‹ La Hongrie moderne de 1849 à 1901; étude historiqueChapitre 138 sur 168 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

soient — jointes à la sympathie — parallèles dans les deux États de la Monarchie, comme doit rester parallèle aussi la conviction que ce ne sont pas seulement des droits qui en résultent pour les deux parties, mais aussi des devoirs, conlormément aux dispositions de la Pra^jmatique sanction et du compromis actuellement en vigueur qui en découle, grâce auxquels le développement et la prospérité de toute la Monarchie, et surtout ceux de ma Hongrie chérie, ont pris des proportions si satisfaisantes, — sans porter atteinte cependant à Tunité, devant être toujours maintenue, de la nation hongroise politique, ainsi qu'au développement, allié au respect envers l'État unifié et ses lois, des nationalités diverses, comme aussi aux relations consacrées par l'histoire et les lois qui unissent la Hongrie à ses royaumes annexés, tout en tenant compte de leurs droits autonomiques.

« Mille années sont un laps de temps déjà considérable, même dans l'existence des États. Quoi de surprenant, si, pendant leur durée, la Hongrie eut à supporter, à côté de plusieurs périodes brillantes, beaucoup de vicissitudes aussi; elle y subit de grandes catastrophes, paraissant menacer d'anéantissement l'existence de la nation à maintes reprises. Le patriotisme et le libéralisme ardents de la nation hongroise, son courage militaire et sa fermeté inébranlable dans 1 adversité, ont, avec l'aide de la divine Providence, toujours vaincu les dangers, démontrant ainsi brillamment sa vitalité et ses aptitudes de conserver l'État.

i< Il faut que nous nous rappelions dans ce moment solennel, et avec éloges, de ces facultés éminentes de la nation hongroise, et je souhaite chaleureusement que pendant le cours infini des siècles futurs, ce soit toujours le flambeau du vrai patriotisme qui guide la nation, complètement d'accord avec ses rois, et que ce soit toujours, même au milieu des bienfaits de la paix, à l'aide d'une contention sereine et en tenant compte des circonstances et des conditions existantes, que les Hongrois s'assurent le développement et l'épanouissement paisibles de la vie nationale.

« Un rôle des plus importants échoit au Parlement dans le

règlement du sort de la patrie ; aussi est-ce également mon vœu chaleureux que, conscient de la gravité de sa mission et ayant la conviction de ne pas avoir seulement des droits spéciaux qui lui reviennent en sa qualité de législateur, mais aussi des devoirs envers le pays, dont la prospérité morale et matérielle dépend en majeure partie de la sollicitude du Parlement et qui y compte légitimement, — chaque membre de ses deux Chambres fasse par son assiduité et par son travail à ne pas tromper cette attente, tous ses efforts, en vue desquels mon concours et ma bienveillance complètement concordants lui sont d'avance acquis.

Il En nous consacrant avec une mutuelle confiance et avec des forces réunies à la solution de ce noble problème, renonciation que renferme la loi pieuse, promulguée dans noire séance solennelle d'aujourd'hui, et qui est ainsi conçue : c Telles sont les bases solides de cette harmonie bénie, dont la puissance est en même temps un gage de progrès certain pour les siècles à venir, » — se trouvera largement réalisée.

o Dieu veuille qu'il en soit ainsi, maintenant et dans l'avenir le plus lointain ! »

Des salves d'artillerie des monitors amarrés le long des quais de la rive droite, annoncèrent bruyamment la fin de cet inoubliable cérémonie à la population de la capitale hongroise. En apprenant par les journaux le contenu des discours prononcés, sa joie ne fit qu'accroître encore, car il était la preuve irréfutable de l'union la plus étroite entre la couronne et la nation. François-Joseph la souligna au surplus par la bonne grâce avec laquelle il prit part aux fêtes de l'Exposition millénaire. A celle de la jeunesse des écoles, il s'abandonna tellement au courant joyeux qui s'y établit à la vue des exercices gymnastiques fougueusement exécutés, qu'il prolongea sa visite d'une heure, donnant ainsi, pour la première fois de sa vie, un démenti à l'horaire protocolaire!

Mais les solennités commémoratives ne se centralisaient pas seulement à Budapest. Sur la proposition de M. Goloman Thaly, le poète historien, on fit élever sur sept points historiques du territoire de la Hongrie autant de monuments con-

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