‹ La Hongrie et la ValachieChapitre 15 sur 16 · ANIMAUX · texte numérisé non relu

ANIMAUX

( Cet cbiffrc* loat (anx :

il y a, «n Moltlo-ValachM ,

357,165 Bohémiens.)

Chevaax.

fiœufs et vaches.

Moutons.

La deuxième partie de ce tableau prouve que la Moldavie est dans un ëtat plus prospère que la Yalachie.

UTote sur le commerce des deux prlnelpautéii de TalaeHie et de IHoldaTle*

(Pour rédiger cette note^ je me suis servi de renseignements authentiques et d'une excellente brochure publiée par M. Charles Guningham, vice-consul de & M. Britannique , à Galatz. Pourquoi ne le dirais-je pas? En faisant cette partie assez aride de mon travail, je n'ai pas eu d'autre but que celui de fournir aux négociants de Marseille, de Nîmes, de Cette, de Montpellier, etc., quelques documents utiles et d'une exactitude rigoureuse. Il y aurait pour le commerce français de grands avantages à retirer d'une liaison plus étroite avec la Yalachie , et je serais heureux d'avoir pu contribuer, pour ma faible part , à amener ce résultat.)

La rareté des capitaux ne permet pas, eu général , aux

a&8 PIECES

entrepreneurs de Brailow et de Galatz d'amasser, dans ces deux villes, de grandes réserves de denrées ; mais on fait avec eux des contrats par lesquels ils s'engagent à fournir, dans un délai fixé, une certaine quantité de marchandises : cette manière d'opérer demande de la prudence ; au surplus, au témoignage de M. Cuningham, les vendeurs se distinguent , en général , par une grande bonne foi. Peu à peu, sans doute, des rapports plus suivis s'établiront entre les étrangers et les propriétaires , et feront disparaître les inconvénients d'un commerce médiat. Un pays aussi neuf que la Moldo-Yalacbie, c'est-àdire étranger à toutes les idées d'économie politique , et ignorant les ressources immenses que le crédit offre ailleurs aux négociations les plus hasardeuses en apparence, ne marche qu'avec une extrême timidité dans la voie des spéculations. Nulle maison de commerce à Galatz ou à Brailow n'accepterait une commande à la condition de ne tirer sur le demandeur que lorsque le chargement aurait eu lieu. Il est toujours facile de noliser des ports du Danube des bâtiments grecs et autrichiens.

Exportations de Braihiv, Le froment de la Yalachie est ordinairement d'une bonne qualité; on en distingue deux espèces : le grano di monte , qui se recueille dans les districts montagneux de la petite Yalachie, et le grano di campof inférieur au premier, qui croit dans les plaines de Brailow.

Depuis dix ans, les progrès de l'agriculture ont telle* ment amélioré la qualité des grains de Yalachie , qu'ils égaleront bientôt ceux d'Odessa : ils sont déjà préférables à ceuxdeTangarog. Un kilog. de froment de 4^0 ocques Me vend , année commune^ 90 piastres.

L'orge est très-abondante dans le pays , on en donne aux chevaux de préférence à Tavoine ; quoiqu'elle ne soit pas d'une qualité supérieure^ on en exporte souvent jusqu'à Triesle.

Les haricots blancs viennent eu très- grande quantité : Gonstantinople , Livourne et Gènes en font une grande consommation.

Deux millions de kilogrammes de graine de lin ont été embarqués à Brailow, en i838, avec des poids moins élevés de chènevis et de graine de navette sauvage.

Gonstantinople et la Grèce achètent la plus grande partie des peaux de vaches, de boeufs et de buffles. Les peaux de moutons, d'agneaux, de chèvres, de lièvres et de truies passent en Transylvanie et en Autriche : les deux premières donnent d'assez belles fourrures.

Le suif de bœuf est de deux espèces : le tzerwich et le suif proprement dit .

Le tzerwich est la graisse provenue de la carcasse , des 08 et de la moelle bouillis ensemble : les Turcs emploient cette graisse dans leur cuisine. Le suif est la graisse intérieure : ce produit s'expédie ordinairement dans la peau même de l'animal , parce que, les commandes en étant faites souvent à l'improviste, il est impossible de se procurer tout de suite le nombre nécessaire de tonnes. Le suif de chèvre est un article excellent , préférable à celui du mouton, qui, du reste, se vend le même prix.

Le lard de cochon est peu demandé : on pourrait, toutefois, s'en procurer de grandes quantités et l'employer utilement à graisser les machines » vapeur ; son prix est de 1 5 à 20 pour 1 00 au-dessous de celui du suif.

On dii'i^je principalement vers la Russie les soies de cochon.

Le miel est très-aboudant. La Valacbie produit environ 400,000 kilogrammes d'une cire estimée sur le marché de Trieste.

On exporte peu de lin et de chanvre ; mais le pays pourrait satisfaire aux plus vastes commandes en ce genre.

Constantinople tire la potasse de Valachie.

Les graines jaunes eTAcignon (ramus infectorius) ne sont recueillies que lorsqu'on en fait des commandes.

