La Moldavie et la Bessarabie jusqu'à la mer Azow
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que TAcadémie publie depuis 1872 et dont le but est d'étudier toutes les questions de syntaxe, de formation des mots, les patois, les us et coutumes magyares; de combattre les mots et les locutions introduites dans la langue par des néologues outrés et de reconstituer le trésor de la langue d'après les bons auteurs des xvr et xvii^ siècles. Cette revue va souvent très loin et trouve parfois des adversaires dans le sein môme de l'Académie. — Simonyi est le plus infatigable travailleur dans le domaine de la lexicographie et de la syntaxe magyares. Il rédige, dcjjuis la mort de Hunfalvy, les Mèino ires philologiques 3, le plus riche répertoire de philologie ouralo-altaique que l'Europe possède. Ses études de sj'ntaxe sur les conjonctions et les adverbes magyars excitent l'admiration. En deux volumes, il a donné, sur le modèle des Leçons de Max Muller qu'il a traduites en hongrois, la Vie de la langue riiagyare, où toutes les questions relatives à la langue, au folklore magyar, aux patois, sont traitées de main de maître. Le premier volume de sa Grammaire historique vient de paraître. Tous ses ouvrages sont couronnés et édités par l'Académie. — Albert I-.EHR, dont le commentaire grammatical et philologique du Toldi d'Arany est un vrai monument littéraire; Szinnyei fils, le successeur de Budenz à l'Université, a fait un séjour prolongé en Finlande. Il est aujourd'hui le représentant du finnois que Ferdinand Barna, le traducteur du Kale-
• 3. Kyelttudomûnyi Kôzleméttyeki
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vala, cultive également. Szinnyei est chargé par TAcadéiuie de rédition du Dictionnaire des patois. Dautres élèves de Budenz sont B. Munkâcsi dont les voyages au pays des Vogouls ont donné de beaux résultats. Munkâcsi dirige aussi la Revue etliùojraphxque, qui publie les recherches sur les races magyare, slave, saxonne et roumaine. Ignace Halâsz a fait de nombreux voyages chez les Lapons et publie >scs Études niagyares-laponcs . KuNOS, élève de Budenz et de Vâmbéry, a séjourné longtemps en Turquie et a donné la traduction de plusieurs ouvrages de poésie populaire turque. — Dans l'édition des anciens textes magyars excelle Georges Volf; le recueil qu'il dirige se publie depuis 1874. — Alexandre Imre, outre ses études littéraires d'un goût très élevé, s'occupe des problèmes délicats de la syntaxe magyare, où parmi les anciens membres Kresznerics, Ballagi. Lugosy, Br.\ssai et RiEDL. ont déployé une grande activité. — La langue des Tziganes est étudiée par l'archiduc Joseph, par Emile Thewrewk, qui a édité la grammaire tzigane de l'archiduc avec une savante introduction ; par les ethnographes "Wlislgcki et Herrmann. Le comte Geyza Klun a rendu, par son édition du CoOex Cuiiuiiiicus de Pétrarque, conservé à Venise, un signalé service à la science en commentant ce monument linguistique des Cumans, tribu turque qui s'est jointe aux Magyars dans les temps les plus anciens.
Mais l'Académie n'est pas seulement gardienne de la langue, elle lest aussi de la littérature. 11 lui
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incombe d'affiner le goût du public, de lui fournir des lectures qui lui fassent connaitre les principaux courants littéraires de l'Europe, d'encourager tous les travaux exécutés dans le domaine de la littérature hongroise et qui ne s'adressent qu'à un public restreint. Lors de sa fondation, le genre le plus négligé était la poésie dramatique. Elle publia donc, d'abord des traductions des meilleurs auteurs étrangers iMoliére, Voltaire, Shakespeare, Sheridan, Alfieri, Lessing, Gœthe, Schiller, 19 volumes) et depuis 1833 elle couronne annuellement, par le prix Teleki, tantôt une tragédie, tantôt une comédie. Le 2)remier de ces prix fut décerné à VurOsmarty, puis Szigligeti, Obernyik, Dôcz}*, Csiky, Cornèle Abranji, Vârady, Berczik ont été les auteurs les plus souvent couronnés. L'Académie prit part aussi à la fondation du Théâtre national de Pest. C'eçt dans son sein que le fondateur de l'histoire littéraire magyare, François Toldy (1805-1875;, secrétaire perpétuel de 1835-1861, a déployé pour ainsi dire toute son activité. Toldy se fit admettre tout jeune dans le cercle A2(rora ; il était de tous les membres celui qui connaissait le mieux les littératures étrangères. Il défendit avec une véritable ardeur les théories littéraires et les réformes linguistiques de Kazinczy. Charles Kisfaludy et VorOsmarty étaient ses idoles et même plus tard, lorsque l'ancien classicisme fut abandonné par Petufi et Aran}', il n'accepta pas sans dilhculté l'orientation nouvelle. En 1828, il publia à l'usage de l'étranger son Handln'cli dcr itmjarischen Poésie. Ses travaux
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de critique et d'esthétique montrent de vasies lectures. Toldy se fit l'éditeur de nombreux écrivains du xviir siècle, recueillit les traités des anciens grammairiens hongrois depuis Erdùsi jusqu'à Tsétsi, réunit les données biographiques sur ces écrivains et, ainsi préparé, voulut donner la première histoire de la littérature hongroise et du développement intellectuel de la nation. L'entre- - prise était trop vaste pour un seul homme; il publia seulement un abrégé jusqu'à la Révolution hongroise, puis Y Histoire de la poésie en cinq volumes; mais ce dernier ouvrage ne se compose que de biographies détachées et de morceaux choisis. Les études, biographies et articles de Toldy forment une bibliothèque: le Parlement hongrois lui décerna, pour son activité prodigieuse, un prix national. Son savoir était énorme, mais sa critique, assez juste quand il s'agit des anciens, devient souvent partiale à l'égard des contemporains. Il imite le style des classiques ; mais, né de parents allemands à Bude, il employa souvent des germanismes.
