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Transylvaiiio doimaienl toujours un asile siir aux savants et aux érudits. Sous le li'gne de Marie- Thérèse, lorsque la nation a i)U se ressaisir enfin, le projet d'une Académie hantait l'esprit des bons patriotes; mais ni Y Acadcinia Augnsta projetée en 1770, ni les exhortations de Bessenyei qui. en fidèle disciple des Français, voulait prendre comme modèle l'Académie française, ne i)urenl aboutir. Cependant, depuis le projet de Bessenyei, on ne perdit plus de vue l'idée qu'un Institut était nécessaire pour le déveloiqicment de la langue, pour en fixer les règles et répandre la culture magyare dans le i>ays par la traduction des meilleurs ouvrages de l'étranger. Rêvai, léminent jkhilologue ; (leorges Fejér, l'historien ; Jankovitch et Lailislas Teleki, tous avaient élaboré des plans dans ce sens; mais les guerres de la Révolution et de l'Empire, et surtout le manque de fonds, avaient retardé l'exécution du vœu le plus cher de la nation. Enfin, arriva la Diète de 1825 et le don généreux d'Etienne Széchenyi qui donna un corps à tous ces efiorts isolés en créant dans la capitale du pays une Académie qui, depuis 1830, est devenue comme la cheville ouvrière de toute la vie scientifique et même littéraire du pays. Au commencement, elle s'occupa surtout de la langue et de la littérature magyares menacées i)ar les empiétements de la bureaucratie viennoise ; mais peu à peu elle élargit le cercle de soii activité cl les principales branches de la science y sont aujourd'hui dignement rei)résentées. De quelque coté que nous portions nos
regards, nous voyons une émulation digne de tous éloges. Construire en soixante ans un tel édifice est un lait unic^ue dans l'histoire des sciences ; c'est faire preuve dune vitalité qui peut résister au temps et qui présa<ie un avenir plus brillant encore. A côté du grand Institut d'autres sociétés savantes se sont lorniées qui, chacune dans son domaine, font pénétrer les sciences dans les couches les plus profondes de la nation. Qu'on ne dise pas que la science aurait marché sans Académie, sans sociétés savantes. Dans un pays jeune où chaque travailleur devrait creuser isolément son sillon, le résultat serait mince, sans parler des grands travaux d'ensemble, des éditions des sources historiques qui, ne s'adressant qu'à une très faible partie du public, n'auraient jamais pu voir le jour. N'oublions pas non plus que l'Académie, dans les tristes jours qui suivirent la Révolution, était l'unique foyer qui restât quelque peu à l'abri des vexations du système de Bach, que c'est elle qui a consolé la nation, que de là est sortie la llamme qui a réchauffé les cœurs et éclairé les esprits.