SIS
ag
c se
Cb.H
fi
Occupation roumaine
Occupation yougoslave
Territoires détachés
(total)
Hongrie mutilée — —
Ainsi donc le groupe des nombreuses institutions de crédit du territoire central donne 57,2^/o des prêts hypo# thécaires en territoire occupé, tandis que 7,1" o seulement des hypothèques grevant le territoire central reviennent aux institutions de crédit des régions détachées. Dans la partie occupée par les Tchèques 50,9"/() des prêts hypothécaires ont été consentis par les établissements
Es ET CAt>ITAU)i
du territoire central; dans l'occupation roumaine cette proportion s'abaisse jusqu'à 48,4^'o et les prêts des instituts financiers situés également sur le territoire en question s'élèvent à une faible majorité relative. Cette forte proportion est imputable aux opérations hypothé^:
Dans le demi- cercle supérieur : excédent de créances, dans le demi-cercle inférieur : excédent de dettes en territoire
migjar
telièqnc
yonpslavc flli anli-iniiipnne
Répartition des emprunts hypothécaires en millions de Couronnes entre les diverses parties de l'ancienne Hongrie.
caires des Saxons et des villes magyares occupées. Le fait que sur le territoire de l'occupation yougoslave, après le crédit hypothécaire accordé par la région centrale ne viennent pas immédiatement les instituts locaux mais — quoique bien après, — les instituts situés en territoire
226 Banques bt capitaux
d'occupation roumaine, doit être attribué de nouveau au rôle d'une ville magyare, Temesvâr, occupée elle* même par les Roumains.
A l'intérieur des étroites frontières de la Hongrie actuelle il arrive naturellement aussi que les charges hypothécaires viennent de territoires occupés, la plupart du temps de grandes villes détachées à l'improviste par la nouvelle fixation des frontières, mais souvent aussi de régions assez éloignées, ce qui prouve combien la circulation économique était vive à l'intérieur du pays entier. Il est très significatif par exemple que les ims meubles situés dans le comitat de Pest, pour lesquels assez de capitaux se seraient trouvés dans le voisinage immédiat, soient grevés de 2,2 millions d'hypothèques revenant au territoire occupé par les Tchèques et de 5,1 millions revenant à l'occupation roumaine. Le sol du comitat de Somogy a trouvé du crédit non seule* ment chez les établissements situés sur le territoire cen* tral, mais encore chez ceux de la région occupée par lés Roumains et de la Hongrie occidentale ; les instituts financiers tombés depuis sous l'occupation roumaine lui avaient même consenti des prêts hypothécaires s'élevant à plus d'un million.
En fin de compte cependant, la somme due par le territoire central aux régions occupées n'est pas consi? dérable ; les établissements de crédit tombés sous la domination tchèque lui ont prêté 17 millions, le terri* toire occupé par les Roumains 56,5 millions, les insti* tuts financiers des villes occupées par les Yougoslaves 36 millions, enfin la créance hypothécaire de la Hongrie occidentale s'élève à 35 millions.
D'après les données statistiques énumérées ici, les régions de la périphérie sont par conséquent dans une dépendance plus forte vis^àsvis du territoire central, mais ce dernier est parcouru à son tour par le fin réseau de
Banques et capitaux
la circulation économique, dont le point de départ est situé dans les extrémités.
C'est aussi l'impression que nous gagnerons si nous nous mettons à examiner les autres facteurs de l'orga;: nisation financière, les sociétés industrielles ou commer;: ciales par actions, ainsi que les autres types de coopéra* tives dont nous n'avons pas encore parlé.
La statistique suivante indique les capitaux des sociétés industrielles par actions, ainsi que leur origine.
Territoire
Actions
(capital
versé),
obligations,
en millions
de couronnes
Sur ces actions et obligations, selon leur valeur, sont placés (en millions de couronnes) en
Hongrie
Autriche
Allemagne
Occupation tchèque ...
en o/o ...
en "/o ... ... ...
Occupation yougoslave
en 0/0
Hongrie occidentale ...
en o/o ... ... .- ...
Fiume ... ... ... ...
en o/o
Territoires détachés
(total)
en o/o ... .- ...