Laines. Les laines forment une branche très-importmte du commerce des principautés ; on en reconnaît trois espèces dites : 1^ ^fgàiy 2° siogo, 3o zurcan. Le district de Brailow fournit la meilleure laine zigaï. La différence de qualité dans les laines de cette espèce produit, dans les prix, une variation de 10 à i5 pour 100. L.1 laiue stogo vient de Turquie ; la laine zurcan^ de Turquie et des principautés. Le lavage des laines cause un déchet de 42 à 46 pour 1 00. — Le prix du lavage, y compris celui des sacs et des nattes de jonc , a été , en i838, pour la laine zigaï , quand il n'y avait pas de bardane, de 60 piastres pour 100 ocques*; pour la zigaï non nettoyée, 80 piastres ; — pour le même poids de stogo, 5o à 60 piastres ; de zurcan, 4o à 5o piastres selon l'absence ou la présence de bardane. — Le prix des laines , à la même

* 78 ocMjues valent 100 kilogrammes de France. — En Valachie , 40 paras font une piastre, 32 piastres font un ducat d'empire, et un ducal d'empire représente une valeur qui varie de 11 fr. 60 à 11 fr. 90.

époque, était , par orque, pour la zigaï de Brailow, de 4 piastres 12 paras; pour celle de Galatz, 3 piastres 34 paras ; pour celle de Turquie , 3 piastres 32 paras ; pour le stogo de Turquie , 3 piasties 4 paras; pour le zurcan de Turquie, 2 piastres 16 paras; pour celui de Galatz , 2 piastres 1 8 paras.

La toiite des moutons coininence en juin; le lavage des laines se fait en juillet. Les contrats d'acliat se signent dès les mois de janvier et de février. Après avril et mai , le taux des prix est élevé.

Bois de construction» De magnifiques forêts couvrent les districts montagneux de la Moldavie: Conslantinople seule, jusqu'à ces derniers temps, en a tiré des bois de charpente et des mâts pour sa marine ; mais on peut dire qu'elles n'ont jamais été exploitées d'une façon régulière; elles contiennent donc d'immenses richesses inconnues de l'Europe.

Les pins y atteignent de magnifiques dimensions; l'essence du chêne et des noyers y est fort belle. On peut se procurer, dès à présent , à Galatz d'assez fortes quantités de bois; mais une exploitation grande et régulière des forêts moldaves exigerait des capitaux que les indigènes ne peuvent amasser : ce genre de spéculations doit, en conséquence, être tenté par les étrangers.

Le sel gemme est un des principaux produits des deux principautés. La Yalaclne fournit annuellement à la Turquie dix millions d'ocques de sel et deux autres niillions au moins aux étrangers ; la consommation locale en absorbe quatre millions. — Le sel se vend, sur les lieux, 10 piastres les 100 ocques; à Brailovsr, la même quantité est payée 25 piasti'es. Ces notions sommaires

suffisent pour appeler l'attention sur une contrée dont les produits abondants peuvent , par leur bon marché , présenter des avantages à notre commerce. Examinons maintenant quels débouchés la Moldo-Valacliie, à son tour, offre à notre industrie nationale.

Importeuions. La Yalacliie , province exclusivement agricole, est tributaire des manufactures étrangères; celles de l'Allemagne y trouvent des bénéfices importants. Une colonie de négociants, presque tous sans pudeur et sans Toi , connus à Bukarest sous le nom de Upsikani^ fait, tous les ans, venir de Leipsick des cargaisons de draps , de colonnades , de soieries et de toiles qu'elle revend aux Yalaques à des prix exagérés. Un bâtiment anglais chargé de produits manufacturés a paru, en i838, à Galatz : cette première tentative a eu de si heureux résultats, qu'il y a lieu de présumer qu'elle encouragera les négociants de Londres à faire aux lipsikani une dangereuse concurrence. Le commerce français devrait sui vre cet exemple, et envoyer aussi à Brailow et à Galatz un navire d'échantillons.

Les ustensiles de fer et <i'acier proviennent de la Styrie ; ils sont d'une qualité détestable ; mais , en revanche, leur excessif bon marché tente les paysans.

Notre poterie, qui a fait des progrès si remarquables, et notre porcelaine commune pourraient être vendues en Valachie au même prix que la (i;rossière faïence d'Autriche et de Russie , et cependant avec un bénéfice honnête.

Toutes nos épices se montreraient aussi sur les marchés sans désavantage

Les vins y comme tous les objets d'importation, ne

payent que 3 pour loo de droit d'entrée. Les vins provenant, au contraire, des provinces soumises aux Turcs et des îles de Samos et de Tenedos sont soumis à des taxes dont il est inutile de parler ici autrement que pour prouver à nos industriels vignicoles les avantages qu*ils trouveraient à commercer avec les principautés.

Il'est bon de répéter ici que la Yalachie est entrée ide^ûis dix ans' dans une voie nouvelle^ et que la plupart des obstacles qui el aient bien €aits pour rebuter notre commerce n'existent plus.

.Brailowet Galatz rivalisent sinon encore avec Odessa, du moins avec touft les autres ports de la mer Noire.

Les Génois coânaisscnt la navigation de cette mer, dont nous nous exagérons les dangers. — 3oo vaisseaux sardes paraissent annuellement dans les ports de ces deux principautés.

Les lois protègent les étrangers , en Yalachie, autant ^u'en aucun pays de l'Europe. — Il faut seulement apporter dans ses relations avec les indigènes cette prudence que recommande en tout lieu la saine raison.

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