‹ La Hongrie littéraire et scientifiqueChapitre 10 sur 34 · Celui de Pest ne date que de · texte numérisé non relu

Celui de Pest ne date que de

à Pest avec les jeunes écrivains. En 1811. il donna sa démission de capitaine et s'attira par là la colère de son père qui, dès ce moment, ne voulut plus le secourir. Kisfaludy se réfugia auprès de sa bonne sœur Thérèse, puis alla à Vienne pour se perfectionner dans la peinture. Là, il fit la connaissance de Kôrner, composa les Tartares en Hongrie et Claire Zâch ; mais que faire de pièces magyares à Vienne et même à Pest? Il commença donc une tournée à pied fort aventureuse, à travers l'Allemagne, la France et fltalie du ^ord, vivant misérablement de son pinceau. En 1817. il rentra à Pest luttant toujours contre la mauvaise fortune, se logeant chez un brave cordonnier qui vendait ses tableaux. En 1819, enfin, la troupe de Fehérvâr Albe Royale joua à Pest ses Tartares en Hongrie qui eurent un grand succès. Il abandonna alors la peinture et consacra tout son temps à la scène. Les Tartares furent suivis de UM. Sa position de fortune s'améliora; au lieu de la production hâtive, à laquelle la pauvreté l'avait forcé, il put méditer plus longtemps ses sujets, lut assidûment les chefs-d'œuvre du théâtre étranger, fit quelques études dramaturgiques, soigna mieux son style et sa versification. Sa grande connaissance du monde, l'aménité de son caractère, lardeur qui l'animait pour la cause du théâtre national, ses efforts pour rompre avec les écoles étrangères et pour n'être que magyar, sa volonté de représenter la vie sociale des temps présents, sa grande renommée rassemblaient autour de lui les écrivains de son

temps, comme Joseph Teleki, Kulcsàr, Etienne Horvâth, Szemere, Yitkovics, Kôlcse}^ et Féy, et, parmi les jeunes, Yôrôsmart}', Cziiczor, Bajza et Toldy. Cette société d'écrivains qui fonda, en 1822, Falmanach Aurora, devint pour la Hongrie une véritable aurore littéraire.

Les Tartares en Hongrie et Illia ne sont que des dialogues patriotiques dont Kisfaludy lui-même disait plus tard : « Le Hongrois est vainqueur, cela suflît pour que la galerie applaudisse. » Ses autres pièces, tirées de l'histoire des Hunyadi, manquent également d'action dramatique. Le poète veut surtout enflammer le patriotisme et rappeler l'ancienne gloire hongroise. Le Wohcode Stlhor est surtout remarquable par ses tirades contre les nobles qui oppriment les serfs. Stibor, véritable bourreau de ses sujets, fait mourir dans les flammes la bien-aimée de son fils, parce que celle-ci est attachée à la glèbe. Le meilleur drame de Kisfaludy est sans conteste Irène. Le sujet est une anecdote racontée par Mikes dans ses Lettres de Turquie ' . Irène, captive grecque à Constantinople, est aimée par le sultan Mohamed. Dans le but d'adoucir le sort de son pays, elle devient infidèle à son fiancé et épouse le sultan. Le pacha Zagaii et le parti de la guerre" voient avec dépit que, depuis son mariage, le sultan ne combat plus les Infidèles. Ils l'excitent contre sa femme et lorsqu'il est convaincu qu'Irène ne lui a accordé sa main que

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