‹ La Hongrie moderne de 1849 à 1901; étude historiqueChapitre 141 sur 168 · LA HONGRIE MODEP.NE · texte numérisé non relu

LA HONGRIE MODEP.NE

S. M. l'empereur d'Allemagne Guillaume II, et quelques jours après celle de LL. MM, Carol I" et Elisabeth, le couple royal de Roumanie. La présence dans la capitale hongroise du souverain allemand eut un retentissement universel, non seulement parce qu'elle démontrait la parité politique complète de la Hongrie avec l'Autriche, mais aussi à cause du toast que Guillaume II prononça au diner d'adieu.

il Nous suivons chez nous, disait-il, avec un intérêt sympathique, l'histoire de la chevaleresque nation hongroise, dont le patriotisme est devenu légendaire et qui n'a jamais refusé de sacrifier son sang et son bien au service de la croix. En entendant prononcer les noms de Zrinyi et de Szigetvar (I), le cœur des jeunes Allemands bat plus fort encore aujourd hui. C'est avec une admiration sympathique que nous avons suivi aussi les fêtes du Millénaire, célébrées avec un faste si impressionnant par la fidèle nation hongroise, filialement groupée autour de la personne vénérée de son roi. Ses monuments décèlent son goût artistique, tandis qu'en éloignant les obstacles de la navigation aux Portes-de-Fer, elle a ouvert des voies nouvelles au commerce et à la circulation. C'était placer le royaume de la Hongrie parmi les États civilisés sur le pied de l'égalité la plus complète. »

Pour séduire tout à fait ses hôtes, déjà troublés par les paroles précédentes si flatteuses, Guillaume II finit son toast en prononçant quelques mots aimables en hongrois. L'enthousiasme que cette attention délicate souleva dans le pays fut général. Venant de la part d'un grand de la terre aussi puissant et aussi remarquablement doué que l'empereur d'Alle-

(1) Nicolas Zrinyi défendit la forteresse de Szigeth contre Soliman le Magnifique, en 1566. Il niourut avec ses conipapjnons d'armes, au nombre de 2,500, de la manière la plus héroï(jue possible. Sa résistance inattendue exaspéra tellement le sultan qu'il mourut de rage avant Zrinyi. Le divan ayant tenu sa mort secrète, ne permit pas à l'armée assiégeante de se décourager avant l'issue de la lutte, qui tourna à l'avantage des Turcs. C'est le poète allemand Korner <|ui rendit si populaire le nom de Zrinyi en Allemagne, avec sa tragédie portant le même nom. l>ans la littérature liongroise, il y a une épopée intitulée : Ohsidio sitjetiana, écrite par Zrinyi le poète, arrière-petit-fds du héros, qui célèbre ce haut fait. Fille a paru en 1651 et se compose de 6,232 alexandrins hongrois, répartis en quinze chants.

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