte des denrées alimentaires avait souvent entravé les autres transports, cependant le progrès est continu, bien qu'on ait aussi à lutter avec le manque de véhicules très considérable.
La situation des industries du transport est dans le rapport le plus étroit avec le développement des autres facteurs de la vie économique. Dans tous sommeillent autant de forces vives qui rendront possible un véritable essor dès que la pression des charges économiques dont elles sont encore artificiellement entravées se sera relâchée quelque peu.
BANQLES ET CAPITAUX.
Après avoir examiné un à un les éléments de la vie économique que l'on a laissés à la Hongrie, nous devons encore nous occuper de la question de savoir quels capitaux seraient nécessaires pour les faire fructifier et quels sont les ravages que le démembrement de la Hongrie a causés dans l'organisme délicat de la circulation finan# cière. Notre réponse ne saurait porter que sur une partie du problème. Le capital hongrois ne put se former pen# dant les gaspillages funestes de longs siècles de guerre et dès lors il ne parvint pas à nourrir suffisamment notre vie économique. Des capitaux étrangers s'en mê:= laient, surtout les capitaux autrichiens, et l'on ne saurait démontrer précisément quelle est leur part dans les finances hongroises. Le rôle des capitaux privés dans les exploitations agricoles ne figure pas dans les chiffres de la statistique. Nous ne pouvons guère donner que quelques détails isolés sur la manière dont la terre hongroise s'est obérée d'hypothèques. Les capitaux sont organisés surtout dans les établissements de crédit, dans les banques, dans les caisses d'épargne et dans les co* opératives ; d'autre part les sociétés par actions, avec leurs exploitations commerciales ou industrielles, ont réuni des capitaux importants, en partie, il est vrai, avec l'assis:; tance des banques, mais la relation réciproque de ces deux facteurs nous reste inconnue. D'autre part, au cours des dix dernières années, dans les établissements de crédit ainsi que dans les sociétés de production, on vit se former des groupes de capitaux hostiles à l'Etat, j'en* tends certaines banques des nationalités non magyares.
dont les efforts tendaient à la dispersion des forces. Nous devons tenir compte de tous ces détails pour que le tableau que nous désirons présenter ici soit clair et fidèle, quoique incomplet et impossible à embrasser d'un coup d'ceil. Les chiffres suivants nous donnent quelques indications sur le nombre et la force en capitaux des établissements de crédit hongrois.
Territoire
Nombre
Capitaux hongrois
Capitaux
étrangers
en millions de couronnes |
Occupation tchèque —
en 'Vf— — — -- — Occupation roumaine- .
Occupation yougoslave
eu 'Vo__- — --- — — Occ. autrichienne -. --
en o/o
Fiume .- -- — --. --
en "/o-
Occupation totale— --.
en 'Vo__- .- — .- --- La Hongrie mutilée ---
en o/o
La Hongrie intégrale-
Dès lors 70'Vo des capitaux hongrois reviennent aux établissements de crédit du territoire central et ceux-ci ont attiré le plus fortement le capital étranger ; la con^s fiance de ce dernier leur a apporté plus de 10 milliards: 78,2*'/o des capitaux de tous les établissements de crédit hongrois. En dehors du territoire central, les banques sont fortes dans l'occupation roumaine, où l'on trouve non seulement les établissements de crédit des grandes villes magyares, Nagyvârad, Arad, Temesvâr, qui mettent en valeur les fruits du travail de la grande plaine magyare, mais encore les organisations financières de la Transyls;
vnnie, à Kolozsvâr et à Marosvâsârhely, villes également magyares, ainsi que les banques et les établissements de crédit du peuple saxon, très économe et chez qui l'or# ganisation du crédit est très développée. Enfin c'est ici que commence à pousser ses rejetons l'organisation financière roumaine.
Les deux groupes de l'organisation du crédit, les sociétés à nom collectif et les sociétés coopératives se distinguent si nettement qu'il nous semble utile de nous en occuper séparément. En Hongrie il y a si peu de différence entre la gestion des banques et celle des caisses d'épargne que nous pouvons les réunir ensemble en y ajoutant les données concernant les établissements de crédit foncier, d'ailleurs peu nombreux. Le tableau suivant nous montre le nombre et les capitaux des établissements ainsi groupés :
Territoire
Occupation tchèque .-.
en %
Occupation roumaine—
en "o.. ., . .. ...
Occupation yougoslave
en '^'/o... ... .- ... ...
Occ. autrichienne— --.
en ''/o... ... ... ...
Fiume ... ... ... ... ...
en ^!o ... ...
Occupation totale... ...
en "/o__. ... ... ...