Après Toldi, Zoltdn Beothy a donné en deux volumes Vllistoire de la littérature nationale, ouvrage auquel nous devons beaucoup. Il y a là la première tentative d'un jugement qui s'inspire du développement liistorique et de l'esthétique. BcOthy dirige actuellement une Histoire littéraire de grande étendue où chaque partie est ti-aitée par un spécialiste. Éditée par VAthcnaeuia, cette œuvre doit être achevée pour le Millénaire. Beothy a donné, en outre, une étude esthétique sur la t'ra-
gédie; ses nombreux discours à l'Académie et à la Société Kisfaludy, ses recherches sur les anciens prosateurs hongrois montrent en lui un homme de goût dont les connaissances sont aussi vastes que sûres.
Les, éditions critiques des anciens poètes magyarï^ jusqu'à Zrinyi sont dues à Aron Szilàdy, dont les travaux sont des modèles d'érudition. Il connait surtout les anciens monuments de la langue au point de vue littéraire et paléographique. Son Étude sur le prédicateur Pelbàrt de Temesvar est très remarquable. Elle ouvre la série des éditions de la Commission littéraire de l'Académie, qui fonctionne depuis 1879 et qui a pour but la publication des sources de l'histoire littéraire et des ouvrages de bibliographie magyare comme celui de Charles Szabu, BihliotJièquc hongroise (1878), qu'on remanie en ce moment . Parmi les jeunes académiciens qui cultivent l'histoire de la littérature, il faut mentionner J. Banôczy, auteur d'une biographie de Rêvai et de Charles Kisfaludy ; Csaplâr dont la grande biographie de Rêvai (3 volumes) embrasse toute l'histoire de la polémique entre néologues et orthologues; Antoine ZicHY, le savant éditeur des Œuvres complètes de Széchenyi ; Badics, qui a donné une remarquable biographie de Fây. En outre, l'Académie a édité ou appuyé l'édition critique de la correspondance de Kazinczy par Vâczy, dont cinq volumes ont déjà paru ; l'Histoire du journalisme hongrois de 1780-18O7 par Ferenczy, celle du théâtre hongrois par Bayer et l'histoire de la littérature
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politique des Hongrois, jusqu'en 1825, par Geyza Ballagi.
L'Académie subventionne la revue littéraire la plus estimée du pays, la Badapesti Szemle, rédigée depuis 1873 avec beaucoup de tact et de goût par Paul Gyulai que nous avons déjà apprécié comme poète : c'est la Revue des Deux-Mondes hongroise : elle parait chaque mois.
Après la langue nationale, ce sont les langues classiques que l'Académie cultive avec le plus de succès. Dès 1833, elle a publié une Bibliothèque latine et, dès 1840, une Bibliothèque grecque qui donnaient la traduction des chefs-d'œuvre anciens. Aujourd'hui, une commission de philologie classique fonctionne dans son ^ein. Elle publie les auteurs itexte et traduction; et il est à espérer qu'avec le temps cette collection rendra des services signalés. Les études antiques ont été longtemps négligées, car avec l'avènement de l'École romantique et nationale en poésie, les anciens furent moins lus que vers la fin du siècle précédent.
L'hellénisme demeura longtemps inconnu en Hongrie. Le premier représentant des études grecques, Télfy, a passé toute sa vie à prouver que la prononciation reuchlinienne était la vraie. Il a donné un Corpus Jyris Attici, quelques faibles traductions et dissertations. Aujourd'hui, il fait connaître les travaux de la Grèce moderne. Il est vrai qu'il manie la langue grecque avec beaucoup d'aisance, mais comme professeur, pendant plus de quarante ans, il n'a exercé aucune inlluence.
Son successeur, le regretté Eugène Abel (1858-1889), était un critique de textes éminent et en somme jusqu'ici le seul hellénisie que la Hongrie ait produit. Ses éditions critiques ont paru en partie en Allemagne; il s'occupait surtout de l'épopée grecque après Homère et Hésiode, et de Pindare. Dans ses nombreux voyages en Italie, Abel a cherché les premiers éléments d'une Histoire de VHumanisme magnar sous Mathias Corvin ; les matériaux qu'il a publiés sont de première importance, de même que ses études sur la Société danubienne de Conrad Celtes et sur les Universités hongroises au moyen âge . Son édition de l'humaniste Isota Nogarola est remarquable.
Le meilleur latiniste est Emile The^miewk de PoNOR ; grammairien distingué, après avoir donné quelques travaux sur la langue magyare et des traductions en vers, notamment une traduction d'Anacreon, il se consacra tout entier à l'édition de Festus dont le premier volume, contenant le texte, édité par l'Académie, remplace d'ores et déjà l'édition d'Otfried Millier. Le second volume donnera rai)pareil critique et sera digue des travaux allemands de ce genre. En attendant, Thewrewk a publié le fac-similé du manuscrit de Naples, sous le titre : Codex Festi Farnesianus XLJI tahidis expressus. Consilio et impensis Acad. Litt. Hungaricae. Budapest, 1893.
Antoine Bartal est un bon grammairien qui a rendu service aux écoles par ses nombreux livres classiques; il a donné un aperçu bibliographique
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de la philologie classique en Hongrie depuis les temps les plus anciens, et s'occupe en ce moment de recueillir les matériaux d'un dictionnaire de la latinité hongroise que l'Académie éditera. Geyza NÉMETHY a donné plusieurs éditions critiques (distiques de Caton, Euhemerus, Tacite, Virgile) qui ont été bien accueillies par la critique allemande. Il rédige avec le germanisant Gédéon Petz la ■Revue }}]i(lologiqne qui a pris un développement considérable dans les mains habiles de ses anciens directeurs Heinrich et Thewrewk. Guillaume Pecz a lait des travaux sur les tropes des tragiques et comiques grecs ; il s'occupe actuellement surtout de la Grèce moderne.
La langue et la littérature allemandes sont représentées par Gustave Heinrich, professeur à l'Université de Budapest, qui après une foule de dissertations et de mémoires, publie dans les éditions de l'Académie,, son Histoire de la littérature allemande. Heinrich est un savant universel qui manie l'allemand comme le magyar. Il a dirigé une partie de ses recherches sur les questions d'emprunts que les écrivains hongrois du xviii' siècle ont fait à la littérature allemande. Ces questions, souvent obscures, sont traitées avec beaucoup de sagacité.
