‹ La Hongrie moderne de 1849 à 1901; étude historiqueChapitre 3 sur 168 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

Hongrie à l'Exposition Universelle de 1900. S'ils furent incontestés, on ne les accueillit pas moins avec une certaine surprise, à vrai dire peu flatteuse, qui décelait manifestement l'insuffisance des renseignements qu'on a sur la Hongrie actuelle. On la confond volontiers avec ces royaumes que les hasards de la politique ont improvisés ou agrandis dans la seconde moitié du dernier siècle et à l'égard desquels il sied d'appliquer 1 indulgence la plus complète; tandis qu'en réalité elle est un des pays les plus anciens de l'Europe, que ses luttes séculaires avec le Croissant ont seules retardé dans son développement naturel, au point de vue de l'art, de l'industrie et de la civilisation.

Pour son bonheur elle a reçu de la Providence, comme compensation, une série ininterrompue d'hommes d'Etat de grande valeur par qui ses droits furent fidèlement et filialement défendus contrôles entreprises de ses voisins, et parmi lesquels le plus extraordinaire et le plus glorieux — François Deâk — lui assura le triomphe final.

Les péripéties de cet effort suprême, l'action de ce créateur du système dualiste auquel l'Autriche-Hongrie doit sa prospérité rapide et enviée, remplissent la première partie de l'étude historique que voici (chapitres i, ii et m). Quant à la seconde (chapitres iv, v, vi et vu), elle raconte la manière dont les Hongrois ont usé de leur victoire, qui était en \ même temps celle du constitutionnalisme et du libéralisme, \ ces deux conditions sine qiin non du progrès s' étant doréna- ) vaut identifiées à tout jamais avecle génie hongrois.

Et parallèlement à cette évolution émouvante de la Hongrie se déroulera devant le lecteur l'instructif spectacle de la transformation des Habsbourg absohitistes eu souverains constitutionnels, transformation dont l'Autriche régénérée doit l'initiative à François-Joseph \" et à cause de laquelle l'Histoire réserve à ce vénéré et adoré doyen des monar-

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ques dès maintenant une de ses pages les plus éclatantes.

Les tragiques ombres de l'infortunée impératrice-reine Elisabeth, collaboratrice infatigable de son époux dans l'œuvre de 1 affranchissement de la Hongrie, et de l'archiduc Rodolphe, leur fils, si merveilleusement doué et si cruellement ravi à l'amour de ses futurs sujets, sont aussi souvent évoquées dans le récit. Ce sont les mânes lumineuses d'un Etienne Széchenyi,du « plus grand des Magyars » , et d'un comte Jules Andrâssy, le brillant ministre, réunies sous les auspices du patriotisme le plus pur à celles de I^ouis Kossuth elle-même, qui leur fout cortège pour se laisser entraîner insensiblement vers les âges les plus reculés par le courant poétique de la tradition populaire...

En raison des divers conflits de la monarchie austrohongroise, vidés en champs clos avec la France, la Sardaigne, le Danemark et la Prusse, ainsi que par suite de son immixtion dans la guerre d'Orient, de sa situation déhcate à l'égard des belHgérants de la guerre de 1870 et de l'occupation de la Bosnie-Herzégovine, il a fallu que l'auteur fasse des incursions réitérées sur le terrain de la politique internationale. Il en profite pour démontrer que celle de la Hongrie repose, au dedans comme au dehors, sur les principes de la légalité et du respect des traités, mis au service des tendances libérales et progressistes. Grâce à leurs vertus fécondantes, on voit se perpétuer en Hongrie la monarchie constitutionnelle, garante de la stabilité des institutions et basée sur la distribution la plus équitable des droits et des libertés entre les différentes couches sociales, sans distinction de religion ou de nationalité.

Aussi le peuple hongrois est-il actuellement en plein épanouissement. Débordant de sève vitale, d'énergie et d'audace, enfiévré par Tardent désir de rattraper le plus vite possible l'avance gagnée par ses frères aînés pendant

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