La Hongrie mutilée ...
en o/o... ... ... .... __
La Hongrie intégrale.—
Banques et caisses d'épargne
nombre
capital propre
capital étranger
total
dépôts
lettres de gage
en millions de couronnes
La force d'attraction du territoire central ressort ici encore plus manifestement que nous n'avons vu dans le tableau représentant l'ensemble des établissements de crédit. C'est la grande proportion du trafic avec les lettres de gage qui distingue le plus la vie financière du territoire central de celle des régions détachées. La région de l'occupation yougoslave et l'étroite zone de la Hongrie occidentale présentent une vie de crédit de moindre importance, car ces pays se rattachaient organiquement au centre du pays ; la moitié des capitaux des établis^; sements de crédit dans les territoires de l'occupation tchèque se trouvent dans les villes magyares ; on relève encore sur le cours supérieur de la rivière Vâg une concentration de capitaux assez importante.
L'organisation du capital était encore plus forte dans le territoire de l'occupation roumaine : dans le capital propre des banques de ce territoire (390,2 millions) les Roumains de Mâramaros et de Beszterce ne sont représentés que pour 6,7 millions, la région roumaine située au nord du Maros pour 17,9 miUions ; dans la région située au sud de cette rivière le capital hongrois est déjà fort important; dans le pays des Saxons leurs capitaux ont la prépondérance; dans le reste du terris; toire ce sont uniquement les fondations magyares qui fournissaient le crédit nécessaire.
Dans le territoire central Budapest tient naturellement le rôle principal; sur les capitaux propres de la petite Hongrie (1,5 milliard) 1,1 milliard et sur les capitaux étrangers (9,5 milliard) 8 milliards ont été attirés par les banques de Budapest. Il est probable pourtant que dans ces derniers temps les capitaux des provinces se sont renforcés, car la province elle-même s'est développée et la confiance s'est accrue envers les établissements locaux.
Le tableau suivant donne quelques détails sur les
diverses branches actives des banques et des caisses d'épargne :
Territoire
l-'ortune des banques et caisses d'épargne
en millions de couronnes
en *'A)-.- --- --- — —
Occupation roumaine
en^Vo
Occupationyougoslave
en"/o... — —
Occ. autrichienne --.
en 0/0 —
Fiume -. — -
en"/o
Occupation totale... —
enO/i)„ — .--
La Hongrie mutilée ...
en'^'/o... -- --- ... — La Hongrie intégrale...
Au total des fonds de banque dépassant 14,4 milliards, le territoire central participait pour 11,2 milliards (77,6^'o); les traites en portefeuille représentent le plis bas chiffre à l'intérieur du pays ; par contre les prêts hypothécaires engagent la plupart des capitaux étrangers à l'intérieur du pays; l'autre extrême, la disparition presque totale des prêts hypothécaires, est représenté sur les territoires occupés par les Yougoslaves et dans la Hongrie occidentale et cela pour la raison que nous avons déjà mentionnée : en effet ces deux régions avaient des attaches singulière* ment fortes avec l'intérieur du pays.
Si nous mentionnons encore que dans les bilans les
profits sont les moindres à l'intérieur du pays, nous devons remarquer que les établissements de crédit du territoire central introduisaient dans les affaires un esprit plus large, en se contentant d'un profit moindre, en accordant de longues échéances et en absorbant des capitaux plus grands, tout en gardant une certaine liberté
Occ.
tchèque
Occ. Occ. Occ. La Hongrie
roumaine yougoslave autrichienne mutilée
^ Nombre H Capitaux ^ Nombre ^ Capitaux
des banques et instituts de crédit des coopératives de crédit
Répartition du nombre des instituts de crédit et de leurs capitaux (en "/o par rapport à l'ancien état de choses.)
d'action, ce qui se voit à l'intensité des affaires hypo* thécaires.
Sur un territoire uni au point de vue économique, c'est là un système juste et naturel : les petites banques de la périphérie sont les avant#gardes et les collecteurs des grandes organisations centrales. Les avant#gardes doivent conserver leur mobilité, chercher le profit dans les petites affaires rapides à traiter et remettre au centre le soin des affaires exigeant de forts capitaux et promet;:
21S 13 NQUES ET CAPITAUX
tant des fruits tardifs. Si cependant on interrompt la liaison dans l'organisme de la vie du crédit, chacune des parties subit de grands dommages.
Les grandes banques hongroises s'empressaient de chercher des ressources étrangères afin d'éprouver moins, à l'époque de la crise de l'argent et du change, les périls de la séparation et de la réduction de leur sphère d'activité. On pense néanmoins avec angoisse au sort des établissements se trouvant en dehors des frontières, qui, ayant perdu leurs anciennes relations, sont menacés d'une crise économique encore plus grave.