Les langues sémitiques, l'arabe principalement ont un représentant d'une célébrité européenne : Ignace Goldziher. Ses travaux dans la Zcitschrift der morgealniulischeii Gesellschaft et dans la Revue de Vhistoire des Religions, son livre Der Mythos hei den Jlehràeni qui fut traduit en an-
glais, ses Muhammcdanisclie Studlen et les nombreux rapports et éludes publiés dans les Mémoires de l'Académie, ont beaucoup avancé les études sur la litlérature arabe et hébraïque. Il a, avec Noeldeke, obtenu au Congrès des orientalistes de Stockholm, la grande médaille d'or du roi de Suéde. C'est dire assez avec quelle autorité il représente ces études au sein de TAcadémie qui l'a du reste nommé membre ordinaire *. Si l'activité de la première classe est surtout remarquable par les travaux de philologie magyare, la deuxième se distingue par les recherches historiques, économiques et politiques relatives aupaj's. Nous croyons qu'aucune Académie ne fait plus que l'Académie hongroise pour la publication de ses Monunientd h isto/'ica, Rncmie n'a plus à cœur d'appuyer les recherches des savants dans les Archives de l'étranger, pour en tirer des renseignements sur l'histoire nationale; aucune n'est plus libérale pour la reproduction des chartes et des diplômes. Les deux cents volumes des Monumenta s'étendent depuis l'époque des ArpAd jusqu'à celle des Râkô-
1. Parijii l<^s associés étrang-ors de cotte classe nous relevons : Rawlinson, Ronan, Oppert, Overbeck, Max Millier, Ascoli, Ujfalvy, Ebers, Donner, Frédéric Mûller, le sanscritiste de Vienne, Gubornatis, de Goeje, Taine, Radloff, de Saint- Pétersbourg-, Mistoli, professeur à Bàle qui a introduit un des premiers la philolog^ie liong-roise dans les Universités étrang-ères, Schuchardt, le philologue de Gratz, Setàlâ, le- philolog-ue finnois, Gabelent/, le sinolog-ue, Karabacek, de Vienne et le philologie anglais, Blaydes.
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czy; aucune partie de l'histoire n"est laissée dans l'ombre, qu'il s'agisse de l'époque brillante des Anjou et de Mathias Corvin ou de la triste période de l'invasion des Turcs et de la domination autrichienne. Pour les fêles du Millénaire. lAcadémie prépare même des éditions définitives de toutes les sources orientales, grecques et occidentales contemporaines de la prise de possession du pays et qui •mentionnent les Hongrois. Le premier volume dû au savant orientaliste, Geyza Kuun. a paru en 1893 * ; les sources grecques seront éditées par le philologue Vari, les sources occidentales par l'historien Marczali.
Nous avons vu que l'historiographie hongroise avant 1830, se servait principalement du latin ou de l'allemand. Les grand travaux de Pray, Katona, Fejér d'un côté, de Fessier et de Engel de l'autre, dépassaient les quelques essais en langue magyare de Budai et de Virâg. Lors de la fondation de l'Académie, Etienne Horvét était l'historien magyar, mais nous avons pu voir dans quelle voie dangereuse il dirigeait les études; la vanité nationale y trouvait seule son compte. Aussi refusa-t-il de faire partie de l'Académie, sentant bien que sa manière de voir ne serait pas adoptée par la Société. Celleci, dès le début, cherchait à faire la lumière sur l'histoire de la civilisation hongroise; proposant les questions des concours dans ce sens, elle cou-
1. KelaiionuQi Hangarorani ruui Oriente gentibusque oriontaliç ori^ia^s Historia antiquissima. Vol. I.
ronna plutôt les travaux de Michel Horvéth sur Ihistoire de l'industrie et du commerce en Hongrie pendant les trois derniers siècles que les historiens qui ne font que glorifier les exploits guerriers des Magyars. Dès 1832 elle donna des missions à plusieurs savants pour chercher, dans les archives de l'étranger, les documents sur l'histoire hongroise; en 1851 elle fit commencer les recherches sur répoqae de la domination turque ; en 1853 fut fondée la CoinaussiOfi lilatorique dont les deux publications Tortènelmi tàr (Archives historiques) et les Monument a Ilunf/ariae lustorica font époque dans l'historiographie. Dans les Archives sont publiés les mémoires, chartes et lettres de peu d'étendue avec le commentaire nécessaire. Les Monumenta en quatre sections (Scriptores, Acta extera, Monumenta Comitialia et Diplomataria) embrassent les documents depuis l'époque des Arpâd jusqu'en 1711. Le Codex Diplornaticus de Fejér (1766-1851) en quarante volumes, fut complété par les Nouvelles Archives de l'époque des Arpàd de Gustave Wenzel, en douze volumes, qui contient environ quatre mille documents, tirés pour la plupart de la bibliothèque du Vatican. L'index indispensable du Codex et des Nouvelles ArcJtives fut également édité par l'Académie. Gustave Wenzel a publié, pour les dernières années du xiii^ siècle, les Monuments diplo- 'inatiques des .'L/?Jo?«. complétés jusqu'en 1395 par L. Ovâri, Ernest Simonyi et Jean Mircse. Le Codex diplornaticus Hungar. Andegavensis, rédigé par Eméric Xagy, donne les diplômes pour l'histoire
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intérieure du pays jusque vers 1360. De là jusque vers le milieu du xv* siècle, les documents ne sont pas encore publiés, mais on recueille les matériaux. Pour le règne de Maihias Corvin .1458-1490 il y a les Monumenta divan Nagy et d'Albert Nyâry, la Correspondance du grand roi, dont le premier volume fut édité par Fraknôi. Le même historien édite, avec Kârolyi, les Monument a comitialia regni Ilungariac, qui donnent les documents de 152G-1G08, et montrent le développement politique et juridique du pays, tandis que les Momon^nta comitialia de la Transylvanie, ont pour éditeur Alexandre Szilâgyi qui en a déjà publié seize volumes 1 1540-1679 . Pour le xvi' siècle il y a, en outre , les nombreuses publications tirées des archives de Bruxelles, par Michel Horvâth, celles de Londres, par E. Simonyi; les correspondances de N'icolas Olâii, par Ipolji, les œuvres de larchevéque Verancsics 'douze volumes . par Szalay et Wenzel et la correspondance de Thomas Nadasdy, par Kârolyi et encore d'autres mémoires de l'époque édités avec grand soin. Le xvii* siècle, l'époque de la réaction catholique et des luttes héroïques des princes de la Transylvanie, est riche en monuments; La Correspondance de Betitten et les Archives de Georges P*" Râkoczy par Szilâgyi, YArcIni'um Râkocziamim, dont l'infatigable Thaly rédige les nombreux volumes et qui contient surtout les documents sur Georges II Râkôczy, sur la famille Bercsényi et les grands généraux du dernier prince transylvain. Les rapports de la Hongrie avec
LA VIE SCIENTIFIQn: 339
la Turquie sont éclairés par les Archives turcomagyares, dont la première série est due à Szilagyi et à Szilady, tandis que la nouvelle série sous le titre : Historiens turcs relatifs à la Hongrie fut commencée par Thury ; les Livres des comptes des employés turcs en Hongrie furent édités par Yelics et Kammerer. A ces documents s'ajoutent les nombreuses correspondances, autobiographies, livre de comptes des grands personnages historiques, le Corpus statutorum Huagariae riiunicipaliura, par Kolosvâri et Kelemen Ovéri et une foule de documents qui éclairent tous les aspects de l'histoire. Les matériaux ne manquent pas ; il ne reste qu'à les mettre en œuvre.
