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de la société hongroise. Aussi la lutte entre ces groupes ne porte-t-elle guère sur des questions vitales et ne tend-elle point à amener un changement radical dans l’organisation politique et économique du pays. Le groupement d’après l'union plus ou moins intime avec l'Autriche est factice et peu sincère. Les principes qui furent proclamés par l'opposition tendent à rendre la Hongrie tout à fait. indépendante de l’Autriche ; mais la prépondérance militaire et économique de l'Autriche rend cette indépendance irréalisable et après les tristes expériences de 1849, la noblesse ne se déciderait pas à une politique aussi extrême. Le but proclamé est donc une utopie; de plus, il ne correspond pas aux intérêts des gouvernants actuels. L’antagonisme qui existe entre la classe des propriétaires hongrois et les classes bourgeoises et ouvrières est bien plus profond que celui qui existe entre la classe dirigeante hongroise d’une part, et la classe dirigeante autrichienne et la dynastie d'autre part. L'union avec l’Autriche nous impose, certes, des charges très lourdes, mais la classe des propriétaires fonciers ne pourrait pas conserver le monopole des pouvoirs publics si les industriels, les commerçants, les ouvriers et les paysans pouvaient exercer une influence décisive sur le gouvernement du pays, ce qui ne manquerait pas d'arriver si la Hongrie pouvait réaliser son indépendance économique.
« Il est donc évident que le parti qui s’est formé au sein de la classe dirigeante et prétend relâcher les liens du dualisme n'est pas sincère et ne tend qu’à tromper les électeurs...
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« La vérité est que les partis qui ont critiqué le régime de l’union avec l’Autriche, ont simplement brigué la popularité pour arriver au pouvoir et ont voulu détourner l'attention publique de certaines questions dangereuses pour leur hégémonie. {s ont inculqué au peuple la haine de l’Autriche, pour se frayer le chemin du pouvoir, pour que le peuple s’habitue à attribuer au dualisme tous les maux du pays el ne se relourne pas contre ses véritables oppresseurs. Voilà l’idée fondamentale de tous les partis de l'opposition constitutionnelle. »
L'union économique austro-hongroise n’est pas moins solide, malgré certaines apparences, que l'union politique. Il existe entre les deux pays une convention douanière aux termes de laquelle aucune espèce de droits n’est perçue sur les marchandises qui passent d’un pays dans l’autre. Cette convention doit être renouvelée tous les dix ans. A la fin de chaque période décennale, une opposition violente se dresse au Parlement hongrois contre le renouvellement de l’accord. Sans doute, les ‘arguments ne manquent pas en faveur de la séparation et celui qu'on entend le plus souvent est celui qui consiste à dire qu’elle aboutirait à la création d’une industrie nationale. Les adversaires de l’union économique assurent que la plupart des objets manufacturés dont on se sert en Hongrie viennent d'Autriche, à cause de la franchise douanière.
Cela est vrai; mais jusqu’à ce qu’elle se soit créé