Les coopératives sont organisées, il est vrai, en un réseau qui couvre tout le pays; néanmoins elles sont plutôt au service des intérêts locaux, le capital étranger vient à peine à leur appui, de sorte qu'elles représentent réellement les forces financières locales et voisines. Le sort de celles-ci sera peut-être moins compromis du fait du démembrement, de même que le petit industriel et le petit commerçant éprouvent moins le relâchement des grandes relations anciennes. Néanmoins, même dans les sociétés coopératives de crédit, on peut constater que la vie économique de la population magyare habitant le bassin central est plus développée et que dès lors ses ressources financières sont plus considérables. Le tableau suivant montre la proportion avantageuse de la petite Hongrie dans le nombre des coopérativ s : 39,4*^/0 des sociétés coopératives de crédit restent sur le territoire hongrois, tandis que le nombre des communes n'atteint que la proportion de 27,5^/o.
En ce qui concerne le bilan des sociétés coopératives de crédit, la forte prépondérance du mouvement coopé? ratif dans le territoire central saute aux yeux dès l'abord. Comme le montre le tableau suivant, sur les 1051,7 millions constituant la fortune des coopératives, 687,9 millions de couronnes revenaient à l'étroit territoire
enclos par les nouvelles frontières, où la plupart de ces sociétés avaient leur direction générale et 363,8 millions seulement aux régions détachées du pays.
Territoire
Sociétés coopératives de crédit
nombre
capital propre
capital étranger
total
dont :
dépôts etc
en millions de couronnes
Occupation tchèque ...
en "/il — --- — —
Occupation roumaine...
en ^ 0 ... .__ ... ...
Occupation yougoslave
en "o __. ... ... ... ...
Occupation autrichienne
en o/o ... . ... ... ,.
Fiume — ... — — ...
en "/o ... ... ... ... __.
Occupation totale .. ...
en "/o ... ... ... ...
La Hongrie mutilée ...
en ^lo ... __, ... ... ...
La Hongrie intégrale ..
On sait que chez les Saxons établis au delà du Kirâly:= hâgô, le système coopératif, qui seul en Hongrie restait attaché au cadre modeste du type Raiffeisen, était bien organisé et bien développé, on connaît aussi la multi? plication rapide, en vue de buts nationalistes spéciaux, des coopératives roumaines pendant les dernières dizai* nés d'années, ainsi que le mouvement financier slovaque, concentré dans la vallée supérieure du Vâg, mais malgré tout, même sur les territoires détachés de la Hongrie, c'est dans les contrées magyares que les sociétés coopé* ratives de crédit étaient les plus grandes et les plus actives.
H.iNQUI-.S F.T CAPITAUX
Territoire
Occupation tchèque.- .--
en " 0 ... ... ... ... -.
Occupation yougoslave ...
en " i) -- . — . -- — ...
Occupation autrichienne
en ^'/u .-. — . ... — ' .- Fiume .— .. ... --. —
en 0 0 .. ... ... ... — .
Occupation totale — —
en '^' 0 ... ... -. -. ...
La Hongrie mutilée — — .
La Hongrie intégrale
total
Fortune des coopératives '
! Btnétices
valeurs II des
'^^"^'^ prêt
''I hvpo.
rt' Ithécaire teuiUe
en coopéra»
porte» tives feuille I
en millions de couronnes
Dans les régions adjugées à l'État tchèque, sur les 76 millions constituant la fortune des coopératives de crédit, plus de 36 millions reviennent à la partie purement magyare ; dans la région occupée par les Roumains, 90 millions sur 172 sont le fruit de l'épargne des paysans magyars ; sur le territoire conquis par les Yougoslaves, la somme des économies placées dans les coopératives, dans la région magyare, est d'environ 55 millions.
Les dépôts constituent pour les coopératives une branche assez peu importante. Sur les territoires détachés leur rôle est singulièrement plus grand que dans le centre du pays, où les autres instituts de crédit forment un véritable réseau et ont attiré à eux les capitaux disponibles.
Parmi les branches actives des coopératives — et ceci s'applique surtout aux parties septentrionale et orientale
BANQUES ET CAPITAU>^ 221
détachées du pays, ainsi qu'à la Hongrie mutilée — les effets en portefeuille représentent la plus importante, bien qu'en général leur somme: 157 millions au total, 80 millions à l'intérieur des frontières nouvelles, ne soit pas très considérable. Le rôle des prêts hypothécaires est moindre: 126 millions au total, 65 millions dans la Hongrie mutilée.
Dans l'ensemble, le portefeuille des valeurs est faible partout : 50 millions au total, mais la région magyare y est représentée en beaucoup plus grande proportion.
Sur le bénéfice annuel des coopératives (17,6 millions), 12 millions, soit 68,4*' o du bénéfice total, reviennent aux parties situées à l'intérieur des nouvelles frontières. Comme la Hongrie mutilée possède 65,4", o de la fortune totale des coopératives, on voit que le gain annuel n'y était guère plus grand que dans les autres parties du pays.