A côté de la publication des documents nous voyons que depuis sa fondation, l'Académie a également favorisé les travaux historiques proprement dits ^ Avant la Révolution nous trouvons deux historiens d'une grande valeur, mais dont l'œuvre est restée inachevée, Paul Jâszay (1809- 1852], dont l'histoire du peuple hongrois après le désastre de Mohâcs (1846) était le fruit de grandes recherches sur l'histoire politique et sociale, religieuse et morale. Jâszay n'a pu achever que le premier volume, l'histoire de six mois. Le comte Joseph Teleki (1790-1855) président de l'Académie, voulait raconier en douze volumes l'époque des Hunyadi. De 1852 a 1857, parurent neuf volumes, y
1. Voy. les deux bulletins dans la Revue historiqtie, I (1876), par M. Sayous et tome XXXIII (1887) par Lederer et Marczali.
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compris les documonls. Teleki a ramassé pendant trente ans les matériaux et montre un esprit éminemment historique et critique. L'ouvrage imprimé à ses frais, fut olfert à l'Académie et les revenus employés à l'impression des Monumenta. L'Académie à son tour a confié à Csâuki la continuation de l'ouvrage, qu'il complète par une géographie historique de la Hongrie, à l'époque des Hunyadi. — Le père de l'historiographie moderne en Hongrie, est l'évéque Michel Horvath i 1809-1878 . Compromis par la Révolution hongroise, il a dû se réfugier à l'étranger où il a fouillé les Archives et a publié, sous le nom de Hatvani, des documents importants. De 1842 à 1846, il a donné la meilleure histoire des Hongrois en quatre volumes, dont les extraits sont toujours employés comme livres classiques; tandis que l'édition complète en huit volumes, est encore aujourd'hui le manuel le plus consulté. Son Histoire des vinr/t-cinq ans (1823-1848) et Vllisfoire de la Rcvolation tiennent le milieu entre l'histoire et les mémoires. Ses nombreuses monographies parmi lesquelles la vie de Thomas Nâdasdy, de Georges Frater, d'Ilona Zrinyi et Y Etablisse ment du ehristianisme en Ilonfjrie sont les plus importantes, se distinguent par une science judicieuse, une grande clarté d'exposition et une remarquable impartialité, môme au point de vue religieux.
Parmi les grands historiens il faut encore mentionner deux hommes qui ont joué un rôle important dans l'histoire politique de leur pays et qui. par la largeur de vue. leurs grandes connaissances de la
vie politique et sociale des autres États européens ont puissamment contribué au développement de rhistoriographie. Ce sont Ladislas Szalay (1813- 1864) et Antoine Csengery (1822-1880 , tous deux avec le baron Er.ivos, les chefs du parti des centralistes. Szalay, ami d'enfance d'EotvOs, s'adonna, après quelques essais littéraires, à l'étude du droit, de la politique et de l'histoire. Son but était de réformer le droit et la législation magyars en s'inspirant des hommes d'État de l'Occident. Ses articles dans le Pcsti Ilirlap ont prêché une centralisation plus forte et une représentation plus démocratique au Parlement. Ses études sur Pitt, Fox, Chatham, Mirabeau, Guizot, ïhiers, 0' Connell, ces grands parlementaires de l'étranger, n'avaient pas d'autres but. Dans son exil, en Suisse, il a commencé son Histoire (lu peuple JtO/igrois où, sans flatter sa nation, il lui a indiqué les vices fondamentaux de sa vie sociale, en lui montrant en même temps ses droits imprescriptibles et les devoirs qu'elle a à remplir. Les six volumes de cet ouvrage un peu sec, mais toujours impartial, mènent l'histoire jusqu'en 1700 et mettent surtout en lumière le développement de la constitution, en prêchant l'exemple de l'étranger, surtout celui de la France et de l'Angleterre et en insistant sur la mission de la Hongrie en Orient. Ant. Csengery, la main droite de Deàk, est avec Eutv<»s, l'historien le plus ouvert aux idées de l'Occident. Vice-président de l'Académie, il a prononcé l'éloge du créateur du dualisme, un des meilleurs que nous ayons. Il excelle dans les por-
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traits des hommes politiques et son livre nommes d'État et politiques Jtongrois (paru également en allemand, 1851) est le meilleur sur les hommes de répoque de la Réforme : Paul Nagy, Szemere. Oedun Beuthy, Auréle Desewffy, le baron Eotvus, Kossuth et Deâk. Ses études historiques ;1857i donnent des fragments dune histoire de la civilisation hongroise; son modèle était Macaulay dont il a traduit rilistoire d'Angleterre. Ses discuurs et rapports sur les réformes de Tinstruction publique, montrent une grande connaissance de la vie scolaire en Europe. Il a fondé la Budapest i Szemle ;1857-1800; pour mettre le public hongrois à même de suivre le courant des idées de l'Occident et après le dualisme, il devint le rédacteur des principaux rapports de la Chambre.