La Hongrie mutilée —
en o/o
La Hongrie intégrale
Sur le capital versé, dépassant quelque peu un milliard, 78,2"/o reviennent donc aux sociétés formées à l'intérieur des frontières nouvelles et les régions industrielles du nord ne figurent elles-mêmes que pour 9,5°/o. Ici nous avons déjà des données statistiques sur la
BANQUKS ET CAPITAUX
participation du capital étranger ; sur la valeur des actions et des obligations, 189 millions étaient placés en Autriche, 24 millions en Allemagne et environ 67 millions dans d'autres États, surtout occidentaux.
Parmi les sociétés industrielles par actions restées sur le territoire de la Hongrie mutilée, c'est dans celles de Budapest que l'étranger est le plus intéressé : sur les 688 millions de capital, 124 sont d'origine autrichienne et 16 d'origine allemande.
Dans le bilan des sociétés par actions ce sont surtout les immeubles qui nous intéressent, bien que le siège des sociétés et les usines elles*mêmes puissent être situés en des lieux très éloignés les uns des autres. Les données principales de ce bilan sont contenues dans le tableau suivant :
Territoire
Total
Fortune des sociétés
*i cj: ■-> n! j;
en millions de couronnes
Occupation tchèque
en 0/0 ... -. ... ...
Occupation roumaine
en ^/o ... ...
Occupation yougoslave
Occ. autrichienne ...
en 0/0 ... ... ... ...
Fiume ... ... .. ... ..
en °/o ... ... ... __.
Occupation totale ...
en 0/0 -- -- -- ---
La Hongrie mutilée ...
en Vo ...
La Hongrie intégrale
Dans la somme totale de 3,3 milliards représentant la fortune des sociétés industrielles par actions, le territoire central figure donc pour une proportion plus forte que dans le fonds social ; sa part est également plus grande dans la valeur des terrains et des bâtiments, plus faible par contre dans celle des stocks de matières premières et de marchandises. Parmi les entreprises réalisant des bénéfices il figure pour un gain plus faible, mais pour une perte plus forte parmi celles qui travail:; lent à perte. Il semble que dans la vie économique plus développée du territoire central, de même que pour les établissements de crédit, une certaine supériorité se ren* contre chez les sociétés industrielles, en ce sens qu'elles sont moins âpres au gain. Quant au plus grand nombre d'entreprises dont le bilan se chiffre par un passif, il est facile à expliquer : dans une concurrence économique plus vive, plus fréquente est l'élimination des faibles, mais plus fréquent aussi le cas d'une entreprise inves? tissant de grands capitaux dans l'espoir de profits tar* dits mais considérables.
Sur le territoire occupé par les Tchèques, les usines de la vallée supérieure du Vâg frappent non seulement par l'étendue relative de leur fortune, mais encore par la valeur de leurs installations, par leurs grands stocks de matières premières et aussi par leurs bénéfices qui sont assez importants ; les établissements situés dans la région magyare présentent un bilan plus modeste, proportion^; nellement au capital versé. Sur le territoire occupé par les Roumains, les sociétés de la région magyare accusent également de moindres bénéfices et ici la valeur des immeubles et des terrains bâtis est aussi relativement assez faible, tandis que s'élève davantage celle des stocks de matières premières et dé marchandises.
Par suite de la mutilation de la fiongrie, de grands changements se sont indubitablement produits dans lç§
forces relatives des sociétés industrielles, car il a fallu naturaliser les usines situées en territoire perdu mais appartenant à des sociétés dont le siège est dans le territoire central. C'est là une espèce de mutilation forcée dont souffrent également et l'institut central et l'établis»; sèment demeuré sans appui. On dirait que le fantôme de la guerre revient encore, pour démolir tout ce qui est resté intact, solide et homogène: qu'il y ait le plus de ruines possible, afin que la génération future ait aussi de quoi déblayer 1
Parmi les types de coopératives qui ne s'occupent pas seulement de procurer du crédit mais qui mettent leur organisation financière au service de la pro^» duction, des achats et de la mise en valeur des pro* duits, il faut citer en première ligne les coopératives de consommation, dont le réseau était le plus serré et dont une grande partie, réunies dans la centrale de la Hangya, avaient un chiffre d'affaires de plus en plus considérable.
