CHAPITRE III
des paragraphes 20, 32, 35 et 36 — subit certaines additions et changements sur la proposition de Maurice Szentkirâîyi.
Deâk saisit cette occasion pour repousser les insinuations de la gauche, au sujet des concessions qu'il aurait faites au détriment des droits de la Hongrie. « Je n'accuse jamais personne, ni directement, ni indirectement, mais je ne supporte silencieusement non plus une accusation aussi imméritée. » Ce mouvement d'indignation légitime ne Tempécha pas cependant de reprendre le fil de la discussion et de faire un parallèle entre les dispositions des lois de 1848 et du travail des Quinze, concernant le contrôle delà Hongrie à l'égard de la direction des affaires étrangères de la Monarchie. Myary prétendit au contraire que le ministre a laiere, créé en 1848, avait à cet é[]ard voix au chapitre aussi. Deâk lui riposta vigoureusement, en démontrant par-dessus le marché qu il connaissait également l'histoire du parlementarisme anglais, selon les us et coutumes duquel le ministre des affaires étrangères peut très bien refuser la communication de certaines pièces diplomatiques, tant qu'une question n'a pas obtenu sa solution. Convaincue par son argumentation, la majorité vota incontinent son amendement pour le paragraphe 41, — respectivement 39, — dans lequel sont prescrites les relations qui peuvent exister entre le ministre des affaires étrangères — c'est-à-dire un ministre commun — et les délégations.
En abordant, pendant le cours de cette même séance, le modus procedendi des ministres des finances autrichien et hongrois à l'égard des sommes à verser au ministre des finances commun, Melchior Lônyay présenta une rédaction nouvelle pour le paragraphe 43, devenu paragraphe 41. Ce fut encore Nyi'iry qui souleva des difficultés en invoquant l'autorité de l'économiste anglais Adam Smith. Mais la réponse de Deâk ne se fit pas attendre longtemps : sans être intimidé par la réputation du savant cité, il expliqua la justesse de la modification de Lônyay. Alors Samuel de Bonis prit la parole pour exprimer ses doutes au sujet de 1 opportunité de tous ces changements introduits dans les lois de 1848. 11 n'affirma pas que la nation ne puisse arriver à bon port en les acceptant; seule-
ment il eut l'air de craindre que, sans l'atteindre, on ne perdit lu terre ferme de la continuité du droit. Il fut réfuté à son tour par le « vieux seigneur » , dont la patience paraissait être inépuisable en foce de ces attaques toujours renouvelées. Quant à la modification de Lonyay, elle fut adoptée, malgré les discours hostiles de Samuel de Bonis et de Ladislas de Tisza.
On termina la discussion des paragraphes concernant les délégations le 1" février, après avoir repoussé l'amendement d'Ignace Somossy, relativement au paragraphe 46, — actuellement 44, — et adopté les modifications de Maurice Szentkirâlyi et de Paul de Somssich, qu'ils firent subir aux paragraphes 47 et 49 — respectivement 45 et 47 — et qui furent maintenues dans la rédaction définitive. (Elles ordonnent la publicité des séances des délégations, et règlent l'immunité de leurs membres.)
Maintenant il s'agissait de discuter le côté financier du compromis. Voilà ce que dit à cet égard le travail des Quinze dans les paragraphes rectifiés de 52 à 57 inclusivement : par raison d'État et pour avantager les deux partis contractants, on admet la communauté de certaines affaires, quoique leur admission ne découle pas forcément de la Pragmatique sanction. Telles sont d'abord les dettes de l'État. Au point de vue du droitabsolu, elles ne touchent en quoi que ce soit la Hongrie, puisqu elles ont été contractées de tout temps sans l'avoir consultée, et dans beaucoup de cas même contre elle. Mais comme les diverses adresses des Diètes successives l'ont clairement indiqué, les Chambres hongroises étaient prêtes à consentir à des sacrifices considérables, si on restituait leur Constitution et si on introduisait dans les pays héréditaires également le conslitutionnalisme.
Seulement la Hongrie ne voulait traiter avec l'Autriche que sur le pied de la parité la plus complète, " comme un pays libre avec un autre pays libre. »
Ici ce fut Melchior Lonyay qui se sentit le plus autorisé pour prendre la parole. Il déclara que la participation de la Hongrie à la dette de la Monarchie ne pouvait s'effectuer que