Un des historiens les plus sagaces de la Hongrie moderne est François S.\lamon (1825-1892 , éminent aussi comme critique littéraire. Ses études sur l'État de la Hongrie sous la domination turque, sur Les Premiers Zrinyi, sur La Pragmatique sanction, sur La Guerre chez les anciens Magyars et surtout son Histoire de Budapest, sont autant de chefs-dœuvre tant par la pureté du langage, assez rare en Hongrie, que par une grande puissance d'évocation et beaucoup de sens critique dans l'appréciation des sources. — Charles Szahô, l'historien de Kolosvâr (1821-1892;, est surtout remarquable par ses études critiques sur les Huns et les plus anciennes sources de l'histoire magyare {y Anonyme du roi Bêla et Kèzai) qu'il a traduites
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et commentées dans cette forte langue dont les écrivains transylvains possèdent le secret. Il a écrit Yllistoire des ducs magyars (depuis la prise de possession jusqu'à saint Etienne, 1000) et a donné une source inappréciable pour la bibliographie magyare dans son Ancienne Bibliothèque hongroise jusqu'en 1711 (3 volumes). — Le chef des historiens de la Transylvanie, l'éditeur infatigable de ses Monumenta est Alexandre Szilagyi (né en 1830) qui, outre les volumineuses introductions à ses éditions, a donné une histoire de la Transylvanie et une histoire de la littérature du même paj's ; les rapports de Bethlen avec la diplomatie de l'étranger ont été étudiés par lui.
Guillaume Fraknùi (né en 1843) est un historien d'une grande envergure. Longtemps secrétaire perpétuel de l'Académie, actuellement évéque de Nag}^- Vârad, il travaille la plupart du temps dans les archives d'Italie. Pour la quantité et la qualité de ses publications il y a peu d'historiens, même à l'étranger, qui puissent rivaliser avec lui. On lui doit Yllistoire de Veiiscifjnement en nouyrie au xvi* siècle^ les biographies des grands hommes de l'Église en Hongrie du xvr et xvii'^ siècles (Pierre Pâzmâny et son temps, en 3 volumes ; Jean Vitéz, Paul Tomori et Pierre Vâradi), La Conjuration de l'abbè Mariinovics, La Hongrie et la Ligue de Carnhrai, La Hongrie avant la bataille de MohàcSy Le pape Innocent VI et la délivrance de la Hongrie du joug des Turcs. Toutes ses études s'appuient sur de vastes travaux d'archives et se distinguent aussi
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par leur forme achevée. Fraknûi dirifre les Momfmcnfa des diètes hongroises depuis 1526 et s'occupe actuellemenl de l'édition de la Correspondance de Mathias Corvin dont le premier volume a paru en 1893. Toutes ces œuvres sont éditées par TAcadémie. — Un des doyens de l'historiographie hongroise, l'homme le plus compétent pour l'époque des Râknczy . est Coloman Th.vly. Ses études sur Bottyân, Ocskay, la jeunesse 'de François II R?îk6czy, sur la famille Bercsényi sont pleines d'enthousiasme pour ces vaillants héros qui ont résisté si longtemps à la maison des Habsbourg. Thaly, dans ses recherches, a découvert une quantité de chants historiques et populaires de cette époque, conservés en manuscrit et dont l'histoire littéraire ne soupçonnait pas l'existence. Il dirige l'A/'chU'idjî Ràlxocziani'.in dont il édile presque tous les volumes avec des introductions historiques de grande valeur. — Wolfgang Deak a édité la correspondance des Dames hongroises ide 1515-1709\ celle du comte Emerich Tr>knli et les archives des Bujdosôk, c'est-à-dire des ennemis de l'Autriche qui, après la défaite de Râkûczy, erraient de pays en pays ; il est également l'auteur de bonnes monograi)hies. — Le comte Antoine Szécsen né en 1819 , maréchal de la Cour, s'est fait connaître non seulement par ses études littéraires Shakespeare, Dante, Alex. Kisfaludy , mais aussi par ses Essais Jiistoriqiies. S'il s'y montre conservateur à outrance, ces œuvres dénotent néanmoins un homme politique de premier ordre. — La géogra-
phie historique de la Hongrie fait l'objet des recherches de l'érudit Frédéric Pesty (1823-1889), longtemps secrétaire de la deuxième classe de l'Académie ; ses travaux sur l'ancien Banat de SzOrcny (3 volumes et Les anciens cornitats disparKS (2 volumes) sont des modèles de monographies qui reposent sur des recherches très minutieuses. Il a donné en outre des études sur les Templiers en Hongrie, sur le Duel judiciaire et a commencé un Dictionnaire des villes hongroises au point de vue historique, géographique et linguistique, dont il n'a pu achever que le premier volume. — Gustave ^VE^■ZEL (1812-1891J, que nous retrouverons encore parmi les savants jurisconsultes, a rédigé une partie des Monurnenta ; il a donné deux monographies précieuses : l'Histoire de l'agriculture et de l'exploitation des mines en Hongrie. — Jules Pauler, le fils de l'ancien ministre de la Justice, directeur des archives du royaume, a écrit l'histoire de la Conjuration de Wesselèngi et vient de publier en deux volumes Histoire de la Hongrie soies la domination des Arpàd (1803), chef-d'œuvre d'investigation, où les sources connues depuis trente ans servent pour la première fois à élucider cette époque assez obscure. — Parmi les jeunes nous citons Bêla Grunw.vld, qui a étudié la vie sociale de la Hongrie de 1711 à 1825, cette époque de la décadence et des débuts de la renaissance ; Arpâd K.\R0Li, attaché aux archives de la cour de Vienne, dont plusieurs études sur les anciennes sources
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historiques et sur la reprise de Bude en 1686, ont été très remarquées ; Thallôczy, qui s'occupe des rapports de la Hongrie avec la presqu'ile des Balkans; l'histoire de la Bosnie et de l'Herzégovine lui doit beaucoup, ainsi qu'à Asboth et à Strauss. Marcz-ili, après avoir donné un essai critique des sources historiques sur l'époque des Arpâd, fut chargé par l'Académie d'écrire l'histoire du règne de Joseph H en Hongrie, ouvrage en trois volumes, de grande importance. L'Académie a également donné la mission à Aladâr Molnar d'écrire l'histoire de l'Instruction publique en Hongrie au xviii' siècle ; le savant académicien n'a pu achever que le premier volume. Acsâdy s'occupe avec succès de l'histoire économique des xvi'' et xvii* siècles ; AVertheimer, de l'époque napoléonienne et des rapports de la France avec 1" Autriche-Hongrie ; Fejér- PATAKY, excellent paléographe, a fait des études sur les diplômes de saint Etienne et du roi Coloman ; Arpâd Horv.\tii étudie les chartes : Knauz est l'auteur du meilleur manuel de chronologie et édite les MomanoUadc l'archevêché d'Esztergom (Gran). Ajoutons enfin que la Commission historique publie sous la direction de Szilâgyi les monographies des hommes illustres de la Hongrie. Ainsi ont paru le Mathias Corvin de Fraknôi (traduit en allemande, Louis le Grand de P6r, Marie-Thérèse de Marczali, d'autres encore.
