‹ La Hongrie moderne de 1849 à 1901; étude historiqueChapitre 135 sur 168 · CHAPITRE VI Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI Î

dépeignant l'importance de la solennité en quelques phrases émues et bien appropriées à la circonstance. Ensuite on promulgua la loi du Millénaire au milieu de l'enthousiasme de toute l'assistance. Pour ramener au château royal la couronne, le cortège se reforma alors une seconde fois. Maintenant les magnats et les députés se dirigèrent vers la salle du trône pour y présenter leurs hommages au Roi apostolique et à la Reine de Hongrie. Ce fut Didier Szilâgyi, comme président de la Chambre des députés, qui prit la parole au nom de la nation, en prononçant le discours suivant :

« Majesté Impériale et Royale Apostolique, « Notre plus gracieux Maître !

«1 C'est aujourd'hui le vingt-neuvième anniversaire de l'heure où, rempli de joie et d'espérance, le Parlement de Votre royaume de Hongrie s'approcha du trône pour La saluer comme son roi couronné !

« Maintenant, c'est le cœur débordant de gratitude que nous nous présentons devant Votre Majesté. Nous nous présentons pour lui exprimer nos hommages reconnaissants d'avoir voulu sanctionner la loi que l'on vient de promulguer et de faire la déclaration royale, pour laquelle, en guise d'écho, ce sont les remercîments de millions et de millions de cœurs et de lèvres qui remontent v^rs les degrés du trône !

« Le marbre sur lequel on gravera la loi peut disparaître; mais la source de force morale que cette déclaration royale a l'ait jaillir, et d'où les générations les plus reculées pourront elles-mêmes puiser de l'enthousiasme dans des moments graves et décisifs, ne tarira jamais dans l'âme de la nation.

« A cette occasion nous nous sommes groupés autour de la couronne, afin qu'en la désignant à la vénération de tous, nous fassions témoignage non seulement du droit à cause duquel elle revient légitimement à Votre Majesté, mais aussi des vertus royales, dont l'époque écoulée renferme d'innombrables exemples, et en raison desquelles Elle la mérite.

« Que Votre Majesté agrée avec bienveillance les hommages

reconnaissants d'une nation qui ne put jamais séparer la couronne du constitutionnalisme.

« Quand nous avons vu paraître Votre Majesté, ayant à ses côtés la Reine, qu'entourent la gratitude et la piété indestructibles de la nation, et se trouvant au milieu de Leurs Altesses Impériales et Royales les membres de Sa Maison, pour prendre part à nos commémorations et à nos joies, et pour guider nos efforts futurs ;

» Quand le gouvernement et un grand nombre des membres de la législature des royaumes et des pays avec lesquels nous sommes unis sous la maison régnante de Votre Majesté, nous ont honorés de leurs présences à nos fêtes et nous ont exprimé leurs sentiments amicaux ;

(i Quand il a été envoyé à Votre Majesté par les puissances alliées et amies des félicitations, des souhaits de bonheur et des témoignages de sympathie,

» Nous avons senti retracer dans notre âme les tableaux glorieux du passé, et nous nous sommes rendu compte de la force d'un souverain et d'un peuple complètement d'accord en fait de sentiments et d'efforts. Étant pénétrés de la vérité qu'une nation n'a de droit à une longue existence qu'en proportion de la piété avec laquelle elle se rappelle de ses aïeux et du recueillement avec lequel elle accepte les enseignements que la Providence a écrits dans son histoire, c'est à la lueur des expériences acquises dans le passé que nous étudions les chemins de l'avenir, à l'occasion du Millénaire de notre existence nationale.

« G est l'anniversaire du couronnement que nous avons choisi pour la célébration de cette fête; il se forma ce jour-là une union étroite entre le roi et le peuple en vue de tendances qui, si les deux y restent attachés, garantissent pour des temps incommensurables l'État hongrois ainsi que son indépendance constitutionnelle et ses libertés antiques, l'unité indivisible de la nation hongroise et les liens qui, sur la base de la communauté de la maison régnante, réunissent l'État hongrois avec les autres royaumes et pays de Votre Majesté.

« Auguste Souverain ! Nous croyons découvrir dans tout ceci

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