‹ La Hongrie moderne de 1849 à 1901; étude historiqueChapitre 137 sur 168 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

tueux, c'est avec confiance que nous laissons derrière nous les bornes que les fêtes actuelles placent entre le passé et l'avenir. i< Nous vivons en commun avec les nations civilisées et au milieu de la concurrence qu'elles se font. Aussi faut-il que nous restions à leur hauteur au point de vue du progrès. Nous comprenons que des épreuves nous attendent à cet é^jard, et que nous devons faire encore de grands et incessants elforts. Des questions politiques et autres, qui déjà ailleurs provoquent des crises, se mettront chez nous aussi sur le premier plan. Comme nous l'avons fait au cours de notre histoire, ce sera également avec empressement que nous accepterons dans l'avenir les conquêtes les plus nobles et les plus mûries de la civilisation, tout en nous attachant cependant aux bases historiques considérables de notre pays et en cultivant toute force conservatrice, recommandée par l'expérience des temps passés. « Une telle force conservatrice est l'attachement au trône; elle est enracinée dans toutes les couches de la nation avec l'énergie des forces des éléments, et procède de la conviction qu'on ne doit jamais séparer l'intérêt et le sort de la maison régnante de ceux de la nation, ni la fidélité envers la Patrie et le Roi.

« Que ce sentiment ne s'affaiblisse jamais dans nos cœurs, que cette conviction ne devienne jamais obscurcie dans nos esprits! Qu'ils restent une tradition impérissable aussi bien dans la maison royale que dans la nation!

« En Lui présentant nos hommages avec le plus profond respect, nous implorons Votre Majesté humblement et pleins d une confiance dévotieuse, de vouloir bien être notre guide au milieu de nos efforts futurs !

" C'est une faveur particulière, accordée par le Tout-Puissant à la nation hongroise, de posséder un roi doué de la faculté d unir les forces, d'enthousiasmer et de modérer simultanément.

«i Nous prions la Providence avec ferveur de vouloir prendre Votre Majesté sous sa protection dans l'avenir aussi et de La conserver sur le trône le plus longtemps possible! " Vive le Roi ! »

Si ce discours, qui peut passer pour le Credo du « parti libéral » hongrois, impressionna beaucoup déjà l'assistance, notamment le passage concernant l'impératrice-reine Elisabeth, la réponse de François-Joseph souleva chez elle une véritable commotion patriotique. Elle était ainsi conçue :

« Messieurs les Magnats et les Députés, Nos chers et honorés féaux !

« C'est avec joie que je salue ici les Magnats et les Députés réunis de ma Hongrie chérie, et en agréant leurs hommages avec remerciements, je rends grâce à la divine Providence d'avoir permis que ce soit moi qui puisse fêter, au milieu de ma nation hongroise bien-aimée, la commémoration de l'existence millénaire de l'État hongrois.

Il Cette solennité, rappelant la tin d'une époque historique, est rare et émouvante. Et comme le pays se sent remué par sa grande signification, nous souvenir d abord avec piété de nos aïeux est tout indiqué. Outre la protection de Dieu, c'est leur sagesse qui a assuré l'existence de l'État jusqu'à nos jours. Aussi devons-nous puiser de l'histoire la moralité utile que ce pays n'a été fort et florissant que quand, attachés à leur roi et à leur religion, ses fils ont vécu entre eux en bonne intelligence fraternelle et qu'ils ne se sont trouvés entourés de dangers qu'au moment où c'étaient des luttes intestines qui paralysaient sa vitalité. Mais l'histoire impose au pays, en dehors de cela, le devoir aussi de se souvenir avec gratitude de ses voisins et des nations qui lui sont venus en aide avec empressement, notamment le jour où il a combattu l oppresseur étranger pour sa délivrance, et qu'il n'oublie pas non plus ses autres voisins, avec qui Theur et le malheur ainsi que la sagesse de nos aïeux l'ont réuni pour fonder ici une Monarchie dont l'existence est une nécessité européenne, et que, en ayant hérité de mes aïeux, j'ai le devoir sacré et l'intention de transmettre intacte à mes successeurs, comme l'exige aussi du reste l'intérêt de chacun des deux États.

" Mon plus ardent désir est donc que non seulement les tendances en faveur de ce lien ne se diminuent pas, mais qu'elles restent au contraire à jamais irréductibles et qu'elles

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