On voit que l'histoire nationale est dignement représentée par l'Académie; l'histoire universelle y est moins cultivée. L'Académie a pourtant édité
un ouvrage sur Colbert de Ballagi et les contributions à ihisloirc du recrutement de l'armée de Wallenstein du même auteur. L'antiquité est représentée principalement par les ouvrages sur la démocratie athénienne et sur Aristote de Jules ScHWARTz ; Benjamin Kallay, le ministre de la Bosnie et de riierzégovine, dont l'activité extraordinaire comme organisateur de ces provinces a été naguère constatée par la ^Dresse européenne, a écrit \ Histoire des Serbes il780-1815) et La Hongrie et VOrient.
Hors de l'Académie, nous voyons quelques savants, parmi lesquels Arpad KerékgyÂrto, qui a publié toute une série d'ouvrages sur l'histoire de la civilisation hongroise ; Jean Csontossi qui s'occupe de l'histoire de l'imprimerie et du livre en Hongrie, et Aron Kiss qui étudie l'instruction dans le pays. — N'oublions pas les principaux mémoires sur la Révolution. Les meilleurs sont ceux de Meszaros (1700-1858), ministre de la Guerre en 1848 ; Gorgey a pris la plume pour se détendre contre les attaques dirigées contre lui; Kossuth a publié dans les dernières années de sa vie une série de Mémoires de V émigration; MadarAsz, Fiâth et Degré ont raconté leurs souvenirs. François Pulszky (né en 1814), mérite une place à part. Le savant directeur du Musée national de Budapest émigra avec Kossuth, mais revint au moment du dualisme. Ses Mémoires en trois volumes, Ma vie et mon tempSy contiennent une analyse très fine des réformes antérieures à 1848, l'histoire de la Révolution et
des émigrés jusqu'en 1867. Ces mémoires sont remarquables parce que l'auteur, un des esprits le. plus cultivés de la Hongrie moderne, ne parle pa. seulement de la vie politique et sociale, mais au%si du mouvement littéraire et artistique. - La péographie lui enrichie par les travaux des vova-eur. dont nous avons parlé plus haut: avec eux il faut mentionner les voyages hardis ; 1847-1859 dan. le sud de 1 Afrique efTeclués par Ladislas Magyar L Académie publia sa Correspondance et son Jour- - nal en ISo.. puis le premier volume de son l'omu/e en 18o9; les extraits en ont passé dans toui les livres de géographie. Alexius Fényes a donné les premières descriptions statistiques do son pav. • mais le plus grand géographe Jusqu'ici était Jean HUNFALVY a820-1888;s le frère du grand philologue Outre d excellents manuels il a publié, en trois volumes, la Dcscnption cUuiaièriqm et naturelle (la royaume. La topographie historique est cultivée par RL-PP dont Y Histoire topograpki^ue de la Hongrie est surtout remarquable au point de vue ecclésiastique; Csanki, Ortvay, et surtout Pksty ont élucidé l'ancienne géographie du pays
Les études .sur l'art et l'archéologie occupèrent 1 Académie des sa fondation. Le premier volume des Annales contient une étude de Jaxkovics col lectionneur de mérite sur les trouvailles faiies i .Nagy-Enyed, mais les vrais fondateurs de cette science en Hongrie sont François Pclszky et HENszL>L^NN (1813-1888, le premier professeur d histoire de l'art à l'Université. A ceux-ci se
joignirent bientôt Jâszay, Kallay, Kiss, Érdy et "Walther qui, dans les premières années de TAcadémie, lurent souvent des mémoires sur les antiquités hongroises. En 1847, on fit les premières fouilles dans les nécropoles de Érd et de Bâta ; la même année, l'Académie adressa un appel à tous les habitants du pays, les invitant à s'intéresser aux monuments artistiques et à la prévenir du résultât des fouilles.
En même temps que du moyen âge on commençait à s'occuper des antiquités romaines. Érdy a fait connaitre les tablettes (labulae cerataej de l'époque romaine trouvées en Transylvanie (1855), dont l'écriture a tant intrigué les savants de FEurope^. En 1857, fut fondée la commiî>sion archéologique qui s'émancipa bientôt de la « Central-Commission fur Erhaltung der Baudenkmaeler » dont le siège était à Vienne. Le premier -volume de ses Publications archéologiques parut en 1859, avec des travaux remarquables dipolyi et de Paur. I>a restauration des monuments, tels que le dôme de Kassa, la cathédrale de Pécs, commence à cette époque. Les antiquités datant de l'invasion' barbare et de l'époque romaine affluent au Musée national qui, aujourd'hui, possède une des plus belles collections de monuments hunniques et avares. Henî>zlmann décrit les fouilles exécutées à Albe Royale pour retrouver les traces de la basilique de Saint-Étienne. En 18(30, l'Académie publia pour le grand public le Guide archéologique dont les deux volumes sont dus à Henszlmann et à Rûmer.
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En 1867, on inscrit au budget un crédit pour la restauration et la conservation des monuments historiques *. Rômor publie aux frais de l'Académie le Bulletin archéologique qui est aujourd'hui rédigé avec tant de compétence par Hampel.