En 1915, le nombre des coopératives de consommation était de 1803, dont 721 en territoire central et 555 dans les régions occupées par les Tchèques; dans les parties tombées sous la domination roumaine le mouvement était moins considérable : il n'y avait que 457 coopéra»^ tives; il était encore plus primitif dans les régions de l'occupation yougoslave, où fonctionnaient 27 coopéras: tives; dans la Hongrie occidentale nos statistiques en accusent 43. Il est intéressant d'examiner combien de branches d'affaires étaient représentées et quelle somme a été atteiten par la vente. Les chiffres que nous avons à ce sujet montrent bien que les coopératives étaient les plus populaires et en même temps les plus puissantes sur le territoire de la Hongrie mutilée ; ils sont con:= tenus dans le tableau suivant, classés d'après les nouvelles frontières ;
Territoire
Nombre des branches d'affaires
Marchandises ven»
dues, en milliers de
couronnes
Occupation tchèque ... -- Occupation roumaine... — Occupation yougoslave — Occupation autrichienne —
La Hongrie mutilée
La Hongrie intégrale ... —
Les données statistiques sur la quantité de lait fournie et le prix des produits vendus sont les suivantes :
Quantité de lait
Vente des produits.
Territoire
fournie, en hecto»
en milliers de
litres
couronnes
Occupation tchèque
Occupation roumaine -. ...
Occupation yougoslave .__
Occupation autrichienne -..
La Hongrie mutilée — . ..-
La Hongrie intégrale ... ...
En 1915 le nombre des autres coopératives était de 1008 au total, avec 202.036 branches d'affaires et un capital de 12,4 millions. Parmi ces coopératives 793 étaient agricoles, 163 industrielles, 14 commerciales et 38 avaient un autre caractère. Sous le rapport du capital et du nombre des membres, chacun des types s'était le mieux développé jusqu'ici dans le bassin central de la Hongrie, mais au point de vue numérique les coopéra* tives spécialement agricples formaient un réseau plus
épais sur le territoire des occupations tchèque et loumaine.
Ces formes différenciées du mouvement coopératif pourront d'ailleurs tout au plus jouer un rôle important dans l'organisation financière de l'avenir, quand l'idée de la division du travail et de l'union des forces aura fait plus de chemin parmi les petits producteurs.
Depuis le démembrement de la Hongrie, le mouve;: ment coopératif continue pourtant à se développer. Du 1" août 1919 à la fin de l'année 1920, la Coopérative Centrale de Crédit a réuni dans son sein 109 coopératives nouvelles sur le territoire de la Hongrie mutilée ; la Coopérative Centrale des Industriels Hongrois — qui, en tant qu'organisation centrale réunissant des sociétés différentes, est elle-même une formation nouvelle — a créé 26 coopératives ; le nombre des coopé? ratives de consommation appartenant à la Hangya s'est accru de 820. On ne peut que se réjouir de ce dévelop? pement, car l'union des forces modestes a toujours pour conséquence une augmentation de l'intensité du travail.
Un mouvement plus récent et plus considérable encore de l'organisation financière est celui qui, depuis la date mentionnée plus haut, s'est manifesté dans la multiplia cation des établissements de crédit et des sociétés indus? trielles ou commerciales par actions, ainsi que dans l'augmentation de leur capital. Les nouvelles sociétés se sont formées rapidement, non seulement à Budapest mais encore dans les centres provinciaux.
On peut estimer à 267 le nombre des sociétés par actions fondées dans le courant de 1919, à 370 celui des sociétés fondées en 1920.
Parmi les sociétés, tant anciennes que nouvelles, il y en a 415 dont nous pouvons indiquer de combien elles ont élevé leur capital. Voici quelles sont nos données;
Sociétés par actions
Ancien capital
Nouveau capital
en milliers de couronnes
Sociétés agricoles par actions
Sociétés industrielles »
Sociétés commerciales »
Sociétés de transports publics par
actions.-- — — — --- — — — Sociétés de caractère divers par
actions.— -- - — —
Sociétés de crédit par actions
Ensemble des sociétés par actions ayant augmenté leur capital --
Nous connaissons en outre 206 sociétés par actions qui, d'après le communiqué publié au journal officiel, ont aussi élevé leur capital, mais sans que l'ancien capital ou le montant de l'augmentation aient été indiqués.
