‹ La Hongrie d'hier et de demainChapitre 6 sur 21 · ANT · texte numérisé non relu

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L’appui nécessaire au dehors

Rapports avec l'Autriche. — L'union politique et la question du « séparatisme ». — L'union économique. — « L'erreur hongroise » des Français.

Les principales lois constitutionnelles de la Hongrie sont au nombre de quarante-cinq; la première date de la fin du ix° siècle. Les plus importantes sont la Pragmatique-Sanction de 1723, la loi de 1848 et le Compromis austro-hongrois de 1867. En voici les dispositions essentielles : Les rapports de l'Autriche et de la Hongrie sont fixés par la Pragmatique-Sanction de 1723. Cette transaction est, sous forme de loi, un contrat bilatéral entre la Hongrie et la dynastie des Habsbourg. La Hongrie abroge la loi salique, s'engage à respecter le droit de succession des Habsbourg et à défendre la sécurité et le territoire de l'Autriche comme le sien propre. La dynastie s'engage à maintenir l’indépendance de la couronne hongroise, la liberté du pays et à employer toutes les forces de l'Autriche pour défendre la sécurité et le territoire de la Hongrie. Le même prince règne sur les deux pays, mais il représente deux personnalités de droit public, deux

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souverainetés parfaitement indépendantes, possédant des prérogatives distinctes : ainsi le souverain des pays autrichiens règne par le simple fait de succession, tandis que le roi de Hongrie doit être couronné comme tel. La réforme constitutionnelle de 1848 a créé le régime parlementaire en Hongrie, avec l'obligation de la signature et la responsabilité d’un membre du cabinet hongrois. Enfin le Compromis de 1867, pour régler l'exécution du devoir de défense réciproque, déclare que les éléments essentiels de cette défense sont les affaires étrangères en tant qu'elles intéressent les deux pays, le commandement des troupes de terre et de mer et les dépenses qui s'y rapportent. D'où l'existence de ministères communs des Affaires étrangères, de la Guerre et des Finances. Toutefois les affaires de la guerre et des finances ne sont dites communes que dans les limites des intérêts de la défense réciproque : aussi existe-t-il un ministre hongrois de la défense nationale, chef de la honved ou armée hongroise, et un ministre hongrois des finances.

Pour établir la manière dont seront votées les dépenses des trois ministères communs et pour exercer sur eux le contrôle parlementaire, le Compromis a institué les « Délégations », c’est-à-dire deux comités de soixante membres chacun, dont quarante députés et vingt membres de la Chambre haute, élus par les Parlements autrichiens et hongrois, et convoqués par l’empereur et le roi alternativement dans les deux capitales. Les Délégations sont des institutions d'entente et' leur compétence est bornée à deux fonctions : le contrôle parlemen-

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ire de l’administration des ministères communs et stablissement des budgets communs.

Il existe un vague désir de se séparer de l'Autriche 1ez les vieux Magyars, et notamment chez les payns de l’Alfæld, la plaine hongroise. Cette idée ploitée par certains hommes politiques et d’ailurs représentée par quelques membres du Parleent (le parti de 48) n’est pas prise au sérieux par >ux qui réfléchissent.

Les deux pays qui constituent la monarchie austroongroise sont consciemment et étroitement liés ir des intérêts économiques et politiques. Le comte huen-Hedervary, président du Conseil hongrois, sclarait formellement en septembre 1910 : « Cette paration ne peut se faire et ne se fera jamais parce 1e personne en Hongrie ne peut la vouloir n1 même songer sérieusement. Déjà maintes fois l'étranger été abusé par les complications de notre politique térieure et a pu se leurrer sur la possibilité d’une paration de l'empire d'Autriche et du royaume de ongrie. »

La revue libérale Huszadik Szäzad, organe de la >ciété de Sociologie de Budapest, dans un article » M. Paul Szende, explique d’une façon pérempire la fortune politique de la théorie du « sépara- 5sme ».

« En 1769, écrit cet auteur hongrois, la prépondénce de la propriété foncière, grande et moyenne, ait absolue ; mais tous les groupes et tous les indi-

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vidus d'une classe ne peuvent guère jouir simult: nément et au même degré, des bénéfices de cett prépondérance, attendu que dans un pays aus pauvre et arriéré que la Hongrie ces bénéfices # représentent que des valeurs restreintes. Les divel groupes se disputeront donc le pouvoir pour acce parer la plus grosse part de ces bénéfices. Ma comme on ne saurait avouer et proclamer ces appt tits, il faut chercher des devises qui les dissimulen arborer un pavillon qui couvre la contrebande. Cett devise, on l'a trouvée en mettant en avant la Ouestio constilutionnelle, celle des rapports Avec l'Autriche Cette devise a une apparence sérieuse, car la natur de nos rapports avec l'Autriche est en effet préjudi ciable aux intérêts de certaines classes, de sorte qu nous avons vu se développer au cours des dernier siècles un courant anti-allemand, respectivemen anti-autrichien, dont les partis de l'opposition on su Lirer profit. A la suite de ces faits historiques le partis hongrois du xix° siècle se sont constitués d la façon suivante :

« Le groupe de propriétaires grands et moyens qu est au pouvoir proclame la nécessité du maintien d l'union avec l'Autriche, car l'appui de la dynastie lu permet de se garantir le pouvoir. Ce groupe es combattu par un ou plusieurs groupes, qui se com posent également de propriétaires grands et moyens lesquels exigent le relâchement de cette union, afñ d'accaparer les voix des électeurs mécontents ; mai au fond, les intérêts de ces divers groupes sont iden tiques, tant à l'égard des rapports avec l'Autriche qu'à l'égard de leurs rapports avec les autres classe:

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