En 180U, commence la série des monographies archéologiques où Henszlmann donne en trois volumes les Antiquités (hi moyen âge à Pccs. puis les Monuments deL<>rse et la Description de la section archèoloiiique hongroise à l'exposition universelle de Vienne en 1873 ; Rùmer, les fresques qu'on trouve en Hongrie ; Myskovszki, en deux volumes, les monuments de Bârtfa. Puis viennent de nombreux mémoires sur chaque contrée du pays, sur la sculpture, la peinture, l'orfèvrerie du moyen âge. sur la numismatique, les terres cuites, les antiquités et les inscriptions romaines '. L'archéologie préhistorique qui trouve un terrain fertile en Hongrie est cultivée surtout par Pulszky et Hampel ; le premier a publié un important ouvrage sur l'âge de bronze
1. Ce chapitre est augmenté annuellement; dernièrement on a restauré l'abbaye de Jaak (comitat Vas-Eisenburg), des fresiiues du moynn àjj-o. des monuments dans le comitat Arva, l'église de Bude que Lotz et Székoly ont oiné de fresques, le dôme de Kassa, Téglise de Bârtfa et le caslel Vajda-Hunyad on Transylvanie.
2. Ces deiniéies furent publiées i)ar Kémer et Desjaidins, Monioxaits èpigraphiqiœs du Muscc uatiouol hongrois, 1873. Le compte rendu du huitième congrès international d'archéologie préhistoiique tenu à Budapest en 1S76 est la meilleure preuve de la vitalité de ces études en Hongrie.
en Hongrie, l'autre édite en ce moment les Antiquitès du iv^-x^ siècle en Hongrie. Tout ce que le baron de Baye a publié sur ce sujet fut préparé par les savants hon*:rois. L'époque romaine a été étudiée au point de vue épigraphique par Charles Torma et Robert Frùhlich; ce dernier a écrit un grand ouvrage sur la géographie de la Hongrie dans l'antiquité. A côté de la capitale, la province apporte son conliDgent. Les sociétés archéologiques du sud et du nord de la Hongrie. Gabriel Teglâs et Kirâly qui cherchent les antiquités dans le sud de la Transylvanie, à remplacement de Sarmisegethusa et d'Apulum, Lipp qui a fait des fouilles dans la nécropole de Keszthely et toute une phalange de jeunes professeurs enrichissent coniinuellement ce domaine. Le clergé ne reste pas en arrière. Le savant évéque Arnold Ipqlyi (1823-1886 , auteur de la Mythologie magyare (1854), a donné des ouvrages remarquables sur la peinture et la sculpture du moyen âge, sur les monuments de son évèché, Beszterczebânya, et sur la couronne hongroise.
Lhistoire de l'art est représentée par Henszl- ^LVNN qui s'est formé à Paris; ses recherches sur le style roman, son Parallèle sont les premiers ouvrages de ce genre en Hongrie ; Gustave Keleti est aujourd'hui le meilleur critique d'art; à côté de lui il faut mentionner Charles Pulszky, le fils de François Pulszky, conservateur de la galerie Eszterhâzy, Pasteiner, le successeur de Henszlmann à l'Université, auteur d'une histoire de l'art. — La
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numismatique et la héraldique sont cultivées par Éi'dy, le baron Nyary, Rupp et Ivânffy.
Avec la reprise de la vie politique les sciences juridiques et économiques ont recommencé à occuper les esprits. Les Hongrois, on le sait, sont un peuple de juristes, mais l'ancien avocat ne connaissait que son Cori,us juris latini, le Tripartitum de Verbùczy, et s'occupait fort peu des progrès de cette science à l'étranger. L'Académie, en instituant nne classe de jurisprudence et d'économie politique, voulut relever le niveau de ces études, apporter un peu de lumière dans les débats politiques et préparer les lois qu'on discutait dans les Diètes. Son premier soin était la confection du vocabulaire juridique et la traduction en hongrois du Corpus Juris. De 1834 à 1848, de nombreux mémoires furent insérés dans le TudONiâmjiâr. Ces études, si elles n'ont pas fait avancer la science du droit, ont eu du moins le mérite de traiter les questions à la lumière des progrès accomplis en Occident. Parmi les collaborateurs nous voyons Paul Szlcmenics, Zsoldos, Sztrokay, Ladislas Szalai, le baron Eutvos, Laurent Tùth, le futur ministre de la Justice Théodore Pauler ,1810-1886; et Gustave Wenzel. Les questions d'actualité que Széchenyi avait posées avec tant d'éclat dans ses pamphlets politiques, telles que Xaviticitc, l'héritage, la peine de mort, les prisons, le régime parlementaire, les fidei-commis. les principes du code pénal, le droit des femmes, tout ceci fut discuté courtoisement, les matériaux recueillis et mis pour ainsi
dire à la disposition des Diètes. La Révolution a porté uu coup mortel à ces études, on devine facilement pourquoi. Le noble rêve de tant de grands esprits semblait disparu pour toujours ; on se cantonna dans le domaine de la philosophie du droit et on traita des questions moins pratiques. En 1853, on put couronner l'ouvrage magistral du baron Eutvus sur L'iiilluciice des idées dominantes du XIX* siècle sur la société, traduit bientôt en allemand et analysé en France *. C'est l'ouvrage le plus remarquable que la Hongrie ait produit dans le domaine de la philosophie du droit. A côté d'Eutvus deux travailleurs infatigables ont enrichi cette littérature : Th. Pauler, en initiant la Hongrie à la pliilosophie du droit et aux études de droit international et de droit pénal, contribua avec Ladislas Szalai à créer ce remarquable Code pénal que le secrétaire d'État, Charles Csemegi, a élaboré en 1878 et qui fut voté par les Chambres. D'autre part, Gustave Wenzel l'historien bien connu, jeta les bases de l'histoire du droit magyar et du droit privé. Après le dualisme, les écoles de droit prirent un nouvel essor et cultivèrent toutes les branches de la jurisprudence. L'Académie n'était plus Tunique centre où l'on poursuivait ces études. En outre, la classe distincte que la science du droit avait à l'Acadéuiie disparut en 1867. Dans la deuxième classe, les jurisc(»nsultes étaient réunis avec les
> 1. Voy. l'article do Dollfuss dan> la Tierue germanique, Î861,
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historiens, les philosophes et les économistes. A partir de ce moment les lectures et les mémoires juridiques diminuèrent. Cependant la fondation du prix Sztrokay a donné une nouvelle impulsion aux grands travaux d'ensemble ; ainsi se sont distingués : Pécsy, Paul Hoffmann, Vécsey et Bozôky dans le droit romain ; Konek, Kovâcs et Kolosvâri, dans le droit ecclésiastique; Dôzsa, dans le droit de la Transylvanie ; Hajnik, dans rhistoire du droit ; Zlinszky, plusieurs lois lauréat de l'Académie, dans le droit civil; Apâthy, dans le droit commercial ; Auguste Pulszky, le fils de François Pulszky, dans la' philosophie du droit, et AVlassics dans le droit pénal ; tout récemment Concha, Arminius Neumann et Payer.
