‹ La Hongrie moderne de 1849 à 1901; étude historiqueChapitre 41 sur 168 · CHAPITRE II TT · texte numérisé non relu

CHAPITRE II TT

espérant englober ainsi dans un coup de filet toutes les nuances du parti de l'action, ^fesu^e prudente qui produisit elTeclivemeut le résultat que l'autorité en attendait : on put s'assurer de la personne d'une quarantaine de patriotes (le 5 mars l8Gi). L'instruction de leur procès dura un an et ils furent condamnés à des peines variant entre six à vingt ans de réclusion (mars 18G5).

A côté des efforts qu'exigeait de la diplomatie autrichienne la surveillance de l'attitude équivoque du gouvernement sarde et l'activité fiévreuse des exilés hongrois, il iallait qu'elle en dépensât au moins tout autant pour ne pas perdre de vue les relations de plus en plus intimes de la Russie et de la Prusse, d'une part, et de l'autre les agissements de cette dernière au sein de la Confédération germanique. Car s'étant transformé en agent de police de la Russie pendant l'insurrection polonaise de 18G2 et 18G3, le ministère de Bismarck, à qui, mah^ré son impopularité, le roi Guillaume venait de confier les rênes du gou\ ernement avec une perspicacité extraordinaire, s'assura coniplètement les bonnes grâces du cabinet de Saint-Pétersbourg, tandis que la conduite humaine de l'Autriche lui aliéna le reste de sympathie qu'elle pouvait encore avoir conservé sur les bords de la Neva, après sa conduite si sévèrement jugée h l'épocpie de la guerre d'Orient. Quant aux intrigues tramées à Berlin et visant Téclipse de la situation prépondérante de la Monarchie des Habsbourg en Allemagne, elles devenaient de moins en moins dissimulées à mesure que les indices de son épuisement financier et de sa désorganisation politique à l'intérieur se multipliaient. D'ailleurs, les succès étourdissants de Victor-Emmanuel et de Cavour étaient de nature à troubler le sommeil du souverain le plus pacificjue et de l'homme d'État le moins ambitieux, à la tête d'un peuple n'aspirant pas moins que les Italiens à l unité nationale.

Dans ces conditions, François-Joseph se crut forcé de prendre l'initiative d'un mouvement, dont le but était d'infuser du sang nouveau à la Confédération germanique, institution d'apparence caduque, mais en somme viable. Naturellement, avec son caractère chevaleresque, il ne voulut admettre aucun biais. Il

invita donc, sans ambages, tous les souverains allemands à un Congrès pour y débattre les réformes inéluctables à ciel ouvert. Le Congrès eut lieu le 17 août 1863, à Francfort, ville où jadis les empereurs d'Allemagne, la plupart des ancêtres de François- Joseph, furent couronnés. Mais Guillaume F', roi de Prusse, le seul qui ait refusé l'invitation, n'y vint pas, prétextant que les projets de l'Autriche n'avaient pas. été discutés au préalable par le comité de la Diète germanique. Ces projets consistaient dans le maintien du principe fédératif, ayant comme pouvoir exécutif un directoire, dont l'empereur d'Autriche serait le président et auquel on adjoindrait une Assemblée composée de délégués des divers Parlements territoriaux (1).

Ce fut en quelques séances que le Congrès des souverains adopta les projets de l'Autriche. Il en donna connaissance au roi Guillaume par une lettre collective, en le priant d'en rendre l'exécution possible par le consentement delà Prusse. Bismarck y répondit, comme on pouvait s'y attendre après ses déclarations antérieures, par un refus catégorique qu'une circulaire ne fit qu'accentuer.

La Prusse ne voulait pas prêter la main à la réalisation de projets dont le but était d'engager l'Allemagne dans des guerres au profit d'intérêts étrangers (sous- entendus : italiens ou hongrois). Elle n'est pas seulement l'égale de l'Autriche, mais elle lui est supérieure par le nombre de ses sujets allemands et, partant de là, elle ne saurait lui céder le privilège de la présidence fédérale.

Sur ces entrefaites mourut subitement le roi de Danemark, Frédéric VII (le 15 novembre 1863), ayant pour successeur, sous le nom de Christian IX, un prince de la branche Slesvig- Holstein-Glûcksburg.

Les relations de la Confédération germanique et du petit royaume Scandinave était déjà tendues. Car un ministère radical, pour mieux assurer l'intégrité des possessions danoises, avait introduit la même Constitution dans toutes les parties de

(1) Ij Empereur Guillaume et son rèyiie, par ÉJouarJ Suion. Page 77 et passim.

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