‹ La Hongrie moderne de 1849 à 1901; étude historiqueChapitre 152 sur 168 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

de Tallian et Gabriel de Daniel, mettant fin ainsi à la lonjjue présidence d'àye de M. Madarâsz, chaudement remercié par tous les partis. L'indemnité a été votée dans la séance suivante, après le discours de M. Ambroise Neményi, rapporteur. Le 4 mars, les deux projets de loi sur le contingent (il y en a toujours deux, parce que le contingent fournit des recrues à la Fois pour l'aruiée commune et pour l armée des honvéds) passèrent sans encombre, et le président du Conseil eut encore assez de temps pour soumettre à la Chambre le projet du compromis provisoire. Il fut voté le 10 mars, en même temps que le provisoire avec la Croatie, par la Chambre des députés, et le 11 par la Chambre des magnats, présidée depuis le mois d'octobre par le comte Tiburce Kârolyi. La discussion du budget ne demanda que dix-huit séances. Elle permit à 1\L de Széll et à ^L de Hegediis, le nouveau ministre du commerce, de faire les déclarations les plus rassurantes sur la situation financière et commerciale du pays et des améliorations qu'ils désiraient v introduire à cet égard.

Ce fut le 14 avril que M. Plosz se présenta devant la Chambre avec son projet de loi concernant l'intervention des tribunaux en matière de litiges électoraux. On le discuta parallèlement avec la revision des règlements de la Chambre, pour la mise en œuvre de laquelle on nomma une Commission, sous la présidence de Didier Szilâgyi, avec M. Fernand Horânszky comme secrétaire. Elle finit ses travaux assez à temps pour être soumis au jugement de la Chambre avant l'ouverture de la troisième session législative. Sans introduire ^< la clôture ;> , ces nouveaux règlements constituent évidemment un progrès relativement à l'ancien état de choses, qui, sous prétexte de sauvegarder les droits de la minorité, mettait absolument à sa merci la direction de la discussion, en lui permettant de l'arrêter de mille manières différentes.

On commença les débats au sujet du projet de loi sur l'intervention des tribunaux en matière de litiges électoraux, le 29 avril. Malgré le bel exposé de M. Emeric Szivâk, rapporteur de la Commission de la justice, on trouva généralement qu'on avait tort d'admettre que le candidat puisse rembourser les

débours des électeurs, se rendant dans des voitures de louage à Tendroit où a lieu le vote. Il y eut, de la part du «parti du peuple " , beaucoup de résistance au sujet des paragraphes qui interdisent au clergé sa coopération électorale en prenant en chaire la défense soit d'un individu, soit d'un parti. Si on entendit successivement ses protestations à cet égard, celles des membres de la Chambre des magnats, notamment des cardinaux Vaszary et Schlauch, des comtes Gustave de Majlâth, évêque de Transylvanie, Nicolas-Maurice Esterhâzy, Ferdinand Zichy, ne se firent pas attendre non plus (le 10 mai). Mais elles ne purent pas résister aux arguments produits par M. de Széll et le ministre de la justice ou par MM. Horânszky et Didier Szilâgyi, qui obtinrent finalement une majorité formidable en faveur du projet de loi, dans les deux Chambres du parlement.

Le président du Conseil eut aussi beaucoup de succès en répondant à une interpellation relativement aux écarts de langage de M. Liieger, le célèbre bourgmestre antisémite de Vienne. Il les traita avec la hauteur dédaigneuse que méritent ces sortes de sorties, de la part d'individualités semblables. Il faut mentionner encore le tact avec lequel M. de Széll sut épargner à son prédécesseur à la présidence du Conseil, l'ennui de se trouver, à la Chambre des députés, en face de ses détracteurs. Le baron Didier Bânffy fut nommé, dès le 5 mars, » seigneur banneret, ii avec le titre de grand-maître de la cour royale de Hongrie, dignité qui lui ouvrit les portes de la Chambre des magnats. Dans sa circonscription électorale, ce fut M. Gabriel d'Ugron, du « parti indépendant » , qui lui succéda : car le gouvernement s'était complètement désintéressé de l'élection, conformément aux promesses du nouveau président du Conseil, aux yeux de qui la candidature officielle constitue un véritable crime de lèse-parlementarisme.

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