Il est évident que le désir de rétablir la situation économique incite à ces nouvelles fondations et d'autre part l'augmentation des frais généraux contraint les anciennes firmes à élever aussi leur capital.
A ces deux espèces d'opérations financières le capital étranger — anglais et allemand surtout, français et italien en plus faible mesure — participe quelque peu.
A l'époque où la disparité du change était la plus grave, la capital étranger a pu acheter les valeurs hongroises avec un bénéfice immense et à très peu de frais ; dans la situation désespérée où elle se trouvait alors, la Hongrie ne pouvait vraiment qu'accueillir avec joie cette intervenu tion. A cette époque, le pays étant privé de tout, la livraison de marchandises, qui promettait momentanément des bénéfices extraordinaires mais avait besoin d'être financée, venait en première ligne,
Depuis, la situation a cessé d'être aussi désespérée. Les capitaux nécessaires à la Hongrie — abstraction faite des crédits exigés par l'État, que nous mentionnerons plus loin — sont appelés à servir non plus seulement à l'achat de marchandises, mais encore à la production. L'essordel'industrie hongroise, mais surtout de l'agriculture, offre les perspectives les plus encourageantes, mais il
Capitaux des entreprises industrielles en millions de Couronnes.
exige plus de capitaux que la vie économique hongroise n'en peut mettre à sa disposition, car la guerre et les époques difficiles qui ont suivi celle-ci ont épuisé depuis longtemps toutes les réserves.
La disparité du change est malheureusement si grande, encore à présent, qu'une somme investie en valeurs hongroises peut assurer à un faible capital étranger des intérêts élevés et durables, même s'il choisit la foripç ^'ipvestition' la plus sûre : la production,
D'une manière générale, après l'ouragan qui a dévasté l'Europe d'un bout à Tautre, la vie économique se rétablit le mieux là où les investitions commencent le plus tôt.
Sans doute le grain lève sur le roc autrement que dans un sol fertile, mais les capitaux entassés dans les pays occidentaux et chez les neutres reconnaîtront, en dépit des clauses impitoyables du traité de paix, quel pays semble être le rocher et quel pays le sol fertile, propre à une investition.
Le budget de l'État hongrois présentait avant la guerre des proportions modestes mais il reposait sur un fon* dément d'une solidité suffisante. La guerre accrut rapi;: dément les charges et lorsque le grand eftort du pays eut abouti au désastre, la petite Hongrie mutilée dut prendre à sa charge les dettes du passé et les dépenses formidables du présent et peutî^être on n'a pas encore rejeté entièrement l'idée de faire payer par le tronc du pays disséqué les irais de son propre enterrement, sous prétexte de réparations.
En effet, l'espoir que les stipulations financières du traité de Trianon sont tellement exagérées et atroces qu'elles ne pourront jamais être exécutées n'est pas sans fondement ; et cependant c'est une bien triste consola* tion pour un pays que de se voir tellement appauvri qu'on ne peut plus rien lui prendre.
Il est impossible d'établir par des chiffres ce que l'État hongrois perd de ses revenus du fait du démem* brement et combien on eiit pu reporter de charges sur les conquérants voisins. La comptabilité de l'État ne se souciait guère auparavant de la répartition géographique des finances et d'ailleurs personne n'aurait pu soupçonner le tracé tortueux et fantaisiste des nouvelles frontières. D'autre part les fluctuations de valeur de l'unité monétaire rendraient impossible toute comparaison des sommes investies ou. dépensées dans les différentes années.
Rappelons néanmoins quelques détails pour compléter par la nuance sombre des finances de l'État le tableau que nous avons dessiné dç la situation,
Comme le travail économique et l'esprit d'entreprise des Magyars tenaient toujours la première place dans ce pays, ils prenaient une part beaucoup plus considé* rable aux charges fiscales que les autres races du pays à l'exception de l'allemande. La statistique d'une année de paix (1904) présente les indications suivantes con* cernant la contribution directe des hommes âgés de plus de 24 ans.
