‹ La Hongrie littéraire et scientifiqueChapitre 8 sur 34 · Lf'ttn's il'AdoJpJit', Loip/ii:-. 177s · texte numérisé non relu

Lf'ttn's il'AdoJpJit', Loip/ii:-. 177s

fut ravi. Mais ce mouvement produisit en outre un vrai chef-d œuvre en prose. C'est le roman intitulé Les Reliques de Fanny, par Kârniân (1769- 1795), paru dans la revue Uranie, en 1794. Kârmàn avait étudié le droit à Vienne et à Pest ; il se fixa dans cette dernière ville comme avocat et eut, un des premiers, Vidée de faire de Pest, alors presque complètement allemand, le centre littéraire du pays. Il se lia avec plusieurs écrivains pour fonder .une revue où il publia presque toutes ses œuvres. Il s'y montre ardent patriote, s adressant surtout au public féminin, dont il attend le relèvement des mœurs, des coutumes et de l'esprit magyar. Il n'hésite pas à faire la satire des dames qui imitent en tout l'étranger. Dans son chef-d œuvre Fanny, il s'est sans doute inspiré du Werther, mais chez Kârmàn, ce n'est pas un homme qui succombe sous la passion, c'est une femme. Fanny, dont le cœur tendre est froissé par un père aux préjugés aristocratiques et par une marâtre, aime passionnément un jeune homme de condition sociale inférieure. Le mariage étant impossible on les sépare et alors commencent la correspondance et les notes de journal qui constituent le roman. Il se termine par la mort de Fanny. Kârmàn, comme Gœthe, n a fait que poétiser une histoire vraie : le jeune homme c'est lui ; Fanny est une certaine comtesse Markovics. La supériorité de cet ouvrage réside dans la simplicité du style, qui le distingue avantageusement des productions maniérées de la même époque. Fanny offre toutes les qualités

d'un bon récit. Comme Gœthe, Karman a su tirer habilement parti des images et des scènes de la nature et de leur influence sur rhéroïne : autant de nouveautés dans la prose hongroise vers la fin du xviir siècle.

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