CHAPITRE VI
élevé dans le courant de l'année 1898, et inauguré le 21 octobre (I).
Le 25 mai, jour où le souverain adressa à ce sujet son rescrit royal au baron Bânffy, provoquant un attendrissement reconnaissant dans la Hongrie tout entière, il y eut à la Cham bre des députés une présentation de projets de lois de la part du ministre de la défense nationale, qui répondit merveilleutement à l'une des plus secrètes aspirations du peuple hongrois. Le premier se rapportait à la création de cent trente bourses nouvelles pour les élèves de nationalité hongroise des écoles militaires de Tarmée commune, où il n'y en avait eu jusque-là que cent vingt, tandis que le second concernait la transformation de VAcadcmie Ludovica^ consacrée précédemment à l'éducation des olficiers des honvéds, en véritable école de guerre hongroise, avec la création d'un lycée et de deux écoles de cadets subsidiaires y préparant. C'était ôter des mains du <i parti national > les armes dont il se servait le plus efficacement contre le gouvernement, en prétendant qu'il ne facilitait pas à l'élément hongrois l'accès de la carrière militaire. Mais, d'autre part, Budapest réclamait incessamment l'éloignement des casernes de l'intérieur de la ville, ainsi que le démantèlement de la citadelle qui, du haut des rochers de Saint-Gérard, semblait être une menace contre l'indépendance de la capitale et rappelait désagréablement au spectateur les tristes souvenirs de l'époque où elle avait été construite sous l'absolutisme. Le cabinet du baron Bànfly donna également pleine satisfaction à l'opinion publique sur ce point.
Ce fut un succès d'un tout autre ordre d'idées que remporta la Hongrie pendant l'automne de l'année de 1897. François- Joseph reçut à Budapest, presque coup sur coup, la visite de
(1) Il a été construit d'après les indications de M. Jules de Forster, membre de l'Académie des S' iences honf;roises et président de la Commission des monuments historiques en Hongrie. Le mausolée se trouve dans la chnpelle de la Sainte-Trinité et la décoration qui surmonte le sarcophage est une heureuse combinaison de divers détails, empruntés à la cathédrale de Chartres et à l'église de Saint-Trophime d'Arles, gracieusement communiqués à M. de Forster par le Musée du Trocadéro, avec la permission de M. Lucien Paie, le savant chef du bureau des Monuments historiques.