Pour compléter le tableau que nous venons d'esquisser de l'organisation du crédit, il importe que nous disions quelques mots des instituts financiers créés par les nationalités et qui n'ont déployé que dans les dernières dizaines d'années une activité assez vive pour attirer sur eux l'attention publique.
Parmi les 1789 banques et caisses d'épargne qu'il y avait à la fin de l'année 1915 sur le territoire de la Hongrie, 1468 étaient hongroises, 95 allemandes, 36 slovaques, 156 roumaines, 30 serbes, 3 italiennes et une tchèque. Sous le rapport de la richesse moyenne en capitaux, les instituts hongrois venaient considérablement en tête, avec un capital moyen de 1,4 million, puis venaient les italiens avec 1,2 million. Chez les instituts allemands la moyenne s'abaisse à 630 milliers de couronnes, chez les slovaques à 500, chez les roumains à 350, chez les serbes à 285. Mais la date de leur fondation montre bien la propagation de ces instituts financiers : avant 1900 s'étaient fondés 12 instituts
BANQUIS ET CAPITAUX
slovaques, mais 24 depuis 1900; parmi les instituts roumains 57 datent d'avant 1900 et 99 des années suivantes ; parmi les serbes, 6 ont été fondés à la fin du siècle dernier et 24 au commencement de celui-ci.
Parmi les coopératives de crédit, depuis 1890 les instituts des nationalités se sont déjà multipliés dans
Allemands
Mag3-ars
Roumains
Serbes
Slovaques
Autres
Capitaux des instituts de crédits en millions de Couronnes suivant les diverses nationalités.
une très grande mesure, mais même si nous prenons l'année 1900 comme ligne de démarcation, ainsi que précédemment, la marche du développement est encore assez instructive : parmi les coopératives slovaques, 14 datent bien de la fin du siècle dernier, tandis que 10 se sont formées depuis 1900, mais parmi les coopératives serbes nous n'en trouvons plus que cinq qui soient de
fondation plus ancienne, alors que 7 se sont établies depuis 1900 et quant aux roumaines, en regard de 17 sociétés anciennes nous en trouvons 84 nouvelles.
En raison des faibles capitaux dont ils disposaient, les instituts financiers et les coopératives des nationalités ne pouvaient avoir un rayon d'activité bien grand. L'observation pratique a montré qu'ils n'avaient pas été établis pour procurer des crédits aux populations dont la langue n'était pas le hongrois (les autres instituts fondés depuis longtemps et qui ne se préoccupaient pas des questions de nationalité y auraient d'ailleurs largement sufti), mais pour encourager certains éléments appartenant à la classe moyenne et dont ni la langue ni les aspirations n'étaient hongroises : ces instituts de crédit donnaient du pain à des directeurs de caisses d'épargne, des avocats, des rédacteurs de journaux, qui s'enrichissaient en faisant de la propagande contre l'État hongrois. La politique de presque tous les Etats européens dont la population n'est pas homogène au point de vue de la langue montre que nulle part on n'aurait toléré de pareilles manoeuvres aussi libéralement et silencieusement que dans la Hongrie, qu'on faisait passer pour un Etat oppresseur.
Les prêts hypothécaires représentant l'une des branches les plus importantes de l'organisation financière hongroise, il convient d'en considérer aussi la répartition selon les frontières nouvelles. A la fin de l'année 1915, le total des créances hypothécaires des établissements de crédit hongrois s'élevait à 3,6 milliards ; il s'y ajoutait la créance hypothécaire de la Banque Austro?Hongroise (237 millions), de sorte que les prêts consentis par ces institutions sur les immeubles de Hongrie atteignaient près de 4 milliards. Sur les créances des établissements de crédit 56,2% et sur celles de la Banque Austro* Hongroise 61,5*', o grèvent le territoire central; le vaste
territoire occupé par les Roumains est grevé d'un peu plus de 700 millions; dans les régions tombées sous la domination tchèque les prêts hypothécaires s élèvent à environ 460 millions, ils atteignent 414 millions sur le territoire occupé par les Yougoslaves et 75 millions dans la Hongrie occidentale. Les créances des instituts étrangers ainsi que des entreprises et des particuliers hongrois qui ne sont pas astreints à publier leurs comptes ne figurent naturellement pas dans cette statistique.
Les chiffres proportionnels suivants ne sont pas sans intérêt : ils indiquent la corrélation entre le siège des instituts de crédit hypothécaire et la situation géogra:: phique des immeubles grevés:
Prûts hypothécaires (
;n °,'o) consentis
par les 1
Répartition territoriale
établissements de crédit ayant
leur siège dans 1
des immeubles grevés
■ra ^