‹ La Hongrie littéraire et scientifiqueChapitre 26 sur 34 · II. — Sociétés littéraires et savantes · texte numérisé non relu

II. — Sociétés littéraires et savantes

L'Académie est comme le foyer lumineux de la vie sciontilique en Hongrie, les autres sociétés

1. Sur \o niouvoiiiont aitisliquc en Hongrie dans les détails duquel nous n<' pouvons pas entrer, les meilleurs renseig-nenients se trouvent dans : Oeslerreich-Ungarv in Wori nnd BihUHûuyrif, vol. 111, 1893;.

lui sont, pour ainsi dire, subordonnées; beaucoup d'entre elles reçoivent sou hospitalité . Elle subventionne même celles dont les revenus ne sont pas suffisants pour couvrir les Irais de leurs publications. La société littéraire la plus importante est celle qui porte le nom de K/sfaliuly, fondée après la mort de Charles Ivisfaludy, en 18:30, par les amis du grand écrivain qui fut le créateur de la comédie hongroise. Elle a surtout pour but de cultiver la littérature nationale, de jjublier des travaux esthétiques, de traduire les chefs-d'œuvre poétiques de l'étranger, de recueillir les restes de la poésie populaire et de répandre le goût des belles-lettres par ses concours et ses séances mensuelles. C'est, en effet, parmi ses membres que l'esthétique magyare a trouvé ses meilleurs représentants.

Jusqu'à sa fondation ou se contentait de traductions, comme celles des Leçons de Blair traduites par Kis; la Société Kisfaludy fit traduire, dès sa fondation, les écrits sur l'art des Anciens; la Poétique d'Aristote, le Traité du Beau de Longin, Quintilien, Horace, Boileau et Pope; c'est dans les Annales de cette société que Jean Erdélyi et Heuszlmann publièrent leurs travaux sur le Beau et le Style. Ee premier professeur d'esthétique à l'Université de Budapest, Auguste Greguss (1825-1882 s fut pendant vingt ans secrétaire, puis vice-président de cette société ; il j^eut être considéré comme son théoricien le plus autorisé. En 184U, il publia les Principes Oe l'esthétique, livre écrit

SOUS l'empire des théories de Hegel, mais dont certaines parties sont originales ; plus tard, il subit l'influence des théoriciens français. Son système, qu'il enseigna à l'Université, ne fut pas publié. Son ouvrage couronné, Sur la ballade, est certainement l'étude la plus développée qui ait paru en ce genre, même à l'étranger. Il se fit le commentateur esthétique des ballades d'Arany et put achever avant sa mort le premier volume de sa Vie de Shakespeare (1880). Ses Études ont été réunies en 1872. Greguss était aussi un bon fabuliste et surtout un excellent traducteur, il a donné le Timon, Mesure pour Mesure de Shakespeare et le Cid de Corneille.

Greguss, Gyulai, président, et Beuthy, SK^crétaire actuels de la Société, ont formé les jeunes critiques esthétiques, tous imbus des théories de Taine. Parmi eux se distinguent : Eugène Péterffy, Frédéric Riedl, le biographe de Madâch et de Arany, David Angyal et Haraszti. La Société Kisfahcdy, dont les cinquante membres représentent dignement les lettres et la poésie, a mérité de grands éloges pour ses recueils de poésie populaire. La collection, commencée par Erdélyi, fui continiiée par Kriza, Gyulai et Ladislas Arany. On ne se contente plus de la poésie populaire magyare, on traduit aussi les poésies des autres nationalités (Slaves, Roumains, Saxons) qui habitent le territoire de la Hongrie. Ces recueils constitueront peu à peu le trésor poétique du peuple. La Société donne également les meilleures traductions ; grâce à elle le théâtre a pu jouer tout Shakespeare et l'on vient

*^~^ LHTŒ II

d achever Molière '. De même qu'elle avait chargé Greguss d'écrire, en guise de préface à l'excellente traduction de Shakespeare, la vie du poète anglais elle a chargé Haraszti, connu en France par son étude sur André Chénier ^ d'écrire la vie de Mohère Elle a fait traduire, en outre, quelques pièces de talderon, de Lope de Vega et de Moreto, le Don f^^'l^oiteâe Cervantes, Byron, La Légende de FrithjofT de Tegner, des écrivains russes, suédois et même des poètes de l'Orient, sans compter une loule de romans étrangers. Les Annales, surtout la nouvelle série depuis 18G0, sont le répertoire le plus riche de dissertations esthétiques et littéraires. Elles reflètent fidèlement le mouvement des trente dermères années. Toute une pléiade de jeunes traducteurs en vers s'est révélée à ses concours, comme Radô, qui traduit surtout les poètes lyriques français et italiens; Jean Csengeri, le philologue qui a traduit des parties de VOdyssèe et 1 Orestie d'Eschyle. Le grand dramaturge Csiky a traduit Sophocle et Plaute avec le concours de cette Société.

Beaucoup plus modeste est la Société littéraire Petup. Elle réunit les jeunes, et se compose principalement d'écrivains que leurs opinions littéraires très avancées ont empêché de franchir les portes . de la Société Kîsfaludy. Elle fut fondée en 187(3

JÙVT^''''''T ^"' ^''''' ^°°t '^^'^^^^ faites dans le motre de 1 ong-inal.

Page 1