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pas de trouver à son tour des compensations, si l'équilibre territorial de l'Europe venait à clianjjer d'une manière par trop sensible.
Ne jugeant pas probablement son interlocuteur de taille à accomplir ses grands projets, — se sentant, au contraire, maître de la situation, et entrevoyant la possibilité d'achever l'unité italienne sans recourir de nouveau au sang et à la bourse de la France, Napoléon donna carte blanche au ministre prussien, qui se mit immédiatement à 1 œuvre pour précipiter les événements.
A l'égard de l'alliance italo-prussienne, la plus grande difficulté provenait du roi Guillaume lui-même. Élevé dans les idées les plus féodales, ayant le respect de la race germanique, il lui répugnait de faire cause commune avec un gouvernement issu d'une révolution, et de combattre une puissance allemande avec l'aide de l'étranger. Aussi la mission à Berlin du général italien Govone faillit-elle échouer, car ce ne fut qu'au bout de plusieurs semaines de pourparlers que l'on signa le traité d'alliance (le 8 avril 186(3), Il serait devenu caduc trois mois après sa signature si la Prusse n'eût pas déclaré la guerre à l'Autriche dans ce laps de temps. Son existence était si habilement dissimulée que l'on n'en savait rien de positif à Vienne.
Dès que l'empereur François-Joseph avait été informé de la conclusion de ce traité, — c'est-à-dire le 10 juin, — il s'était adressé à sa tante, la reine douairière de Prusse, pour recevoir la confirmation du fait. Cette princesse interrogea le roi Guillaume, son beau-frère, qui à la date du 8 juin — ainsi que le faisait savoir la reine à son impérial neveu — lui avait donné sa parole qu'il n'avait pas signé de traité avec l'Italie (1).
Faire naître un prétexte valable pour déclarer la guerre était la seconde grande préoccupation de Bismarck. Connaissant le caractère formaliste des Allemands, sachant qu'il était détesté par les nationaux libéraux, il avait besoin d'une raison qui fùtà la fois plausible et populaire. Évidemment les difficultés
(1) L'Empereur Guillaume, par E. SiMOX. P. 164 et passim.
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inhérentes à la situation compliquée de l'Autriche et de la Prusse dans les duchés ne pouvaient pas en fournir à elles seules de suffisantes. Ses dépêches acrimonieuses du 20 et du 26 janvier 1866, les menaces du gouverneur prussien du Slesvig, furent victorieusement réfutées et repoussées par le cabinet de Vienne ou par le gouverneur autrichien du Holsteln. Il se tourna alors vers la Confédération germanique et y fit présenter (le 9 avril) un projet de réforme fédérale, augmentant la prépondérance de la Prusse et proposant la réunion d'un Parlement, élu directement par le suffrage universel. Un autre, plus catégorique, suivit bientôt (le 10 juin) ce premier projet; Bismarck y demanda l'exclusion de l'Autriche de la Confédération.
Mais ce qu'il sut mieux exploiter encore, ce fut la question des armements. Ayant le pressentiment d'une attaque simultanée au nord et au sud, l'Autriche prit sur ses frontières des précautions militaires, purement défensives, dès le commencement du printemps. Quoique l'Italie et la Prusse en eussent fait tout autant, elles jetèrent les hauts cris et dénoncèrent à l'Europe, avec force documents à l'appui, les agissements coupables du gouvernement autrichien. Celui-ci eut alors une inspiration merveilleuse : il s'adressa le 4 mai h Napoléon III pour lui proposer, à condition que la France et l'Italie demeurassent neutres dans la guerre austro-prussienne imminente, de céder la Vénétie à la France, qui la rétrocéderait sans condition à l'Italie, tandis que l'Autriche s'indemniserait au moyen de la Silésie prussienne. Malheureusement le cabinet de Florence, obéissant à des scrupules de probité politique extraordinaire, ne voulut pas accepter la proposition, se croyant lié par sa signature, et déclara que c'était pour lui une question d'honneur et de loyauté. Ne pouvant pas deviner que ce refus n'était que temporaire, qu'à l'expiration du traité de Berlin, il eût pu se changer en acceptation, l'Autriche le considéra comme une nouvelle preuve de l'inimitié systématique de l'Italie, et partant de là, elle refusa l'invitation de Napoléon III à un congrès, convoqué le 28 mai, précisément pour pouvoir arriver à la date susdite sans que les hostilités fussent ouvertes.