‹ La Hongrie moderne de 1849 à 1901; étude historiqueChapitre 63 sur 168 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

tudes de la Diète. Après les remarques d'Eotvos et de Lonyay, Beust prit derechel la parole en soulignant que la paix était assurée, et que l'Europe avait déjà assez de la question hongroise. Si c'était une manière indirecte d'en amoindrir l'importance, Belcredi alla plus loin et ne craignit pas de se plaindre d'avance de l'impopularité qui l'attendait dans les pays cisleithans à cause de sa collaboration au compromis. Ces insinuations plus ou moins hostiles ne découragèrent pas Sennyey : il prit hardiment le parti de ses compatriotes et il conseilla, conformément à l'opinion de Lonyay, de prendre pour base de la discussion le travail des Quinze.

Renvoyée à neuf heures du soir, la séance continua jusqu'après minuit. C'était en quelque sorte la collation des deux textes, — le travail des Quinze figurant en traduction allemande, — qui ne provoqua en général que peu de discussion.

» La question de l'armée était la plus difficile, écrit Lonyay dans son journal. Ils (Beust et Belcredi) s'attachaient à l'expression armée unifiée^ et nous à celle d'armée hongroise; enfin on trouva une rédaction qui satisfit tout le monde. «

« Mais ce fut à propos du paragraphe 12 qu'éclata la plus longue discussion; là, nous ne voulions pas céder, et Andràssy démontra que le système de défense nationale une fois adopté, les difficultés se lèveront toutes seules...

" Nous arrivâmes ce jour-là jusqu'au paragraphe 20, et nous nous séparâmes (c'est-à-dire Andràssy, Eôtvos et Lonyay) sous l'impression que l'intention était honnête des deux côtés.

« Le 10 janvier, les pourparlers durèrent, également chez Beust, de deux heures jusqu'à la tombée du jour. Nous fûmes invités à dîner chez Belcredi, et la conférence recommença en sortant de table. Ce fut là que l'on décida quelle suite on donnerait au paragraphe G3. Il m'a réussi de conduire cette partie de la discussion, de calmer les inquiétudes, de sauvegarder les principes du droit commun, de satisfaire les intérêts de la Monarchie, tout en maintenant la sphère d'action de la Diète hongroise, au moins dans une mesure à calmer les inquiétudes des ministres présents.

« On discuta aussi longtemps la manière dont on procédera

au recrutement du continssent militaire; on en avait déjà parlé le matin, on en parla plus sérieusement le soir. Andràssy discuta avec beaucoup de véhémence et repoussa avec énergie mes propositions, tendant à amener un accord. En nous en allant il me fit même une scène au sujet de ma manière d'agir, et il me dit que dans les conférences il fallait que nous suivions le même chemin, après avoir pris préalablement une décision commune au sujet d'une question qui nous divisait. Dans l'espèce, ce fut ma proposition que l'on accepta. Car j'ai dit qu'une fois la Diète ayant voté le contingent exigé pour l'année courante, elle voterait également les conditions dans lesquelles le recrutement aurait lieu, mais de manière à ce qu'il puisse s'adapter au système de défense nationale que l'on adopterait. Andràssy s'y opposa absolument, en prétendant que faire prévaloir cette proposition à Pesth était une impossibilité.

» Relativement à cette question, on décida que Beust proposerait à l'empereur de faire convoquer pour la conférence du lendemain le ministre delà guerre, et qu'il y avait lieu d'espérer que cette demande serait accordée.

il Après avoir terminé heureusement la discussion sur le travail des Quinze, j'ai posé une question au sujet de la suite que l'on avait l'intention de donner à ces conférences.

Il Alors Beust nous fit comprendre que dans le cas où nous aurions accepté le projet du gouvernement, Sa Majesté eût immédiatement procédé à la nomination du gouvernement hongrois; mais comme ce résultat ne fut pas obtenu, ils en référeront à Sa Majesté et ils en feront un rapport au Conseil des ministres, et ce sera alors seulement que Sa Majesté prendra un parti. Nous autres, nous posions aussi pour condition que — quoique ayant accepté les changements, et ayant promis de faire tout notre possible pour les faire accepter par la Diète hongroise — nous puissions les soumettre, en vue de leur acceptation, à Deâk et à notre parti. Il était déjà minuit quand nous rentrâmes chez nous.

« "Vienne, le 1 1 janvier. Nous allâmes chez Majliith avec le brouillon; je l'avais composé avant de me coucher. Nous l'avons parcouru chez moi le matin et le paragraphe 1 3 y a été

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