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ne industrie importante, quel avantage trouverait à Hongrie à son autonomie douanière ? Elle serait endant toute cette période dans l'impossibilité de rofiter de sa situation nouvelle et à la merci d’un rotectionnisme autrichien. Et si par l’union elle énéficie déjà de l’industrie autrichienne, pourquoi 1 romprait-elle ?
Si l'on peut discuter l'opportunité et l'efficacité e la rupture douanière au point de vue économique, paraît du moins certain qu'elle entraînerait un éritable bouleversement dans le domaine politique. {. Louis Eisenmann, dans son magistral ouvrage atitulé Le Compromis austro-hongrois de 1867, iontre clairement que « le système des affaires ommunes tout entier suppose nécessaire l'union conomique ». — « Le ministre des Affaires étranères, dit-il, est actuellement chargé de la représenation diplomatique et commerciale de l'empire. ‘omment continuerait-il à exercer ses attributions, | les traités internationaux de commerce n'étaient lus communs, si la monarchie comprenait deux arritoires douaniers distincts et peut-être ennemis? es consulats ne pourraient pas rester communs, si >» consuls devaient représenter des intérêts difféents et opposés ; et les légations et ambassades par \ même, ne pourraient pas non plus le demeurer mgtemps... L'unité des affaires étrangères attaquée abord comme unité commerciale ne tarderait pas disparaître aussi comme unité politique. L'Histoire ontemporaine montre dans l'exemple de l’Alleagne comment l'unité commerciale est l'étape de unité politique ; il est parfaitement sûr qu'à l’in-
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verse — et le développement des conflits entre 1 Suède et la Norvège le prouve — la séparation éco nomique serait aussi l'étape de la séparation poli tique. » L'auteur ajoute que l’unité de l’armée n: résisterait pas longtemps non plus à une rupturn économique, parce que l’armée est entretenue à frai. communs, soit par le produit des douanes, soit pal les quotes-parts, dans des conditions qui supposen l'existence de l'union commerciale.
La valeur de pareils arguments n'échappait évi demment pas aux parlementaires hongrois ; auss! les efforts des partisans de l'indépendance, pour faire voter la rupture douanière, finissaient-ils toujours pa} échouer devant le bon sens de la majorité. On verre plus loin ce que nous pensons des efforts d’aujour: d'hui contre la réalisation d’un projet du même ordre et beaucoup plus vaste.
Malgré tout, il est certain que les Hongrois n’ont pour les Autrichiens aucune amitié. Il paraît don@ naturel que ce peuple, que des intérêts seuls tiennent attaché à l'Autriche, ait regardé au delà des fron= tières de la monarchie. Le voisinage des grands Etats l’a poussé à chercher des amitiés ; sa civilisa= tion qui est encore un peu superficielle, le dispose # étudier des civilisations plus profondément enra* cinées. Ce double besoin explique les deux mouve* ments de nature très différente qui portaient géné” ralement la Hongrie vers la civilisation de la France | et vers la politique de l'Allemagne. Nous touehons
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ci à un sujet que nous intitulerons volontiers erreur hongroise. Nous entendons par là l’idée que e faisaient certains d'entre nous sur les véritables entiments des Hongrois à notre égard. Nous avons onnu des Français pleins d'illusions à ce sujet. D'après eux la Hongrie était constamment à la eille de s'arracher des bras de la Triple Alliance our tomber dans les nôtres. Certes ces visionnaires nt maintenant beaucoup perdu de leurs illusions, ependant l’un d’eux nous disait encore mélancoliuement à Paris, l'an dernier : « Il ya malgré tout es gens qui nous aiment à Budapest. » Des gens ui nous aiment! Nous voulons bien admettre qu'il ait à Budapest des Hongrois — et nous en connaisns — qui préfèrent nos mœurs, notre littérature :nos arts à ceux de l'Allemagne ; c'est à cela sans pute que l’on a reconnu qu'ils nous aimaïent et à aelques compliments agréablement tournés en un ançais correct. Mais leur sympathie s'arrête là et le n’est jamais allée au delà.
Du reste, il ne faut pas oublier que la culture lemande séduit certains Magyars parmi les plus Struits et ceux que nous tenions pour nos amis. ar exemple, le comte Apponyi, qui se laissait comaisamment appeler dans certains salons de Budast « le grand ami de la France », disait aux Alleands en octobre 1908, dans une séance du Congrès terparlementaire de Berlin, alors qu'il était inistre de l'Instruction publique : « Nous vous udions, nous croyons vous connaître et nous mmes persuadés que vous n'êtes nulle part mieux mpris que chez nous. Le génie allemand est tel
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qu'il est le plus universel de tous les génies qui on été donnés aux peuples. Si un jour un homme tom bait de Mars et me demandait quelle langue à devrait étudier pour saisir la vie intellectuelle di l'humanité sur notre planète, je lui conseillerai absolument l'étude de la langue allemande. Seule possession de cette langue pourrait lui assurer k connaissance de la culture universelle, de la cultur de tous les peuples vivants. » Aussi bien la langut allemande est-elle devenue en Hongrie, depui quelques années, l'unique langue étrangère obliga! toire dans les Ecoles normales d’instituteurs.
Examinons les causes probables de l'erreur hon! groise.
1° Les Hongrois qu’on a connus à Budapest @t rencontrés à Paris sont en grande partie des gent d'esprit ouvert, prompts à s’assimiler toutes con: naissances, des gens qui montrent une certain( inclination pour l'esprit français ; de fait les œuvres de nos artistes, de nos grands romanciers, nos pièces de théâtre sont appréciées et imitées à Budapest! les Hongrois cultivés se piquent de parler notrt langue. |
2° Pendant deux siècles la politique des Bourbon a été opposée à celle de la. maison d'Autriche ensuite beaucoup d'hommes d'Etat hongrois cher chant à restaurer l'indépendance de la Hongrie er regard de l'Autriche ont été amenés à demandes de l’aide à la France : le prince François II Rakoczy en est un exemple illustre.
3° Les intellectuels de Hongrie applaudirent à la Révolution française. Puis, au milieu du siècle der:
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