A coté des études juridiques, et toujours grâce à l'influence de Széchenyi, les sciences économiques, envisagées d'abord au point de vue pratique, plus tard au point de vue théorique, se sont vite développées. Une Revue spéciale, appuyée par l'Académie, est consacrée à ces études ; il existe une commission d'économie politique et de statistique et cette section a donné à l'Académie trois présidents, économistes très distingués. Parmi les vétérans il faut citer le président de l'Académie, Emile Desewffy ,1811-1800 , dont les Lettres de VAL fold, le pamphlet Payons! discutent les questions qui agitaient la Hongrie avant 1848; Auguste Tré- FORT ^1817-1888), le ministre de l'Instruction publique qui a succédé à Eotvus, a fait ses premières armes dans l'économie politique. Ses essais sur plu-
sieurs hommes d'État et historiens français (Tocqueville, Thiers, Guizot, Mignet) lui ont valu l'hommage public de Duruy; ses Essais (traduits en allemand) montrent une curiosité intelligente et une rare faculté d'assimilation.
Un de ses collègues, l'ancien ministre des Finances LôNYAi '1822-1884), président de l'Académie, a écrit un livre sur les Banques, ouvrage issu des négociations entre l'Autriche et la Hongrie après le dualisme. Son successeur, Kerkapoly, professeur de droit, était également versé dans cette branche de la science. Enfin, le professeur d'économie politique à l'Université de Budapest, Jules Kautz, ancien député, a obtenu presque tous les prix de l'Académie; ses Manuels sont employés en Autriche et en Hongrie. On peut encore citer : Weninger, Karvassy, Maurice Lukàcs, le grand philanthrope, Léon Beothy, Matlekovics, l'historien du budget hongrois depuis 18G7, André Gyorgy et Rezso Dobner; parmi les parlementaires : Hegedûs et Falk, tous deux membres de l'Académie.
La statistique est la dernière branche de la science cultivée par l'Académie *. Le premier travail fut celui d'Alexandre Konek, publié en 1859 sous le titre : Trois ans de statistique criminelle (1855-1857). Cette science fit des progrès si rapides en Hongrie que les membres du IX* congrès inter-
1. Il faut cependant mentionner les travaux de statistique géographique d'Alexius Fényos qui, en 1839 et 1843, a obtenu Je grand prix de l'Académie,
national de statistique, tenu au palais de l'Académie en 1875, purent constater que jamais congrès ne fut mieux préparé au point de vue scientifique.
L'ancien chef du bureau statistique, Charles Keleti, a obtenu le grand prix avec son ouvrage Notre pays et son peuple (1872;; le bureau statistique de la capitale est dirigé par Josep KuRdSi. dont les travaux sont très estimés même à l'étranger '. Konek, qui a été longtemps professeur.de statistique à l'Université, Jean Hunfalvy le géographe, ont également donné de bonnes études en ce genre.
Aujourd'hui, Louis Léng, Bêla Fiddes, Jekelfalussy et Galgoczy publient des travaux remarquables : les uns s'occupent de la statistique de la population et arrivent souvent à des résultats surprenants au point de vue des nationalités, les autres de la statistique du commerce, de l'industrie et de l'enseignement.
Les études philosophiques ne montrent pas jusqu'ici un grand progrès: en somme, la tentative hai'die de Apacai est restée stérile. Non pas que le Hongrois manque de sens philosophique mais il recherche volontiers le côté pratique : les spéculations pures ne sont pas de son goût. L'Académie a fait son possible pour développer ces recherches comme les autres, mais elle est impuissante là où
1. KOrôsi dirij^'e deiiuis IsOl los MoJiograpJiies des conitats que l'Académie édite. Cliaque département sera décrit par un spécialiste. On aura ainsi le tableau exact de la vie économique et intellectuelle de la Honj^ne à la fin du xix* siècle.
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les esprits ne sont pas préparés par l'école. En 1834, elle a publie le Lictionnaire philosopTdqy£ qui a créé le vocabulaire nécessaire; en 1839, elle édita YAnthrojjOlOf/ie jjJû'losophiqiœ de Samuel Kuteles, qui, avant la Révolution, était le seul représentant de cette science. Cyrille Horvath 1804-1884) de l'ordre des Piaristes, qui occupa la chaire de philosophie à l'Université, était certainement un homme de beaucoup de savoir. Il connaissait à fond les systèmes des difi'érentes écoles, mais il n'a jamais mis en lumière dans son ensemble son système à lui, qu'il appelle le Concrélisme, c'est-à-dire la synthèse de nos perceptions des choses idéales et réelles. Ses travaux sur la philosophie positive et négative 1854-1858 de même que ses études sur Fichte et Schelling sont de bons travaux historiques. Gustave Szontagh 1793-1858; voulut créer une philosophie magyare et publia, entre 1854 et 1857, Les fondcincnts du Parthèiwa magyar. Comme Hetényi 1780-185:3 , il prêchait une sorte de philosopliie pratique, un socratisme assez vague destiné à remplacer la i»hilosophie allemande. Le dernier des polyhistoriens magyars Samuel Bil^.ssai qui, à quatre-vingt-dix ans, publie encore des articles sur les sciences naturelles, la physique, les mathématiques aussi bien que sur des questions de grammaire, a donné une Logique et une Psychologie. L'Académie a édité les œuvres d'Apâcai en 1867 ; Erdélyi voulut écrire Ihistoire de la philosophie en Hongrie, mais il n'a donné que des fragments qui vont jusqu'au xviii' siècle. L'auteur fait entrer