T.A HONGRIE SOUS LE « PROVISOIRE
Dans son manifeste daté du 15 juillet 1859, annonçant aux populations de la Monarchie la conclusion du traité de paix de Villafranca, François-Joseph laissa clairement pressentir qu'il comptait donner une nouvelle direction à la politique de son gouvernement. A un ministre moins infatué de lui-même, recevoir un avertissement semblable eût suffi pour offrir sa démission. Bach feignit de ne pas comprendre le blâme que contenait à son adresse la déclaration impériale. Ce furent les conservateurs hongrois qui relevèrent les premiers cette signification importante des paroles du souverain, en soumettant au comte de Rechberg — successeur du comte Buol-Schauentein aux affaires étrangères — un mémoire dans lequel, avant d'exposer leur programme, ils demandaient Téloignement de quelques-uns de ses collègues, et notamment celui de Bach.
Sorti de la plume du comte Emile Desewffy, ce travail était incontestablement une œuvre patriotique, mais aussi une œuvre de parti : du parti conservateur, pour ne pas dire réactionnaire. Sans se baser sur un principe, l'auteur y proposait des mesures, des combinaisons qui devaient incontestablement beaucoup soulager la Hongrie d'alors, mais qui étaient