Langue maternelle
Contribution en couronnes
Contribution directe en °lo
Magyare.-- -— -- — — .
Allemande ... -- — --- .
Slovaque ... — .
Roumaine --. ... .- --. .
Ruthène .. ... ... .
Croate ... — — .... — .
Serbe.- ... ... ... .. .
Autre .
Totale
Il serait faux de conclure de cette statistique que les ressources fiscales de la Hongrie mutilée soient grandes relativement aux régions détachées. Il est vrai que les plus grandes entreprises sont concentrées à Budapest, que les impôts payés par celles^^ci ont puissamment con= tribué à l'entretien du budget, mais la richesse amène la pauvreté et la majeure partie des pauvres journaliers des villes, des banlieues et des villages restent eux aussi dans la région centrale.
Les États voisins ont découpé leurs frontières nouvelles avec une habileté extrême qui fait voir qu'ils songeaient à annexer non seulement des peuples magyars mais encore des fortunes et des ressources considérables de cette race ; ainsi, par exemple, dans la population de la
Transylvanie les Magyars forment 34,3"/o, les Allemands 8,7", 0 et les Roumains 55" o; par contre, en matière de contributions directes, les Magyars étaient représentés par 41,2"/o, les Allemands par 17,4'Vo et les Roumains par
Magyars
Allemands
Slovaques
Roumains
Ruthènes
Croates et Serbes
PropoHioB des divefses nalioaalilés:
dans la popnlatlou (olalo
par rappuH à la parlidpalion dans Ifs tharjes ^seales.
Proportion des charges fiscales suivant les nationalités.
40,8''/o (en considérant les hommes âgés de plus de 24 ans). Si l'on y ajoute les impôts payés par les entre* prises magyares et allemandes, la participation de la population roumaine aux charges fiscales se révèle encore moins importante et l'on peut affirmer que les Roumains, qui représentent plus de la moitié de la population de
LES Finances
la Transylvanie et qui bénéficient probablement de la moitié des dépenses de l'État, ne contribuent à celles*ci que pour un tiers. Le tableau changerait peu si nous prenions comme exemple le territoire de l'occupation tchèque.
Nous allons essayer en ce qui suit de donner une évaluation approximative des contributions directes, indirectes et de l'impôt sur le revenu selon les diverses régions de la Hongrie disséquée. Les données ne con* cordent pas parfaitement, car elles se rapportent à dis; verses années. Néanmoins le rendement des contribution^ indirectes et de l'impôt sur le revenu, ces deux formes les plus élastiques des impositions, provient dans notre tableau d'années assez rapprochées ; pour la contribution directe l'écart possible est moins grand si l'on se rap^s porte aux années anciennes, car il n'y a pas eu d'évos: lution dans cette catégorie :
Territoire
Contribua tiens directes
Contribue
tiens indirectes
Impôt sur
le
revenu
en mille couronnes
Occupation tchèque ....
en *^/o.. ... .- - ,..
Occupation roumaine ...
en "/o.. .- ... .. ...
Occupation yougoslave ...
en "/o.. ... ... ...
Occupation autrichienne...
en "/o-. ... .-
Occupation totale.. . ... ...
en "/o... .. .
La Hongrie mutilée ...
en "/o... ... ... .. ... ...
La Hongrie intégrale
LES FINANCÉS
Chaque catégorie d'impôts montre la supériorité de la région centrale dans la participation aux charges de l'État. Et cependant cette région est loin de pouvoir supporter sa charge, qui provient surtout de contributions indirectes frappant avant tout les humbles et surtout ceux qui sont obligés de se fournir dans les villes. L'on sait que la proportion de ceux-ci est relativement très grande dans le territoire central. L'imposition de cette région se ré* vêle encore plus forte si l'on rapporte les totaux des diverses catégories au nombre de la population. Dans
La Hongrie mutilée Occupation tchèque Occupation roumaine Occ. yougoslave Occ. autrichienne
Imposition fiscale par tête (coniribution directe, contribution indirecte,
impôt sur le revenu) en Couronnes dans les diverses régions de la
Hongrie^démembrée.
