‹ La Hongrie moderne de 1849 à 1901; étude historiqueChapitre 160 sur 168 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

traignant l'État hongrois à l'emploi des moyens d'une défense suprême, tandis qu'à l'heure qui! est, toute comparaison disparaissant entre la Hongrie et les pays rivaux, il n'y a plus que le mauvais vouloir manifeste et le plus persistant qui puisse alimenter le foyer des sentiments hostiles, et entretenir artificiellement l'irritation au sein d'une population, par suite des bienfaits du libéralisme de plus en plus homogène.

Mais nonobstant cette amélioration rapide et graduellement acquise de la situation générale de la Hongrie, M. de Széll ne veut rien négliger, au surplus, qui pourrait en augmenter l'intensité. Se rendant parfaitement compte de l'influence des plus favorables que peut avoir une bonne administration même sur les contrées en proie à l'irrédentisme, et d'autre part prévoyant qu'il ne pourrait pas commencer la transformation radicale de l'administration élective des départements en administration nommée par le ministère, il se décida à des réformes partielles, visant la simplification de l'activité d'un caractère plutôt bureaucratique des fonctionnaires départementaux actuels. Telle est la genèse de son projet de loi sur l'unification de la gestion financière, sur l'introduction du système des chèques et du clearing dans les relations entre les caisses gouvernementales et les caisses départementales, et sur la manipulation des sommes rentrées sous forme d'amendes. Il a été voté sans grande difficulté par les deux Chambres, malgré le nombre considérable des magnats et des députés partisans de l'administration élective et successivement réduits au silence par les argumentations irréfutables du président du Conseil. Et afin que l'on ne puisse pas expliquer cette loi d'une façon désobligeante pour les fonctionnaires départementaux actuels, il la compléta par une circulaire, adressée à tous les préfets, où il annonce qu'il compte prendre dorénavant à la charge de l'État certains débours devant être faits à l'occasion par leurs subordonnés, et que leur administration ne leur remboursait pas jusqu'ici.

Avant l'ajournement des séances du Parlement aux premiers jours du mois de septembre, M. de Széll livra encore une dernière bataille oratoire à la Chambre des députés à

propos du rescrit de François-Joseph, au moyen duquel le souverain prolonge la durée du compromis économique provisoire entre l'Autriche et la Hongrie du 1" juillet 1901 jusqu'au 30 juin 1902. Pour en sortir victorieux, il n'avait qu'à invoquer le texte du compromis, où il est clairement indiqué que si l'accord ne pouvait pas se faire entre les deux Commissions autrichienne et hongroise chargées par leurs Parlements respectifs de fixer la quote-part pour chacun des deux pays, comme c'était le cas derechef cette année, il fallait recourir provisoirement à la décision impériale et royale.

A peu près en même temps que les travaux de la législature, prirent fin ceux du Congrès, siégeant depuis trois ans, en vue de l'organisation de l'autonomie des catholiques, et présidé par l'ancien président du Conseil, le comte Jules Szâpâry. Ayant maintenant à sa disposition le projet d'organisation élaboré par une Commission nommée ad hoc et composée de vingt-sept membres, il pourra d'autant plus facilement aboutir à un résultat pratique que ses auteurs, mettant à profit les errements d'un précédent Congrès, tenu il y a trente ans, ne cherchent plus ni à imiter l'organisation autonomique des protestants, ni à vouloir ignorer le caractère hiérarchique du catholicisme et la situation particulière où il se trouve en Hongrie à l'égard de la Constitution du pays. Il est plus que probable que l'acceptation de ce projet par le Congrès ne tardera plus à avoir lieu, en faisant cesser un nombre considérable de sujets de contestation entre l'État et l'Église, pour le plus grand bien de tous deux.

Ce fut aussi au mois de juin que la sanction royale ayant été accordée aux statuts organiques d'une » Commission des Beaux-Arts permanente «, M. Wlassics, en sa qualité de ministre de l'instruction publique, arrêta la liste des personnalités qui doivent en faire partie. Au moyen de cette Commission, il lui sera aisé de développer avantngeusement cette multitude de mesures intelligentes et habiles à l'aide desquelles il veut protéger les artistes et faire pénétrer le sens artistique dans la population en général, et dans la jeunesse des écoles en particulier. On y voit figurer, à côté des artistes en renom et des

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