CHAPITRE III
d'accord au sujet de la quote-part et des affaires se rapportant aux impositions et aux autres questions financières dont s occupe le projet de la Sous-Commission. A quoi j'ai répondu qu'il était inadmissible que le ministre des finances viennois puisse faire marcher le plus infime de nos employés une fois le ministère responsable (hongrois) nommé par Sa Majesté; mais le gouvernement hongrois (futur) pourrait sous sa propre responsabilité se charger — et ce serait même son devoir — de la gestion des impôts directs et indirects actuellement perçus, jusqu'à la convocation du Parlement, et, après avoir retenu la part qu'exige l'administration à l'intérieur, remettre le reste au ministre des finances commun. Après la réunion des Chambres, le ministère demanderait des douzièmes provisoires, que celles-ci, sans démentir certains passages de leur « adresse » , ne pourraient pas lui refuser. Ensuite le gouvernement hongrois considérerait comme un autre devoir de faire voter les impôts actuels pour six mois par exemple, — avant que le budget ordinaire et la quote-part ne soient votés. Cette proposition plut à Hubner particulièrement.
« On demanda aussi à Andrâssy si, une fois au pouvoir, il serait enclin à rétablir l'organisation départementale. Sa réponse a été un « immédiatement » . Il procéderait partout au renouvellement électif de l'administration frestauratiojy car il croit que l'on n'aurait pas à se plaindre des départements, car ils auraient confiance dans le gouvernement et comprendraient parfaitement que s'occuper de politique actuellement ne serait pas opportun. Andrâssy est partisan même d'une magistrature élue. J'avoue m'être tu au sujet de ces affaires; je m'occupais surtout des questions économiques. D ailleurs mon abstention avait une autre raison aussi : à vrai dire, je ne partage pas complètement à cet égard l'opinion d'Andrâssy... "
« C'est avec une lenteur déplorable que marchent ici les affaires! Le 22, personne ne nous adressa la parole. On nous fit comprendre cependant qu'il fallait rester. Le 23, nous rebattions la paille déjà égrenée avec Majlûth et Sennyey. Nouveau silence le 24, au moins pour moi, car Jules (Andrâssy) eut l'occasion de rencontrer Sa Majesté à Schônbrunn. Il s'y
promena et tout à coup il vit surgir Tempereur auprès de lui. Il lui dit qu'il était informé des conférences et qu'il ne considérait pas les difficultés relativement à la Hongrie considérables, mais qu'elles l'étaient relativement aux autres pays (les pays héréditaires).
"Aujourd'hui il y a eu une conférence non pas à la chancellerie, mais chez Hiibner; les objections y ont été énumérées en écrit et on nous a remis la note qui les indique. Il est déjà minuit. Mais l'affaire est trop importante pour ne pas faire une copie à Ton usage et pour ne pas la faire connaître à Toi confidentiellement. Que de fois ne disons-nous pas avec Jules qu'il serait utile de nous envoler chez Toi pour avoir un bon conseil !
« Il faut Te dire que Belcredi ne connaît nos affaires que très imparfaitement et qu'il voit des difficultés où il n'y en a absolument pas. On voit qu'il voudrait pouvoir dire de l'affaire qu'elle est difficile ou même impraticable. Hiibner (à qui l'empereur destine probablement la succession de Belcredi) a été plus ouvert ; c'est une personne qui connaît à fond les questions constitutionnelles et qui désire la réconciliation sincèrement. Majlâth parlait moins, mais il n'était jamais difficultueux, et se montrait plutôt tranquillisant et en fournissant des explications. Quant à Sennyey, s il reconnaissait parmi les droits constitutionnels de la Hongrie, celui de disposer du sang et de l'argent de ses fils, et s'il convenait qu'elle-même exceptée, personne n'avait le droit de ("aire des emprunts à sa charge, que le privilège de la banque (autrichienne) était illégal, etc., — choses qu'il expliqua aux Allemands (c'est-àdire à Belcredi et Hubner) avec une grande lucidité, — il était d'autre part un défenseur énergique de toutes les idées qui exigeraient la modification dans un sens ou dans un autre — mais toujours dans l'intérêt commun, c'est-à-dire dans l'intérêt de la Monarchie, — du travail de la Sous-Commission des Quinze... "
" J'ai avec moi mes notes sur les discussions de cette Sous- Commission Je les ai comparées par paragraphes (avec les propositions de Belcredi) et je vois qu'une grande partie des objec-