la Hongrie intégrale la charge moyenne du contribuable était de 26,90 couronnes, tandis que dans la Hongrie mutilée elle monte à 34,13 c, toutes les autres régions restent au dessous de ce chifïre ; même la riche popu# lation de la Hongrie occidentale ne paie que 32,32 c ; sur le territoire de l'occupation tchèque le chifïre e«t de 25,83 c et ce chifïre comprend toutes les contri* butions de la population urbaine et des grandes entre;: prises industrielles ; sur le domaine de l'occupation yougo^: slave la charge n'atteint que 23,09 c malgré la richesse du sol ; enfin, dans la région orientale du pays, elle descend jusqu'à 17,54 c.
Donnons encore quelques indications sur les créances et les dettes hongroises dans les Etats étrangers, excepté l'Autriche. Ces données ont été recueillies un peu avant la fin de la guerre, en 1918; elles présentent des lacunes considérables, surtout parce qu'elles ne contiennent pas le bilan de l'Autriche qui pourtant était rattachée par de nombreux liens à la vie économique hongroise. Il est probable qu'à l'heure actuelle une partie de ces créances et de ces dettes est déjà liquidée par suite de l'augmen? tation des capitaux*fonds des établissements financiers hongrois à l'aide du capital étranger et par d'autres genres d'escompte. Toutefois nous devons énumérer ici les sommes principales qui constituent la charge de l'éco? nomie hongroise pesant le plus sur le pays, au moment où il cherche des crédits au lieu de liquider les ans ciennes relations. Le total des charges de la Hongrie est de 2.101,400.000 c et ses créances n'atteignent que 620,300.000 c. Les plus grands postes du passif sont les obligations nationales placées à l'étranger, pour une valeur de 690,800.000 c, — les dettes particulières, pour 642,000.000 c et les titres pour 478,800.000 c. Dans l'actif plus de la moitié (365,400.000 c), revient aux créances particulières, puis viennent les titres (72,600.000 c), les effets mobiliers (69,000.000 c) les créances en marchant dises (57,000.000 c).
Les détails suivants donnent la caractéristique de la situation financière de l'État hongrois mutilé, d'après l'évaluation des recettes et des dépenses des années 1921—22.
Les dettes du pays peuvent être estimées à 61,9 milliards de couronnes, 1,5 milliard de marks, 15,8 millions de florins hollandais, 2 millions de dollars et 0,2 million de £, dont 8,3 milliards de C datent de l'époque d'avant*guerre; une partie dé cette dette: 30,8 milliards de couronnes, 1,5 milliard de marks et 15,8 millions de florins hollandais s'est
242 l-KS FINANCES
formée au cours de la guerre et le passif a augmenté de 22,8 milliards de couronnes, de 2 millions de dollars et de 0,2 millions de £ depuis la fin de la guerre jusqu'à la fin du mois de décembre 1920. Cette dernière somme grève uniquement la Hongrie mutilée. Aux charges d'avantïguerre les nouveaux États voisins doivent prendre une part proportionnelle, mais jusqu'à l'heure actuelle on n'a pas fixé encore une clef juste et ration* nelle de cette participation.
Les emprunts contractés depuis la guerre sont placés presque exclusivement en Hongrie, ou bien ils ont été consentis par la Banque Austro=Hongroise. Il faut men= tionner enfin les emprunts placés à l'étranger, infimes pendant la guerre et plus considérables en temps de paix, et dont le total est estimé à 6—7 milliards.
