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Que nes alliés menacent de nouveau la plaine hon-* groise et l'on reverra les orateurs de l'opposition remonter à la tribune et réclamer l'autonomie poli-« tique complète du royaume.
Par cette politique de bascule, la Hongrie espère « tirer le meilleur parti des événements. D'une part elle compte que l’aide militaire qu’elle apporte à ses alliés lui vaudra d'importants avantages dans les” Balkans si les Empires du centre sortent victorieux … du conflit ; dans le cas contraire elle espère qu'en se retirant à temps, elle assurera au moins, grâce aux sympathies qu'elle se connaît en Angleterre et en France, l'intégrité de son territoire. Tant que le destin favorise nos ennemis, Tisza se charge de faire oublier à Vienne l'opposition en préconisant pour après la guerre « une Autriche forte ». « Ce que la Hongrie désire, affirmait-il le 1° janvier 1916 à Budapest, c'est que sur la base du dualisme, une … Autriche forte, protégée contre les sentiments centrifuges de ses peuples, prospère à côté de la Hon-. grie. » Et le 31 mars, interviewé par le Lokalw Anzeiger, il s'exprimait ainsi : « L'Allemagne et l’Autriche-Hongrie, après avoir combattu côte à côte constitueront après la paix un SÉPARER écono- . mique uni. »
Une Autriche forte, c’est un nouveau bloc austro- | allemand et, nous le répétons, une Hongrie inclinant … vers l'Allemagne.
Cependant, il est question à an de désaccord entre Berlin et Budapest. Nous voulons parler de l'opposition que, paraît-il, feraient les Hongrois à:
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la formation d’une union douanière des empires du centre préconisée par Berlin.
Aucun moyen d’égarer notre opinion ne nous paraît pour la Hongrie plus commode que celui-là, qui ne risque pas de gêner l’action militaire de ses alliés. L'homme le plus habile en même temps que le plus cynique du royaume, le comte Etienne Tisza, en use le premier avec toute la maîtrise dont il est capable. Nous ne saurions dire s'il adoptera purement et simplement le projet douanier allemand, ni même quel est exactement ce projet ; mais tout d'abord nous sommes certain que ce n’est pas au moment où toute la politique austro-hongroise repose sur lui, que sur une question de ce genre, il donnerait sa démission comme le bruit en a couru. Nous venons du reste de rapporter l'opinion qu'il émettait sur l'union économique de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, le 31 mars dernier, devant un rédacteur du Lokal Anzeiger. Au moment où nous écrivons, le journal Az Est (Le Soir) de Budapest publie un article signé de lui en faveur du Zollverein.
« [Il y a beaucoup de personnes, écrit Tisza — et moi je compte parmi elles — qui se placent à un point de vue tout à fait opposé à l'indépendance et qui, s'appuyant sur l'étude approfondie de la quesüon, en théorie et en pratique ont acquis la conviction que l’Union douanière, le Zollverein, basé sur un accord sauvant les intérêts de notre patrie, est la voie la plus sûre vers le développement sain et naturel de la Hongrie. »
En second lieu, lorsqu'on suit d'aussi près que possible la politique intérieure de nos ennemis, on
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voit quel cas il faut faire de l’opposition hongroise.
Les manifestations ne manquent pas au cours desquelles les intentions d’unir les efforts économi-. ques des deux empires s’affirment nettement. L'une des dernières remonte aux premiers jours de mai.
A cette époque, un groupe important de parlementaires Allemands, Autrichiens et Hongrois présenta un mémoire aux gouvernements de Budapest, de Vienne et de Berlin sur la constitution de la prochaine union austro-allemande. On ne demandaït: plus seulement dans ce document une alliance. d'ordre international, mais une union réelle beaucoup plus étroite sur certains points que celle qui existe entre l'Autriche et la Hongrie. Ce mémoire, dont les points essentiels furent publiés dans le Prager Tageblatt, réclame une étroite union politique, militaire et économique de l'Allemagne et de. l’Autriche-Hongrie, qui trouverait une garantie dans des organes administratifs et législatifs communs. En ce qui concerne l'union économique, les deux Etats représenteraient vis-à-vis de l’étranger une unité, tout en conservant pour commencer un tarif intérieur de caractère transitoire. On unifierait la législation dans le domaine du commerce, des communications, de l'assistance publique, etc. Le. système des impôts serait nécessairement unifié ; à cet effet les représentants des milieux intéressés se réuniraient régulièrement en conférences spéciales. Un compromis à longue échéance avec la Hongrie est considéré comme un fait nécessaire et déjà acquis. |
Il nous paraît également intéressant de signaler.
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que le sociologue hongrois bien connu Oscar Jaszi, collaborateur du Huszadik Szäzad, un des chefs de l'opposition magyare, a publié vers la même époque dans la Gazette économique des empires centraux, un article sur l'avenir de la Hongrie. Réfutant très énergiquement les arguments des adversaires de l'union douanière avec l'Allemagne, M. Jaszi formule les principes du rapprochement prochain de la Hongrie avec cette puissance qui lui apparaît comme nécessaire à la prospérité de son pays. « La discussion sur l'union douanière, dit-il, ne forme qu’une partie d’un problème beaucoup plus vaste et beaucoup plus important qui consiste à transformer l’allance diplomatique et militaire des principaux Etats de l’Europe centrale en une unité politique, solide et organique. » C’est le fameux « Mitteleuropa » décrit par Naumann. M. Jaszi affirme que la Hongrie n’a rien à craindre de l'union douanière avec l’Allemagne, de la puissance de son capital, de son esprit d'organisation ; au contraire, la Hongrie doit souhaiter cette union de toute la force de sa volonté parce qu'elle serait favorable au progrès de son industrie, à son développement économique. La crainte de la germanisation n’est qu'une naïveté. « Naturellement, dit-il, nous ne pouvons nier que l'Allemagne, avec sa grande supériorité économique et sa puissante organisation, exercera dans cette union une certaine hégémonie ; mais cette hégémonie constituera moins pour les Magyars une oppression qu'un soutien et une aide. »
Ainsi, au fond de cette pseudo-opposition du principe de l'union douanière préconisée par Berlin, il