Selon le rapport de l'institut financier fondé par l'État Hongrois pour l'émission des banlcmotes la circu* lation fiduciaire était le 15 janvier 1922 de 25,4 milliards de couronnes. Le pays mutilé a dressé sa première évaluation des recettes et des dépenses pour l'exercice 1920-21 et le budget de 1921—22 puise dans l'expérience de cette année et escompte les efiets de plusieurs réformes financières pour donner un tableau plus clair des finances de l'État mutilé. En effet, c'est un travail de Sisyphe que la tentative d'équilibrer les finances d'un État qui a passé par tant df crises graves, qui garde 32^, o de son ancien territoire, 41 Vu de sa population et qui malgré les plus grandes économies est incapable de réduire les dépenses au dessous de 60"/ o; c'est une triste consolation que de voir les États environnants, malgré leur agrandissement, lutter avec de graves déficits: l'État hongrois ne veut pas s'enliser dans l'impuissance financière, mais il cherche une sortie qui le conduise à la vie, à la prospérité. C'est pourquoi il ne veut pas peindre son avenir en rose, mais il désire
montrer sincèrement quelles lourdes charges il prévoit pour l'exercice 1921 — 22 et pour les années suivantes, tant que les efforts d'aujourd'hui et de demain ne per? mettront pas d'entrevoir un avenir meilleur.
Le budget de l'État hongrois met à part les frais de liquidation de la guerre, dont le montant est estimé pour l'année 1922 à 2,3 milliards ; il met à part les entreprises de l'État, qui représentent 8,6 milliards de dépenses contre 6,2 milliards de recette ; (dans la rubrique des dépenses le déficit de la gestion est réduit à 855 millions et les investitions à 1,7 milliard); enfin il expose l'évaluation des dépenses et des recettes ordi* naires, qui donnerait un actif de 1 milliard si les frais transitoires de 6 milliards ne venaient pas changer défavorablement le bilan.
L'amélioration apparente du compte de la gestion s'explique par ce fait que les résultats de la nouvelle loi d'imposition (4,4 milliards par an) figurent déjà dans l'exercice. Néanmoins, on est loin d'avoir trouvé un remède à la situation extrêmement critique dont découlent des dépenses extraordinaires, car les ressources imposables du contribuable sont exploitées jusqu'à leur dernière limite.
En fin de compte, sans compter les 2 milliards d'inves* titions qu'il faudra couvrir par des emprunts spéciaux, l'exercice se clôt par un déficit de 4,5 milliards ; cepen? dant dans cette somme nous avons compris les deux milliards nécessaires à l'alimentation par l'État d'une certaine catégorie d'habitants et qu'on peut considérer comme une somme faisant partie des frais de la liquidation de la guerre. Nous n'avons pas fait entrer en ligne de compte la fluctuation valutaire qui empire partout les chances des prévisions budgétaires et qui a ruiné la couronne hongroise en même temps que la monnaie des autres Etats belligérants.
Les nouveaux impôts, comme nous l'avons dit, sont appelés à corriger le bilan de la gestion ordinaire ; il faut mettre à part les diverses catégories d'impôts sur la tortune, destinés à réduire les lourdes dettes de l'Etat; une partie de ceux#ci ont été prélevés pour le secours aux mutilés, c'est-à-dire pour la couverture des frais de guerre et d'autre part pour l'amortissement des dettes envers la France et l'Angleterre.
Comment cette évaluation des recettes et des dépenses vaït*elle se réaliser et comment la Hongrie mutilée pourra^tselle surmonter les charges écrasantes qui pèsent sur elle ?
La solution ne dépend pas uniquement des efforts, du pays ; elle dépend aussi de la manière dont les pays étrangers de bonne foi estimeront les efforts et l'esprit de sacrifice extraordinaires de la Hongrie et de la manière dont ils exprimeront cette estime dans la cote de la couronne hongroise qui actuellement est de beaucoup inférieur à sa puissance d'achat.
La catastrophe du monde financier frappe le plus les petits États et ainsi la Hongrie ; mais si les sacrifices restent sans porter leurs fruits, la catastrophe ne se réduira pas à la Hongrie mais elle atteindra la vie économique mondiale.
Les efforts financiers de la Hongrie mutilée tendent à forcer par leur sincérité et leur droiture l'estime du marché mondial ; si ces efforts restent stériles, la capacité de la Hongrie de satisfaire à ses obligations sera fort diminuée et retardée et elle sera mise au rang des Etats dont on connaît un exemple classique assez rapproché et qu'il faut entretenir artificiellement de peur qu'ils ne s'écroulent.
ÉGLISES ET ÉCOLES
Les nouvelles frontières traversent de part en part les vieilles divisions ecclésiastiques hongroises, existant depuis la Réforme. L'Église catholique romaine perd entièrement quatre diocèses et seulement trois restent intacts. Six diocèses gardent plus de la moitié de leurs paroisses, le plus ancien, celui d'Esztergom ne conserve que de petits fragments ; il y a même cinq diocèses où avec la majorité des paroisses on a détaché le siège de l'évêché.
Plus de la moitié des paroisses vont être perdues, à peine si 1419 sur 3310 restent en deçà des frontières.
La perte de l'Église calviniste est plus petite en appa:: rence, car les partisans de cette confession vivent plutôt au centre du pays et ne sont pas dispersés comme les catholiques. Une conscription, celle de Transylvanie, qui était la plus grande et la plus riche en souvenirs historiques, est perdue dans sa totalité ; deux autres ont subi de grosses pertes, mais gardent plus de la moitié de leurs communautés ; deux autres sont moins entamées. La perte de l'Église calviniste est évaluée à 1078 com* munautés, 1008 restent dans la Hongrie mutilée.
Les Luthériens sont établis plutôt le long des frontis ères et dans les montagnes, c'est pourquoi la perte est ici plus manifeste. La conscription de Transylvanie, qui était la plus grande, a été détachée avec toutes ses com* munautés. La Hongrie garde une petite partie de deux autres conscriptions, tandis que deux conscriptions n'ont
ÉGLISES ET ÉCOLES
subi que des pertes légères ; néanmoins plus des deux tiers des communautés: 627 sur 913, sont tombées sous la domination étrangère.
La petite Église unitaire, dispersée dans les mon* tagnes de Transylvanie avec ses 111 communautés, rétablira
Basilique St.sËtienns à Budapest.
difficilement le contact avec les 4 communautés qui restent isolées dans la région centrale.
Des organismes des deux Eglises grecques il reste à peine quelque chose à l'intérieur des nouvelles frontières. Le siège de l'évêché catholiquesgrec de Hajdus dorog avec 83 paroisses est à l'avenir aussi soumis aux autorités hongroises; cependant 80 paroisses 'res*
ÉGLISES ET ÉCOLES 247
tent au delà des frontières. De trois autres évêchés à peine 24 paroisses restent dans le pays intérieur, tandis que 3 autres diocèses en sont détachés dans leur totalité.
Dans l'Église orthodoxe grecque un seul évêché, d'ail# leurs le plus petit, celui qui réunissait les fidèles dis^^ perses dans les régions magyares, l'évêché orthodoxe de Bude garde 42 paroisses sur les 49 qu'il comptait avant la guerre. Quant aux autres, 27 paroisses de J évêchés restent en Hongrie, tandis que trois évêchés sont entièrement perdus.
De quelle manière l'organisation de ces Églises sera stabilisée dans les circonstances nouvelles, nous n'en savons rien encore. Cependant comme on voit que la confession la plus conservatrice, celle des catholiques romains, cherche à établir son autonomie, on peut espé* rer que même en dehors des frontières nouvelles les Magyars obtiendront une autonomie suffisante pour que l'Evangile leur soit prêché dans leur propre langue. Nous songeons ici avant tout aux 8088 fidèles de l'Église orthodoxe qui ne comprennent d'autre langue que la hongroise et qui furent détachés de leur patrie avant que le Vicariat grec oriental magyar projeté depuis long* temps pût être organisé et les prendre sous sa protection.
Aux termes du traité de paix même ils sont autorisés à réclamer cette autonomie et cela est d'autant plus nécessaire que la rigidité de l'Église orthodoxe empêche toute évolution libre.
Nous avons à peine formulé nos plaintes dans les questions ecclésiastiques. Le régime scolaire des régions détachées nous autorise à des réclamations d'autant plus douloureuses.
La triste réalité de la situation actuelle est en oppo:= sition formelle avec les stipulations du traité de Trianon. On dut le pressentir dès le premier moment des occu# pations. Les sacrifices que la Hongrie a faits pour
ÉGLISES ET ÉCOLES
la culture depuis le commencement de son histoire et qu'elle porta à leur comble au cours du siècle dernier ont été en pure perte. Les bâtiments magnifiques des diverses catégories d'écoles, multipliés de préférence aux